רַב שֵׁשֶׁת, כִּי כָּרַע — כָּרַע כְּחִיזְרָא. כִּי קָא זָקֵיף — זָקֵיף כְּחִיוְיָא.
Concernant la prosternation, la Guemara rapporte : Lorsque Rav Sheshet se prosternait, il se prosternait d’un seul coup, comme un roseau, sans délai. Lorsqu’il se redressait, il se redressait comme un serpent, se relevant lentement, démontrant que la crainte de Dieu était sur lui dans la manière dont il se prosternait et se redressait (HaBoneh).
וְאָמַר רַבָּה בַּר חִינָּנָא סָבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב כָּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ אָדָם מִתְפַּלֵּל ״הָאֵל הַקָּדוֹשׁ״, ״מֶלֶךְ אוֹהֵב צְדָקָה וּמִשְׁפָּט״, חוּץ מֵעֲשָׂרָה יָמִים שֶׁבֵּין רֹאשׁ הַשָּׁנָה וְיוֹם הַכִּפּוּרִים, שֶׁמִּתְפַּלֵּל ״הַמֶּלֶךְ הַקָּדוֹשׁ״, וְ״הַמֶּלֶךְ הַמִּשְׁפָּט״.
Et, en ce qui concerne la formulation des bénédictions, Rabba bar Ḥinnana Sava a dit au nom de Rav : Tout au long de l’année, une personne prie et conclut la troisième bénédiction de la prière de la Amida par : le Dieu saint, et conclut la bénédiction concernant le rétablissement de la justice en Israël par : Roi qui aime la droiture et la justice, à l’exception des dix jours entre Roch HaChana et Yom Kippour, les Dix Jours d’Expiation. Ces jours comprennent Roch HaChana, Yom Kippour et les sept jours intermédiaires, durant lesquels on met l’accent sur la souveraineté de Dieu, et ainsi lorsqu’il prie il conclut ces bénédictions par : le Roi saint et : le Roi de justice, c’est-à-dire le Roi qui Se révèle par la justice.
וְרַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר אֲפִילּוּ אָמַר ״הָאֵל הַקָּדוֹשׁ״ — יָצָא. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּגְבַּה ה׳ צְבָאוֹת בַּמִּשְׁפָּט וְהָאֵל הַקָּדוֹשׁ נִקְדָּשׁ בִּצְדָקָה״. אֵימָתַי ״וַיִּגְבַּה ה׳ צְבָאוֹת בַּמִּשְׁפָּט״ — אֵלּוּ עֲשָׂרָה יָמִים שֶׁמֵּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְעַד יוֹם הַכִּפּוּרִים, וְקָאָמַר ״הָאֵל הַקָּדוֹשׁ״.
En revanche, Rabbi Elazar a dit qu’il n’est pas nécessaire d’être aussi rigoureux, et même si l’on a dit : Le Dieu saint pendant ces dix jours, on s’est acquitté de son obligation, comme il est dit : « Et le Seigneur des Armées est exalté par la justice, et le Dieu saint est sanctifié par la droiture » (Isaïe 5:16). La Guemara explique : Quand convient-il de décrire Dieu avec des expressions telles que : Et le Seigneur des Armées est exalté par la justice ? Cela convient lorsque Dieu Se révèle par la justice, pendant les dix jours entre Roch HaChana et Yom Kippour, et pourtant le verset dit : Le Dieu saint. Cette appellation souligne suffisamment la transcendance de Dieu, et il n’est pas nécessaire de modifier la formule habituelle.
מַאי הֲוָה עֲלַהּ?
La Guemara demande : Quelle est la conclusion à laquelle on est parvenu à propos de cette halakha ?
אָמַר רַב יוֹסֵף: ״הָאֵל הַקָּדוֹשׁ״ וּ״מֶלֶךְ אוֹהֵב צְדָקָה וּמִשְׁפָּט״. רַבָּה אָמַר: ״הַמֶּלֶךְ הַקָּדוֹשׁ״ וְ״הַמֶּלֶךְ הַמִּשְׁפָּט״. וְהִלְכְתָא כְּרַבָּה.
Ici aussi, les avis divergent : Rav Yosef a dit, conformément à l’opinion de Rabbi Elazar : Il n’est pas nécessaire de modifier la formule habituelle : le Dieu saint et : Roi qui aime la droiture et la justice. Rabba a dit, conformément à l’opinion de Rav : le Roi saint et : le Roi de justice. La Guemara conclut : La halakha est conforme à l’opinion de Rabba.
