וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר, חֲדָשִׁים בִּישָׁנִים.
Et il va sans dire qu’on ne peut pas mélanger une production nouvelle avec une production ancienne, dans le cas où l’ancienne est de meilleure qualité, comme pour les céréales, car le mélange en diminue la valeur.
בֶּאֱמֶת אָמְרוּ: בְּיַיִן הִתִּירוּ לְעָרֵב קָשֶׁה בְּרַךְ, מִפְּנֵי שֶׁהוּא מַשְׁבִּיחוֹ. אֵין מְעָרְבִין שִׁמְרֵי יַיִן בְּיַיִן, אֲבָל נוֹתֵן לוֹ אֶת שְׁמָרָיו.
En fait, ils ont dit : En ce qui concerne le vin, ils ont permis de mélanger du vin fort avec du vin faible, car cela l’améliore. On ne peut pas mélanger intentionnellement du dépôt de vin avec le vin, mais on peut donner à l’acheteur du vin avec son dépôt ; le vendeur n’est pas tenu de filtrer le vin.
מִי שֶׁנִּתְעָרֵב מַיִם בְּיֵינוֹ, לֹא יִמְכְּרֶנּוּ בַּחֲנוּת, אֶלָּא אִם כֵּן הוֹדִיעוֹ. וְלֹא לַתַּגָּר, אַף עַל פִּי שֶׁהוֹדִיעוֹ, שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא לְרַמּוֹת בּוֹ. מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לְהָטִיל מַיִם בַּיַּיִן – יָטִילוּ.
Celui qui a mélangé de l’eau à son vin ne peut pas le vendre dans le magasin, à moins d’en informer l’acheteur qu’il contient de l’eau. Et il ne peut pas le vendre à un marchand, même s’il l’en informe, car, bien qu’il sache qu’il y a de l’eau mélangée au vin, cela ne servira qu’à la tromperie, parce que le marchand n’informera probablement pas l’acheteur qu’il est dilué. Dans un endroit où l’on a l’habitude de mettre de l’eau dans le vin pour le diluer et où tout le monde le sait, on peut mettre de l’eau dans le vin.
הַתַּגָּר נוֹטֵל מֵחָמֵשׁ גֳּרָנוֹת וְנוֹתֵן לְתוֹךְ מְגוּרָה אַחַת, מֵחָמֵשׁ גִּתּוֹת וְנוֹתֵן לְתוֹךְ פִּיטוֹם אֶחָד, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְהֵא מִתְכַּוֵּין לְעָרֵב.
L’interdiction de mélanger différents types de produits ne s’applique qu’à un particulier qui vend la production de son champ. En revanche, un marchand peut prendre du grain de cinq aires de battage appartenant à différentes personnes, et placer la production dans un seul entrepôt. Il peut aussi prendre du vin de cinq pressoirs et placer le vin dans une grande cuve [pitom], à condition de ne pas avoir l’intention de mélanger une marchandise de qualité inférieure avec une marchandise de qualité supérieure.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין צָרִיךְ לוֹמַר חֲדָשׁוֹת מֵאַרְבַּע וִישָׁנוֹת מִשָּׁלֹשׁ דְּאֵין מְעָרְבִין, אֶלָּא אֲפִילּוּ חֲדָשׁוֹת מִשָּׁלֹשׁ וִישָׁנוֹת מֵאַרְבַּע – אֵין מְעָרְבִין, מִפְּנֵי שֶׁאָדָם רוֹצֶה לְיַשְּׁנָן.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné : Il va sans dire que, si le prix de la récolte nouvelle est de quatrese’a pour un selaet le prix de la récolte ancienne est de troisse’a pour un sela, on ne peut pas les mélanger. C’est une tromperie caractérisée, car on vend un produit bon marché au prix d’un produit cher. Au contraire, même si le prix de la récolte nouvelle est de troisse’a pour un selaet le prix de la récolte ancienne est de quatrese’a pour un sela, on ne peut pas les mélanger. Cela est ainsi parce que, dans ce cas, le prix de la récolte nouvelle est plus élevé, car les gens veulent faire vieillir la récolte ; c’est-à-dire que la récolte nouvelle a plus de valeur pour ceux qui cherchent à la stocker pendant une longue période, bien qu’elle puisse être de qualité inférieure par rapport à la récolte ancienne.
