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כִּי הַאי מַעֲשֶׂה לִידֵיהּ. פְּגַע בֵּיהּ אֵלִיָּהוּ,
Élie le prophète l’a rencontré
אֲמַר לֵיהּ: עַד מָתַי אַתָּה מוֹסֵר עַמּוֹ שֶׁל אֱלֹהֵינוּ לַהֲרִיגָה? אֲמַר לֵיהּ: מַאי אֶעֱבֵיד? הַרְמָנָא דְמַלְכָּא הוּא! אֲמַר לֵיהּ: אֲבוּךְ עֲרַק לְאַסְיָא, אַתְּ עֲרוֹק לְלוּדְקִיָּא.
et lui dit : Jusqu’à quand dénonceras-tu la nation de notre Dieu pour qu’elle soit condamnée à l’exécution ? Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yosei, dit à Élie : Que dois-je faire ? C’est le décret du roi auquel je dois obéir. Élie lui dit : Face à ce choix, ton père s’est enfui en Asie. Toi, tu dois t’enfuir à Laodicée plutôt que d’accepter cette nomination.
כִּי הֲווֹ מִקַּלְעִי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בַּהֲדֵי הֲדָדֵי, הֲוָה עָיֵיל בַּקְרָא דְתוֹרֵי בֵּינַיְיהוּ וְלָא הֲוָה נָגְעָה בְּהוּ.
§ À propos de ces Sages, la Guemara ajoute : Lorsque Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yosei, et Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, se rencontraient, il était possible qu’une paire de bœufs passe et tienne entre eux, sous leurs ventres, sans les toucher, en raison de leur obésité excessive.
אֲמַרָה לְהוּ הָהִיא מַטְרוֹנִיתָא: בְּנֵיכֶם אֵינָם שֶׁלָּכֶם. אֲמַרוּ לַהּ: שֶׁלָּהֶן גָּדוֹל מִשֶּׁלָּנוּ. כׇּל שֶׁכֵּן. אִיכָּא דְאָמְרִי, הָכִי אֲמַרוּ לַהּ: ״כִּי כָאִישׁ גְּבוּרָתוֹ״. אִיכָּא דְאָמְרִי הָכִי, אֲמַרוּ לַהּ: ״אַהֲבָה דּוֹחֶקֶת אֶת הַבָּשָׂר״.
Une certaine noble romaine [matronita] leur dit un jour : Vos enfants ne sont pas vraiment les vôtres, car, en raison de votre obésité, il est impossible que vous ayez eu des rapports avec vos femmes. Ils lui dirent : Les leurs, c’est-à-dire les ventres de nos femmes, sont plus grands que les nôtres. Elle leur dit : D’autant plus vous n’auriez pas pu avoir de rapports. Il y en a qui disent que voici ce qu’ils lui dirent : « Car telle est la force de l’homme, tel il est » (Juges 8:21), c’est-à-dire que nos organes sexuels sont proportionnés à nos ventres. Il y en a qui disent que voici ce qu’ils lui dirent : L’amour comprime la chair.
וּלְמָה לְהוּ לְאַהְדּוֹרֵי לַהּ? וְהָא כְּתִיב: ״אַל תַּעַן כְּסִיל כְּאִוַּלְתּוֹ״! שֶׁלֹּא לְהוֹצִיא לַעַז עַל בְּנֵיהֶם.
La Guemara demande : Et pourquoi lui ont-ils répondu à sa question audacieuse et insensée ? Après tout, il est écrit : « Ne réponds pas à l’insensé selon sa folie, de peur que toi aussi tu ne lui ressembles » (Proverbes 26:4). La Guemara répond : Ils lui ont répondu afin de ne pas jeter le discrédit sur la lignée de leurs enfants.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵיבְרֵיהּ דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל [בְּרַבִּי יוֹסֵי] כְּחֵמֶת בַּת תֵּשַׁע קַבִּין. אָמַר רַב פָּפָּא: אֵיבְרֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן כְּחֵמֶת בַּת חֲמֵשֶׁת קַבִּין, וְאָמְרִי לַהּ בַּת שְׁלֹשֶׁת קַבִּין. דְּרַב פָּפָּא גּוּפֵיהּ כִּי דְקוּרֵי דְּהַרְפְּנָאֵי.
