וּמְמַשְׁמֵשׁ בְּבִגְדוֹ, אֲבָל לֹא הָיָה מִתְעַטֵּף. וּכְשֶׁהוּא מְפַהֵק הָיָה מַנִּיחַ יָדוֹ עַל סַנְטֵרוֹ.
et, s’il était piqué par un pou, il pouvait le tâter et l’enlever avec son vêtement, mais il ne se réenveloppait pas dans son châle de prière s’il tombait pendant la prière. Et lorsqu’il bâillait, il plaçait sa main sur son menton afin que sa bouche ouverte ne soit pas visible.
מֵיתִיבִי: הַמַּשְׁמִיעַ קוֹלוֹ בִּתְפִלָּתוֹ — הֲרֵי זֶה מִקְּטַנֵּי אֲמָנָה. הַמַּגְבִּיהַּ קוֹלוֹ בִּתְפִלָּתוֹ הֲרֵי זֶה מִנְּבִיאֵי הַשֶּׁקֶר.
La Guemara soulève une objection sur la base d’une baraita : Celui qui fait entendre sa voix pendant sa prière de laAmida est parmi ceux qui ont peu de foi, car il semble croire que le Seigneur ne peut pas entendre sa prière lorsqu’elle est prononcée en silence. Celui qui élève la voix pendant la prière est considéré comme parmi les faux prophètes, car eux aussi avaient l’habitude de crier et de hurler vers leurs dieux.
מְגַהֵק וּמְפַהֵק — הֲרֵי זֶה מִגַּסֵּי הָרוּחַ. הַמִּתְעַטֵּשׁ בִּתְפִלָּתוֹ — סִימָן רַע לוֹ. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: נִיכָּר שֶׁהוּא מְכוֹעָר. הָרָק בִּתְפִלָּתוֹ — כְּאִילּוּ רָק בִּפְנֵי הַמֶּלֶךְ.
De plus, celui qui rote et bâille pendant la prière est assurément parmi les grossiers. Celui qui éternue pendant sa prière, c’est pour lui un mauvais présage. Et certains disent : Il est clair qu’il est répugnant. De plus, celui qui crache pendant la prière, cela équivaut à cracher au visage du roi. À la lumière de tout cela, comment Rabbi Yehuda HaNasi a-t-il pu faire tout cela pendant qu’il priait ?
בִּשְׁלָמָא מְגַהֵק וּמְפַהֵק לָא קַשְׁיָא: כָּאן לְאוֹנְסוֹ, כָּאן לִרְצוֹנוֹ. אֶלָּא מִתְעַטֵּשׁ אַמִּתְעַטֵּשׁ קַשְׁיָא!
La Guemara explique : Soit, en ce qui concerne celui qui rote et bâille, il n’y a pas de difficulté : ici, dans le cas où Rabbi Yehuda HaNasi l’a fait, c’était involontaire et donc permis ; ici, là où cela est considéré comme inconvenant, il s’agit d’un cas où c’est délibéré. Cependant, la contradiction entre l’éternuement dans le cas où Rabbi Yehuda HaNasi l’a fait et l’éternuement là où cela est considéré comme un mauvais présage est difficile.
מִתְעַטֵּשׁ אַמִּתְעַטֵּשׁ נָמֵי לָא קַשְׁיָא, כָּאן מִלְּמַעְלָה, כָּאן מִלְּמַטָּה. דְּאָמַר רַב זֵירָא: הָא מִילְּתָא אִבַּלְעָא לִי בֵּי רַב הַמְנוּנָא וּתְקִילָא לִי כִּי כּוּלֵּי תַּלְמוּדַאי: הַמִּתְעַטֵּשׁ בִּתְפִלָּתוֹ סִימָן יָפֶה לוֹ, כְּשֵׁם שֶׁעוֹשִׂים לוֹ נַחַת רוּחַ מִלְּמַטָּה, כָּךְ עוֹשִׂים לוֹ נַחַת רוּחַ מִלְּמַעְלָה.