בֶּאֱמֶת אָמְרוּ: בַּיַּיִן הִתִּירוּ לְעָרֵב קָשֶׁה בְּרַךְ, מִפְּנֵי שֶׁהוּא מַשְׁבִּיחוֹ וְכוּ׳. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: עֲדָא אָמְרָה, כֹּל ״בֶּאֱמֶת אָמְרוּ״ – הֲלָכָה הִיא.
La michna enseigne : En fait, ils ont dit : En ce qui concerne le vin, ils ont permis de mélanger du vin fort avec du vin faible parce que le mélange du vin l’améliore. Rabbi Elazar a dit : Cela veut dire que chaque fois qu’une halakha est introduite par l’expression : En fait ils ont dit, c’est une halakha établie au sujet de laquelle il n’y a aucune incertitude.
אָמַר רַב נַחְמָן: וּבֵין הַגִּיתּוֹת שָׁנוּ.
Rav Naḥman dit : Et c’est au sujet de la période où le vin est parmi les pressoirs, c’est-à-dire avant que le vin ne fermente, qu’ils ont enseigné cette halakha. Lorsque le vin est encore en cours de fermentation, si différents vins sont mélangés et fermentent ensemble, cela améliore leur saveur. En revanche, s’ils sont mélangés à un stade plus avancé, cela nuira à leur saveur.
וְהָאִידָּנָא דְּקָא מְעָרְבִי שֶׁלֹּא בֵּין הַגִּיתּוֹת? אָמַר רַב פָּפָּא: דְּיָדְעִי וְקָא מָחֲלִי. רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִיקָא אָמַר: הָא מַנִּי? רַבִּי אַחָא הִיא, דְּתַנְיָא: רַבִּי אַחָא מַתִּיר בְּדָבָר הַנִּטְעָם.
La Guemara demande : Et aujourd’hui, lorsque les gens mélangent du vin vieux et du vin nouveau même lorsque le vin n’est pas parmi les pressoirs, sur quelle base le mélange est-il permis ? Rav Pappa a dit : C’est parce que les acheteurs sont conscients de la perte potentielle et y renoncent. Rav Aḥa, fils de Rav Ika, a dit : Selon l’opinion de qui est cette michna ? C’est l’opinion de Rabbi Aḥa, comme cela est enseigné dans une baraita : Rabbi Aḥa permet de mélanger dans un cas où le produit sera goûté avant son achat. Alors il n’y a pas de tromperie, car lorsque l’acheteur le goûte, il se rend immédiatement compte qu’il s’agit d’un mélange, et le choix d’acheter ou non le produit lui appartient.
וְאֵין מְעָרְבִין שִׁמְרֵי יַיִן בְּיַיִן, אֲבָל נוֹתֵן לוֹ אֶת שְׁמָרָיו וְכוּ׳. וְהָא אָמְרַתְּ רֵישָׁא אֵין מְעָרְבִין כְּלָל! וְכִי תֵּימָא מַאי ״נוֹתֵן לוֹ אֶת שְׁמָרָיו״? דְּקָא מוֹדַע לֵיהּ, הָא מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: לֹא יִמְכְּרֶנּוּ בַּחֲנוּת אֶלָּא אִם כֵּן מוֹדִיעוֹ, וְלֹא לַתַּגָּר אַף עַל פִּי שֶׁמּוֹדִיעוֹ, מִכְּלָל דְּרֵישָׁא אַף עַל גַּב דְּלָא מוֹדַע לֵיהּ!
La michna enseigne : Et l’on ne peut pas intentionnellement mélanger du dépôt de vin avec le vin, mais on peut donner à l’acheteur du vin avec son dépôt. La Guemara demande : Mais n’as-tu pas dit dans la clause précédente de la michna qu’on ne peut pas du tout mélanger du dépôt ? Et si tu dis : Quel est le sens de : On peut donner à l’acheteur du vin avec son dépôt ; c’est-à-dire qu’il informe l’acheteur que le vin contient du dépôt, cette suggestion n’est pas tenable. Du fait que la clause suivante enseigne : On ne peut pas le vendre dans le magasin à moins qu’il n’en informe l’acheteur, et il ne peut pas le vendre à un marchand même s’il l’en informe, on peut déduire que la clause précédente parle d’une situation où l’on peut le vendre dans le magasin même s’il n’en informe pas l’acheteur.
