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דִּילְמָא רַבִּי יְהוּדָה הִיא, וּלְכַתְּחִלָּה הוּא דְּלָא, הָא דִיעֲבַד — שַׁפִּיר דָּמֵי.
Peut-être est-ce conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, et bien que a priori un sourd-muet ne puisse pas lire, a posteriori sa lecture est valide ?
לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דְּקָתָנֵי, חֵרֵשׁ דּוּמְיָא דְּשׁוֹטֶה וְקָטָן. מָה שׁוֹטֶה וְקָטָן דִּיעֲבַד נָמֵי לָא — אַף חֵרֵשׁ דִּיעֲבַד נָמֵי לָא.
La Guemara répond : Cela n’aurait pas pu te venir à l’esprit, comme cela a été enseigné : un sourd-muet, un imbécile et un mineur, en une seule expression dans notre michna ; pour enseigner qu’un sourd-muet est semblable à un imbécile et un mineur. De même que dans le cas d’un imbécile et un mineur, même a posteriori, leur lecture n’est pas valide, de même la lecture d’un sourd-muet, même a posteriori, n’est pas valide.
וְדִילְמָא הָא כִּדְאִיתָא וְהָא כִּדְאִיתָא.
La Guemara rejette cette affirmation en se fondant sur leur apparition dans une liste commune : Et peut-être que ce cas est comme il est et que cet autre cas est comme il est ; bien qu’ils soient énumérés ensemble, les circonstances de chaque cas peuvent être différentes, et aucune preuve définitive ne peut être tirée de leur juxtaposition.
וּמִי מָצֵית לְאוֹקְמַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה? וְהָא מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: רַבִּי יְהוּדָה מַכְשִׁיר בְּקָטָן, מִכְּלָל דְּרֵישָׁא לָאו רַבִּי יְהוּדָה הִיא?!
La Guemara objecte d’un point de vue différent : Et peux-tu vraiment établir que la première clause de la michna est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda ? Mais de ce qui a été enseigné dans la clause finale de la michna : Et Rabbi Yehouda considère qu’un mineur est apte à lire la Méguila, cela prouve par inférence que le début de la michna n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda ?
וְדִילְמָא כּוּלַּהּ רַבִּי יְהוּדָה הִיא וּתְרֵי גַוְונֵי קָטָן, וְחַסּוֹרֵי מְחַסְּרָא, וְהָכִי קָתָנֵי: הַכֹּל כְּשֵׁרִין לִקְרוֹת אֶת הַמְּגִילָּה, חוּץ מֵחֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּקָטָן שֶׁלֹּא הִגִּיעַ לְחִנּוּךְ, אֲבָל קָטָן שֶׁהִגִּיעַ לְחִנּוּךְ — אֲפִילּוּ לְכַתְּחִלָּה כָּשֵׁר, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה, שֶׁרַבִּי יְהוּדָה מַכְשִׁיר בְּקָטָן.
La Guemara rejette également cette objection : Et peut-être que toute la michna est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, et qu’il y a deux types de mineurs, et que la michna est incomplète et enseigne ainsi : Tous sont aptes à lire la Méguila, sauf un sourd-muet, un déficient mental et un mineur. Dans quel cas cela a-t-il été dit ? En ce qui concerne un mineur qui n’a pas encore atteint l’âge de l’éducation à l’accomplissement des mitsvot. Cependant, dans le cas de un mineur qui a atteint l’âge de l’éducation, même ab initio il est apte à lire la Méguila. Telle est la déclaration de Rabbi Yehouda, car Rabbi Yehouda considère un mineur comme apte, et sa déclaration ici vient élucider et non contester.
בְּמַאי אוֹקִימְתָּא, כְּרַבִּי יְהוּדָה — וְדִיעֲבַד אִין, לְכַתְּחִלָּה לָא? אֶלָּא הָא דְתָנֵי רַבִּי יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי, חֵרֵשׁ הַמְדַבֵּר וְאֵינוֹ שׁוֹמֵעַ — תּוֹרֵם לְכַתְּחִלָּה,
La Guemara demande : Selon l’avis de qui as-tu établi la michna ? Selon l’avis de Rabbi Yehouda, qui soutient que a posteriori, oui, sa lecture est valide, mais a priori, non, il ne peut pas lire ? Cependant, cettebaraita enseignée par Rabbi Yehouda, fils de Rabbi Shimon ben Pazi : Une personne sourde qui parle mais n’entend pas peut, a priori, prélever la terouma.
