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קָרָא לַתְּשִׁיעִי ״עֲשִׂירִי״, וְלָעֲשִׂירִי ״תְּשִׁיעִי״, וְלָאַחַד עָשָׂר ״עֲשִׂירִי״. תָּנוּ רַבָּנַן: מִנַּיִן שֶׁאִם קָרָא לַתְּשִׁיעִי ״עֲשִׂירִי״, וְלָעֲשִׂירִי ״תְּשִׁיעִי״, וְלָאַחַד עָשָׂר ״עֲשִׂירִי״, שֶׁשְּׁלָשְׁתָּן מְקוּדָּשִׁין?
§ La michna enseigne : S’il a, par erreur, appelé le neuvième : dixième, et le dixième : neuvième, et le onzième : dixième, tous les trois sont sacrés, bien que chacun ait un statut halakhique différent. La Guemara cite une baraita pertinente : Les Sages ont enseigné : D’où est-il dérivé que si quelqu’un a, par erreur, appelé le neuvième animal : dixième, et le dixième animal : neuvième, et le onzième animal : dixième, que tous les trois sont sanctifiés ?
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְכׇל מַעְשַׂר בָּקָר וָצֹאן כֹּל אֲשֶׁר יַעֲבוֹר תַּחַת הַשָּׁבֶט הָעֲשִׂירִי יִהְיֶה קֹּדֶשׁ״, יָכוֹל שֶׁאֲנִי מְרַבֶּה אַף שְׁמִינִי וּשְׁנֵים עָשָׂר?
Le verset déclare : « Et toute la dîme du gros bétail ou du petit bétail, tout ce qui passe sous la verge, le dixième sera sacré au Seigneur » (Lévitique 27:32). Cela indique que le dixième animal qui passe sous la verge est investi de sainteté, en plus de tout animal que le propriétaire désigne comme le dixième. On pourrait penser que j’inclus même le huitième animal ou le douzième animal, s’ils ont été désignés par erreur comme le dixième.
אָמְרַתְּ: הוֹאִיל וְהוּא קָדוֹשׁ, וְטָעוּתוֹ מִתְקַדֶּשֶׁת, מָה הוּא אֵינוֹ מְקוּדָּשׁ אֶלָּא בְּסָמוּךְ, אַף טָעוּתוֹ אֵינָהּ מִתְקַדֶּשֶׁת אֶלָּא בְּסָמוּךְ.
Vous avez dit en réponse que puisque le dixième animal est sanctifié et l’animal qu’il a désigné par erreur comme le dixième est sanctifié, leurs statuts doivent être comparés : De même que le dixième animal est sanctifié seulement avec un animal qui était proche du nombre dix, c’est-à-dire qu’il était lui-même le dixième, de même, un animal désigné par erreur n’est sanctifié que s’il est proche du nombre dix, c’est-à-dire s’il est le neuvième ou le onzième, mais non s’il est le huitième ou le douzième.
וְהָתַנְיָא: מָה הוּא מְיוּחָד, אַף טָעוּתוֹ מְיוּחֶדֶת!
La michna enseigne que si l’on a désigné par erreur le neuvième et le onzième animaux comme étant le dixième, ils sont tous deux sanctifiés. La Guemara soulève une difficulté : Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita que de même que le dixième animal lui-même est unique, c’est-à-dire qu’il n’y en a qu’un, de même aussi un animal désigné par erreur est unique, c’est-à-dire qu’un seul animal supplémentaire reçoit la sainteté, et non pas à la fois le neuvième et le onzième ?
תָּאנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: הָא מַנִּי? רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא, דְּתַנְיָא: רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: לְעוֹלָם אֵין אַחַד עָשָׂר קָדוֹשׁ עַד שֶׁיִּשְׁתּוֹק בַּתְּשִׁיעִי, וְיִקְרָא לָעֲשִׂירִי ״תְּשִׁיעִי״, וְלָאַחַד עָשָׂר ״עֲשִׂירִי״.
La Guemara répond qu’un tanna a enseigné devant Rabbi Yoḥanan : Selon l’opinion de qui est cettebaraita ? C’est conformément à l’opinion de Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, comme cela est enseigné dans une baraita selon laquelle Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, dit : Le onzième animal n’est jamais sanctifié à moins que le propriétaire ne garde le silence lorsque le neuvième animal sort de l’enclos, c’est-à-dire qu’il ne le désigne pas comme le dixième, et il ensuite appelle le dixième animal le neuvième et le onzième animal le dixième. Mais s’il avait déjà désigné le neuvième animal comme le dixième, le onzième ne peut pas devenir sanctifié.
סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר: טָעוּת מַעֲשֵׂר תְּמוּרָה הָוֵי, וְסָבַר לַהּ כַּאֲבוּהּ, דְּאָמַר: אֵין מֵימֵר חוֹזֵר וּמֵימֵר.
La Guemara explique en outre que Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, est d’accord avec l’opinion de Rabbi Yehouda, qui dit : Lorsque le propriétaire commet une erreur en désignant la dîme animale, par exemple, si l’on désigne le neuvième animal comme le dixième, l’animal désigné a le statut d’un substitut. Et Rabbi Elazar est également d’accord avec l’opinion de son père, Rabbi Shimon, qui dit : On ne peut pas effectuer une substitution sur un animal en le substituant à une offrande spécifique, puis effectuer à nouveau une substitution, sur un autre animal, en le substituant à la même offrande, et si l’on tente de le faire, le second animal ne devient pas consacré. Par conséquent, si l’on a appelé par erreur le neuvième animal le dixième, ce neuvième animal a une sainteté ; mais si l’on appelle aussi le onzième animal le dixième, cette désignation est sans effet.
אָמַר רָבָא: יָצְאוּ שְׁנַיִם בַּתְּשִׁיעִי, קְרָאָן ״תְּשִׁיעִי״ — עֲשִׂירִי וְחוּלִּין מְעוֹרָבִין זֶה בָּזֶה, עֲשִׂירִי מֵאֵלָיו קָדוֹשׁ, לַתְּשִׁיעִי ״תְּשִׁיעִי״ קָא קָרֵי לֵיהּ.
§ Rava dit : Si deux animaux sont sortis de l’enclos ensemble comme le neuvième, et il les a appelés tous les deux neuvième, alors le dixième, c’est-à-dire la dîme, et un animal non consacré sont considérés comme mêlés l’un à l’autre. Rava précise : Le dixième se sanctifie de lui-même, malgré le fait qu’il l’ait appelé le neuvième. Et l’animal qui est sorti neuvième n’est pas consacré, puisqu’il est sorti neuvième et il l’a appelé neuvième. Puisqu’il n’y a aucun moyen de déterminer quel animal est lequel, aucun des deux ne peut être apporté comme offrande, et ils doivent tous deux être laissés à paître jusqu’à ce qu’ils développent un défaut.
קְרָאָן ״עֲשִׂירִי״, עֲשִׂירִי וּתְשִׁיעִי מְעוֹרָבִין זֶה בָּזֶה. מַאי טַעְמָא? ״עֲשִׂירִי״ קָא קָרֵי לְהוּ לְתַרְוַיְיהוּ.
Si deux animaux sont sortis de l’enclos ensemble comme le neuvième, et il les a appelés tous deux le dixième, alors le dixième, c’est-à-dire la dîme, et le neuvième animal, qu’il a désigné comme le dixième, sont mêlés l’un à l’autre. Quelle en est la raison ? Il les a tous deux appelés le dixième. Le dixième a la sainteté de la dîme, tandis que le neuvième a été désigné comme le dixième et ne peut donc pas être mangé jusqu’à ce qu’il développe un défaut. Comme il n’y a aucun moyen de déterminer quel animal est lequel, aucun des deux ne peut être sacrifié, mais ils doivent tous deux être laissés à paître jusqu’à ce qu’ils développent un défaut.
יָצְאוּ שְׁנַיִם בָּעֲשִׂירִי וּקְרָאָן ״עֲשִׂירִי״, עֲשִׂירִי וְאַחַד עָשָׂר מְעוֹרָבִין זֶה בָּזֶה. קְרָאָן ״אַחַד עָשָׂר״, עֲשִׂירִי וְחוּלִּין מְעוֹרָבִין זֶה בָּזֶה.
Si deux animaux sont sortis de l’enclos ensemble comme le dixième, et qu’il les a appelés tous deux dixième, alors le dixième, et le onzième animal, qu’il a désigné comme le dixième, sont mêlés l’un à l’autre. Si il les a appelés tous deux onzième, le dixième et un animal non sacré sont mêlés l’un à l’autre.
הָא תּוּ לְמָה לִי? הַיְינוּ הָךְ! הָא קָא מַשְׁמַע לַן: דְּכֹל בַּת אַחַת תַּרְוַויְיהוּ קָא קָדְשִׁי, וְאַף עַל גַּב דְּלֹא נֶעֱקַר שֵׁם ״עֲשִׂירִי״ הֵימֶנּוּ.
