אוֹ צִבּוּר וְצִבּוּר, אֲבָל יָחִיד לְגַבֵּי צִבּוּר כְּמַאן דְּלָא צַלִּי דָּמֵי, קָמַשְׁמַע לַן. וְאִי אַשְׁמְעִינַן הָכָא, מִשּׁוּם דְּלָא אַתְחֵיל בַּהּ, אֲבָל הָתָם דְּאַתְחֵיל בַּהּ — אֵימָא לָא. צְרִיכָא.
ou un cas où il a prié en tant que membre d’une assemblée et a commencé à la répéter en tant que membre d’une assemblée ; cependant, dans un cas où il a d’abord prié seul puis a rejoint l’assemblée à l’endroit où elle priait, nous aurions pu dire qu’un individu vis-à-vis de l’assemblée est considéré comme quelqu’un qui n’a pas prié. Par conséquent, il nous a enseigné que, dans ce cas aussi, on ne peut pas répéter la prière. Et, d’autre part, s’il nous avait enseigné ici seulement au sujet de celui qui est entré dans une synagogue, nous aurions pensé que la raison pour laquelle il ne peut pas prier de nouveau est parce qu’il n’a pas encore commencé à réciter la prière, mais là, dans le cas où il a déjà commencé à réciter la prière, dis que ce n’est pas le cas et qu’il peut continuer à répéter la prière. Par conséquent, les deux énoncés sont nécessaires.
אָמַר רַב הוּנָא: הַנִּכְנָס לְבֵית הַכְּנֶסֶת וּמָצָא צִבּוּר שֶׁמִּתְפַּלְּלִין, אִם יָכוֹל לְהַתְחִיל וְלִגְמוֹר עַד שֶׁלֹּא יַגִּיעַ שְׁלִיחַ צִבּוּר לְ״מוֹדִים״ — יִתְפַּלֵּל. וְאִם לָאו — אַל יִתְפַּלֵּל. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמַר: אִם יָכוֹל לְהַתְחִיל וְלִגְמוֹר עַד שֶׁלֹּא יַגִּיעַ שְׁלִיחַ צִבּוּר לִ״קְדוּשָּׁה״ — יִתְפַּלֵּל, וְאִם לָאו — אַל יִתְפַּלֵּל.
Rav Houna a dit : Celui qui n’a pas encore prié et entre dans une synagogue et trouve que l’assemblée est au milieu de la récitation de la prière de la Amida, s’il peut commencer et terminer sa propre prière avant que l’officiant n’arrive à la bénédiction de remerciement [modim], il doit commencer à prier, et sinon, il ne doit pas commencer à prier. Rabbi Yehoshoua ben Levi a dit : S’il peut commencer et terminer sa prière avant que l’officiant n’arrive à la sanctification [kedusha], alors il doit commencer à prier. Sinon, il ne doit pas commencer à prier.
בְּמַאי קָא מִפַּלְגִי — מָר סָבַר יָחִיד אוֹמֵר ״קְדוּשָּׁה״, וּמַר סָבַר אֵין יָחִיד אוֹמֵר ״קְדוּשָּׁה״.
La Guemara précise : À propos de quoi sont-ils en désaccord ? Le fondement de leur divergence est qu’un Sage, Rav Houna, soutient : Un individu est autorisé à réciter la kedusha seul, et il n’a donc pas besoin de tenir à la réciter avec l’officiant ; tandis que l’autre Sage, Rabbi Yehoshua ben Levi, soutient qu’un individu ne peut pas réciter la kedusha seul et, par conséquent, il est tenu d’achever sa prière avant que l’officiant de la prière communautaire n’arrive à la kedusha.
וְכֵן אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: מִנַּיִן שֶׁאֵין הַיָּחִיד אוֹמֵר ״קְדוּשָּׁה״ — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְנִקְדַּשְׁתִּי בְּתוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״, כׇּל דָּבָר שֶׁבִּקְדוּשָּׁה לֹא יְהֵא פָּחוֹת מֵעֲשָׂרָה.
De même, Rav Adda bar Ahava a déclaré, conformément au second avis : D’où dérive-t-on qu’un individu ne peut pas réciter la kedusha seul ? Comme il est dit : « Et Je serai sanctifié parmi les enfants d’Israël » (Lévitique 22:32), toute expression de sainteté ne peut pas être récitée dans un quorum de moins de dix hommes.
