נוֹחַ לוֹ לְאָדָם שֶׁיָּבוֹא עַל סְפֵק אֵשֶׁת אִישׁ, וְאַל יַלְבִּין פְּנֵי חֲבֵירוֹ בָּרַבִּים. מְנָא לַן? מִדְּדָרֵשׁ רָבָא, דְּדָרֵשׁ רָבָא: מַאי דִּכְתִיב ״וּבְצַלְעִי שָׂמְחוּ וְנֶאֱסָפוּ... קָרְעוּ וְלֹא דָמּוּ״? אָמַר דָּוִד לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, גָּלוּי וְיָדוּעַ לְפָנֶיךָ, שֶׁאִם הָיוּ מְקָרְעִים בְּשָׂרִי, לֹא הָיָה דָּמִי שׁוֹתֵת לָאָרֶץ.
Il est préférable qu’une personne ait des rapports avec une femme dont le statut matrimonial est incertain, plutôt que d’humilier autrui en public. La Guemara demande : D’où tirons-nous cela ? La Guemara répond : Cela vient de ce que Rava a interprété, car Rava a interprété : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Quand je boitais, ils se réjouissaient et se rassemblaient… ils déchiraient et ne cessaient pas [damu] » (Psaumes 35:15) ? Le terme « damu » peut aussi être compris comme une référence au sang. Concernant le jeûne qu’il entreprit pour expier son péché avec Bethsabée (voir II Samuel, chapitres 11–12), David dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, il est révélé et connu devant Toi que si mes tourmenteurs déchiraient ma chair, mon sang [dami] ne coulerait pas à terre, en raison d’un jeûne excessif.
וְלֹא עוֹד אֶלָּא, אֲפִילּוּ בְּשָׁעָה שֶׁעוֹסְקִין בִּנְגָעִים וְאֹהָלוֹת, אוֹמְרִים לִי: דָּוִד, הַבָּא עַל אֵשֶׁת אִישׁ, מִיתָתוֹ בַּמֶּה? וַאֲנִי אוֹמֵר לָהֶם: מִיתָתוֹ בְּחֶנֶק, וְיֵשׁ לוֹ חֵלֶק לָעוֹלָם הַבָּא. אֲבָל הַמַּלְבִּין אֶת פְּנֵי חֲבֵירוֹ בָּרַבִּים, אֵין לוֹ חֵלֶק לָעוֹלָם הַבָּא.
Et de plus, ils me tourmentent au point que même au moment où ils sont engagés dans l’étude publique des halakhot des plaies de lèpre et des tentes dans lesquelles se trouve un cadavre, c’est-à-dire des questions halakhiques qui n’ont aucun lien avec mon péché, ils me disent : David, celui qui a des rapports avec une femme mariée, sa mort est effectuée par quelle forme d’exécution ? Et je leur dis : Celui qui a des rapports avec une femme mariée devant témoins et après avertissement, sa mort est par strangulation, mais il a tout de même une part dans le Monde à Venir. Mais celui qui humilie autrui en public n’a pas de part dans le Monde à Venir. Votre transgression, vous qui m’humiliez, est plus grave que ma transgression.
וְאָמַר מָר זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה אָמַר רַב, וְאָמְרִי לַהּ: אָמַר רַב חָנָא בַּר בִּיזְנָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן חֲסִידָא, וְאָמְרִי לָהּ: אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי: נוֹחַ לוֹ לְאָדָם שֶׁיַּפִּיל עַצְמוֹ לְכִבְשַׁן הָאֵשׁ וְאַל יַלְבִּין פְּנֵי חֲבֵירוֹ בָּרַבִּים. מְנָא לַן? מִתָּמָר, דִּכְתִיב: ״הִיא מוּצֵאת וְהִיא שָׁלְחָה אֶל חָמִיהָ״.