La Guemara répond : La contradiction entre éternuer dans un cas et éternuer dans l’autre cas n’est pas non plus difficile : Ici, dans le cas de Rabbi Yehuda HaNasi, il s’agit d’éternuer d’en haut, par le nez ; ici, là où c’est un mauvais présage, il s’agit d’éternuer d’en bas, de flatulence. Comme l’a dit Rav Zeira : Dans l’école de Rav Hamnuna, j’ai assimilé cette question en passant, et elle est égale en importance à tout le reste de mon apprentissage : Celui qui éternue au milieu de la prière, c’est un bon présage pour lui. De même que l’éternuement apaise son irritation, lui procurant du plaisir en bas, c’est un signe que de même on lui procure du plaisir en haut. Puisque Rav Zeira éternuait souvent, il fut extrêmement heureux d’entendre cela.
אֶלָּא רָק אַרָק קַשְׁיָא! רָק אַרָק נָמֵי לָא קַשְׁיָא, אֶפְשָׁר כִּדְרַב יְהוּדָה. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: הָיָה עוֹמֵד בִּתְפִילָּה וְנִזְדַּמֵּן לוֹ רוֹק — מַבְלִיעוֹ בְּטַלִּיתוֹ. וְאִם טַלִּית נָאֶה הוּא — מַבְלִיעוֹ בַּאֲפַרְקְסוּתוֹ. רָבִינָא הֲוָה קָאֵי אֲחוֹרֵי רַב אָשֵׁי, נִזְדַּמֵּן לוֹ רוֹק, פַּתְקֵיהּ לַאֲחוֹרֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: לָא סָבַר לַהּ מָר לְהָא דְּרַב יְהוּדָה מַבְלִיעוֹ בַּאֲפַרְקְסוּתוֹ? אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא אֲנִינָא דַּעְתַּאי.
Cependant, la contradiction entre cracher dans le cas où Rabbi Yehuda HaNasi l’a fait et cracher là où cela est considéré comme équivalant à cracher au visage du roi est difficile. La Guemara répond : La contradiction entre cracher dans un cas et cracher dans l’autre cas n’est pas non plus difficile, car il est possible de la résoudre conformément à l’opinion de Rav Yehuda, comme Rav Yehuda a dit : Celui qui se tenait en prière, et de la salive est arrivée à s’accumuler dans sa bouche, il l’absorbe dans son vêtement. Et si c’était un vêtement fin et qu’il ne veut pas qu’il soit sali, il peut la couvrir dans son couvre-chef. De cette manière, il est permis de cracher. La Guemara raconte : Ravina se tenait derrière Rav Ashi pendant la prière lorsque de la salive est arrivée à s’accumuler dans sa bouche, alors il l’a expulsée derrière lui. Rav Ashi lui dit : Et le Maître ne tient-il pas conformément à cette déclaration de Rav Yehuda, qui a dit qu’il l’absorbe dans son couvre-chef ? Il lui dit : Je suis délicat, et la simple connaissance qu’il y a de la salive dans mon couvre-chef perturbe ma prière.
הַמַּשְׁמִיעַ קוֹלוֹ בִּתְפִלָּתוֹ הֲרֵי זֶה מִקְּטַנֵּי אֲמָנָה. אָמַר רַב הוּנָא: לֹא שָׁנוּ, אֶלָּא שֶׁיָּכוֹל לְכַוֵּון אֶת לִבּוֹ בְּלַחַשׁ, אֲבָל אֵין יָכוֹל לְכַוֵּון אֶת לִבּוֹ בְּלַחַשׁ — מוּתָּר. וְהָנֵי מִילֵּי, בְּיָחִיד, אֲבָל בְּצִיבּוּר — אָתֵי לְמִיטְרַד צִיבּוּרָא.