מַאי מַשְׁמַע? דְּתָנֵי רַבְנַאי אֲחוּהּ דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: אָתְיָא ״תּוֹךְ״ ״תּוֹךְ״. כְּתִיב הָכָא: ״וְנִקְדַּשְׁתִּי בְּתוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״, וּכְתִיב הָתָם: ״הִבָּדְלוּ מִתּוֹךְ הָעֵדָה הַזֹּאת״, מָה לְהַלָּן עֲשָׂרָה. אַף כָּאן עֲשָׂרָה.
La Guemara demande : Comment cela est-il déduit de ce verset ? La Guemara répond : Cela doit être compris à la lumière d’une baraita, qui a été enseignée par Rabbenai, le frère de Rabbi Ḥiyya bar Abba : Cela est déduit au moyen d’une analogie verbale [gezera shava] entre les mots parmi, parmi. Ici il est écrit : « Et Je serai sanctifié parmi les enfants d’Israël », et là-bas, au sujet de l’assemblée de Coré, il est écrit : « Séparez-vous du milieu de cette assemblée » (Nombres 16:21). De même que là-bas parmi signifie dix, de même ici, parmi signifie dix. La connotation de dix associée au mot parmi écrit dans la section de Coré est, à son tour, dérivée au moyen d’une autre analogie verbale entre le mot assemblée écrit là-bas et le mot assemblée écrit en référence aux dix espions qui ont calomnié Eretz Yisrael : « Jusques à quand supporterai-Je cette mauvaise assemblée ? » (Nombres 14:27). Par conséquent, parmi l’assemblée, il doit y avoir au moins dix.
וּדְכוּלֵּי עָלְמָא מִיהַת מִפְסָק לָא פָּסֵיק.
En tout cas, tous s’accordent à dire qu’on ne peut pas interrompre sa prière pour répondre à la kedusha.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: מַהוּ לְהַפְסִיק לִ״יהֵא שְׁמוֹ הַגָּדוֹל מְבוֹרָךְ״? כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר: רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן תַּלְמִידֵי דְּרַבִּי יוֹחָנָן אָמְרִי: לַכֹּל אֵין מַפְסִיקִין חוּץ מִן ״יְהֵא שְׁמוֹ הַגָּדוֹל מְבוֹרָךְ״. שֶׁאֲפִילּוּ עוֹסֵק בְּמַעֲשֵׂה מֶרְכָּבָה — פּוֹסֵק. וְלֵית הִלְכְתָא כְּוָתֵיהּ.
Cependant, un dilemme fut soulevé devant les Sages de la yeshiva : quelle est la règle ? Est-il permis d’interrompre sa prière afin de réciter : « Que Son grand nom soit béni » dans le kaddish ? Lorsque Rav Dimi arriva d’Eretz Israël en Babylonie, il dit : Rabbi Yehouda et Rabbi Shimon, disciples de Rabbi Yoḥanan, ont dit : On ne peut pas interrompre sa prière pour quoi que ce soit, sauf pour : « Que Son grand nom soit béni », car même si l’on était engagé dans l’étude exaltée de l’Œuvre du Char Divin [Ma’aseh Merkava] (voir Ézéchiel 1), on s’interrompt pour le réciter. Cependant, la Guemara conclut : La halakha n’est pas conforme à son avis.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר מְבָרֵךְ לִפְנֵיהֶם וּלְאַחֲרֵיהֶם. לְמֵימְרָא דְקָסָבַר רַבִּי יְהוּדָה בַּעַל קֶרִי מוּתָּר בְּדִבְרֵי תוֹרָה? וְהָאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, מִנַּיִן לְבַעַל קֶרִי שֶׁאָסוּר בְּדִבְרֵי תוֹרָה — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהוֹדַעְתָּם לְבָנֶיךָ וְלִבְנֵי בָנֶיךָ״, וּסְמִיךְ לֵיהּ: ״יוֹם אֲשֶׁר עָמַדְתָּ וְגוֹ׳״. מָה לְהַלָּן בַּעֲלֵי קְרָיִין אֲסוּרִין, אַף כָּאן בַּעֲלֵי קְרָיִין אֲסוּרִין!