Et Mar Zutra bar Toviyya dit que Rav dit ; et certains disent que Rav Ḥana bar Bizna dit que Rabbi Shimon Ḥasida dit ; et certains disent que Rabbi Yoḥanan dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : Il est plus supportable pour une personne de se jeter dans une fournaise ardente, que de humilier autrui en public afin d’éviter d’être jetée dans la fournaise. D’où tirons-nous cela ? De Tamar, la belle-fille de Juda. Lorsqu’elle fut conduite pour être brûlée, elle ne révéla pas qu’elle était enceinte de l’enfant de Juda. Au contraire, elle lui laissa la décision, afin d’éviter de l’humilier en public, comme il est écrit : « Et Juda dit : Faites-la sortir, et qu’elle soit brûlée. Lorsqu’elle fut amenée dehors, elle envoya à son beau-père, disant : Je suis enceinte de l’homme à qui appartiennent ces choses. Et elle dit : Examine donc à qui sont ce sceau, ces cordons et ce bâton ? » (Genèse 38:24–25).
אָמַר רַב חִנָּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי: מַאי דִּכְתִיב ״וְלֹא תוֹנוּ אִישׁ אֶת עֲמִיתוֹ״? עַם שֶׁאִתְּךָ בְּתוֹרָה וּבַמִּצְווֹת, אַל תּוֹנֵיהוּ. אָמַר רַב: לְעוֹלָם יְהֵא אָדָם זָהִיר בְּאוֹנָאַת אִשְׁתּוֹ, שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁדִּמְעָתָהּ מְצוּיָה, אוֹנָאָתָהּ קְרוֹבָה.
§ Rav Ḥinnana, fils de Rav Idi, dit : Que signifie ce qui est écrit : « Et vous ne maltraiterez pas chacun son prochain [amito] » (Lévitique 25:17) ? Le mot amito est interprété comme une contraction de im ito, signifiant : Celui qui est avec lui. Avec celui qui est avec toi dans l'observance de la Torah et des mitzvot, tu ne le maltraiteras pas. Rav dit : Une personne doit toujours faire attention au mauvais traitement de sa femme. Puisque ses larmes sont facilement suscitées, la punition pour son mauvais traitement est immédiate.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִיּוֹם שֶׁנֶּחְרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, נִנְעֲלוּ שַׁעֲרֵי תְפִילָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״גַּם כִּי אֶזְעַק וַאֲשַׁוֵּעַ שָׂתַם תְּפִילָּתִי״. וְאַף עַל פִּי שֶׁשַּׁעֲרֵי תְפִילָּה נִנְעֲלוּ, שַׁעֲרֵי דְמָעוֹת לֹא נִנְעֲלוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׁמְעָה תְפִלָּתִי ה׳ וְשַׁוְעָתִי הַאֲזִינָה, אֶל דִּמְעָתִי אַל תֶּחֱרַשׁ״.
Rabbi Elazar dit : Depuis le jour où le Temple a été détruit, les portes de la prière ont été verrouillées, et la prière n’est plus acceptée comme elle l’était autrefois, comme il est dit dans la lamentation sur la destruction du Temple : « Même si je supplie et crie, Il ferme l’accès à ma prière » (Lamentations 3:8). Pourtant, malgré le fait que les portes de la prière aient été verrouillées avec la destruction du Temple, les portes des larmes n’ont pas été verrouillées, et celui qui pleure devant Dieu peut être assuré que ses prières seront exaucées, comme il est dit : « Écoute ma prière, Seigneur, et prête l’oreille à ma supplication ; ne reste pas silencieux devant mes larmes » (Psaumes 39:13).
וְאָמַר רַב: כׇּל הַהוֹלֵךְ בַּעֲצַת אִשְׁתּוֹ נוֹפֵל בְּגֵיהִנָּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״רַק לֹא הָיָה כְאַחְאָב וְגוֹ׳״. אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: וְהָא אָמְרִי אִינָשֵׁי, אִיתְּתָךְ גּוּצָא – גְּחֵין וְתִלְחוֹשׁ לָהּ! לָא קַשְׁיָא: הָא בְּמִילֵּי דְעָלְמָא, וְהָא בְּמִילֵּי דְבֵיתָא. לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא: הָא בְּמִילֵּי דִשְׁמַיָּא, וְהָא בְּמִילֵּי דְעָלְמָא.