La Guemara poursuit la discussion au sujet des corps de ces Sages : Rabbi Yoḥanan a dit : L’organe de Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yosei, avait la taille d’une jarre de neuf kav. Rav Pappa a dit : L’organe de Rabbi Yoḥanan avait la taille d’une jarre de cinq kav, et certains disent qu’il avait la taille d’une jarre de trois kav. Rav Pappa lui-même avait un ventre comme les paniers [dikurei] fabriqués à Harpanya.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֲנָא אִשְׁתַּיַּירִי מִשַּׁפִּירֵי יְרוּשָׁלַיִם הַאי מַאן דְּבָעֵי מִחְזֵי שׁוּפְרֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, נַיְיתֵי כָּסָא דְכַסְפָּא מִבֵּי סִלְקֵי, וּנְמַלְּיֵיהּ פַּרְצִידַיָּא דְּרוּמָּנָא סוּמָּקָא, וְנַהְדַּר לֵיהּ כְּלִילָא דְּוַורְדָּא סוּמָּקָא לְפוּמֵּיהּ, וְנוֹתְבֵיהּ בֵּין שִׁמְשָׁא לְטוּלָּא, (הָהוּא) [הָנְהוּ] זַהֲרוּרֵי מֵעֵין שׁוּפְרֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן.
Concernant les traits physiques de Rabbi Yoḥanan, la Guemara ajoute que Rabbi Yoḥanan a dit : Moi seul reste parmi les beaux de Jérusalem. La Guemara poursuit : Celui qui souhaite voir quelque chose ressemblant à la beauté de Rabbi Yoḥanan doit apporter une coupe d’argent neuve et brillante de chez l’orfèvre et la remplir de graines rouges de grenade [partzidaya] et placer un diadème de roses rouges sur le bord de la coupe, puis la positionner entre la lumière du soleil et l’ombre. Cet éclat est une apparence de la beauté de Rabbi Yoḥanan.
אִינִי? וְהָאָמַר מָר: שׁוּפְרֵיהּ דְּרַב כָּהֲנָא מֵעֵין שׁוּפְרֵיהּ דְּרַבִּי אֲבָהוּ, שׁוּפְרֵיהּ דְּרַבִּי אֲבָהוּ מֵעֵין שׁוּפְרֵיהּ דְּיַעֲקֹב אָבִינוּ, שׁוּפְרֵיהּ דְּיַעֲקֹב אָבִינוּ מֵעֵין שׁוּפְרֵיהּ דְּאָדָם הָרִאשׁוֹן! וְאִילּוּ רַבִּי יוֹחָנָן לָא קָא חָשֵׁיב לֵיהּ! שָׁאנֵי רַבִּי יוֹחָנָן, דְּהַדְרַת פָּנִים לָא הַוְיָא לֵיהּ.
La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? Rabbi Yoḥanan était-il si beau ? Mais le Maître ne dit-il pas : La beauté de Rav Kahana est une ressemblance de la beauté de Rabbi Abbahu ; la beauté de Rabbi Abbahu est une ressemblance de la beauté de Jacob, notre patriarche ; et la beauté de Jacob, notre patriarche, est une ressemblance de la beauté d’Adam, le premier homme, qui fut créé à l’image de Dieu. Et pourtant Rabbi Yoḥanan n’est pas inclus dans cette liste. La Guemara répond : Rabbi Yoḥanan est différent de ces autres hommes, car il n’avait pas une beauté de visage, c’est-à-dire qu’il n’avait pas de barbe.
רַבִּי יוֹחָנָן הֲוָה אָזֵיל וְיָתֵיב אַשַּׁעֲרֵי טְבִילָה, אֲמַר: כִּי סָלְקָן בְּנוֹת יִשְׂרָאֵל מִטְּבִילַת מִצְוָה לִפְגְּעוּ בִּי, כִּי הֵיכִי דְּלֶהֱווֹ לְהוּ בְּנֵי שַׁפִּירֵי כְּווֹתִי, גְּמִירִי אוֹרָיְיתָא כְּווֹתִי.