Nous avons appris dans la michna que Rabbi Yehouda dit au sujet de celui qui a eu une émission séminale ; il récite une bénédiction avant et après aussi bien dans le cas du Shema que dans le cas de la nourriture. La Guemara demande : Cela veut-il dire que Rabbi Yehouda soutient que celui qui a eu une émission séminale est autorisé à s’occuper de questions de Torah ? Rabbi Yehoshua ben Levi n’a-t-il pas dit : D’où dans la Torah est-il dérivé que celui qui a eu une émission séminale est interdit de s’occuper de questions de Torah ? Comme il est dit : « Seulement, prends garde à toi et garde soigneusement ton âme, de peur que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues, et qu’elles ne s’éloignent de ton cœur tous les jours de ta vie, et tu les feras connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants » (Deutéronome 4:9), d’où nous dérivons, entre autres, l’obligation d’étudier la Torah. Et, juxtaposé à cela, se trouve le verset : « Le jour où tu t’es tenu devant le Seigneur ton Dieu à Horeb » (Deutéronome 4:10). Cette juxtaposition nous enseigne que, de même qu’en bas, lors de la révélation au mont Sinaï, ceux qui avaient eu une émission séminale étaient interdits et avaient reçu l’ordre de s’abstenir de relations avec leurs femmes et de s’immerger, de même ici, à travers les générations, ceux qui ont une émission séminale sont interdits de s’engager dans l’étude de la Torah.
וְכִי תֵּימָא רַבִּי יְהוּדָה לָא דָּרֵישׁ ״סְמוּכִים״, וְהָאָמַר רַב יוֹסֵף: אֲפִילּוּ מַאן דְּלָא דָּרֵישׁ סְמוּכִים בְּכָל הַתּוֹרָה, בְּמִשְׁנֵה תוֹרָה — דָּרֵישׁ. דְּהָא רַבִּי יְהוּדָה לָא דָּרֵישׁ ״סְמוּכִין״ בְּכָל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ וּבְמִשְׁנֵה תוֹרָה — דָּרֵישׁ.
Et si tu dis que Rabbi Yehouda ne tire pas d’interprétations homilétiques de versets juxtaposés, Rav Yossef n’a-t-il pas déjà dit : Même celui qui ne tire pas d’interprétations homilétiques de versets juxtaposés dans toute la Torah entière, néanmoins, les tire dans le Deutéronome [Mishné Torah], de même que Rabbi Yehouda ne tire pas d’interprétations homilétiques de versets juxtaposés dans toute la Torah entière et les tire dans le Mishné Torah.
וּבְכׇל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ מְנָא לַן דְּלָא דָּרֵישׁ — דְּתַנְיָא, בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר: נֶאֱמַר ״מְכַשֵּׁפָה לֹא תְחַיֶּה״, וְנֶאֱמַר ״כׇּל שׁוֹכֵב עִם בְּהֵמָה מוֹת יוּמָת״ — סְמָכוֹ עִנְיָן לוֹ, לוֹמַר: מָה שׁוֹכֵב עִם בְּהֵמָה בִּסְקִילָה, אַף מְכַשֵּׁפָה נָמֵי בִּסְקִילָה.
Et d’où déduisons-nous que Rabbi Yehuda ne déduit pas d’interprétations homilétiques de versets juxtaposés dans toute la Torah ? Comme il a été enseigné dans une baraita au sujet de la punition d’une sorcière, ben Azzai dit : Il est écrit : « Tu ne laisseras pas vivre une sorcière » (Exode 22:17), bien que le mode de son exécution ne soit pas précisé, et il est écrit : « Quiconque couche avec une bête sera certainement mis à mort » (Exode 22:18). Le fait que la Torah a juxtaposé cette affaire à celle-là était pour dire : De même que celui qui couche avec une bête est exécuté par lapidation (voir Lévitique 20), de même une sorcière est exécutée par lapidation.
אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוּדָה: וְכִי מִפְּנֵי שֶׁסְּמָכוֹ עִנְיָן לוֹ, נוֹצִיא לָזֶה לִסְקִילָה? אֶלָּא: אוֹב וְיִדְּעוֹנִי בִּכְלַל כׇּל הַמְכַשְּׁפִים הָיוּ, וְלָמָּה יָצְאוּ — לְהַקִּישׁ לָהֶן וְלוֹמַר לָךְ: מָה אוֹב וְיִדְּעוֹנִי בִּסְקִילָה — אַף מְכַשֵּׁפָה בִּסְקִילָה.
À propos de cette preuve, Rabbi Yehouda lui dit : Et est-ce que le fait que la Torah ait juxtaposé cette question à l’autre justifie de faire sortir cette personne pour être lapidée ? Doit-il être condamné à la plus sévère des peines capitales sur cette base ? Au contraire, la source est la suivante : Les médiums et les sorciers ont été inclus parmi tous les praticiens de la sorcellerie. Et pourquoi ont-ils été distingués des autres, dans le verset : « Un homme ou une femme qui sera médium ou sorcier sera certainement mis à mort ; on les lapidera avec des pierres ; leur sang sera sur eux » (Lévitique 20:27) ? Afin de faire une analogie avec eux et de te dire : De même qu’un médium et un sorcier sont exécutés par lapidation, de même une sorcière est exécutée par lapidation.