Et Rav dit : Néanmoins, quiconque suit le conseil de sa femme descend au Guehinom, comme il est dit : « Mais il n’y eut personne comme Achab, qui se vendit pour faire ce qui était mal aux yeux du Seigneur, lui que Jézabel sa femme incita » (I Rois 21:25). Rav Pappa dit à Abaye : Mais les gens ne disent-ils pas un proverbe populaire : Si ta femme est petite, penche-toi et chuchote-lui et consulte-la ? La Guemara répond : Cela n’est pas difficile, car cette déclaration de Rav enseigne qu’on ne doit pas suivre son conseil dans les affaires générales ; et ce proverbe enseigne qu’on doit suivre son conseil dans les affaires du foyer. La Guemara présente une autre version de cette distinction : Cette déclaration de Rav soutient qu’on ne doit pas suivre son conseil dans les affaires divines ; et ce proverbe soutient qu’on doit suivre son conseil dans les affaires générales.
אָמַר רַב חִסְדָּא: כׇּל הַשְּׁעָרִים נִנְעָלִים, חוּץ מִשַּׁעֲרֵי אוֹנָאָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִנֵּה ה׳ נִצָּב עַל חוֹמַת אֲנָךְ וּבְיָדוֹ אֲנָךְ״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: הַכֹּל נִפְרָע בִּידֵי שָׁלִיחַ, חוּץ מֵאוֹנָאָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְיָדוֹ אֲנָךְ״.
Rav Ḥisda dit : Toutes les portes du Ciel peuvent être fermées, sauf les portes de la prière des victimes de mauvais traitements verbaux, comme il est dit : « Et voici, le Seigneur se tenait sur un mur bâti avec un fil à plomb, et un fil à plomb dans Sa main » (Amos 7:7). Dieu se tient avec les balances de la justice dans Sa main pour déterminer si quelqu’un a subi une injustice. Rabbi Elazar dit : En réponse à toutes les transgressions, Dieu punit l’auteur par l’intermédiaire d’un agent, sauf pour les mauvais traitements [ona’a], comme il est dit : « Et un fil à plomb [anakh] dans Sa main. » Le terme pour mauvais traitements et le terme pour fil à plomb s’écrivent de manière similaire, indiquant que Dieu Lui-même inflige la rétribution.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: שְׁלֹשָׁה אֵין הַפַּרְגּוֹד נִנְעָל בִּפְנֵיהֶם: אוֹנָאָה, וְגָזֵל, וַעֲבוֹדָה זָרָה. אוֹנָאָה, דִּכְתִיב: ״וּבְיָדוֹ אֲנָךְ״. גָּזֵל, דִּכְתִיב: ״חָמָס וָשֹׁד יִשָּׁמַע בָּהּ עַל פָּנַי תָּמִיד״. עֲבוֹדָה זָרָה, דִּכְתִיב: ״הָעָם הַמַּכְעִיסִים אוֹתִי עַל פָּנַי תָּמִיד וְגוֹ׳״.
Rabbi Abbahu dit : Il y a trois péchés devant lesquels le rideau [hapargod] entre le monde et la Présence divine n’est pas fermé ; leurs péchés atteignent la Présence divine. Ce sont : la maltraitance verbale, le vol et l’idolâtrie. La maltraitance, comme il est dit : « Et un fil à plomb dans Sa main » ; le vol, comme il est dit : « Violence et vol s’entendent en elle, ils sont continuellement devant Moi » (Jérémie 6:7) ; l’idolâtrie, comme il est dit : « Un peuple qui M’irrite devant Moi continuellement ; qui sacrifie dans les jardins et brûle de l’encens sur des briques » (Isaïe 65:3).
אָמַר רַב יְהוּדָה: לְעוֹלָם יְהֵא אָדָם זָהִיר בִּתְבוּאָה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ, שֶׁאֵין מְרִיבָה מְצוּיָה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ שֶׁל אָדָם אֶלָּא עַל עִסְקֵי תְבוּאָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַשָּׂם גְּבוּלֵךְ שָׁלוֹם חֵלֶב חִטִּים יַשְׂבִּיעֵךְ״. אָמַר רַב פָּפָּא, הַיְינוּ דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: כְּמִשְׁלַם שְׂעָרֵי מִכַּדָּא, נָקֵישׁ וְאָתֵי תִּגְרָא בְּבֵיתָא.