La Guemara continue de discuter de la beauté de Rabbi Yoḥanan. Rabbi Yoḥanan allait s’asseoir à l’entrée du bain rituel. Il se dit à lui-même : Lorsque des femmes juives remonteront de leur immersion pour l’accomplissement d’une mitzva, après leurs menstruations, elles devraient me voir en premier, afin qu’elles aient de beaux enfants comme moi, et des fils érudits en Torah comme moi. Cela repose sur l’idée que l’image sur laquelle une femme médite pendant les rapports sexuels influence l’enfant qu’elle conçoit.
אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן: לָא מִסְתְּפֵי מָר מֵעֵינָא בִּישָׁא? אֲמַר לְהוּ: אֲנָא מִזַּרְעָא דְּיוֹסֵף קָאָתֵינָא, דְּלָא שָׁלְטָא בֵּיהּ עֵינָא בִּישָׁא. דִּכְתִיב: ״בֵּן פֹּרָת יוֹסֵף בֵּן פֹּרָת עֲלֵי עָיִן״, וְאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: אַל תִּקְרֵי ״עֲלֵי עָיִן״ אֶלָּא ״עוֹלֵי עָיִן״.
Les Sages dirent à Rabbi Yoḥanan : Le Maître ne craint-il pas d’être atteint par le mauvais œil en se montrant de cette manière ? Rabbi Yoḥanan leur dit : Je viens de la descendance de Joseph, sur laquelle le mauvais œil n’a pas de pouvoir, comme il est écrit : « Joseph est un rameau fertile, un rameau fertile près d’une source [alei ayin] » (Genèse 49:22) ; et Rabbi Abbahou dit : Ne lis pas le verset comme disant : « Près d’une source [alei ayin] » ; plutôt, lis-le ainsi : Ceux qui s’élèvent au-dessus du mauvais œil [olei ayin]. Les descendants de Joseph ne sont pas susceptibles à l’influence du mauvais œil.
רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא אֲמַר מֵהָכָא: ״וְיִדְגּוּ לָרֹב בְּקֶרֶב הָאָרֶץ״, מָה דָּגִים שֶׁבַּיָּם מַיִם מְכַסִּים אוֹתָם וְאֵין הָעַיִן שׁוֹלֶטֶת בָּהֶן – אַף זַרְעוֹ שֶׁל יוֹסֵף אֵין הָעַיִן שׁוֹלֶטֶת בָּהֶן.
Rabbi Yosei bar Ḥanina a dit que cette idée est tirée d’ici : « Qu’ils se multiplient [veyidgu] en multitude au milieu de la terre » (Genèse 48:16). De même que, concernant les poissons [dagim] dans la mer, l’eau les recouvre et que, par conséquent, le mauvais œil n’a pas de pouvoir sur eux, puisqu’ils ne sont pas vus, de même aussi, concernant la descendance de Joseph, le mauvais œil n’a pas de pouvoir sur eux.
יוֹמָא חַד הֲוָה קָא סָחֵי רַבִּי יוֹחָנָן בְּיַרְדְּנָא. חַזְיֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ וּשְׁוַור לְיַרְדְּנָא אַבָּתְרֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ חֵילָךְ לְאוֹרָיְיתָא. אֲמַר לֵיהּ שׁוּפְרָךְ לְנָשֵׁי. אֲמַר לֵיהּ אִי הָדְרַתְּ בָּךְ יָהֵיבְנָא לָךְ אֲחוֹתִי, דְּשַׁפִּירָא מִינַּאי. קַבֵּיל עֲלֵיהּ. בָּעֵי לְמִיהְדַּר לְאֵתוֹיֵי מָאנֵיהּ וְלָא מָצֵי הָדַר.
La Guemara raconte : Un jour, Rabbi Yoḥanan se baignait dans le Jourdain. Reish Lakish le vit et sauta dans le Jourdain à sa poursuite. À cette époque, Reish Lakish était le chef d’une bande de maraudeurs. Rabbi Yoḥanan dit à Reish Lakish : Ta force convient à la Torah. Reish Lakish lui dit : Ta beauté convient aux femmes. Rabbi Yoḥanan lui dit : Si tu reviens à la poursuite de la Torah, je te donnerai ma sœur en mariage, qui est plus belle que moi. Reish Lakish accepta sur lui d’étudier la Torah. Par la suite, Reish Lakish voulut sauter de nouveau hors du fleuve pour aller chercher de nouveau ses vêtements, mais il fut incapable de revenir, car il avait perdu sa force physique dès qu’il avait accepté sur lui la responsabilité d’étudier la Torah.