וְאָמַר רַבָּה בַּר חִינָּנָא סָבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: כֹּל שֶׁאֶפְשָׁר לוֹ לְבַקֵּשׁ רַחֲמִים עַל חֲבֵירוֹ וְאֵינוֹ מְבַקֵּשׁ — נִקְרָא ״חוֹטֵא״. שֶׁנֶּאֱמַר: ״גַּם אָנֹכִי חָלִילָה לִּי מֵחֲטֹא לַה׳ מֵחֲדֹל לְהִתְפַּלֵּל בַּעַדְכֶם״.
Et Rabba bar Ḥinnana Sava a dit au nom de Rav : Quiconque peut demander miséricorde en faveur d’autrui et ne le fait pas est appelé pécheur, comme il est dit à la suite du reproche de Samuel au peuple : "Quant à moi, loin de moi l’idée de pécher contre le Seigneur en cessant de prier pour vous, mais je vous enseignerai la voie bonne et droite" (I Samuel 12:23). Si Samuel s’était abstenu de prier, il aurait commis un péché.
אָמַר רָבָא: אִם תַּלְמִיד חָכָם הוּא, צָרִיךְ שֶׁיַּחֲלֶה עַצְמוֹ עָלָיו.
Rava a dit : Si celui qui a besoin de miséricorde est un érudit de la Torah, il ne suffit pas simplement de prier pour lui. Au contraire, on doit en tomber malade d’inquiétude pour lui.
מַאי טַעְמָא? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דִּכְתִיב: ״וְאֵין חֹלֶה מִכֶּם עָלַי וְאֵין גּוֹלֶה אֶת אָזְנִי״ — דִּילְמָא מֶלֶךְ שָׁאנֵי. אֶלָּא מֵהָכָא: ״וַאֲנִי בַּחֲלוֹתָם לְבוּשִׁי וְגוֹ׳״.
La Guemara cherche à clarifier la source de cette halakha. Quelle est la raison pour laquelle on doit se rendre malade d’inquiétude pour un érudit de la Torah ayant besoin de miséricorde ? Si vous dites que c’est à cause de ce que Saül a dit à ses hommes, comme il est écrit : « Et il n’y en a aucun parmi vous qui soit malade pour moi ou qui m’en informe » (I Samuel 22:8), c’est-à-dire que, puisque Saül était un érudit de la Torah, il aurait été approprié que les gens se rendent malades d’inquiétude pour lui ; ce n’est pas une preuve absolue. Peut-être qu’un roi est différent, et qu’une inquiétude excessive est appropriée dans ce cas. Au contraire, la preuve qu’on doit se rendre malade d’inquiétude pour un érudit de la Torah ayant besoin de miséricorde vient d’ici : Lorsque David parle de ses ennemis, Doeg et Ahitophel, qui étaient des érudits de la Torah, il dit : « Mais pour moi, lorsqu’ils étaient malades, mon vêtement était un sac, j’affligeais mon âme par le jeûne » (Psaumes 35:13). On doit se soucier au point de se vêtir d’un sac et de jeûner pour le rétablissement d’un érudit de la Torah.
וְאָמַר רַבָּה בַּר חִינָּנָא סָבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: כָּל הָעוֹשֶׂה דְּבַר עֲבֵירָה וּמִתְבַּיֵּישׁ בּוֹ — מוֹחֲלִין לוֹ עַל כָּל עֲוֹנוֹתָיו. שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְמַעַן תִּזְכְּרִי וָבֹשְׁתְּ וְלֹא יִהְיֶה לָּךְ עוֹד פִּתְחוֹן פֶּה מִפְּנֵי כְּלִמָּתֵךְ בְּכַפְּרִי לָךְ לְכָל אֲשֶׁר עָשִׂית נְאֻם ה׳ אֱלֹהִים״.
Et Rabba bar Ḥinnana Sava a dit au nom de Rav : Celui qui commet un acte de transgression et en a honte, toutes ses transgressions lui sont pardonnées. La honte est un signe qu’une personne méprise véritablement ses transgressions et que la honte a le pouvoir d’expier ses actes (Rabbin Yoshiyahu Pinto), comme il est dit : « Afin que tu te souviennes, et que tu sois couverte de honte, et que tu n’ouvres plus jamais la bouche, à cause de ta honte, quand je t’aurai pardonné tout ce que tu as fait, dit le Seigneur Dieu » (Ézéchiel 16:63).