וּבְמִשְׁנֵה תוֹרָה מְנָא לַן דְּדָרֵישׁ — דְּתַנְיָא: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר נוֹשֵׂא אָדָם אֲנוּסַת אָבִיו וּמְפוּתַּת אָבִיו אֲנוּסַת בְּנוֹ וּמְפוּתַּת בְּנוֹ.
Et d’où déduisons-nous que Rabbi Yehouda tire des interprétations homilétiques de versets juxtaposés dans le Mishné Torah ? Comme cela a été enseigné dans une autre baraita : Rabbi Eliezer a dit qu’un homme peut épouser une femme violée par son père et une femme séduite par son père ; une femme violée par son fils et une femme séduite par son fils. Bien que la loi de la Torah interdise à quelqu’un d’épouser la femme de son père ou la femme de son fils, cette interdiction ne s’applique pas à une femme violée ou séduite par eux.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹסֵר בַּאֲנוּסַת אָבִיו וּבִמְפוּתַּת אָבִיו. וְאָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יְהוּדָה? — דִּכְתִיב: ״לֹא יִקַּח אִישׁ אֶת אֵשֶׁת אָבִיו וְלֹא יְגַלֶּה אֶת כְּנַף אָבִיו״. כָּנָף שֶׁרָאָה אָבִיו — לֹא יְגַלֶּה.
Et Rabbi Yehuda lui interdit d’épouser une femme violée par son père et une femme séduite par son père. Et Rav Giddel a dit que Rav a dit : Quelle est la raison de l’opinion de Rabbi Yehuda ? Comme il est écrit : « Un homme ne prendra pas la femme de son père et ne découvrira pas le pan de son père » (Deutéronome 23:1). La dernière expression, « et ne découvrira pas le pan de son père », implique que : Un pan qui a été vu par son père, c’est-à-dire toute femme qui a eu des relations sexuelles avec son père, ne peut pas être découvert par son fils, c’est-à-dire que son fils ne peut pas l’épouser.
וּמִמַּאי דְּבַאֲנוּסַת אָבִיו כְּתִיב — דִּסְמִיךְ לֵיהּ: ״וְנָתַן הָאִישׁ הַשּׁוֹכֵב עִמָּהּ וְגוֹ׳״.
Et d'où savons-nous que le verset est écrit au sujet d'une femme violée par son père ? Car la section précédente, juxtaposée à celle-ci, traite des lois du viol : « Et l'homme qui a couché avec elle devra donner au père de la jeune femme cinquante sicles… parce qu'il l'a humiliée » (Deutéronome 22:29).
אָמְרִי: אִין בְּמִשְׁנֵה תוֹרָה דָּרֵישׁ, וְהָנֵי סְמוּכִין מִבְּעֵי לֵיהּ לְאִידָךְ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי. דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כׇּל הַמְלַמֵּד לִבְנוֹ תּוֹרָה מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִלּוּ קִבְּלָהּ מֵהַר חוֹרֵב. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהוֹדַעְתָּם לְבָנֶיךָ וְלִבְנֵי בָנֶיךָ״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ ״יוֹם אֲשֶׁר עָמַדְתָּ לִפְנֵי ה׳ אֱלֹהֶיךָ בְּחוֹרֵב״.
Quoi qu’il en soit, nous voyons que dans le Deutéronome, Rabbi Yehouda tire des interprétations homilétiques de versets juxtaposés. Pourquoi ne déduit-il pas de la juxtaposition des versets que celui qui a eu une émission séminale est interdit de s’occuper de questions de Torah ? Ils répondirent : En effet, dans le Mishne Torah, Rabbi Yehouda tire des interprétations homilétiques de la juxtaposition des versets, mais il a besoin de ces versets juxtaposés afin d’en déduire un autre enseignement de Rabbi Yehoshua ben Levi, comme Rabbi Yehoshua ben Levi l’a dit : Celui qui enseigne la Torah à son fils, le verset lui en attribue le mérite comme s’il avait reçu la Torah du mont Horeb. Comme il est dit : « Et tu les feras connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants » (Deutéronome 4:9), après quoi il est écrit : « Le jour où tu t’es tenu devant le Seigneur ton Dieu à Horeb. » Par conséquent, Rabbi Yehouda ne peut pas déduire de cette même juxtaposition une interdiction empêchant celui qui a eu une émission séminale de s’occuper de questions de Torah.