אַקְרְיֵיהּ וְאַתְנְיֵיהּ וְשַׁוְּיֵיהּ גַּבְרָא רַבָּא. יוֹמָא חַד הֲווֹ מִפַּלְגִי בֵּי מִדְרְשָׁא: הַסַּיִיף וְהַסַּכִּין וְהַפִּגְיוֹן וְהָרוֹמַח וּמַגַּל יָד וּמַגַּל קָצִיר מֵאֵימָתַי מְקַבְּלִין טוּמְאָה – מִשְּׁעַת גְּמַר מְלַאכְתָּן.
Rabbi Yoḥanan enseigna à Reish Lakish la Torah, lui enseigna la Michna et fit de lui un grand homme. Finalement, Reish Lakish devint l’un des plus grands érudits de la Torah de sa génération. Un jour les Sages de la maison d’étude étaient engagés dans une dispute au sujet de la baraita suivante : En ce qui concerne l’épée, le couteau, le poignard [vehapigyon], la lance, une faucille à main et une faucille de moisson, à partir de quand sont-ils susceptibles de contracter l’impureté rituelle ? La baraita répond : C’est à partir du moment où leur fabrication est achevée, ce qui est la halakha concernant les ustensiles en métal en général.
וּמֵאֵימָתַי גְּמַר מְלַאכְתָּן? רַבִּי יוֹחָנָן אוֹמֵר: מִשֶּׁיְּצָרְפֵם בַּכִּבְשָׁן. רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: מִשֶּׁיְּצַחְצְחֵן בְּמַיִם. אֲמַר לֵיהּ לִסְטָאָה בְּלִסְטְיוּתֵיהּ יָדַע. אֲמַר לֵיהּ: וּמַאי אַהֲנֵית לִי? הָתָם ״רַבִּי״ קָרוּ לִי, הָכָא ״רַבִּי״ קָרוּ לִי! אֲמַר לֵיהּ: אַהֲנַאי לָךְ דַּאֲקָרְבִינָּךְ תַּחַת כַּנְפֵי הַשְּׁכִינָה.
Ces Sages demandèrent : Et quand l’achèvement de leur fabrication a-t-il lieu ? Rabbi Yoḥanan dit : C’est à partir du moment où on les chauffe dans le four. Reish Lakish dit : C’est à partir du moment où on les récure dans l’eau, après qu’ils ont été chauffés dans le four. Rabbi Yoḥanan dit à Reish Lakish : Un bandit connaît son banditisme, c’est-à-dire que tu es expert en armes parce que tu étais bandit dans ta jeunesse. Reish Lakish dit à Rabbi Yoḥanan : Quel bénéfice m’as-tu apporté en me rapprochant de la Torah ? Là-bas, parmi les bandits, on m’appelait : Chef des bandits, et ici, aussi, on m’appelle : Chef des bandits. Rabbi Yoḥanan lui dit : Je t’ai apporté un bénéfice, car je t’ai rapproché de Dieu, sous les ailes de la Présence divine.
חֲלַשׁ דַּעְתֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, חֲלַשׁ רֵישׁ לָקִישׁ. אֲתַאי אֲחָתֵיהּ קָא בָכְיָא. אֲמַרָה לֵיהּ: עֲשֵׂה בִּשְׁבִיל בָּנַי! אֲמַר לַהּ: ״עׇזְבָה יְתֹמֶיךָ אֲנִי אֲחַיֶּה״. עֲשֵׂה בִּשְׁבִיל אַלְמְנוּתִי! אֲמַר לַהּ: ״וְאַלְמְנוֹתֶיךָ עָלַי תִּבְטָחוּ״.