דִּילְמָא צִבּוּר שָׁאנֵי. אֶלָּא מֵהָכָא: ״וַיֹּאמֶר שְׁמוּאֵל אֶל שָׁאוּל לָמָּה הִרְגַּזְתַּנִי לְהַעֲלוֹת אֹתִי וַיֹּאמֶר שָׁאוּל צַר לִי מְאֹד וּפְלִשְׁתִּים נִלְחָמִים בִּי וַה׳ סָר מֵעָלַי וְלֹא עָנָנִי עוֹד גַּם בְּיַד הַנְּבִיאִים גַּם בַּחֲלֹמוֹת וָאֶקְרָאֶה לְךָ לְהוֹדִיעֵנִי מָה אֶעֱשֶׂה״. וְאִילּוּ ״אוּרִים וְתֻמִּים״ לָא קָאָמַר.
Cependant, cette preuve est rejetée : Peut-être qu’une communauté est différente, car une communauté est pardonnée plus facilement qu’un individu. Au contraire, la preuve qu’un individu honteux de ses actes est pardonné pour ses transgressions est citée d’ici, lorsque le roi Saül consulta Samuel par l’intermédiaire d’une nécromancienne avant sa guerre finale contre les Philistins : « Et Samuel dit à Saül : pourquoi m’as-tu troublé en me faisant monter ? Et Saül dit : Je suis très angoissé, et les Philistins me font la guerre, et Dieu s’est retiré de moi et ne me répond plus, ni par les prophètes ni par les rêves. Et je t’appelle pour que tu me dises ce que je dois faire » (I Samuel 28:15). Saül dit qu’il consulta les prophètes et les rêves, mais il n’a pas dit qu’il consulta les Ourim VeToummim.
מִשּׁוּם דְּקַטְלֵיהּ לְנוֹב עִיר הַכֹּהֲנִים.
La raison en est parce qu’il a tué tous les habitants de Nob, la ville des prêtres, et à cause de cette transgression, Saül avait honte de consulter l’Ourim VeToummim, ce qui se faisait par l’intermédiaire d’un prêtre.
וּמִנַּיִן דְּאַחִילוּ לֵיהּ מִן שְׁמַיָּא — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר שְׁמוּאֵל אֶל שָׁאוּל (מָחָר) [וּמָחָר] אַתָּה וּבָנֶיךָ עִמִּי״, וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן ״עִמִּי״ — בִּמְחִיצָתִי.
La Guemara conclut : Et d’où est-il déduit que Saül a été pardonné par Dieu dans les cieux pour ses transgressions ? Comme il est dit : « Et Samuel dit à Saül : Demain, toi et tes fils serez avec moi » (I Samuel 28:19). Et Rabbi Yoḥanan a dit : Avec moi ne signifie pas seulement qu’ils mourront, mais signifie aussi, dans une déclaration qui comporte un aspect de consolation, qu’ils seront en ma compagnie parmi les justes dans le ciel, puisque Saül a été pardonné pour ses transgressions.
וְרַבָּנַן אָמְרִי, מֵהָכָא: ״וְהוֹקַעְנוּם לַה׳ בְּגִבְעַת שָׁאוּל בְּחִיר ה׳״. יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה ״בְּחִיר ה׳״.
Et les Rabbins disent que la preuve que Saül a été pardonné est tirée d’ici, de ce que les Gabaonites dirent à David : « Que sept hommes de ses fils nous soient livrés et nous les pendrons devant le Seigneur à Guiva de Saül, l’élu du Seigneur » (II Samuel 21:6). Il est certain que les Gabaonites, qui étaient furieux contre Saül, ne l’auraient pas appelé l’élu du Seigneur. Par conséquent, cette expression doit être comprise comme ayant été prononcée par une Voix divine qui sortit et dit : l’élu du Seigneur, parce que Saül avait été pardonné pour ses transgressions et compté parmi les parfaitement justes.
La Guemara revient au sujet principal du chapitre, la récitation du Shema.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ בֶּן זוּטַרְתִּי אָמַר רַבִּי יְהוּדָה בַּר זְבִידָא: בִּקְּשׁוּ לִקְבּוֹעַ פָּרָשַׁת בָּלָק בִּקְרִיאַת שְׁמַע, וּמִפְּנֵי מָה לֹא קְבָעוּהָ — מִשּׁוּם טוֹרַח צִבּוּר.
