לְעוֹלָם יִכָּנֵס אָדָם בְּ״כִי טוֹב״ וְיֵצֵא בְּ״כִי טוֹב״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתֶּם לֹא תֵצְאוּ אִישׁ מִפֶּתַח בֵּיתוֹ עַד בֹּקֶר״.
Une personne doit toujours entrer dans une ville inconnue à un moment favorable, c’est-à-dire lorsqu’il fait encore jour, car la Torah emploie l’expression « c’est bon » au sujet de la création de la lumière (voir Genèse 1:4). Cette bonté se manifeste dans le sentiment de sécurité que l’on éprouve lorsqu’il fait jour. Et, de même, lorsqu’une personne quitte une ville, elle doit partir à un moment favorable, c’est-à-dire après le lever du soleil le lendemain matin, comme il est dit dans le verset : « Et qu’aucun de vous ne sorte de l’entrée de sa maison jusqu’au matin » (Exode 12:22).
תָּנוּ רַבָּנַן: דֶּבֶר בָּעִיר – כַּנֵּס רַגְלֶיךָ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתֶּם לֹא תֵצְאוּ אִישׁ מִפֶּתַח בֵּיתוֹ עַד בֹּקֶר״. וְאוֹמֵר: ״לֵךְ עַמִּי בֹּא בַחֲדָרֶיךָ, וּסְגוֹר דְּלָתְךָ בַּעֲדֶךָ״. וְאוֹמֵר: ״מִחוּץ תְּשַׁכֶּל חֶרֶב, וּמֵחֲדָרִים אֵימָה״.
§ Les Sages ont enseigné : S’il y a peste dans la ville, rassemble tes pieds, c’est-à-dire limite le temps que tu passes hors de la maison, comme il est dit dans le verset : « Et qu’aucun de vous ne sorte de l’entrée de sa maison jusqu’au matin. » Et il est dit dans un autre verset : « Va, mon peuple, entre dans tes chambres et ferme tes portes derrière toi ; cache-toi pour un petit moment, jusqu’à ce que la colère soit passée » (Isaïe 26:20). Et il est dit : « Au-dehors, l’épée endeuillera, et dans les chambres, la terreur » (Deutéronome 32:25).
מַאי ״וְאוֹמֵר״? וְכִי תֵּימָא: הָנֵי מִילֵּי בְּלֵילְיָא, אֲבָל בִּימָמָא לָא; תָּא שְׁמַע: ״לֵךְ עַמִּי בֹּא בַחֲדָרֶיךָ, וּסְגוֹר דְּלָתְךָ״.
La Guemara demande : Quelle est la raison de citer les versets supplémentaires introduits par l’expression : Et il dit ? Le premier verset semble suffire pour enseigner le principe selon lequel on ne doit pas sortir de chez soi lorsqu’il y a une peste. La Guemara répond : Et si tu disais que cette question, le premier verset qui affirme qu’aucun de vous ne sortira jusqu’au matin, ne s’applique que la nuit, mais pendant le jour on pourrait penser que le principe ne s’applique pas ; c’est pourquoi la Guemara enseigne : Viens et écoute : « Va, mon peuple, entre dans tes chambres et ferme tes portes derrière toi. »
וְכִי תֵּימָא: הָנֵי מִילֵּי [הֵיכָא] דְּלֵיכָּא אֵימָה מִגַּוַּאי, אֲבָל הֵיכָא דְּאִיכָּא אֵימָה מִגַּוַּאי – כִּי נָפֵיק יָתֵיב בֵּינֵי אִינָשֵׁי בְּצַוְותָּא בְּעָלְמָא, טְפֵי מְעַלֵּי; תָּא שְׁמַע: ״מִחוּץ תְּשַׁכֶּל חֶרֶב וּמֵחֲדָרִים אֵימָה״ – אַף עַל גַּב דְּמֵחֲדָרִים אֵימָה, מִחוּץ תְּשַׁכֶּל חֶרֶב.
Et si tu disais que cette affaire ne s’applique que là où il n’y a pas de peur à l’intérieur, ce qui explique pourquoi il est préférable de rester à l’intérieur, mais là où il y a de la peur à l’intérieur, on pourrait penser que lorsqu’il sort et s’assied parmi les gens en compagnie générale, c’est mieux, c’est pourquoi la Guemara introduit le troisième verset et dit : Viens et écoute : « Dehors l’épée endeuillera, et dans les chambres, la terreur. » Cela signifie que bien qu’il y ait de la terreur dans les chambres, dehors l’épée endeuillera, il est donc plus sûr de rester à l’intérieur.
רָבָא, בְּעִידָּן רִתְחָא הֲוָה סָכַר כַּוֵּי, דִּכְתִיב: ״כִּי עָלָה מָוֶת בְּחַלּוֹנֵינוּ״.
À une époque où il y avait une peste, Rava fermait les fenêtres de sa maison, comme il est écrit : « Car la mort est montée par nos fenêtres » (Jérémie 9:20).
תָּנוּ רַבָּנַן: רָעָב בָּעִיר – פַּזֵּר רַגְלֶיךָ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי רָעָב בָּאָרֶץ, וַיֵּרֶד אַבְרָם מִצְרַיְמָה [לָגוּר] (וַיָּגׇר) שָׁם״. וְאוֹמֵר: ״אִם אָמַרְנוּ נָבוֹא הָעִיר וְהָרָעָב בָּעִיר, וָמַתְנוּ שָׁם״.