La Guemara demande : Pourquoi ai-je besoin de ce cas supplémentaire ? Ce raisonnement pour la halakha dans le cas où les animaux sont sortis ensemble comme le dixième est identique à celui du premier cas, où les animaux sont sortis ensemble comme le neuvième. La Guemara répond : Cette dernière clause nous enseigne que dans tout cas où deux animaux sortent comme un seul, ils sont tous deux sanctifiés, et telle est la halakhamême si le nom du dixième n’a pas été retiré du dixième animal. Cette situation n’est pas incluse dans le principe de la michna : Dans toute situation où le nom du dixième n’a pas été retiré du dixième animal, le onzième qui a été appelé dixième n’est pas consacré.
יָתֵיב רַב כָּהֲנָא וְקָאָמַר לֵיהּ לְהָא שְׁמַעְתָּא, אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי לְרַב כָּהֲנָא: וַהֲלֹא לֹא נֶעֱקַר שֵׁם ״עֲשִׂירִי״ הֵימֶנּוּ, וּתְנַן זֶה הַכְּלָל: כׇּל זְמַן שֶׁלֹּא נֶעֱקַר שֵׁם ״עֲשִׂירִי״ הֵימֶנּוּ — אֵין אַחַד עָשָׂר מְקוּדָּשׁ! הָנֵי מִילֵּי בְּזֶה אַחַר זֶה, אֲבָל בְּבַת אַחַת — תַּרְוַיְיהוּ קָא קָדְשִׁי.
La Guemara rapporte que Rav Kahana s’assit et récita cette halakha. Rav Ashi dit à Rav Kahana : Mais le nom du dixième n’en a pas été retiré. Et n’avons-nous pas appris dans la michna que tel est le principe : Dans toute situation où le nom du dixième n’a pas été retiré du dixième animal, le onzième qui a été appelé dixième n’est pas consacré ? Rav Kahana répondit à Rav Ashi : Cette déclaration, selon laquelle la désignation de dixième doit être retirée, ne s’applique que lorsque les animaux sortent de l’enclos l’un après l’autre. Mais si deux animaux sortent de l’enclos en même temps, et qu’il a désigné simultanément le dixième et le onzième comme dîme, tous deux sont sanctifiés.
זֶה אַחַר זֶה — בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לַהּ: קָרָא לַתְּשִׁיעִי ״עֲשִׂירִי״, וְלָעֲשִׂירִי ״עֲשִׂירִי״, וְלָאַחַד עָשָׂר ״עֲשִׂירִי״ — אֵין אַחַד עָשָׂר מְקוּדָּשׁ. ״זֶה הַכְּלָל״ לְאֵיתוֹיֵי מַאי? לָאו לְאֵיתוֹיֵי בְּבַת אַחַת?
La Guemara soulève une difficulté : Comment peut-on expliquer que la michna ne se réfère qu’à un cas où les animaux sont sortis de l’enclos l’un après l’autre ? Après tout, la michna enseigne explicitement : Si quelqu’un a appelé le neuvième animal : dixième, et le dixième : dixième, et le onzième : dixième, le onzième n’est pas consacré. Tel est le principe : Dans toute situation où le nom du dixième n’a pas été retiré du dixième animal, le onzième qui a été appelé dixième n’est pas consacré. Que vient la formule : Tel est le principe, inclure ? Ne vient-elle pas inclure un cas où les dixième et onzième animaux sortent de l’enclos en même temps ? Et si c’est le cas, elle enseigne que, dans un tel cas, le onzième animal n’est pas sanctifié.
לָא, לְאֵיתוֹיֵי יָצָא עֲשִׂירִי וְלֹא דִּבֵּר, דְּהָא לֹא נֶעֱקַר שֵׁם ״עֲשִׂירִי״ הֵימֶנּוּ.
Rav Kahana répondrait : Non ; cela ne vient pas inclure ce cas, mais inclure une situation où le dixième animal est sorti de l’enclos et le propriétaire n’a rien dit du tout, et lorsque le onzième animal est sorti, il l’a désigné comme le dixième. Par conséquent, le onzième animal n’est pas sanctifié, car il n’a pas retiré le nom de dixième du dixième animal. Mais si les dixième et onzième animaux sont sortis en même temps, et qu’il les a tous deux désignés comme le dixième, ils sont tous deux sanctifiés.
דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי, הָא דְּתַנְיָא: יָצְאוּ שְׁנַיִם בָּעֲשִׂירִי, וְלֹא קָדַם אֶחָד מֵהֶן אֶת חֲבֵירוֹ, וּקְרָאָן ״עֲשִׂירִי״ — עֲשִׂירִי וְאַחַד עָשָׂר מְעוֹרָבִין זֶה בָּזֶה, וַהֲלֹא לֹא נֶעֱקַר שֵׁם עֲשִׂירִי הֵימֶנּוּ! אֶלָּא לָאו מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן: כֹּל בְּבַת אַחַת תַּרְוַיְיהוּ קָא קָדְשִׁי.
La Guemara ajoute que cela doit être le cas, car si vous ne dites pas cette explication de la michna, il y a un problème avec ce qui est enseigné dans une baraita : Si deux animaux sont sortis de l’enclos ensemble comme le dixième, et que l’un n’est pas sorti avant l’autre, et qu’il les a appelés tous deux dixième, les animaux dixième et onzième sont mêlés l’un à l’autre. L’un est sacré de la sainteté de la dîme animale, tandis que l’autre est une offrande de paix, mais il n’y a aucun moyen de déterminer quel animal est lequel. La Guemara explique ici le problème : Comment cette baraita peut-elle être conciliée avec la michna ? Il n’a pas retiré le nom de dixième du dixième animal. Au contraire, n’est-ce pas dû au fait que nous disons : Dans tout cas où deux animaux sortent de l’enclos en même temps, tous deux sont sanctifiés ?
אִי מִשּׁוּם הָא לָא אִירְיָא, הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן? דִּקְדֵים חַד מִינַּיְיהוּ וְאַפֵּיק לְרֵישֵׁיהּ, וְקַרְיֵיהּ ״אַחַד עָשָׂר״, וַהֲדַר אִיעָרוּב וּנְפוּק בַּהֲדָדֵי, וּקְרִינְהוּ ״עֲשִׂירִי״, דְּהָא נֶעֱקַר שֵׁם עֲשִׂירִי הֵימֶנּוּ.
Rav Ashi réfuterait cette affirmation : Si c’est pour cette raison, il n’y a pas d’argument concluant. Ici, nous traitons d’un cas où l’un des deux animaux est sorti avant l’autre et a passé sa tête hors de l’enclos, et le propriétaire a appelé cet animal le onzième, puis il s’est mêlé aux autres animaux, et les deux derniers animaux sont sortis ensemble, et il les a appelés tous deux le dixième animal. Dans un tel cas, les deux animaux sont sanctifiés, car le nom du dixième a été retiré du dixième animal lorsqu’il l’a appelé par erreur le onzième animal.
וְהָא ״לֹא קָדַם״ קָתָנֵי! מַאי ״לֹא קָדַם״? דַּהֲדַר אִיעָרוּב.
La Guemara soulève une difficulté concernant cette explication : comment peut-on interpréter la baraita comme se référant à un cas où un animal a sorti sa tête avant l’autre ? Mais n’est-il pas enseigné explicitement dans la baraita : Et l’un n’est pas sorti avant l’autre ? La Guemara répond : Que veut dire la baraita lorsqu’elle déclare : Et l’un n’est pas sorti avant l’autre ? Cela signifie qu’il n’est pas sorti complètement, mais qu’il est revenu et s’est mêlé aux autres animaux.
וּכְמַאן? דְּלָא כְּרַבִּי, דְּאִי רַבִּי — הָאָמַר: ״אַחַד עָשָׂר״ לָא הָוֵי עֲקִירָה!
La Guemara demande : Et selon l’avis de qui cette baraita a-t-elle été enseignée ? Elle n’a pas été enseignée conformément à l’opinion de Rabbi Yehuda HaNasi. Car, si elle reflète l’opinion de Rabbi Yehuda HaNasi, il y a une difficulté. Rabbi Yehuda HaNasi ne dit-il pas : Si quelqu’un a appelé le dixième animal le onzième, cela n’est pas considéré comme un retrait du nom de dixième du dixième animal ?
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי, כִּי אָמַר רַבִּי הֵיכָא דְּאִית לֵיהּ בְּהֵמוֹת טוּבָא, דְּאָמְרִינַן: חַד עִישּׂוּרָא קָאָמַר, הָכָא דְּלֵית לֵיהּ בְּהֵמוֹת טְפֵי.