Rabbi Abbahu ben Zutarti a dit que Rabbi Yehuda bar Zevida a dit : Les Sages cherchèrent à établir les bénédictions de Balaam qui apparaissent dans la section de la Torah Balak comme faisant partie de la récitation biquotidienne du Shema. Et pourquoi ne l’ont-ils pas établie là ? Parce que prolonger le Shema imposerait une charge à la congrégation, ce que les Sages cherchèrent à éviter.
מַאי טַעְמָא? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דִּכְתִיב בָּהּ: ״אֵל מֹצִיאָם מִמִּצְרַיִם״ — לֵימָא פָּרָשַׁת רִבִּית וּפָרָשַׁת מִשְׁקָלוֹת דִּכְתִיב בָּהֶן יְצִיאַת מִצְרַיִם.
La Guemara demande : Pourquoi les Sages ont-ils cherché à ajouter, au départ, les bénédictions de Balaam ? Si tu dis qu’ils l’ont fait parce que la sortie d’Égypte y est mentionnée, comme il y est écrit : « Dieu, qui les a fait sortir d’Égypte, est comme les cornes du buffle sauvage » (Nombres 23:22), assurément la mention de l’Exode n’est pas propre à cette section de la Torah. Bien d’autres sections mentionnent également la sortie d’Égypte. Disons la section de l’usure (Lévitique 25:35–38) ou la section des poids et mesures (Lévitique 19:35–37), car la sortie d’Égypte y est également écrite. En outre, elles sont brèves et ne constitueraient pas une charge pour la communauté.
אֶלָּא אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין, מִשּׁוּם דִּכְתִיב בָּהּ הַאי קְרָא: ״כָּרַע שָׁכַב כַּאֲרִי וּכְלָבִיא מִי יְקִימֶנּוּ״.
Au contraire, Rabbi Yosei bar Avin a dit : La raison pour laquelle les Sages ont cherché à établir la section de Balak comme faisant partie de la récitation du Shema est parce qu’il y est écrit : « Il s’est accroupi, il s’est couché comme un lion et comme une lionne ; qui le fera lever ? Ceux qui te bénissent sont bénis, et ceux qui te maudissent sont maudits » (Nombres 24:9). Cela rappelle ce qui est dit dans le Shema : Quand tu te couches et quand tu te lèves.
וְלֵימָא הַאי פְּסוּקָא וְתוּ לָא.
À ce sujet, la Guemara demande : Et s’il est important d’inclure cela comme faisant partie du Shema à cause de ce seul verset, alors disons ce verset et rien de plus.
גְּמִירִי: כֹּל פָּרָשָׁה דְּפַסְקַהּ מֹשֶׁה רַבֵּינוּ — פָּסְקִינַן, דְּלָא פַּסְקַהּ מֹשֶׁה רַבֵּינוּ — לָא פָּסְקִינַן.
La Guemara rejette cela : Il est impossible de faire ainsi, car ils ont appris par tradition que toute section que Moïse, notre maître, a divisée, nous aussi la divisons et la lisons séparément. Cependant, une section que Moïse, notre maître, n’a pas divisée, nous ne la divisons pas et ne la lisons pas séparément. Et, comme indiqué ci-dessus, les Sages n’ont pas voulu instituer la récitation de toute la section de Balak afin de ne pas imposer une charge à la congrégation.
פָּרָשַׁת צִיצִית מִפְּנֵי מָה קְבָעוּהָ?
La Guemara continue : Pourquoi la section des franges rituelles a-t-elle été établie comme partie de la récitation du Shema alors que son contenu n’est pas lié à celui des sections précédentes ?
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה בַּר חֲבִיבָא, מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בָּהּ חֲמִשָּׁה דְּבָרִים: מִצְוַת צִיצִית, יְצִיאַת מִצְרַיִם, עוֹל מִצְוֹת, וְדַעַת מִינִים, הִרְהוּר עֲבֵירָה, וְהִרְהוּר עֲבוֹדָה זָרָה.
Rabbi Yehuda bar Ḥaviva a dit : Le passage des franges rituelles a été ajouté parce qu’il comprend cinq éléments, y compris la raison principale de son inclusion, l’exode d’Égypte (Melo HaRo’im) : La mitzva des franges rituelles, la mention de l’exode d’Égypte, l’acceptation du joug des mitzvot, l’admonestation contre les opinions des hérétiques, l’admonestation contre les pensées de transgressions de débauche, et l’admonestation contre les pensées d’idolâtrie.
