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מְשַׁמֶּשֶׁת וְרָאֲתָה נִדָּה — אֵינָהּ צְרִיכָה טְבִילָה, אֲבָל בַּעַל קֶרִי גְּרֵידָא — מְחַיַּיב. לָא תֵּימָא ״מְבָרֵךְ״, אֶלָּא מְהַרְהֵר.
cela signifie-t-il qu’une femme qui a eu des rapports sexuels et a vu du sang menstruel n’est pas tenue de s’immerger, mais que celui qui n’a eu qu’une émission séminale, sans impureté concomitante, est tenu de le faire ? Si tel est le cas, nous devons interpréter la déclaration de Rabbi Yehouda dans la michna, selon laquelle on récite une bénédiction avant comme après, de la manière suivante : Ne dis pas que l’on récite une bénédiction oralement ; il veut plutôt dire que l’on contemple ces bénédictions dans son cœur.
וּמִי אִית לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה הִרְהוּר? וְהָתַנְיָא: בַּעַל קֶרִי שֶׁאֵין לוֹ מַיִם לִטְבּוֹל — קוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע, וְאֵינוֹ מְבָרֵךְ, לֹא לְפָנֶיהָ וְלֹא לְאַחֲרֶיהָ. וְאוֹכֵל פִּתּוֹ וּמְבָרֵךְ לְאַחֲרֶיהָ, וְאֵינוֹ מְבָרֵךְ לְפָנֶיהָ. אֲבָל מְהַרְהֵר בְּלִבּוֹ וְאֵינוֹ מוֹצִיא בִּשְׂפָתָיו, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ מוֹצִיא בִּשְׂפָתָיו.
La Guemara conteste cette explication : Rabbi Yehouda soutient-il donc que la contemplation dans son cœur a une validité ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita : Celui qui a eu une émission séminale et qui n’a pas d’eau pour s’immerger et se purifier récite le Shema et ne récite pas les bénédictions du Shema, ni avant ni après ? Et lorsqu’il mange son pain, il récite la bénédiction après, le Birkat Hamazon, mais ne récite pas la bénédiction : Celui qui fait sortir le pain de la terre, avant. Cependant, dans les cas où il ne peut pas réciter la bénédiction, il la contemple dans son cœur au lieu de la prononcer avec ses lèvres, telle est l’opinion de Rabbi Meir. Cependant, Rabbi Yehouda dit : Dans les deux cas, il prononce toutes les bénédictions avec ses lèvres. Rabbi Yehouda ne considère pas la contemplation des bénédictions dans son cœur comme une solution et permet de les réciter.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: עֲשָׂאָן רַבִּי יְהוּדָה כְּהִלְכוֹת דֶּרֶךְ אֶרֶץ.
Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : La déclaration de Rabbi Yehuda dans la michna doit être interprétée d’une autre manière. Rabbi Yehuda considérait les bénédictions comme Hilkhot Derekh Eretz, qui, selon certains Sages, n’étaient pas considérées comme appartenant à la même catégorie que tous les autres sujets de la Torah et, par conséquent, il est permis de s’y consacrer même après avoir eu une émission séminale.
דְּתַנְיָא: ״וְהוֹדַעְתָּם לְבָנֶיךָ וְלִבְנֵי בָנֶיךָ״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ ״יוֹם אֲשֶׁר עָמַדְתָּ לִפְנֵי ה׳ אֱלֹהֶיךָ בְּחוֹרֵב״, מָה לְהַלָּן בְּאֵימָה וּבְיִרְאָה וּבִרְתֵת וּבְזִיעַ, אַף כָּאן בְּאֵימָה וּבְיִרְאָה וּבִרְתֵת וּבְזִיעַ.
Comme cela a été enseigné dans une baraita : Il est écrit : « Et tu les feras connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants » (Deutéronome 4:9), et il est écrit ensuite : « Le jour où tu t’es tenu devant le Seigneur ton Dieu à Horeb » (Deutéronome 4:10). De même qu’en bas, la Révélation au Sinaï s’est faite dans la révérence, la crainte, le tremblement et le frisson, de même ici, à chaque génération, la Torah doit être étudiée avec un sentiment de révérence, de crainte, de tremblement et de frisson.