Il a été enseigné dans une baraita : Celui qui élève la voix pendant sa prière deAmida fait partie de ceux qui ont peu de foi. Rav Houna a dit : Cela n’a été enseigné que dans un cas où l’on est capable de concentrer son cœur en priant silencieusement, mais si l’on n’est pas capable de concentrer son cœur en priant silencieusement, il lui est permis d’élever la voix. Cela ne s’applique qu’à celui qui prie seul, mais lorsqu’il prie en assemblée sa voix viendra troubler l’assemblée et cela est interdit.
רַבִּי אַבָּא הֲוָה קָא מִשְׁתְּמִיט מִינֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה דַּהֲוָה קָא בָּעֵי לְמִיסַּק לְאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: כׇּל הָעוֹלֶה מִבָּבֶל לְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל — עוֹבֵר בַּעֲשֵׂה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בָּבֶלָה יוּבָאוּ וְשָׁמָּה יִהְיוּ עַד יוֹם פׇּקְדִי אוֹתָם נְאֻם ה׳״. אָמַר: אֵיזִיל וְאֶשְׁמַע מִינֵּיהּ מִילְּתָא מִבֵּית וַועֲדָא, וַהֲדַר אֶפֹּיק.
La Guemara rapporte que Rabbi Abba évitait d’être vu par son maître Rav Yehuda, car Rabbi Abba cherchait à monter en Eretz Yisrael et son maître le désapprouvait, car Rav Yehuda disait : Quiconque monte de Babylonie vers Eretz Yisrael transgresse un commandement positif, comme il est dit : « Ils seront emmenés à Babylone et ils y resteront jusqu’au jour où Je me souviendrai d’eux, dit le Seigneur » (Jérémie 27:22). Rabbi Abba ne voulait pas discuter de son désir d’émigrer avec Rav Yehuda. Néanmoins, il dit : J’irai et j’entendrai quelque chose de lui dans la salle où les Sages se rassemblent, sans être vu, puis je partirai de Babylonie.
אֲזַל, אַשְׁכְּחֵיהּ לְתַנָּא דְּקָתָנֵי קַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה: הָיָה עוֹמֵד בִּתְפִלָּה וְנִתְעַטֵּשׁ — מַמְתִּין עַד שֶׁיִּכְלֶה הָרוּחַ וְחוֹזֵר וּמִתְפַּלֵּל. אִיכָּא דְאָמְרִי: הָיָה עוֹמֵד בִּתְפִלָּה וּבִיקֵּשׁ לְהִתְעַטֵּשׁ — מַרְחִיק לְאַחֲרָיו אַרְבַּע אַמּוֹת, וּמִתְעַטֵּשׁ, וּמַמְתִּין עַד שֶׁיִּכְלֶה הָרוּחַ, וְחוֹזֵר וּמִתְפַּלֵּל, וְאוֹמֵר: ״רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, יְצַרְתָּנוּ נְקָבִים נְקָבִים חֲלוּלִים חֲלוּלִים, גָּלוּי וְיָדוּעַ לְפָנֶיךָ חֶרְפָּתֵנוּ וּכְלִימָּתֵנוּ בְּחַיֵּינוּ וּבְאַחֲרִיתֵנוּ רִמָּה וְתוֹלֵעָה״, וּמַתְחִיל מִמָּקוֹם שֶׁפָּסַק.
Il alla et trouva le tanna, qui récitait les sources tannaïtiques devant la maison d’étude, récitant la baraita suivante devant Rav Yehuda : Celui qui se tenait debout en prière et a éternué par en bas attend jusqu’à ce que l’odeur se dissipe et reprend sa prière. Certains disent : Celui qui se tenait debout en prière lorsqu’il ressentit le besoin d’éternuer par en bas, recule de quatre coudées, éternue, attend jusqu’à ce que l’odeur se dissipe et reprend sa prière. Et avant de reprendre sa prière, il dit : Maître de l’univers, Tu nous as formés avec de nombreux orifices et cavités ; notre disgrâce et notre honte dans la vie sont claires et évidentes devant Toi, tout comme notre destinée avec les asticots et les vers, et c’est pourquoi nous ne devrions pas être jugés sévèrement. Et il reprend sa prière à partir de l’endroit où il s’était arrêté.