בִּשְׁלָמָא הָנֵי תְּלָת מְפָרְשָׁן. עוֹל מִצְוֹת, דִּכְתִיב: ״וּרְאִיתֶם אֹתוֹ וּזְכַרְתֶּם אֶת כָּל מִצְוֹת ה׳״. צִיצִית, דִּכְתִיב: ״וְעָשׂוּ לָהֶם צִיצִית וְגוֹ׳״. יְצִיאַת מִצְרַיִם, דִּכְתִיב: ״אֲשֶׁר הוֹצֵאתִי וְגוֹ׳״. אֶלָּא: דַּעַת מִינִים, הִרְהוּר עֲבֵירָה, וְהִרְהוּר עֲבוֹדָה זָרָה — מְנָלַן?
La Guemara précise : Soit, ces trois éléments sont mentionnés explicitement : le joug des mitzvot est mentionné dans le passage des franges rituelles, comme il est écrit : « Vous les regarderez et vous vous souviendrez de toutes les mitzvot du Seigneur et vous les accomplirez » (Nombres 15:39). Les franges rituelles sont mentionnées explicitement, comme il est écrit : « Et ils se feront des franges rituelles » (Nombres 15:38). La sortie d’Égypte est également mentionnée explicitement, comme il est écrit : « Je suis le Seigneur, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte » (Nombres 15:41). Mais d’où déduisons-nous les autres éléments mentionnés ci-dessus : l’avertissement contre les opinions des hérétiques, l’avertissement contre les pensées de transgressions de débauche, et l’avertissement contre les pensées d’idolâtrie ?
דְּתַנְיָא: ״אַחֲרֵי לְבַבְכֶם״ — זוֹ מִינוּת, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״אָמַר נָבָל בְּלִבּוֹ אֵין אֱלֹהִים״. ״אַחֲרֵי עֵינֵיכֶם״ — זֶה הִרְהוּר עֲבֵירָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר שִׁמְשׁוֹן אֶל אָבִיו אוֹתָהּ קַח לִי, כִּי הִיא יָשְׁרָה בְעֵינָי״. ״אַתֶּם זוֹנִים״ — זֶה הִרְהוּר עֲבוֹדָה זָרָה, וְכֵן הוּא אוֹמֵר ״וַיִּזְנוּ אַחֲרֵי הַבְּעָלִים״.
En réponse, la Guemara cite une baraita où ces éléments ont été déduits d’allusions dans le verset : « Vous ne vous égarerez ni après vos cœurs ni après vos yeux, après lesquels vous vous prostituez » (Nombres 15:39). Comme il a été enseigné : « Après vos cœurs » fait référence au fait de suivre des opinions d’hérésie qui peuvent surgir dans le cœur d’une personne. La Guemara apporte une preuve, comme il est dit : « L’insensé a dit en son cœur : “Il n’y a pas de Dieu” ; ils se sont corrompus, ils ont commis des actes abominables ; il n’y a personne qui fasse le bien » (Psaumes 14:1). L’expression : « Après vos yeux, » dans ce verset fait référence au fait de suivre des pensées de transgression de débauche, qu’une personne pourrait voir et désirer, comme il est dit : « Et Samson dit à son père : “Prends celle-là pour moi, car elle est droite à mes yeux” » (Juges 14:3). Le passage : « Vous vous égarerez après » fait référence à la promiscuité, qui dans le langage des prophètes est une métaphore de l’idolâtrie, comme il est dit : « Les enfants d’Israël de nouveau s’égarèrent après les Baals » (Juges 8:33).
מַתְנִי׳ מַזְכִּירִין יְצִיאַת מִצְרַיִם בַּלֵּילוֹת. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: הֲרֵי אֲנִי כְּבֶן שִׁבְעִים שָׁנָה, וְלֹא זָכִיתִי שֶׁתֵּאָמֵר יְצִיאַת מִצְרַיִם בַּלֵּילוֹת, עַד שֶׁדְּרָשָׁהּ בֶּן זוֹמָא.
MICHNA : C’est une mitsva, selon la loi de la Torah, de mentionner l’exode d’Égypte la nuit, mais certains soutenaient que cette mitsva, comme les phylactères ou les franges rituelles, n’était accomplie que pendant le jour et non la nuit. Pour cette raison, il fut décidé : L’exode d’Égypte est mentionné la nuit, à côté de la récitation du Shema. Rabbi Elazar ben Azarya dit : J’ai environ soixante-dix ans, et bien que j’aie longtemps soutenu cette opinion, je n’ai jamais eu le privilège de l’emporter (Me’iri) et de prouver qu’il existe une obligation biblique d’accomplir la coutume acceptée (Ra’avad) et de mentionner l’exode d’Égypte la nuit, jusqu’à ce que Ben Zoma l’interprète de manière homilétique et prouve que cela est obligatoire.