מִכָּאן אָמְרוּ: הַזָּבִים וְהַמְצֹרָעִים וּבָאִין עַל נִדּוֹת — מוּתָּרִים לִקְרוֹת בַּתּוֹרָה וּבַנְּבִיאִים וּבַכְּתוּבִים, לִשְׁנוֹת בַּמִּשְׁנָה וּגְמָרָא וּבָהֲלָכוֹת וּבָאַגָּדוֹת. אֲבָל בַּעֲלֵי קְרָיִין אֲסוּרִים.
De là les Sages ont déclaré : les Zavim, les lépreux et ceux qui ont eu des rapports avec des femmes menstruées, malgré leur grave impureté, sont autorisés à lire la Torah, les Prophètes et les Écrits, et à étudier la Michna, la Guemara, les halakhot et l’aggada. Cependant, ceux qui ont eu une émission séminale en sont interdits. La raison de cette distinction est que les cas d’impureté grave sont causés par la maladie ou par d’autres circonstances indépendantes de sa volonté et, par conséquent, ils n’excluent pas nécessairement un sentiment de révérence et de crainte lorsqu’il étudie la Torah. Ce n’est toutefois pas le cas de l’impureté résultant d’une émission séminale, qui survient généralement en raison de la frivolité et d’un manque de révérence et de crainte. Il est donc inapproprié pour quelqu’un qui a eu une émission séminale de s’occuper de questions de Torah.
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: שׁוֹנֶה הוּא בָּרְגִילִיּוֹת, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַצִּיעַ אֶת הַמִּשְׁנָה. רַבִּי יוֹנָתָן בֶּן יוֹסֵף אוֹמֵר: מַצִּיעַ הוּא אֶת הַמִּשְׁנָה, וְאֵינוֹ מַצִּיעַ אֶת הַגְּמָרָא. רַבִּי נָתָן בֶּן אֲבִישָׁלוֹם אוֹמֵר: אַף מַצִּיעַ אֶת הַגְּמָרָא, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יֹאמַר אַזְכָּרוֹת שֶׁבּוֹ. רַבִּי יוֹחָנָן הַסַּנְדְּלָר תַּלְמִידוֹ שֶׁל רַבִּי עֲקִיבָא מִשּׁוּם רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: לֹא יִכָּנֵס לַמִּדְרָשׁ כׇּל עִיקָּר. וְאָמְרִי לַהּ: לֹא יִכָּנֵס לְבֵית הַמִּדְרָשׁ כׇּל עִיקָּר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שׁוֹנֶה הוּא בְּהִלְכוֹת דֶּרֶךְ אֶרֶץ.
Cependant, il existe de nombreuses opinions concernant les paramètres précis des questions de Torah interdites par ce décret. Rabbi Yosei dit : Celui qui a eu une émission séminale étudie les mishnayot qu’il a l’habitude d’étudier, tant qu’il n’expose pas une mishna nouvelle afin de l’étudier en profondeur. Rabbi Yonatan ben Yosef dit : Il expose la mishna mais n’expose pas la Guemara, qui est l’analyse approfondie de la Torah. Rabbi Natan ben Avishalom dit : Il peut même exposer la Guemara, à condition de ne pas prononcer les mentions du nom de Dieu qui s’y trouvent. Rabbi Yoḥanan le Cordonnier, élève de Rabbi Akiva, dit au nom de Rabbi Akiva : Celui qui a eu une émission séminale ne peut pas du tout se livrer à l’interprétation homilétique [midrash] des versets. Certains disent qu’il dit : Il ne peut pas du tout entrer dans la maison d’étude [beit hamidrash]. Rabbi Yehuda dit : Il peut étudier seulement Hilkhot Derekh Eretz. En ce qui concerne le problème soulevé ci-dessus, apparemment Rabbi Yehuda considère que le statut juridique des bénédictions est parallèle au statut juridique de Hilkhot Derekh Eretz, et qu’on peut donc les prononcer oralement.
מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי יְהוּדָה שֶׁרָאָה קֶרִי, וְהָיָה מְהַלֵּךְ עַל גַּב הַנָּהָר. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: רַבֵּינוּ, שְׁנֵה לָנוּ פֶּרֶק אֶחָד בְּהִלְכוֹת דֶּרֶךְ אֶרֶץ. יָרַד וְטָבַל וְשָׁנָה לָהֶם. אָמְרוּ לוֹ: לֹא כָּךְ לִמַּדְתָּנוּ רַבֵּינוּ, שׁוֹנֶה הוּא בְּהִלְכוֹת דֶּרֶךְ אֶרֶץ?! אָמַר לָהֶם: אַף עַל פִּי שֶׁמֵּיקֵל אֲנִי עַל אֲחֵרִים, מַחְמִיר אֲנִי עַל עַצְמִי.
La Guemara rapporte un incident impliquant Rabbi Yehuda lui-même, qui eut une émission séminale et marchait le long de la rive du fleuve avec ses disciples. Ses disciples lui dirent : Rabbi, enseigne-nous un chapitre de Hilkhot Derekh Eretz, car il soutenait que même en état d’impureté, cela est permis. Il descendit et s’immergea dans le fleuve et leur enseigna Hilkhot Derekh Eretz. Ils lui dirent : Ne nous as-tu pas enseigné, notre maître, qu’il peut étudier Hilkhot Derekh Eretz ? Il leur dit : Bien que je sois indulgent envers les autres, et que je leur permette de l’étudier sans immersion, je suis rigoureux envers moi-même.
תַּנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא הָיָה אוֹמֵר: אֵין דִּבְרֵי תוֹרָה מְקַבְּלִין טוּמְאָה. מַעֲשֶׂה בְּתַלְמִיד אֶחָד שֶׁהָיָה מְגַמְגֵּם לְמַעְלָה מֵרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא. אָמַר לֵיהּ: בְּנִי, פְּתַח פִּיךָ וְיָאִירוּ דְבָרֶיךָ, שֶׁאֵין דִּבְרֵי תוֹרָה מְקַבְּלִין טוּמְאָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲלֹא כֹה דְבָרִי כָּאֵשׁ נְאֻם ה׳״, מָה אֵשׁ אֵינוֹ מְקַבֵּל טוּמְאָה אַף דִּבְרֵי תוֹרָה אֵינָן מְקַבְּלִין טוּמְאָה.
En développant davantage la question de l’étude de la Torah en état d’impureté, il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Yehouda ben Beteira disait : Les paroles de Torah ne deviennent pas rituellement impures et, par conséquent, celui qui est impur est autorisé à s’engager dans l’étude de la Torah. Il mit cette halakha en pratique. La Guemara rapporte un incident impliquant un étudiant qui récitait des mishnayot et des baraitot avec hésitation devant la maison d’étude de Rabbi Yehouda ben Beteira. L’étudiant eut une émission séminale et, lorsqu’on lui demanda de réciter, il le fit d’une manière précipitée et irrégulière, car il ne voulait pas prononcer explicitement les paroles de Torah. Rabbi Yehouda lui dit : Mon fils, ouvre ta bouche et que tes paroles brillent, car les paroles de Torah ne deviennent pas rituellement impures, comme il est dit : « Ma parole n’est-elle pas comme le feu, dit le Seigneur » (Jérémie 23:29). De même que le feu ne devient pas rituellement impur, de même les paroles de Torah ne deviennent pas rituellement impures.
אָמַר מָר. מַצִּיעַ אֶת הַמִּשְׁנָה וְאֵינוֹ מַצִּיעַ אֶת הַגְּמָרָא. מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי אִלְעַאי, דְּאָמַר רַבִּי אִלְעַאי אָמַר רַבִּי אַחָא בַּר יַעֲקֹב מִשּׁוּם רַבֵּינוּ: הֲלָכָה, מַצִּיעַ אֶת הַמִּשְׁנָה וְאֵינוֹ מַצִּיעַ אֶת הַגְּמָרָא. כְּתַנָּאֵי: מַצִּיעַ אֶת הַמִּשְׁנָה וְאֵינוֹ מַצִּיעַ אֶת הַגְּמָרָא, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל: זֶה וָזֶה אָסוּר. וְאָמְרִי לַהּ: זֶה וָזֶה מוּתָּר.
