אִי לְמַעוֹטֵי הֵיכָא דְּיָצְתָה נְקֵבָה לְפָנָיו — מִ״פֶּטֶר רֶחֶם״ נָפְקָא! אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ ״בְּכוֹר״ לְמַעוֹטֵי הֵיכָא דְּיוֹצֵא אַחַר יוֹצֵא דּוֹפֶן.
Si cela sert à exclure un cas où une femelle est sortie de la matrice avant lui, cela est dérivé de l’expression « ce qui ouvre toute matrice ». Conclus plutôt de cela que « premier-né » sert à exclure un cas où un animal est sorti de la matrice après que son aîné est né par césarienne. Selon Ravina, le mot « premier-né » désigne un animal qui est premier-né ne serait-ce que sous un seul aspect, mais puisqu’il est superflu, il sert à exclure un animal dont l’aîné est né par césarienne.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא מִדִּפְתִּי לְרָבִינָא: אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ בְּכוֹר לְדָבָר אֶחָד הָוֵי בְּכוֹר, תִּינַח הֵיכָא דְּיָצָא זָכָר יוֹצֵא דּוֹפֶן וְזָכָר דֶּרֶךְ רֶחֶם, דְּלָא קָדוֹשׁ, דְּאִימַּעוּט לֵידָה מִ״בְּכוֹר״, דִּבְכוֹר לִרְחָמִים אִיכָּא, בְּכוֹר לִזְכָרִים לֵיכָּא.
Rav Aḥa de Difti dit à Ravina : Si l’on te vient à l’esprit qu’un premier-né sous un certain aspect est appelé premier-né et que la déduction repose sur le fait que le terme « premier-né » est superflu, cela fonctionne bien dans un cas où un mâle est sorti par césarienne et ensuite un autre mâle est sorti par l’utérus. Il est logique qu’il ne soit pas sanctifié, car cette naissance est exclue par le mot « premier-né », puisqu’il est le premier-né de la matrice, mais il n’est pas le premier-né des mâles.
אֶלָּא הֵיכָא דְּיָצְתָה נְקֵבָה דֶּרֶךְ דּוֹפֶן וְזָכָר דֶּרֶךְ רֶחֶם — לִיקְדַּשׁ, דְּהָא אִיכָּא בְּכוֹר לִזְכָרִים וּבְכוֹר לְרֶחֶם! אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא כִּדְאַבָּיֵי.
Mais, dans un cas où une femelle est sortie par césarienne et ensuite un mâle est né par l’utérus, qu’il soit sanctifié, car il est le premier-né des mâles et le premier-né de la matrice. On ne peut pas déduire les exclusions de ces deux cas du mot « premier-né », et pourtant la baraita indique que même si une femelle est née d’abord par césarienne, le mâle né ensuite n’est pas considéré comme le premier-né. La Guemara conclut : Au contraire, il est clair que la baraita doit être interprétée conformément à l’explication d’Abaye, selon laquelle un premier-né sous un seul aspect n’est pas appelé premier-né.
הֲדַרַן עֲלָךְ הַלּוֹקֵחַ עוּבַּר פָּרָתוֹ.
מַתְנִי׳ הַלּוֹקֵחַ בְּהֵמָה מִן הַגּוֹי, וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ אִם בִּיכְּרָה אִם לֹא בִּיכְּרָה. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: עֵז בַּת שְׁנָתָהּ — וַדַּאי לַכֹּהֵן, מִכָּאן וְאֵילָךְ — סָפֵק. רָחֵל בַּת שְׁתַּיִם — וַדַּאי לַכֹּהֵן, מִכָּאן וְאֵילָךְ — סָפֵק. פָּרָה וַחֲמוֹר בְּנוֹת שָׁלֹשׁ — וַדַּאי לַכֹּהֵן, מִכָּאן וְאֵילָךְ — סָפֵק.
MISHNA : Dans le cas de quelqu’un qui achète une femelle d’un gentil et ne sait pas si elle avait auparavant mis bas ou si elle n’avait pas auparavant mis bas, et après l’achat l’animal a mis bas un mâle, Rabbi Yishmael dit : Si la mère était une chèvre dans sa première année, le petit mâle est certainement donné au prêtre, car elle n’avait certainement jamais mis bas auparavant. À partir de ce moment et au-delà, c’est-à-dire si la mère est plus âgée que cela, le statut de son petit comme premier-né est incertain. Si c’était une brebis dans sa deuxième année, le petit mâle est certainement donné au prêtre ; à partir de ce moment et au-delà le statut du petit est incertain. Si c’était une vache ou une ânesse dans sa troisième année, le petit mâle est certainement donné au prêtre ; à partir de ce moment et au-delà le statut du petit est incertain.
אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא: אִילּוּ בְּוָולָד בִּלְבַד הַבְּהֵמָה נִפְטֶרֶת כִּדְבָרֶיךָ, אֶלָּא אָמְרוּ: סִימָן הַוָּולָד בִּבְהֵמָה דַּקָּה — טִינּוּף, וּבַגַּסָּה — שִׁילְיָא, וּבָאִשָּׁה — שָׁפִיר וְשִׁילְיָא.
Rabbi Akiva lui dit : Si un animal n’était exempté que par le fait de mettre bas une progéniture et d’aucune autre manière, la halakha serait conforme à ta déclaration. Mais les Sages ont dit : Un signe de progéniture chez un petit animal est un écoulement trouble provenant de l’utérus, ce qui indique que l’animal avait été gestant et, par conséquent, exempte les naissances suivantes de la mitsva du premier-né. Le signe chez un grand animal est la sortie d’un placenta, et le signe chez une femme est une poche fœtale ou un placenta. Puisque cela peut se produire même au cours d’une année, on ne peut pas présumer qu’un animal dans sa première année soit assurément soumis à la mitsva du premier-né.
זֶה הַכְּלָל: כֹּל שֶׁיָּדוּעַ שֶׁבִּיכְּרָה — אֵין כָּאן לַכֹּהֵן כְּלוּם, וְכֹל שֶׁלֹּא בִּיכְּרָה — הֲרֵי זֶה לַכֹּהֵן, וְאִם סָפֵק — יֵאָכֵל בְּמוּמוֹ לַבְּעָלִים.
Rabbi Akiva poursuit : Au contraire, tel est le principe : Dans tout cas où l’on sait que l’animal avait déjà mis bas auparavant, le prêtre n’a rien ici. Et dans tout cas où l’on sait que l’animal n’avait pas mis bas auparavant, cela est donné au prêtre. Et s’il y a un doute, il peut être mangé dans son état blemi par le propriétaire.
גְּמָ׳ מִיכָּן וְאֵילָךְ, אַמַּאי סָפֵק? הַלֵּךְ אַחַר רוֹב בְּהֵמוֹת, וְרוֹב בְּהֵמוֹת מִתְעַבְּרוֹת וְיוֹלְדוֹת בְּתוֹךְ שְׁנָתָן נִינְהוּ, וְהָא וַדַּאי מֵילָד אוֹלֵיד! לֵימָא רַבִּי יִשְׁמָעֵאל כְּרַבִּי מֵאִיר סְבִירָא לֵיהּ, דְּחָיֵישׁ לְמִיעוּטָא?
GUEMARA : La michna enseigne que, selon Rabbi Yishmael, le statut de premier-né de la progéniture d’une chèvre acquise d’un gentil alors qu’elle avait plus d’un an est incertain. La Guemara demande : À partir de ce moment et par la suite, c’est-à-dire si elle a été achetée après sa première année, pourquoi est-ce dans un état d’incertitude ? Il faudrait suivre la majorité des animaux, et puisque la majorité des animaux deviennent gestants et mettent bas au cours de leur première année, on peut supposer que cet animal a certainement déjà mis bas. La Guemara suggère : Dirons-nous que Rabbi Yishmael soutient conformément à l’opinion de Rabbi Meir, qui dit qu’il faut tenir compte de la minorité, c’est-à-dire qu’il doit prendre en considération la minorité des cas ?
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבָּנַן, כִּי אָזְלִי בָּתַר רוּבָּא בְּרוּבָּא דְּאִיתֵיהּ קַמַּן, כְּגוֹן תֵּשַׁע חֲנוּיוֹת וְסַנְהֶדְרִין, אֲבָל רוּבָּא דְּלֵיתֵיהּ קַמַּן — לָא אָזְלִי רַבָּנַן בָּתַר רוּבָּא.