אָמַר רַב יְהוּדָה: הָכִי קָאָמַר, אֵין מְעָרְבִין שְׁמָרִים שֶׁל אֶמֶשׁ בְּשֶׁל יוֹם, וְלֹא שֶׁל יוֹם בְּשֶׁל אֶמֶשׁ. אֲבָל נוֹתֵן לוֹ אֶת שְׁמָרָיו. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: הַשּׁוֹפֶה יַיִן לַחֲבֵירוֹ – הֲרֵי זֶה לֹא יְעָרֵב שֶׁל אֶמֶשׁ בְּשֶׁל יוֹם, וְלֹא שֶׁל יוֹם בְּשֶׁל אֶמֶשׁ. אֲבָל מְעָרֵב שֶׁל אֶמֶשׁ בְּשֶׁל אֶמֶשׁ, וְשֶׁל יוֹם בְּשֶׁל יוֹם.
Rav Yehuda a dit : Ceci est ce que le tanna dit : On ne peut mélanger ni le dépôt restant du vin qu’il a versé la nuit précédente avec le vin du jour suivant, ni le dépôt du jour suivant avec le vin de la nuit précédente. Mais il peut donner à l’acheteur du dépôt de ce vin lui-même. Cela est également enseigné dans une baraita : Rabbi Yehuda dit : En ce qui concerne celui qui verse du vin pour un autre, en essayant de verser le liquide tout en laissant le dépôt dans le tonneau, cette personne ne peut mélanger le dépôt restant du vin qu’il a versé la nuit précédente avec le vin du jour suivant, ni le dépôt du jour suivant avec le vin de la nuit précédente. Mais il peut mélanger le dépôt de la nuit précédente avec le vin versé la nuit précédente, et le dépôt du jour suivant avec le vin du jour suivant.
מִי שֶׁנִּתְעָרֵב מַיִם בְּיֵינוֹ, הֲרֵי זֶה לֹא יִמְכְּרֶנּוּ בַּחֲנוּת, אֶלָּא אִם כֵּן מוֹדִיעוֹ וְכוּ׳. רָבָא אַיְיתוֹ לֵיהּ חַמְרָא מֵחָנוּתָא, מַזְגֵיהּ, טַעְמֵיהּ, לָא הֲוָה בְּסִים, שַׁדְּרֵיהּ לְחָנוּתָא. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְהָא אֲנַן תְּנַן, וְלֹא לַתַּגָּר, אַף עַל פִּי שֶׁהוֹדִיעוֹ! אֲמַר לֵיהּ: מִזְגָּא דִּידִי מִידָּע יְדִיעַ. וְכִי תֵּימָא דְּטָפֵי וּמְחַיְּילֵיהּ וּמְזַבֵּין לֵיהּ – אִם כֵּן, אֵין לַדָּבָר סוֹף.
La michna enseigne : Celui dont le vin a été mélangé avec de l’eau ne peut pas le vendre dans le magasin, à moins qu’il n’informe l’acheteur qu’il contient de l’eau. La Guemara rapporte : On apporta du vin à Rava depuis un magasin. Il le dilua avec de l’eau, le goûta, et il n’était pas bon. Il le renvoya au magasin, afin qu’on puisse l’y vendre. Abaye lui dit : Mais n’avons-nous pas appris dans la michna : Et il ne peut pas le vendre à un marchand, même s’il l’en informe ? Rava lui dit : Ma dilution du vin est évidente pour tous, car j’ajoute plus d’eau qu’on n’en ajoute habituellement. Et de peur que tu ne dises que le boutiquier ajoutera du vin, et adoucira le mélange, et le vendra de nouveau, lorsque la dilution ne sera plus évidente, si telle est la crainte, il n’y a pas de fin à la chose. Il faudrait interdire de vendre n’importe quel vin à un marchand, de crainte qu’il ne commette une tromperie lors de sa revente.
מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לְהַטִּיל מַיִם בַּיַּיִן, יָטִילוּ וְכוּ׳. תָּנָא: לְמֶחֱצָה, לִשְׁלִישׁ, וְלִרְבִיעַ. אָמַר רַב: וּבֵין הַגִּיתּוֹת שָׁנוּ.
La michna enseigne : Dans un endroit où l’on a l’habitude de mettre de l’eau dans le vin pour le diluer, et où tout le monde en est conscient, on peut mettre de l’eau dans le vin. Il a été enseigné : On peut diluer le vin en ajoutant de l’eau qui constituera la moitié, un tiers ou un quart du mélange, conformément à la coutume locale. Rav dit : Et c’est au sujet de la période où le vin est parmi les pressoirs, avant qu’il ne fermente, qu’ils ont enseigné cette halakha. Si le vin est dilué à un stade ultérieur, la dilution fera que le vin se gâtera.
מַתְנִי׳ רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא יְחַלֵּק הַחֶנְוָנִי קְלָיוֹת וֶאֱגוֹזִין לַתִּינוֹקוֹת, מִפְּנֵי שֶׁהוּא מַרְגִּילָן לָבֹא אֶצְלוֹ. וַחֲכָמִים מַתִּירִין. וְלֹא יִפְחוֹת אֶת הַשַּׁעַר, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: זָכוּר לַטּוֹב.
MICHNA :Rabbi Yehouda dit : Un commerçant ne peut pas distribuer du grain grillé et des noix aux enfants qui fréquentent sa boutique, parce que cela les habitue à venir chez lui au détriment des commerçants concurrents. Et les Sages le permettent. Et on ne peut pas réduire le prix des articles vendus en dessous du prix du marché. Et les Sages disent : S’il souhaite le faire, il doit être mentionné favorablement.
לֹא יָבוֹר אֶת הַגְּרִיסִין, דִּבְרֵי אַבָּא שָׁאוּל. וַחֲכָמִים מַתִּירִין, וּמוֹדִים שֶׁלֹּא יָבוֹר מֵעַל פִּי מְגוּרָה, שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא כְּגוֹנֵב אֶת הָעַיִן. אֵין מְפַרְכְּסִין לֹא אֶת הָאָדָם, וְלֹא אֶת הַבְּהֵמָה, וְלֹא אֶת הַכֵּלִים.
On ne peut pas tamiser des haricots moulus pour en retirer les déchets, de peur qu’il ne fasse payer un prix excessivement élevé pour la farine tamisée, au-delà de sa valeur réelle ; telle est la déclaration d’Abba Shaul. Et les Sages permettent de le faire. Et les Sages reconnaissent qu’on ne peut pas tamiser la farine seulement à partir des haricots qui se trouvent près de l’ouverture du récipient afin de donner l’impression que tout le contenu du récipient a été tamisé, car ce n’est rien d’autre que de la tromperie. On ne peut pas non plus embellir une personne avant de la vendre au marché aux esclaves, ni un animal ni des ustensiles qu’il cherche à vendre. Au contraire, ils doivent être vendus sans embellissement, afin d’éviter de tromper l’acheteur.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמַיְיהוּ דְּרַבָּנַן? דַּאֲמַר לֵיהּ: אֲנָא מְפַלֵּיגְנָא אַמְגּוֹזֵי, וְאַתְּ פַּלֵּיג שִׁיסְקֵי.
GUEMARA : La Guemara demande : Quelle est la raison de l'opinion des Sages, qui permettent la distribution gratuite de grain grillé et de noix ? C’est parce que le commerçant peut dire à ses concurrents : Je distribue des noix ; et vous, distribuez des jujubes [shiskei]. Tous les marchands peuvent distribuer des produits qui attireront les enfants, et par conséquent, cela ne constitue pas une concurrence déloyale.
וְלֹא יִפְחוֹת אֶת הַשַּׁעַר, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: זָכוּר לַטּוֹב וְכוּ׳. מַאי טַעְמָא דְּרַבָּנַן?
La michna enseigne : Et l’on ne peut pas réduire le prix des articles au-dessous du prix du marché. Et les Rabbins disent : S’il souhaite le faire, il doit être rappelé favorablement. La Guémara demande : Quelle est la raison de l’opinion des Rabbins, qui non seulement approuvent cette pratique mais louent même la personne, en disant qu’elle doit être rappelée favorablement ?