À propos de la manière dont un homme doit aborder son foyer, Rav Yehuda dit : Une personne doit toujours veiller à ce qu’il y ait du grain dans sa maison, car la discorde ne se trouve dans la maison d’une personne qu’à cause des questions de grain, comme il est dit : « Il met la paix à tes frontières ; il te rassasie de la meilleure farine de blé » (Psaumes 147:14). S’il y a le meilleur blé dans ta maison, il y aura la paix. Rav Pappa dit : Cela est conforme à l’adage que les gens disent : Quand l’orge est vidée de la jarre, la querelle frappe et entre dans la maison.
וְאָמַר רַב חִינָּנָא בַּר פָּפָּא: לְעוֹלָם יְהֵא אָדָם זָהִיר בִּתְבוּאָה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ, שֶׁלֹּא נִקְרְאוּ יִשְׂרָאֵל דַּלִּים אֶלָּא עַל עִסְקֵי תְבוּאָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיָה אִם זָרַע יִשְׂרָאֵל וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וַיַּחֲנוּ עֲלֵיהֶם וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וַיִּדַּל יִשְׂרָאֵל מְאֹד מִפְּנֵי מִדְיָן״.
Et Rav Ḥinnana bar Pappa dit : Une personne doit toujours veiller à ce qu’il y ait du grain dans sa maison, car le peuple juif n’a été qualifié de pauvre qu’en ce qui concerne le grain, comme il est dit : « Et il arrivait que, si Israël semait, Madian et les fils de l’orient montaient » (Juges 6:3) ; et il est écrit : « Ils campaient contre eux et détruisaient les récoltes du pays » (Juges 6:4) ; et il est en outre écrit : « Et Israël fut grandement appauvri à cause de Madian » (Juges 6:6).
וְאָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ: לְעוֹלָם יְהֵא אָדָם זָהִיר בִּכְבוֹד אִשְׁתּוֹ, שֶׁאֵין בְּרָכָה מְצוּיָה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ שֶׁל אָדָם אֶלָּא בִּשְׁבִיל אִשְׁתּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּלְאַבְרָם הֵטִיב בַּעֲבוּרָהּ״. וְהַיְינוּ דַּאֲמַר לְהוּ רָבָא לִבְנֵי מָחוֹזָא: אוֹקִירוּ לִנְשַׁיְיכוּ, כִּי הֵיכִי דְּתִתְעַתְּרוּ.
Et Rabbi Ḥelbo dit : Une personne doit toujours veiller à préserver l’honneur de sa femme, car la bénédiction ne se trouve dans la maison d’une personne qu’à cause de sa femme, comme il est dit en allusion à cela : "Et il fit du bien à Abram à cause d’elle, et il eut des brebis et des bœufs" (Genèse 12:16). Et c’est ce que Rava dit aux habitants de Meḥoza, où il vivait : Honorez vos femmes, afin que vous deveniez riches.
תְּנַן הָתָם: חֲתָכוֹ חוּלְיוֹת, וְנָתַן חוֹל בֵּין חוּלְיָא לְחוּלְיָא – רַבִּי אֱלִיעֶזֶר מְטַהֵר, וַחֲכָמִים מְטַמְּאִין.
§ À propos du sujet de la maltraitance verbale, nous avons appris dans une michna là-bas (Kelim 5:10) : Si quelqu’un a coupé un four en terre cuite dans le sens de la largeur en segments, et a placé du sable entre chacun des segments, Rabbi Eliezer le considère comme rituellement pur. En raison du sable, son statut juridique n’est pas celui d’un ustensile complet, et il n’est donc pas susceptible d’impureté rituelle. Et les rabbins le considèrent comme rituellement impur, car fonctionnellement c’est un four complet.