À la suite de la querelle, Rabbi Yoḥanan fut offensé, ce qui affecta à son tour Reish Lakish, qui tomba malade. La sœur de Rabbi Yoḥanan, qui était l’épouse de Reish Lakish, vint en pleurant auprès de Rabbi Yoḥanan, le suppliant de prier pour le rétablissement de Reish Lakish. Elle lui dit : Fais cela pour le bien de mes enfants, afin qu’ils aient un père. Rabbi Yoḥanan lui dit le verset : « Laisse tes orphelins, je les élèverai » (Jérémie 49:11), c’est-à-dire, j’en prendrai soin. Elle lui dit : Fais cela pour le bien de mon veuvage. Il lui dit le reste du verset : « Et que tes veuves se confient en Moi. »
נָח נַפְשֵׁיהּ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, וַהֲוָה קָא מִצְטַעַר רַבִּי יוֹחָנָן בָּתְרֵיהּ טוּבָא. אֲמַרוּ רַבָּנַן: מַאן לֵיזִיל לְיַתֹּבֵיהּ לְדַעְתֵּיהּ? נֵיזִיל רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן פְּדָת, דִּמְחַדְּדָין שְׁמַעְתָּתֵיהּ.
Finalement, Rabbi Shimon ben Lakish, Reish Lakish, mourut. Rabbi Yoḥanan fut profondément peiné par sa perte. Les Sages dirent : Qui ira apaiser l'esprit de Rabbi Yoḥanan et le consoler de sa perte ? Ils dirent : Que Rabbi Elazar ben Pedat y aille, car ses propos sont incisifs, c’est-à-dire qu’il est intelligent et pourra servir de remplaçant à Reish Lakish.
אֲזַל יְתֵיב קַמֵּיהּ. כֹּל מִילְּתָא דַּהֲוָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן אֲמַר לֵיהּ: תַּנְיָא דִּמְסַיְּיעָא לָךְ. אֲמַר: אַתְּ כְּבַר לְקִישָׁא?! בַּר לְקִישָׁא, כִּי הֲוָה אָמֵינָא מִילְּתָא, הֲוָה מַקְשֵׁי לִי עֶשְׂרִין וְאַרְבַּע קוּשְׁיָיתָא, וּמְפָרְקִינָא לֵיהּ עֶשְׂרִין וְאַרְבְּעָה פֵּרוּקֵי, וּמִמֵּילָא רָוְוחָא שְׁמַעְתָּא. וְאַתְּ אָמְרַתְּ: ״תַּנְיָא דִּמְסַיַּיע לָךְ״, אַטּוּ לָא יָדַעְנָא דְּשַׁפִּיר קָאָמֵינָא?
Rabbi Elazar ben Pedat alla s’asseoir devant Rabbi Yoḥanan. En ce qui concerne chaque sujet que Rabbi Yoḥanan énonçait, Rabbi Elazar ben Pedat lui disait : Il existe une décision qui est enseignée dans une baraitaqui appuie ton opinion. Rabbi Yoḥanan lui dit : Es-tu comparable au fils de Lakish ? Dans mes discussions avec le fils de Lakish, lorsque j’énonçais un sujet, il soulevait contre moi vingt-quatre difficultés afin de réfuter mon affirmation, et je lui répondais par vingt-quatre réponses, et la halakha elle-même s’en trouvait élargie et clarifiée. Et pourtant tu me dis : Il existe une décision qui est enseignée dans une baraitaqui appuie ton opinion. Ne sais-je pas que ce que je dis est bon ? Être contredit par Reish Lakish avait une utilité ; le fait que tu apportes des preuves à mes propos n’en a pas.
הֲוָה קָא אָזֵיל וְקָרַע מָאנֵיהּ וְקָא בָכֵי וְאָמַר: ״הֵיכָא אַתְּ בַּר לָקִישָׁא, הֵיכָא אַתְּ בַּר לָקִישָׁא״! וַהֲוָה קָא צָוַח עַד דְּשָׁף דַּעְתֵּיהּ מִינֵּיהּ. בְּעוֹ רַבָּנַן רַחֲמֵי עֲלֵיהּ וְנָח נַפְשֵׁיהּ.
Rabbi Yoḥanan allait çà et là, déchirant ses vêtements, pleurant et disant : Où es-tu, fils de Lakish ? Où es-tu, fils de Lakish ? Rabbi Yoḥanan cria jusqu’à ce que son esprit lui soit ôté, c’est-à-dire qu’il devint fou. Les Rabbins prièrent et demandèrent à Dieu d’avoir pitié de lui et de prendre son âme, et Rabbi Yoḥanan mourut.

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