אֲמַר לֵיהּ: אִילּוּ לֹא בָּאתִי אֶלָּא לִשְׁמוֹעַ דָּבָר זֶה — דַּיִּי.
Rabbi Abba lui dit : Si je n’étais venu que à l’assemblée des Sages pour entendre cet enseignement, cela m’aurait suffi.
תָּנוּ רַבָּנַן: הָיָה יָשֵׁן בְּטַלִּיתוֹ, וְאֵינוֹ יָכוֹל לְהוֹצִיא אֶת רֹאשׁוֹ מִפְּנֵי הַצִּנָּה — חוֹצֵץ בְּטַלִּיתוֹ עַל צַוָּארוֹ, וְקוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: עַל לִבּוֹ.
Les Sages ont enseigné : Celui qui dormait sans vêtements, mais était couvert de son vêtement, et ne peut pas sortir la tête de dessous le vêtement à cause du froid, peut former une séparation avec son vêtement au niveau du cou et réciter le Shema au lit. Et certains disent : Il doit former une séparation avec son vêtement au niveau du cœur.
וְתַנָּא קַמָּא הֲרֵי לִבּוֹ רוֹאֶה אֶת הָעֶרְוָה! קָסָבַר לִבּוֹ רוֹאֶה אֶת הָעֶרְוָה — מוּתָּר.
La Guemara demande : Et, selon le premier tanna, ne devrait-il pas lui être interdit de réciter le Shema parce que son cœur voit sa nudité, puisqu’il n’y a aucune séparation entre eux ? La Guemara répond : En effet, le premier tanna soutient que, lorsque le cœur d’une personne voit sa nudité, il est permis de réciter le Shema, et une séparation n’est nécessaire que pour faire écran entre sa bouche et sa nudité.
אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הָיָה מְהַלֵּךְ בִּמְבוֹאוֹת הַמְטוּנָּפוֹת — מַנִּיחַ יָדוֹ עַל פִּיו וְקוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע. אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא: הָאֱלֹהִים! אִם אַמְרָהּ לִי רַבִּי יוֹחָנָן בְּפוּמֵּיהּ — לָא צָיֵיתְנָא לֵיהּ.
Rav Houna a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Celui qui marchait dans des ruelles sales avec des excréments humains et doit réciter le Shema, place sa main sur sa bouche et récite le Shema. Rav Ḥisda lui dit : Par Dieu ! Même si Rabbi Yoḥanan me l’avait dit directement, de sa propre bouche, je ne lui aurais pas obéi.
אִיכָּא דְאָמְרִי: אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הָיָה מְהַלֵּךְ בִּמְבוֹאוֹת הַמְטוּנָּפוֹת — מַנִּיחַ יָדוֹ עַל פִּיו וְקוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע. אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא: הָאֱלֹהִים! אִם אַמְרָהּ לִי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי בְּפוּמֵּיהּ — לָא צָיֵיתְנָא לֵיהּ.
Certains disent cette halakha : Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Celui qui marchait dans des ruelles sales avec des excréments humains et doit réciter le Shema, met sa main sur sa bouche et récite le Shema. Rav Ḥisda lui dit : Par Dieu ! Même si Rabbi Yehoshua ben Levi me l’avait dit directement, de sa propre bouche, je ne lui aurais pas obéi.
וּמִי אָמַר רַב הוּנָא הָכִי? וְהָאָמַר רַב הוּנָא: תַּלְמִיד חָכָם אָסוּר לוֹ לַעֲמוֹד בִּמְקוֹם הַטִּנּוֹפֶת לְפִי שֶׁאִי אֶפְשָׁר לוֹ לַעֲמוֹד בְּלִי הִרְהוּר תּוֹרָה! לָא קַשְׁיָא, כָּאן — בְּעוֹמֵד, כָּאן — בִּמְהַלֵּךְ.