מַנִּי? לָא רַבִּי יְהוּדָה וְלָא רַבִּי יוֹסֵי. אִי רַבִּי יְהוּדָה, דִּיעֲבַד אִין לְכַתְּחִילָּה לָא. אִי רַבִּי יוֹסֵי, דִּיעֲבַד נָמֵי לָא!
Selon l’opinion de qui est-ce cette baraita ? Ce n’est ni l’opinion de Rabbi Yehuda ni celle de Rabbi Yosei. Car, si tu dis que c’est l’opinion de Rabbi Yehuda, n’a-t-il pas dit que a posteriori, oui, il s’est acquitté de son obligation, mais que a priori, non, il ne peut pas s’acquitter de son obligation de cette manière ? Et si tu dis que c’est l’opinion de Rabbi Yosei, n’a-t-il pas dit que même a posteriori il ne s’est pas acquitté de son obligation ?
אֶלָּא מַאי, רַבִּי יְהוּדָה — וַאֲפִילּוּ לְכַתְּחִלָּה נָמֵי? אֶלָּא הָא דְּתַנְיָא: לֹא יְבָרֵךְ אָדָם בִּרְכַּת הַמָּזוֹן בְּלִבּוֹ, וְאִם בֵּירֵךְ — יָצָא, מַנִּי?
Cette Guemara rejette cette objection : Mais plutôt, quoi, expliqueras-tu la baraita conformément à l’opinion de Rabbi Yehouda, et un sourd-muet est aussi apte à s’acquitter de son obligation même ab initio ? Cependant, ce qui a été enseigné dans une baraita : On ne peut pas réciter la Grâce après les repas dans son cœur, de manière inaudible, et s’il a récité la bénédiction de cette manière, il s’est acquitté de son obligation, selon l’opinion de qui est cette baraita ?
לָא רַבִּי יְהוּדָה וְלָא רַבִּי יוֹסֵי. אִי רַבִּי יְהוּדָה, הָא אָמַר אֲפִילּוּ לְכַתְּחִלָּה נָמֵי, וְאִי רַבִּי יוֹסֵי, הָא אָמַר אֲפִילּוּ דִּיעֲבַד נָמֵי לָא!
Cela n’est conforme ni à l’opinion de Rabbi Yehouda ni à l’opinion de Rabbi Yossei. Car si tu dis que cela est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, n’a-t-il pas dit que même a priori il peut s’acquitter de son obligation de cette manière ? Et si tu dis que cela est conforme à l’opinion de Rabbi Yossei, n’a-t-il pas dit que même après coup il ne s’est pas acquitté de son obligation ?
לְעוֹלָם רַבִּי יְהוּדָה הִיא, וַאֲפִילּוּ לְכַתְּחִלָּה נָמֵי. וְלָא קַשְׁיָא הָא — דִידֵיהּ, הָא — דְרַבֵּיהּ. דְּתַנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע צָרִיךְ שֶׁיַּשְׁמִיעַ לְאׇזְנוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שְׁמַע יִשְׂרָאֵל״. אָמַר לוֹ רַבִּי מֵאִיר: הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם עַל לְבָבֶךָ״, אַחַר כַּוָּנַת הַלֵּב הֵן הֵן הַדְּבָרִים.