Dans cette baraita le Maître a dit que celui qui est impur en raison d’une émission séminale expose la mishna mais n’expose pas la Guemara. La Guemara note : Cette déclaration soutient l’opinion de Rabbi El’ai, car Rabbi El’ai a dit que Rabbi Aḥa bar Ya’akov a dit au nom de notre maître, Rav : Lahalakha est que celui qui a eu une émission séminale peut exposer la mishna mais ne peut pas exposer la Guemara. Cette controverse est parallèle à une controverse tannaïtique, comme il a été enseigné : Celui qui a eu une émission séminale expose la mishna mais n’expose pas la Guemara ; c’est la déclaration de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda ben Gamliel dit au nom de Rabbi Ḥanina ben Gamliel : Tant ceci que cela sont interdits. Et certains disent qu’il a dit : Tant ceci que cela sont permis.
מַאן דְּאָמַר זֶה וָזֶה אָסוּר — כְּרַבִּי יוֹחָנָן הַסַּנְדְּלָר, מַאן דְּאָמַר זֶה וָזֶה מוּתָּר — כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא.
En comparant ces opinions : Celui qui a dit que ceci et cela sont interdits soutient, conformément à l’opinion de Rabbi Yoḥanan le Cordonnier ; celui qui a dit que ceci et cela sont permis soutient, conformément à l’opinion de Rabbi Yehuda ben Beteira.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: נְהוּג עָלְמָא כְּהָנֵי תְּלָת סָבֵי — כְּרַבִּי אִלְעַאי בְּרֵאשִׁית הַגֵּז, כְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה בְּכִלְאַיִם, כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא בְּדִבְרֵי תוֹרָה.
En résumé de la halakha, Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : La pratique universellement acceptée est conforme aux opinions de ces trois anciens : Conformément à l’opinion de Rabbi El’ai en ce qui concerne les halakhot de la première tonte, conformément à l’opinion de Rabbi Yoshiya en ce qui concerne les lois des espèces mélangées interdites, et conformément à l’opinion de Rabbi Yehuda ben Beteira en ce qui concerne les questions de Torah.
כְּרַבִּי אִלְעַאי בְּרֵאשִׁית הַגֵּז — דְּתַנְיָא, רַבִּי אִלְעַאי אוֹמֵר: רֵאשִׁית הַגֵּז אֵינוֹ נוֹהֵג אֶלָּא בָּאָרֶץ.
La Guemara développe : Conformément à l’opinion de Rabbi El’ai au sujet de la première tonte, comme cela a été enseigné dans une baraitaRabbi El’ai dit : L’obligation de prélever la première tonte des brebis pour le prêtre n’est pratiquée qu’en Eretz Israël et non dans la diaspora, et telle est la pratique acceptée.
כְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה בְּכִלְאַיִם, כְּדִכְתִיב: ״לֹא תִזְרַע כַּרְמְךָ כִּלְאָיִם״, רַבִּי יֹאשִׁיָּה אוֹמֵר: לְעוֹלָם אֵינוֹ חַיָּיב עַד שֶׁיִּזְרַע חִטָּה וּשְׂעוֹרָה וְחַרְצָן בְּמַפּוֹלֶת יָד.
Conformément à l’opinion de Rabbi Yoshiya concernant les espèces mélangées, comme il est écrit : « Tu ne sèmeras pas ta vigne de diverses espèces » (Deutéronome 22:9). Rabbi Yoshiya dit : Cela signifie que celui qui sème des espèces mélangées n’est pas passible selon la loi de la Torah jusqu’à ce qu’il sème du blé, de l’orge et un pépin de raisin d’un seul mouvement de la main, c’est-à-dire qu’en semant dans la vigne, il transgresse simultanément l’interdit des espèces mélangées qui s’applique aux semences et à la vigne.
כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא בְּדִבְרֵי תוֹרָה, דְּתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא אוֹמֵר: אֵין דִּבְרֵי תוֹרָה מְקַבְּלִין טוּמְאָה.