La Guemara soulève cette difficulté : Rav Houna a-t-il vraiment dit cela ? Rav Houna n’a-t-il pas dit : Il est interdit à un érudit de la Torah de se tenir dans un lieu de saleté, car il ne peut pas s’y tenir sans contempler la Torah, et prononcer le Shema oralement est plus grave que la simple contemplation. La Guemara répond : Ce n’est pas difficile ; ici, Rav Houna a interdit de contempler la Torah dans un cas où l’on se tient debout dans un lieu de saleté, tandis que ici il a permis de réciter le Shemadans un cas où l’on marche à travers un lieu de saleté.
וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי? וְהָאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּכָל מָקוֹם מוּתָּר לְהַרְהֵר בְּדִבְרֵי תוֹרָה, חוּץ מִבֵּית הַמֶּרְחָץ וּמִבֵּית הַכִּסֵּא. וְכִי תֵּימָא: הָכָא נָמֵי כָּאן בְּעוֹמֵד כָּאן בִּמְהַלֵּךְ — אִינִי, וְהָא רַבִּי אֲבָהוּ הֲוָה קָא אָזֵיל בָּתְרֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן וַהֲוָה קָא קָרֵי קְרִיאַת שְׁמַע. כִּי מְטָא בִּמְבוֹאוֹת הַמְטוּנָּפוֹת אִשְׁתִּיק. אֲמַר לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן: לְהֵיכָן אֶהְדַּר? אֲמַר לֵיהּ: אִם שָׁהִיתָ כְּדֵי לִגְמוֹר אֶת כּוּלָּהּ — חֲזוֹר לָרֹאשׁ!
La Guemara demande : Rabbi Yoḥanan a-t-il vraiment dit cela ? Rabba bar bar Ḥana n’a-t-il pas dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Il est permis de méditer sur des sujets de Torah partout, sauf dans le bain public et les toilettes ? Par conséquent, il est interdit même de méditer sur la Torah dans un endroit sale. Et si vous dites : Ici aussi, il y a une distinction entre les deux cas, ici, Rabbi Yoḥanan a interdit de méditer sur la Torah dans un cas où l’on est debout ; ici, Rabbi Yoḥanan a permis de réciter le Shemadans un cas où l’on est en train de marcher, est-ce bien ainsi ? Rabbi Abbahu ne marchait-il pas derrière Rabbi Yoḥanan en récitant le Shema, et lorsqu’il arriva dans une ruelle sale, il se tut et cessa de réciter le Shema. Lorsqu’ils en sortirent, Rabbi Abbahu dit à Rabbi Yoḥanan : À quel endroit dans le Shema dois-je reprendre et en poursuivre la récitation ? Rabbi Yoḥanan lui dit : Si tu as retardé la reprise du Shema pendant un laps de temps suffisant pour achever l’ensemble du Shema, retourne au début et récite-le à partir de là. Du fait que Rabbi Yoḥanan ne le réprimanda pas pour avoir interrompu sa récitation, il apparaît qu’il interdit lui aussi de réciter le Shema en marchant dans une ruelle sale.
הָכִי קָאָמַר לֵיהּ: לְדִידִי לָא סְבִירָא לִי, לְדִידָךְ דִּסְבִירָא לָךְ, אִם שָׁהִיתָ כְּדֵי לִגְמוֹר אֶת כּוּלָּהּ חֲזוֹר לָרֹאשׁ.
La Guemara répond : Ce n’est pas une preuve, car il lui dit ce qui suit : je ne tiens pas qu’il faille interrompre la récitation du Shema dans ce cas, mais pour toi, qui tiens qu’il le faut, si tu as retardé le Shema pendant un intervalle suffisant pour achever tout le Shema, reviens au début et récite-le à partir de là.
תַּנְיָא כְּוָתֵיהּ דְּרַב הוּנָא, תַּנְיָא כְּוָתֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא. תַּנְיָא כְּוָתֵיהּ דְּרַב הוּנָא: הַמְהַלֵּךְ בִּמְבוֹאוֹת הַמְטוּנָּפוֹת — מַנִּיחַ יָדוֹ עַל פִּיו וְיִקְרָא קְרִיאַת שְׁמַע. תַּנְיָא כְּוָתֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא: הָיָה מְהַלֵּךְ בִּמְבוֹאוֹת הַמְטוּנָּפוֹת — לֹא יִקְרָא קְרִיאַת שְׁמַע, וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁאִם הָיָה קוֹרֵא וּבָא — פּוֹסֵק.