La Guemara répond : En réalité, nous pouvons expliquer que la baraita : une personne sourde peut, a priori, prélever la terouma, est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, selon laquelle un sourd-muet est également autorisé à le faire même a priori. Quant à l’opinion exprimée selon laquelle il lui est interdit de réciter le Shema et le Birkat Hamazon a priori, il n’y a pas de difficulté, car ceci est son opinion personnelle et cela est l’opinion de son maître. Comme il a été enseigné dans une baraita : Rabbi Yehouda a dit au nom de Rabbi Elazar ben Azarya : Celui qui récite le Shema doit le rendre audible à ses oreilles, comme il est dit : « Écoute, Israël, l’Éternel est notre Dieu, l’Éternel est Un. » La baraita poursuit : Rabbi Meïr lui a dit : Mais il est dit : « Que je t’ordonne aujourd’hui, sur ton cœur » ; ce qui signifie que la signification des paroles suit l’intention du cœur et même a priori il n’est pas nécessaire de réciter le Shema à voix audible. L’opinion selon laquelle, a posteriori, une personne sourde s’est acquittée de son obligation de réciter le Shema est celle de Rabbi Elazar ben Azarya.
הַשְׁתָּא דְּאָתֵית לְהָכִי, אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי יְהוּדָה כְּרַבֵּיהּ סְבִירָא לֵיהּ, וְלָא קַשְׁיָא, הָא — רַבִּי יְהוּדָה, הָא — רַבִּי מֵאִיר.
La Guemara note : Maintenant que tu es arrivé à ce point et que toute la baraita a été citée, même si tu dis que Rabbi Yehouda soutient conformément à l’opinion de son maître, cela est, néanmoins, sans difficulté. Car cette baraita, qui soutient qu’il ne peut pas réciter la Grâce après les repas a priori, mais qu’après coup il s’est acquitté de son obligation, est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, tandis que cette baraita, permettant à une personne sourde de séparer la terouma a priori, est conforme à l’opinion de Rabbi Meir.
אָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר רַב שֵׁילָא: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה, וַהֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה.
Rav Ḥisda a dit que Rav Sheila a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda, qui a parlé au nom de Rabbi Elazar ben Azarya, et la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda telle qu’elle est citée dans notre michna.
וּצְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה, הֲוָה אָמֵינָא אֲפִילּוּ לְכַתְּחִלָּה, קָמַשְׁמַע לַן הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה.
La Guemara explique : Et bien que cela puisse sembler redondant, les deux affirmations sont nécessaires, car si Rav Ḥisda nous avait seulement enseigné que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, j’aurais dit, comme cela a été suggéré dans la Guemara ci-dessus, que Rabbi Yehouda permet de le faire même ab initio. C’est pourquoi il nous enseigne que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda qui l’a dit au nom de son maître, Rabbi Elazar ben Azarya ; ab initio, on doit réciter le Shema d’une manière audible à ses propres oreilles.
וְאִי אַשְׁמְעִינַן הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה, הֲוָה אָמֵינָא צָרִיךְ וְאֵין לוֹ תַּקָּנָה. קָמַשְׁמַע לַן הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה.
Et si Rav Ḥisda nous avait seulement enseigné que la halakha est conforme à l’avis de Rabbi Yehuda au nom de Rabbi Elazar ben Azarya, j’aurais dit que l’expression : Doit la rendre audible, signifie non seulement qu’il doit la réciter ainsi a priori, mais aussi qu’après coup il n’a aucun recours s’il ne l’a pas fait. C’est pourquoi il nous enseigne que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda ; a priori, on doit réciter le Shema d’une manière audible à ses propres oreilles, mais s’il ne l’a pas fait, après coup sa récitation est valide.
אָמַר רַב יוֹסֵף: מַחֲלוֹקֶת בִּקְרִיאַת שְׁמַע, אֲבָל בִּשְׁאָר מִצְוֹת — דִּבְרֵי הַכֹּל לֹא יָצָא, דִּכְתִיב: ״הַסְכֵּת וּשְׁמַע יִשְׂרָאֵל״.
Rav Yossef dit : La controverse quant à savoir si une personne sourde s’acquitte ou non de son obligation ne concerne que le cas de la récitation du Shema, mais en ce qui concerne le reste des mitsvot, tous s’accordent à dire qu’elle ne s’acquitte pas de son obligation si elle n’entend pas sa propre récitation, comme il est écrit : « Sois attentif et écoute, Israël » (Deutéronome 27:9) ; c’est-à-dire qu’il est requis d’écouter et d’entendre.