Conformément à l’avis de Rabbi Yehuda ben Beteira concernant celui qui a eu une émission séminale, il lui est permis de s’occuper de questions de Torah, comme cela a été enseigné dans une baraita selon laquelle Rabbi Yehuda ben Beteira dit : Les paroles de Torah ne deviennent pas rituellement impures.
כִּי אֲתָא זְעֵירִי, אֲמַר: בַּטְּלוּהָ לִטְבִילוּתָא. וְאָמְרִי לַהּ: בַּטְּלוּהָ לִנְטִילוּתָא. מַאן דְּאָמַר בַּטְּלוּהָ לִטְבִילוּתָא — כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא. מַאן דְּאָמַר בַּטְּלוּהָ לִנְטִילוּתָא — כִּי הָא דְּרַב חִסְדָּא לָיֵיט אַמַּאן דִּמְהַדַּר אַמַּיָּא בְּעִידָּן צְלוֹתָא.
Et la Guemara rapporte : Lorsque Ze’iri vint d’Eretz Israël en Babylonie, il résuma brièvement cette halakha et dit : Ils ont aboli l’immersion rituelle, et certains disent qu’il a dit : Ils ont aboli le lavage rituel des mains. La Guemara explique : Celui qui dit qu’ils ont aboli l’immersion est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda ben Beteira, selon laquelle celui qui a eu une émission séminale n’est pas tenu de s’immerger. Et celui qui dit qu’ils ont aboli le lavage des mains est conforme à ce au sujet de quoi Rav Ḥisda a maudit celui qui se donne trop de mal pour chercher de l’eau au moment de la prière.
תָּנוּ רַבָּנַן: בַּעַל קֶרִי שֶׁנָּתְנוּ עָלָיו תִּשְׁעָה קַבִּין מַיִם — טָהוֹר. נַחוּם אִישׁ גַּם זוֹ לְחָשָׁהּ לְרַבִּי עֲקִיבָא, וְרַבִּי עֲקִיבָא לְחָשָׁהּ לְבֶן עַזַּאי, וּבֶן עַזַּאי יָצָא וּשְׁנָאָהּ לְתַלְמִידָיו בְּשׁוּק. פְּלִיגִי בַּהּ תְּרֵי אָמוֹרָאֵי בְּמַעְרְבָא, רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין וְרַבִּי יוֹסֵי בַּר זְבִידָא. חַד תָּנֵי: שְׁנָאָהּ, וְחַד תָּנֵי: לְחָשָׁהּ.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Celui qui a eu une émission séminale et sur qui l’on a versé neuf kav d’eau puisée, cela suffit pour le rendre rituellement pur, et il n’a pas besoin de s’immerger dans un bain rituel. La Guemara raconte : Naḥum de Gam Zo a chuchoté cette halakha à Rabbi Akiva, et Rabbi Akiva l’a chuchotée à son élève ben Azzai, et ben Azzai est sorti et l’a enseignée à ses élèves publiquement sur la place du marché. Deux amora’im en Terre d’Israël, Rabbi Yosei bar Avin et Rabbi Yosei bar Zevida, étaient en désaccord quant à la version correcte de la conclusion de l’incident. L’un enseignait : Ben Azzai l’a enseignée à ses élèves sur le marché. Et l’autre enseignait : Ben Azzai l’a aussi chuchotée à ses élèves.
מַאן דְּתָנֵי שְׁנָאָהּ, מִשּׁוּם בִּטּוּל תּוֹרָה וּמִשּׁוּם בִּטּוּל פְּרִיָּה וּרְבִיָּה. וּמַאן דְּתָנֵי לְחָשָׁהּ — שֶׁלֹּא יְהוּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים מְצוּיִים אֵצֶל נְשׁוֹתֵיהֶם כְּתַרְנְגוֹלִים.