שֶׁנֶּאֱמַר ״לְמַעַן תִּזְכֹּר אֶת יוֹם צֵאתְךָ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם כֹּל יְמֵי חַיֶּיךָ״. ״יְמֵי חַיֶּיךָ״ — הַיָּמִים, ״כֹּל יְמֵי חַיֶּיךָ״ — הַלֵּילוֹת.
Ben Zoma a déduit cela comme il est dit : « Afin que tu te souviennes du jour où tu es sorti du pays d’Égypte tous les jours de ta vie » (Deutéronome 16:3). Les jours de ta vie, se réfère au jour בלבד ; cependant, l’ajout du mot tous, comme il est dit : Tous les jours de ta vie, vient inclure aussi les nuits.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: ״יְמֵי חַיֶּיךָ״ — הָעוֹלָם הַזֶּה. ״כֹּל״ — לְהָבִיא לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ.
Et les Rabbins, qui soutiennent qu’il n’y a pas d’obligation selon la Torah de mentionner l’exode d’Égypte la nuit, expliquent le mot tout différemment et disent : Les jours de ta vie, se réfère aux jours de ce monde, tout est ajouté pour inclure les jours du Messie.
גְּמָ׳ תַּנְיָא, אָמַר לָהֶם בֶּן זוֹמָא לַחֲכָמִים: וְכִי מַזְכִּירִין יְצִיאַת מִצְרַיִם לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ! וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר ״הִנֵּה יָמִים בָּאִים נְאֻם ה׳ וְלֹא יֹאמְרוּ עוֹד חַי ה׳ אֲשֶׁר הֶעֱלָה אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם כִּי אִם חַי ה׳ אֲשֶׁר הֶעֱלָה וַאֲשֶׁר הֵבִיא אֶת זֶרַע בֵּית יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ צָפוֹנָה וּמִכֹּל הָאֲרָצוֹת אֲשֶׁר הִדַּחְתִּים שָׁם״.
GUEMARA : Le différend fondamental entre Ben Zoma et les Sages apparaît dans la michna, et la baraita en cite la suite. Contestant la position des Sages selon laquelle : Tous les jours de ta vie se rapporte à la fois à ce monde-ci et aux jours du Messie, il a été enseigné dans une baraita que Ben Zoma dit aux Sages : Et la sortie d’Égypte est-elle mentionnée aux jours du Messie ? N’a-t-il pas déjà été dit que Jérémie a prophétisé qu’aux jours du Messie : « Voici, des jours viennent, dit le Seigneur, où l’on ne dira plus : Le Seigneur est vivant, Lui qui a fait monter les enfants d’Israël du pays d’Égypte. Mais plutôt : Le Seigneur est vivant, Lui qui a fait monter et qui a ramené la descendance de la maison d’Israël du pays du nord et de tous les pays où Je les avais chassés » (Jérémie 23:7–8).
אָמְרוּ לוֹ: לֹא שֶׁתֵּעָקֵר יְצִיאַת מִצְרַיִם מִמְּקוֹמָהּ, אֶלָּא שֶׁתְּהֵא שִׁעְבּוּד מַלְכֻיוֹת עִיקָּר, וִיצִיאַת מִצְרַיִם טָפֵל לוֹ.
Les Sages ont rejeté cette affirmation et lui ont dit que ces versets ne signifient pas que dans l’avenir l’exode d’Égypte sera déraciné de sa place et ne sera plus mentionné. Au contraire, la rédemption de l’asservissement aux royaumes sera primordiale et l’exode d’Égypte sera secondaire.
כַּיּוֹצֵא בּוֹ אַתָּה אוֹמֵר: ״לֹא יִקָּרֵא שִׁמְךָ עוֹד יַעֲקֹב כִּי אִם יִשְׂרָאֵל יִהְיֶה שְׁמֶךָ״,
De manière similaire, vous dites : Le sens des expressions : On ne dira pas, et ils ne mentionneront plus, n’est pas absolu, comme dans le verset : « Ton nom ne sera plus appelé Jacob ; mais Israël sera ton nom » (Genèse 35:10). Là aussi, le sens est