מֵיתִיבִי: לֹא יְבָרֵךְ אָדָם בִּרְכַּת הַמָּזוֹן בְּלִבּוֹ, וְאִם בֵּירֵךְ — יָצָא. אֶלָּא אִי אִתְּמַר — הָכִי אִתְּמַר: אָמַר רַב יוֹסֵף מַחֲלוֹקֶת בִּקְרִיאַת שְׁמַע, דִּכְתִיב ״שְׁמַע יִשְׂרָאֵל״, אֲבָל בִּשְׁאָר מִצְוֹת — דִּבְרֵי הַכֹּל יָצָא.
La Guemara objecte sur la base de ce qui a été enseigné dans une baraita : On ne peut pas réciter la Grâce après les repas dans son cœur, inaudiblement, et s’il a récité la bénédiction de cette manière, il s’est acquitté de son obligation. Dans cet exemple concernant le reste des mitsvot, l’obligation d’entendre la récitation de la bénédiction n’est que ab initio. Plutôt, la déclaration de Rav Yosef doit être amendée. Si cela a été dit, cela a été dit ainsi ; Rav Yosef a dit : Le désaccord quant à savoir si une personne sourde s’acquitte ou non de son obligation ne concerne que le cas de la récitation du Shema, comme il est écrit : « Écoute, Israël ». Mais concernant le reste des mitsvot, tous conviennent que un sourd-muet s’acquitte de son obligation.
וְהָכְתִיב ״הַסְכֵּת וּשְׁמַע יִשְׂרָאֵל״!
La Guemara demande : N’est-il pas écrit : « Prêtez attention et écoutez, Israël » ?
הַהוּא בְּדִבְרֵי תוֹרָה כְּתִיב.
La Guemara répond : Ce verset a été écrit au sujet des questions de Torah ; il faut prêter une grande attention à ce qui est écrit dans la Torah.
״קָרָא וְלֹא דִּקְדֵּק בְּאוֹתִיּוֹתֶיהָ״.
Nous avons appris dans la michna : Celui qui a récitéShema et n’a pas été suffisamment précis dans l’énonciation de ses lettres, Rabbi Yossei dit : Il s’est acquitté de son obligation. Rabbi Yehouda dit : Il ne s’est pas acquitté de son obligation. De même, il y a une controverse quant à savoir si celui qui récite le Shema d’une manière inaudible à ses propres oreilles s’est acquitté de son obligation ou non ; le premier tanna anonyme dit : Il s’est acquitté de son obligation. Rabbi Yossei dit : Il ne s’est pas acquitté de son obligation.
אָמַר רַבִּי טָבִי אָמַר רַבִּי יֹאשִׁיָּה: הֲלָכָה כְּדִבְרֵי שְׁנֵיהֶם לְהָקֵל.
Rabbi Tavi a dit que Rabbi Yoshiya a dit : La halakha est conforme àles déclarations dans les deux différends qui statuent avec indulgence.
וְאָמַר רַבִּי טָבִי אָמַר רַבִּי יֹאשִׁיָּה: מַאי דִּכְתִיב ״שָׁלוֹשׁ הֵנָּה לֹא תִשְׂבַּעְנָה. שְׁאוֹל וְעֹצֶר רָחַם״. וְכִי מָה עִנְיַן שְׁאוֹל אֵצֶל רֶחֶם? אֶלָּא לוֹמַר לָךְ: מָה רֶחֶם מַכְנִיס וּמוֹצִיא, אַף שְׁאוֹל מַכְנִיס וּמוֹצִיא.
Incidemment, en citant une déclaration de cette combinaison de Sages, la Guemara cite une autre déclaration en leur nom : Et Rabbi Tavi a dit que Rabbi Yoshiya a dit : Que signifie ce qui est écrit : « Il y en a trois qui ne sont jamais rassasiés... la tombe et le sein stérile » (Proverbes 30:15–16) ? Il faut demander : Quel rapport y a-t-il entre une tombe et un sein ? Au contraire, cette juxtaposition vient t’enseigner : De même qu’un sein reçoit et enfante, de même une tombe reçoit et enfante avec la résurrection des morts.