La Guemara cite des sources tannaïtiques pour corroborer à la fois les opinions indulgente et rigoureuse. Il est enseigné dans une baraita conformément à l’opinion de Rav Houna, et il est enseigné dans une baraita conformément à l’opinion de Rav Ḥisda. Il est enseigné dans une baraita conformément à l’opinion de Rav Houna : Celui qui marchait dans des ruelles sales met sa main sur sa bouche et récite le Shema. Il est enseigné dans une baraita conformément à l’opinion de Rav Ḥisda : Celui qui marchait dans des ruelles sales ne peut pas réciter le Shema. En outre, s’il était en train de réciter leShema lorsqu’il est arrivé à une ruelle sale, il interrompt sa récitation à ce moment-là.
לֹא פָּסַק — מַאי? אָמַר רַבִּי מְיָאשָׁה בַּר בְּרֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״וְגַם אֲנִי נָתַתִּי לָהֶם חֻקִּים לֹא טוֹבִים וּמִשְׁפָּטִים לֹא יִחְיוּ בָּהֶם״.
La Guemara demande : Si quelqu’un ne s’est pas arrêté, quel est son statut ? Rabbi Meyasha, petit-fils de Rabbi Yehoshua ben Levi, a dit : À son sujet, le verset dit : « De plus, Je leur ai donné des lois qui n’étaient pas bonnes et des ordonnances par lesquelles ils ne pouvaient pas vivre » (Ézéchiel 20:25), car dans ce cas, suivre ces lois et ordonnances a conduit à la faute, et non à la mitsva.
רַב אַסִּי אָמַר: ״הוֹי מוֹשְׁכֵי הֶעָוֹן בְּחַבְלֵי הַשָּׁוְא״. רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה אָמַר מֵהָכָא: ״כִּי דְבַר ה׳ בָּזָה״.
Rav Asi a dit que cela est dérivé du verset : « Malheur à ceux qui tirent l’iniquité avec des cordes de vanité » (Isaïe 5:18), ce qui signifie que cet homme attire le péché sur lui-même pour rien. Rav Adda bar Ahava a dit que cela est dérivé d’ici : « Car il a montré du mépris pour la parole du Seigneur » (Nombres 15:31), ce qui signifie que prononcer la parole de Dieu dans un lieu de saleté manifeste du mépris envers le Seigneur.
וְאִם פָּסַק מַה שְּׂכָרוֹ? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״וּבַדָּבָר הַזֶּה תַּאֲרִיכוּ יָמִים״.
La Guemara demande : Et s’il a interrompu sa récitation, quelle est sa récompense ? Rabbi Abbahou a dit : À son sujet, le verset dit : « Car c’est votre vie, et par cette chose vous prolongerez vos jours » (Deutéronome 32:47), ce qui signifie qu’en faisant attention à sa parole, une personne mérite la longévité.
אָמַר רַב הוּנָא: הָיְתָה טַלִּיתוֹ חֲגוּרָה לוֹ עַל מׇתְנָיו — מוּתָּר לִקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הָיְתָה טַלִּיתוֹ שֶׁל בֶּגֶד וְשֶׁל עוֹר וְשֶׁל שַׂק חֲגוּרָה עַל מׇתְנָיו — מוּתָּר לִקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע.
Rav Houna a dit : Celui dont le vêtement était attaché autour de la taille, même s’il était nu au-dessus de la taille, est autorisé à réciter le Shema. En effet, cet avis a également été enseigné dans une baraita : Celui dont le vêtement, fait de tissu, de cuir, de sac ou de toute autre matière, était serré autour de la taille, est autorisé à réciter le Shema.