תְּנַן זָב שֶׁרָאָה קֶרִי, וְנִדָּה שֶׁפָּלְטָה שִׁכְבַת זֶרַע, הַמְשַׁמֶּשֶׁת וְרָאֲתָה דָּם, צְרִיכִין טְבִילָה. וְרַבִּי יְהוּדָה פּוֹטֵר.
Nous avons appris dans une michna qu’un zav qui a eu une émission séminale, et une femme menstruée qui a expulsé du sperme, et une femme qui a eu des rapports avec son mari et a vu du sang menstruel, tous étant rituellement impurs pendant au moins sept jours en raison de la gravité de leur impureté, requièrent néanmoins une immersion rituelle afin de se purifier de l’impureté de l’émission séminale avant de pouvoir s’occuper des questions de Torah. Et Rabbi Yehouda les exempte de l’immersion.
עַד כָּאן לֹא פָּטַר רַבִּי יְהוּדָה אֶלָּא בְּזָב שֶׁרָאָה קֶרִי, דְּמֵעִיקָּרָא לָאו בַּר טְבִילָה הוּא, אֲבָל בַּעַל קֶרִי גְּרֵידָא מְחַיַּיב.
Cependant, Rabbi Yehouda n’a exempté que de l’immersion dans le cas d’un zav qui a eu une émission séminale, qui était inapte à s’immerger dès le départ, car même après l’immersion il resterait impur de l’impureté de sept jours du zav. Mais, dans le cas de quelqu’un qui a eu seulement une émission séminale, sans impureté concomitante, même Rabbi Yehouda exige l’immersion avant qu’il puisse s’occuper des questions de Torah.
וְכִי תֵּימָא: הוּא הַדִּין דַּאֲפִילּוּ בַּעַל קֶרִי גְּרֵידָא נָמֵי פָּטַר רַבִּי יְהוּדָה, וְהַאי דְּקָא מִפַּלְּגִי בְּזָב שֶׁרָאָה קֶרִי — לְהוֹדִיעֲךָ כֹּחָן דְּרַבָּנַן. אֵימָא סֵיפָא: הַמְשַׁמֶּשֶׁת וְרָאֲתָה דָּם — צְרִיכָה טְבִילָה.
Et si tu dis : Il en va de même même dans le cas de quelqu’un qui a eu seulement une émission séminale, que Rabbi Yehouda l’exempte également de l’immersion, et que le fait qu’ils soient en désaccord dans le cas d’un zav qui a eu une émission séminale et non dans le cas d’une personne qui a eu seulement une émission séminale vise à faire ressortir la portée étendue de l’opinion des Sages, qui exigent l’immersion même dans ce cas. Si tel est le cas, énonce le dernier cas de cette même michna : Une femme qui était engagée dans un rapport sexuel et qui a vu du sang menstruel requiert une immersion.
לְמַאן קָתָנֵי לַהּ? אִילֵּימָא לְרַבָּנַן — פְּשִׁיטָא! הַשְׁתָּא וּמָה זָב שֶׁרָאָה קֶרִי — דְּמֵעִיקָּרָא לָאו בַּר טְבִילָה הוּא, מְחַיְּיבִי רַבָּנַן; הַמְשַׁמֶּשֶׁת וְרָאֲתָה דָּם — דְּמֵעִיקָּרָא בַּת טְבִילָה הִיא, לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?! אֶלָּא לָאו רַבִּי יְהוּדָה הִיא, וְדַוְקָא קָתָנֵי לַהּ,
La Guemara cherche à clarifier : Conformément à l’opinion de qui ce cas dans la michna a-t-il été enseigné ? Si vous dites que c’est conformément à l’opinion des Sages, cela est évident ; car si, dans le cas d’un zav qui a eu une émission séminale et qui n’était pas apte à s’immerger dès le départ, lorsqu’il a eu l’émission séminale, les Sages exigent néanmoins l’immersion, à plus forte raison n’exigeraient-ils pas l’immersion pour une femme qui a eu des rapports sexuels et n’a vu du sang qu’ensuite, elle qui était apte à s’immerger dès le départ, lorsqu’elle est entrée en contact avec l’émission séminale de son mari ? Au contraire, n’est-ce pas l’opinion de Rabbi Yehouda, et ce cas a été enseigné spécifiquement afin d’enseigner