La Guemara répond : Tu peux même dire que la baraita est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda HaNasi, car lorsque Rabbi Yehuda HaNasi a dit sa déclaration, il ne faisait référence qu’à un cas le propriétaire a beaucoup d’animaux à prélever pour la dîme. La raison est que nous disons que, lorsqu’il a dit : Aḥad asar, onzième, son intention était de dire : Ḥad issura, un groupe de dix, c’est-à-dire que ce dixième animal complète un ensemble de dix animaux, et non qu’il soit le onzième. Ici, il s’agit d’une situation où il n’a pas beaucoup d’animaux à prélever pour la dîme, et par conséquent il ne pouvait pas parler de plus d’un seul ensemble de dix, auquel cas Rabbi Yehuda HaNasi convient que le fait de l’appeler le onzième lui retire son statut de dixième.
מַאי רַבִּי? דְּתַנְיָא: קָרָא לַעֲשִׂירִי ״אַחַד עָשָׂר״, וְלָאַחַד עָשָׂר ״עֲשִׂירִי״ — אֵין אַחַד עָשָׂר קָדוֹשׁ, דִּבְרֵי רַבִּי. רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַחַד עָשָׂר קָדוֹשׁ. כְּלָל אָמַר רַבִּי: כׇּל זְמַן שֶׁלֹּא נֶעֱקַר שֵׁם עֲשִׂירִי הֵימֶנּוּ — אֵין אַחַד עָשָׂר קָדוֹשׁ. אָמַר רָבָא: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן? כְּגוֹן דְּאִית לֵיהּ בְּהֵמוֹת טוּבָא, דְּאָמְרִינַן: חַד עִישּׂוּרָא קָאָמַר.
La Guemara demande : À quelle déclaration de Rabbi Yehuda HaNasi la Guemara fait-elle référence ? Comme cela est enseigné dans une baraita : Si quelqu’un a appelé le dixième animal le onzième, et le onzième animal le dixième, le onzième animal n’est pas sanctifié ; telle est la déclaration de Rabbi Yehuda HaNasi. Rabbi Yosei, fils de Rabbi Yehuda, dit : Le onzième animal est sanctifié. Rabbi Yehuda HaNasi a énoncé un principe : Tant que le nom du dixième n’a pas été retiré du dixième animal, le onzième animal n’est pas sanctifié. Pour clarifier pourquoi le onzième animal n’est pas sanctifié selon Rabbi Yehuda HaNasi, même si le nom du dixième a été retiré du dixième animal lorsqu’il l’a appelé le onzième, Rava a dit : Ici, nous traitons d’un cas où il a beaucoup d’animaux, et la raison est que nous disons que, lorsqu’il a dit : Aḥad asar, son intention était de dire : Ḥad issura.
יָצְאוּ שְׁנַיִם בָּעֲשִׂירִי, תָּנֵי חֲדָא: יִרְעוּ, וְתַנְיָא אִידַּךְ: יִקְרְיבוּ, וְתַנְיָא אִידַּךְ: יָמוּתוּ.
§ La Guemara revient à la discussion précédente. La baraita enseigne : Si deux animaux sont sortis de l’enclos ensemble comme le dixième, et que l’un n’est pas sorti avant l’autre, et qu’il les a tous deux appelés le dixième, le dixième et le onzième animaux sont mêlés l’un à l’autre. La Guemara note qu’il y a apparemment une divergence entre les tannaïm quant à la manière dont ces animaux doivent être traités. Un tanna a enseigné que les deux animaux doivent être laissés paître jusqu’à ce qu’ils développent un défaut, puis ils peuvent être mangés par le propriétaire. Et un tanna a enseigné que les deux animaux doivent être sacrifiés. Et il est enseigné dans une autre baraita que les deux animaux doivent mourir.
לָא קַשְׁיָא, הָא דְּתַנְיָא יִרְעוּ — רַבָּנַן הִיא, דְּאָמְרִי: אֵין מְבִיאִין קָדָשִׁים לְבֵית הַפְּסוּל״
La Guemara résout la contradiction apparente. Ce n’est pas difficile : Cette décision, du tanna qui a enseigné que les deux animaux doivent être laissés à paître jusqu’à ce qu’ils développent un défaut, est conforme à l’opinion des Sages, qui disent : On ne peut pas amener des animaux sacrificiels dans une situation où le temps pendant lequel ils peuvent être mangés est réduit, augmentant ainsi la probabilité de disqualification. Si les deux animaux étaient sacrifiés, ils devraient être mangés conformément aux rigueurs à la fois de l’offrande de dîme animale et de l’offrande de paix. Ils devraient être mangés dans les deux jours, comme une offrande de paix, tandis que la poitrine et la cuisse seraient données aux prêtres, comme dans le cas de l’offrande de dîme animale. Puisque seuls les prêtres peuvent manger ces portions, il est possible qu’ils ne puissent pas les manger dans le temps permis, et la viande restante deviendrait disqualifiée.

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