La Guemara explique la logique qui sous-tend les deux versions de cet incident. Le Sage qui a enseigné que ben Azzai a enseigné la loi ouvertement sur le marché soutenait que l’indulgence était due à la crainte que les halakhot exigeant une immersion rituelle n’encouragent la négligence dans l’étude de la Torah. La décision de Rabbi Yehouda ben Beteira facilite l’étude de la Torah pour une personne ayant eu une émission séminale. Cela était aussi dû à la crainte que les halakhot exigeant une immersion rituelle n’encouragent la suspension de la procréation, car on pourrait s’abstenir de relations conjugales afin d’éviter l’immersion requise ensuite. Et le Sage, qui a enseigné que ben Azzai n’a fait que chuchoter cette halakha à ses élèves, soutenait qu’il l’avait fait afin que les érudits de la Torah ne soient pas avec leurs femmes comme des coqs. Si le processus de purification était si simple, les érudits de la Torah se livreraient constamment à une activité sexuelle, ce qui les détournerait de leurs études.
אָמַר רַבִּי יַנַּאי: שָׁמַעְתִּי שֶׁמְּקִילִּין בָּהּ וְשָׁמַעְתִּי שֶׁמַּחֲמִירִין בָּהּ, וְכׇל הַמַּחֲמִיר בָּהּ עַל עַצְמוֹ מַאֲרִיכִין לוֹ יָמָיו וּשְׁנוֹתָיו.
En ce qui concerne cette immersion rituelle, Rabbi Yannai a dit : J’ai entendu dire qu’il y en a qui sont indulgents à son sujet, et j’ai entendu dire qu’il y en a qui sont rigoureux à son sujet. La halakha en cette matière n’a jamais été établie de manière concluante, et quiconque accepte d’être rigoureux à son sujet, ses jours et ses années lui sont prolongés.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מַה טִּיבָן שֶׁל טוֹבְלֵי שְׁחָרִין? מַה טִּיבָן?! הָא אִיהוּ דְּאָמַר בַּעַל קֶרִי אָסוּר בְּדִבְרֵי תּוֹרָה. הָכִי קָאָמַר: מַה טִּיבָן בְּאַרְבָּעִים סְאָה, אֶפְשָׁר בְּתִשְׁעָה קַבִּין. מַה טִּיבָן בִּטְבִילָה, אֶפְשָׁר בִּנְתִינָה.
La Guemara rapporte que Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Quelle est l’essence de ceux qui s’immergent le matin ? La Guemara rétorque : Comment peut-on demander quelle est leur essence ? N’est-ce pas lui celui qui a dit que celui qui a eu une émission séminale a l’interdiction de s’occuper de sujets de Torah et doit s’immerger le matin ? Plutôt, voici ce qu’il voulait dire : Quelle est l’essence de l’immersion dans un bain rituel de quarante se’a d’eau, lorsqu’il est possible de se purifier avec neuf kav ? En outre, quelle est l’essence de l’immersion lorsqu’il est aussi possible de se purifier en versant de l’eau ?
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: גָּדֵר גָּדוֹל גָּדְרוּ בָּהּ. דְּתַנְיָא: מַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁתָּבַע אִשָּׁה לִדְבַר עֲבֵירָה. אָמְרָה לוֹ: רֵיקָא! יֵשׁ לְךָ אַרְבָּעִים סְאָה שֶׁאַתָּה טוֹבֵל בָּהֶן? מִיָּד פֵּירַשׁ.
À ce sujet, Rabbi Ḥanina a dit : Ils ont établi une grande barrière protégeant une personne contre le péché par leur décret selon lequel il faut s’immerger dans quarante se’a d’eau. Comme il a été enseigné dans une baraita : Il y eut un incident impliquant quelqu’un qui sollicita une femme pour commettre un acte fautif. Elle lui dit : Bon à rien. As-tu quarante se’a dans lesquelles t’immerger et te purifier ensuite ? Il renonça immédiatement. L’obligation de s’immerger amena les gens à s’abstenir de la transgression.
אֲמַר לְהוּ רַב הוּנָא לְרַבָּנָן: רַבּוֹתַי, מִפְּנֵי מָה אַתֶּם מְזַלְזְלִין בִּטְבִילָה זוֹ: אִי מִשּׁוּם צִינָּה, אֶפְשָׁר בְּמֶרְחֲצָאוֹת.