La Guemara répond : Tu peux même dire que Rabbi Yishmaël est d’accord avec l’opinion des Sages. Lorsque les Sages suivent la majorité, c’est dans un cas de majorité évidente, qui existe concrètement et peut être examinée. Par exemple, dans une situation où un morceau de viande est trouvé devant neuf boutiques vendant de la viande casher et une boutique vendant de la viande non casher, et que l’on ne sait pas de quelle boutique il provient, on peut présumer qu’il provient de l’une des boutiques qui vendent de la viande casher. Et, de même, le Sanhédrin rend ses décisions à la majorité des voix de ses juges. Mais, en ce qui concerne une majorité non évidente, qui repose uniquement sur des données statistiques, comme l’affirmation selon laquelle la plupart des animaux deviennent gestants et mettent bas au cours de leur première année, même les Sages ne suivent pas la majorité.
וְהָא קָטָן וּקְטַנָּה, דְּרוּבָּא דְּלֵיתֵיהּ קַמַּן, וְקָאָזְלִי רַבָּנַן בָּתַר רוּבָּא, דִּתְנַן: קָטָן וּקְטַנָּה לֹא חוֹלְצִין וְלֹא מְיַיבְּמִין, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. אָמְרוּ לוֹ: יָפֶה אָמַרְתָּ שֶׁאֵין חוֹלְצִין, ״אִישׁ״ כָּתוּב בַּפָּרָשָׁה, וּמַקְּשִׁינַן אִשָּׁה לְאִישׁ.
La Guemara soulève une difficulté : Mais le cas du mariage léviratique d’un garçon mineur ou d’une fille mineure dépend d’une majorité non évidente, et pourtant les Sages suivent la majorité dans leur décision. Comme nous l’avons appris dans une baraita : un garçon mineur ou une fille mineure ne peuvent pas accomplir le rituel par lequel un yavam libère une yevama de ses liens léviratiques [ḥalitza], ni contracter un mariage léviratique ; telle est la déclaration de Rabbi Meir. Les Sages dirent à Rabbi Meir : Tu as bien dit qu’ils ne peuvent pas accomplir la ḥalitza, car « homme », indiquant un mâle adulte, est écrit dans la section de la Torah traitant de la ḥalitza (voir Deutéronome 25:7). Bien qu’une femme adulte ne soit pas mentionnée explicitement, nous rapprochons la halakha de la femme de celle de l’homme et exigeons que la femme impliquée dans la ḥalitza soit elle aussi adulte.
מָה טַעַם אֵין מְיַיבְּמִין? אָמַר לָהֶם: קָטָן — שֶׁמָּא יִמָּצֵא סָרִיס, קְטַנָּה — שֶׁמָּא תִּמָּצֵא אַיְילוֹנִית, וְנִמְצְאוּ פּוֹגְעִין בְּעֶרְוָה.
Mais quelle est la raison pour laquelle ils ne peuvent pas contracter un mariage léviratique, au sujet duquel la formulation de la Torah n’indique pas spécifiquement des adultes ? Rabbi Meir leur dit : Dans le cas d’un garçon mineur, je crains qu’il ne se révèle être un eunuque, c’est-à-dire quelqu’un incapable d’engendrer des enfants, lorsqu’il grandira. De même, une fille mineure ne peut pas contracter un mariage léviratique de peur que, lorsqu’elle grandira, elle ne se révèle être une femme sexuellement sous-développée [ailonit], incapable d’avoir des enfants. Dans l’un ou l’autre cas, la mitsva du mariage léviratique ne s’applique pas, et ils se trouveraient avoir eu affaire à une parente interdite et être entrés dans une relation interdite là où aucune mitsva ne s’applique, puisque tout le but du mariage léviratique est d’avoir des enfants pour le frère qui est mort sans enfant.
וְרַבָּנַן, זִיל בָּתַר רוּבָּא קְטַנִּים, וְרוֹב קְטַנִּים לָאו סָרִיסִים נִינְהוּ; זִיל בָּתַר קְטַנּוֹת, וְרוֹב קְטַנּוֹת לָאו אַיְילוֹנִית נִינְהוּ!
Et les Rabbins soutiennent : Suis la majorité des mineurs de sexe masculin, et la majorité des mineurs de sexe masculin ne sont pas des eunuques ; et de même, suis la majorité des mineures de sexe féminin, et la majorité des mineures de sexe féminin ne sont pas des femmes sexuellement sous-développées. Cela indique que les Rabbins sont en désaccord avec Rabbi Meir même en ce qui concerne une majorité non évidente.
אֶלָּא אָמַר רָבָא:
Au contraire, Rava dit :