וַהֲלֹא דְבָרִים קַל וָחוֹמֶר: וּמָה רֶחֶם שֶׁמַּכְנִיסִין בּוֹ בַּחֲשַׁאי, מוֹצִיאִין מִמֶּנּוּ בְּקוֹלֵי קוֹלוֹת. שְׁאוֹל שֶׁמַּכְנִיסִין בּוֹ בְּקוֹלֵי קוֹלוֹת, אֵינוֹ דִין שֶׁמּוֹצִיאִין מִמֶּנּוּ בְּקוֹלֵי קוֹלוֹת? מִכָּאן תְּשׁוּבָה לָאוֹמְרִים אֵין תְּחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה.
Et n’est-ce pas là une inférence a fortiori : De même que le fœtus est placé dans le ventre en privé, et le bébé en est retiré avec de grands cris lors de l’accouchement ; la tombe dans laquelle le défunt est placé avec de grands cris de deuil lors de l’enterrement, n’est-il pas juste que le corps en soit retiré avec de grands cris ? De ce verset il y a une réfutation de ceux qui disent qu’il n’y a pas de source dans la Torah pour la résurrection des morts.
תָּנֵי רַבִּי אוֹשַׁעְיָא קַמֵּיהּ דְּרָבָא: ״וּכְתַבְתָּם״ — הַכֹּל בִּכְתָב, אֲפִילּוּ צַוָּאוֹת.
Rabbi Oshaya enseigna la baraita suivante devant Rava : Le verset, « Et tu les écriras [ukhtavtam] » sur les poteaux de ta maison et sur tes portes » (Deutéronome 6:9), doit être compris comme s’il était écrit : « Et tu les écriras entièrement [ukhtav tam] », c’est-à-dire dans leur intégralité. Tout doit être écrit dans la mezuza ou les phylactères, même les commandements d’écrire les mezuzot et les phylactères.
אָמַר לֵיהּ: דַּאֲמַר לָךְ מַנִּי — רַבִּי יְהוּדָה הִיא, דְּאָמַר גַּבֵּי סוֹטָה — אָלוֹת כּוֹתֵב, צַוָּאוֹת אֵינוֹ כּוֹתֵב. וְהָתָם הוּא דִכְתִיב: ״וְכָתַב אֶת הָאָלוֹת הָאֵלֶּה״, אֲבָל הָכָא דִּכְתִיב: ״וּכְתַבְתָּם״ — אֲפִילּוּ צַוָּאוֹת נָמֵי.
Rava lui dit : Qui a dit cette baraita ? C’était Rabbi Yehuda, qui a dit au sujet du rouleau de la sota que l’on écrit des malédictions, mais que l’on n’écrit pas les commandements ni les instructions sur la manière d’administrer la potion à la sota. Selon Rabbi Yehuda, dans le cas des mezuzot et des phylactères, la Torah a enseigné que même les commandements doivent être écrits afin de les distinguer de la sota. Là, dans le cas de la sota, il est écrit : « Et le prêtre écrira [vekhatav] ces malédictions dans un rouleau » (Nombres 5:23) ; seules les malédictions sont consignées dans le rouleau, et rien de plus. Mais ici, dans le cas de la mezuza, où il est écrit : « Et tu les écriras [ukhtavtam] », même les commandements doivent aussi être écrits.
אַטּוּ טַעְמֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה מִשּׁוּם דִּכְתִיב ״וְכָתַב״? טַעְמֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה מִשּׁוּם דִּכְתִיב ״אָלוֹת״. אָלוֹת אִין, צַוָּאוֹת — לָא.
La Guemara soulève cette question : Faut-il dire que la raison de Rabbi Yehouda d’écrire uniquement les malédictions dans le rouleau de la sota est parce que le verset dans la section de la sotadit : « Et le prêtre écrira [vekhatav] », plutôt que : « Et vous les écrirez [ukhtavtam] » ? La raison de Rabbi Yehouda est qu’il est écrit dans la section de la sota : Ces malédictions, c’est-à-dire malédictions, oui, elles doivent être consignées ; commandements, non. Si tel est le raisonnement de Rabbi Yehouda, il n’y a aucune raison de déduire l’exigence d’écrire les commandements de l’expression : Et vous les écrirez, dans le cas de la mitsva de la mezouza. Déduisez-le simplement du fait que la Torah n’a pas distingué entre les différentes composantes de la section.
אִצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא נֵילַף ״כְּתִיבָה״ ״כְּתִיבָה״ מֵהָתָם: מָה הָתָם — אָלוֹת אִין, צַוָּאוֹת לָא. אַף הָכָא נָמֵי — צַוָּאוֹת לָא. כְּתַב רַחֲמָנָא ״וּכְתַבְתָּם״ — אֲפִילּוּ צַוָּאוֹת.
La Guemara répond : « Et tu les écriras » était nécessaire, car autrement tu aurais pu penser à dire : Déduisons-le au moyen d’une analogie verbale, écriture mentionnée ici à partir de l’écriture mentionnée là-bas, de sorte que de même que là-bas les malédictions, oui ; les commandements, non ; de même ici aussi, les commandements, non. C’est pourquoi la Torah a écrit : Et tu les écriras dans leur intégralité, même les commandements.
תָּנֵי רַב עוֹבַדְיָה קַמֵּיהּ דְּרָבָא: ״וְלִמַּדְתֶּם״ שֶׁיְּהֵא לִמּוּדְךָ תָּם — שֶׁיִּתֵּן רֶיוַח בֵּין הַדְּבָקִים.
Dans le même esprit : Rav Ovadya enseigna une baraita devant Rava : Ce qui a été énoncé : « Et tu les enseigneras [velimadtem] à tes enfants » (Deutéronome 11:19) enseigne que ton enseignement doit être complet [tam] — qu’une personne doit laisser un espace entre des mots adjacents, lorsque la dernière lettre du premier et la première lettre du second sont identiques. Il faut distinguer les mots et énoncer chacun clairement.
עָנֵי רָבָא בָּתְרֵיהּ: כְּגוֹן ״עַל לְבָבֶךָ״, ״עַל לְבַבְכֶם״, ״בְּכָל לְבָבְךָ״, ״בְּכָל לְבַבְכֶם״, ״עֵשֶׂב בְּשָׂדְךָ״, ״וַאֲבַדְתֶּם מְהֵרָה״, ״הַכָּנָף פְּתִיל״, ״אֶתְכֶם מֵאֶרֶץ״.
Rava répondit après lui à titre d’explication : Par exemple, il faut énoncer al levavekha et ne pas les lire comme un seul mot. De même, al levavkhem, bekhol levavekha, bekhol levavkhem, esev besadkha, va’avadtem mehera, hakanaf petil, et etkhem me’eretz. Parce que la dernière lettre du premier mot et la première du second sont identiques, les mots risquent d’être prononcés ensemble et le sens correct risque d’être obscurci.
אָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: כָּל הַקּוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע וּמְדַקְדֵּק בְּאוֹתִיּוֹתֶיהָ מְצַנְּנִין לוֹ גֵּיהִנָּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּפָרֵשׂ שַׁדַּי מְלָכִים בָּהּ תַּשְׁלֵג בְּצַלְמוֹן״ — אַל תִּקְרֵי ״בְּפָרֵשׂ״ אֶלָּא ״בְּפָרֵשׁ״, אַל תִּקְרֵי ״בְּצַלְמוֹן״ אֶלָּא ״בְּצַלְמָוֶת״.
Sur ce même sujet, Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, a dit : Quiconque récite le Shema et est scrupuleux dans l’énonciation de ses lettres, la Géhenne est refroidie pour lui, comme il est dit : « Lorsque le Tout-Puissant disperse [befares] des rois sur elle, il neigera à Tzalmon » (Psaumes 68:15). Ne lis pas befares, lorsqu’Il disperse, mais befaresh, lorsqu’il énonce distinctement. Lorsqu’une personne énonce le nom de Dieu avec précision, Dieu accomplira pour elle le verset : Il neigera à Tzalmon, en sa faveur. Ne lis pas beTzalmon, à Tzalmon, mais betzalmavet, dans l’ombre de la mort, une référence à la Géhenne. En récompense pour avoir énoncé le nom de Dieu avec précision, Dieu refroidira la Géhenne pour lui.
וְאָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: לָמָּה נִסְמְכוּ
Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, a également dit : Pourquoi furent

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