Rav Houna dit aux Sages : Messieurs, pourquoi méprisez-vous cette immersion ? Si c’est parce qu’il vous est difficile de vous immerger dans les eaux froides du bain rituel, il est possible de se purifier en s’immergeant dans les bains chauffés, qui sont impropres à l’immersion pour d’autres formes d’impureté rituelle, mais qui conviennent à l’immersion dans ce cas.
אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא: וְכִי יֵשׁ טְבִילָה בְּחַמִּין? אֲמַר לֵיהּ: רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה קָאֵי כְּווֹתָךְ.
Rabbi Ḥisda lui dit : Y a-t-il immersion rituelle dans de l’eau chaude ? Rav Huna lui dit : En effet, des doutes ont été soulevés quant à la validité des bains, et Rav Adda bar Ahava soutient conformément à votre avis. Néanmoins, je reste convaincu que cela est permis.
רַבִּי זֵירָא הֲוָה יָתֵיב בְּאַגָּנָא דְמַיָּא בֵּי מַסּוּתָא, אֲמַר לֵיהּ לְשַׁמָּעֵיהּ: זִיל וְאַיְיתִי לִי תִּשְׁעָה קַבִּין וּשְׁדִי עִלָּוַאי. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: לְמָה לֵיהּ לְמָר כּוּלֵּי הַאי? וְהָא יָתֵיב בְּגַוַּויְיהוּ! אֲמַר לֵיהּ: כְּאַרְבָּעִים סְאָה, מָה אַרְבָּעִים סְאָה, בִּטְבִילָה וְלֹא בִּנְתִינָה — אַף תִּשְׁעָה קַבִּין בִּנְתִינָה וְלֹא בִּטְבִילָה.
La Guemara rapporte : Rabbi Zeira était assis dans une cuve d’eau au bain public. Il dit à son assistant : Va chercher neuf kav d’eau et verse-les sur moi afin que je puisse me purifier de l’impureté causée par une émission séminale. Rabbi Ḥiyya bar Abba lui dit : Pourquoi mon maître a-t-il besoin de tout cela ? N’es-tu pas assis dans au moins neuf kav d’eau dans la cuve ? Il lui dit : La règle des neuf kav est parallèle à la règle des quarante se’a, en ce que leurs halakhot sont exclusives. De même que quarante se’a ne peuvent purifier une personne que par immersion et non par versement, de même neuf kav ne peuvent purifier celui qui a eu une émission séminale que par versement et non par immersion.
רַב נַחְמָן תַּקֵּן חַצְבָּא בַּת תִּשְׁעָה קַבִּין. כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אֲמַר רַבִּי עֲקִיבָא וְרַבִּי יְהוּדָה גְּלוֹסְטְרָא אָמְרוּ: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לְחוֹלֶה לְאוֹנְסוֹ. אֲבָל לְחוֹלֶה הַמַּרְגִּיל, אַרְבָּעִים סְאָה.
La Guemara rapporte que Rav Naḥman prépara une cruche d’une capacité de neuf kav afin que ses élèves puissent se verser de l’eau dessus et devenir purs. Lorsque Rav Dimi arriva d’Eretz Israël en Babylonie, il dit : Rabbi Akiva et Rabbi Yehuda Gelostera ont dit : La halakha selon laquelle celui qui a eu une émission séminale peut être purifié en se versant neuf kavn’a été enseignée que pour une personne malade qui a eu cette émission involontairement. Cependant, une personne malade qui a eu une émission séminale normale au cours des relations conjugales est tenue de s’immerger dans quarante se’a.
אֲמַר רַב יוֹסֵף: אִתְּבַר חַצְבֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן. כִּי אֲתָא רָבִין אֲמַר בְּאוּשָׁא הֲוָה עוֹבָדָא
Rav Yosef dit : Dans ce cas, la cruche de Rav Naḥman est brisée, c’est-à-dire qu’elle n’est plus d’aucune utilité, car peu de gens entrent dans la catégorie des malades ayant eu des émissions séminales. Néanmoins, lorsque Ravin vint d’Eretz Yisrael en Babylonie, il dit : À Usha, il y eut un incident

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