Les Sages ont enseigné : S’il y a famine dans la ville, écarte tes pieds, c’est-à-dire quitte la ville, comme il est dit dans le verset : « Et il y eut une famine dans le pays ; et Abram descendit en Égypte pour y séjourner » (Genèse 12:10). Et il est aussi dit : « Si nous disons : Nous entrerons dans la ville, alors la famine est dans la ville, et nous y mourrons ; et si nous restons assis ici, nous mourrons aussi ; maintenant, venez, et jetons-nous dans le camp des Araméens ; s’ils nous laissent vivre, nous vivrons ; et s’ils nous tuent, nous ne ferons que mourir » (II Rois 7:4).
מַאי ״וְאוֹמֵר״? וְכִי תֵּימָא: הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּלֵיכָּא סְפֵק נְפָשׁוֹת, אֲבָל הֵיכָא דְּאִיכָּא סְפֵק נְפָשׁוֹת – לָא; תָּא שְׁמַע: ״לְכוּ וְנִפְּלָה אֶל מַחֲנֵה אֲרָם, אִם יְחַיֻּנוּ נִחְיֶה״.
Quelle est la raison de citer le second verset, introduit par l’expression : Et il est dit ? Et si tu disais que cette question, le principe de quitter la ville, ne s’applique que là où il n’y a pas d’incertitude concernant une situation mettant la vie en danger, mais là où il y a une incertitude concernant une situation mettant la vie en danger ce principe ne s’applique pas, viens et écoute : « Venez, et tombons dans le camp des Araméens ; s’ils nous laissent en vie, nous vivrons ; et s’ils nous tuent, nous ne ferons que mourir. »
תָּנוּ רַבָּנַן: דֶּבֶר בָּעִיר – אַל יְהַלֵּךְ אָדָם בְּאֶמְצַע הַדֶּרֶךְ, מִפְּנֵי שֶׁמַּלְאַךְ הַמָּוֶת מְהַלֵּךְ בְּאֶמְצַע הַדְּרָכִים. דְּכֵיוָן דִּיהִיבָא לֵיהּ רְשׁוּתָא, מְסַגֵּי לְהֶדְיָא. שָׁלוֹם בָּעִיר – אַל יְהַלֵּךְ בְּצִדֵּי דְרָכִים. דְּכֵיוָן דְּלֵית לֵיהּ רְשׁוּתָא, מִחַבֵּי חַבּוֹיֵי וּמְסַגֵּי.
Les Sages ont enseigné : S’il y a une peste dans la ville, une personne ne doit pas marcher au milieu de la route, en raison du fait que l’Ange de la Mort marche au milieu de la route, car, puisque dans le Ciel on lui a donné la permission de tuer dans la ville, il marche ouvertement au milieu de la route. En revanche, s’il y a paix et tranquillité dans la ville, ne marche pas sur les côtés de la route, car, puisque l’Ange de la Mort n’a pas la permission de tuer dans la ville, il se cache et marche sur le côté de la route.
תָּנוּ רַבָּנַן: דֶּבֶר בָּעִיר – אַל יִכָּנֵס אָדָם יָחִיד לְבֵית הַכְּנֶסֶת, שֶׁמַּלְאַךְ הַמָּוֶת מַפְקִיד שָׁם כֵּלָיו. וְהָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּלָא קָרוּ בֵּיהּ דַּרְדְּקֵי, וְלָא מְצַלּוּ בֵּיהּ עֲשָׂרָה.
Les Sages ont enseigné : S’il y a une peste dans la ville, une personne ne doit pas entrer seule dans la synagogue, car l’Ange de la Mort y laisse ses ustensiles, et pour cette raison c’est un endroit dangereux. Et cette règle, le danger dans la synagogue, ne s’applique que lorsqu’il n’y a pas d’enfants étudiant dans la synagogue, et qu’il n’y a pas dix hommes qui y prient. Mais s’il y a des enfants qui y étudient ou dix hommes qui y prient, ce n’est pas un endroit dangereux.
תָּנוּ רַבָּנַן: כְּלָבִים בּוֹכִים – מַלְאַךְ הַמָּוֶת בָּא לָעִיר. כְּלָבִים מְשַׂחֲקִים – אֵלִיָּהוּ הַנָּבִיא בָּא לָעִיר. וְהָנֵי מִילֵּי דְּלֵית בְּהוּ נְקֵבָה.
Les Sages ont enseigné : Si les chiens dans un certain endroit gémissent sans raison, c’est un signe qu’ils sentent que l’Ange de la Mort est venu en ville. Si les chiens jouent, c’est un signe qu’ils sentent qu’Élie le prophète est venu en ville. Ces choses ne s’appliquent que s’il n’y a pas de femelle parmi eux. S’il y a une chienne à proximité, leurs gémissements ou leurs jeux sont probablement dus à sa présence.
יָתֵיב רַב אַמֵּי וְרַב אַסִּי קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא. מָר אֲמַר לֵיהּ: לֵימָא מָר שְׁמַעְתְּתָא, וּמָר אֲמַר לֵיהּ: לֵימָא מָר אַגָּדְתָּא. פָּתַח לְמֵימַר אַגָּדְתָּא – וְלָא שָׁבֵיק מָר, פָּתַח לְמֵימַר שְׁמַעְתָּתָא – וְלָא שָׁבֵיק מָר.
§ Rav Ami et Rav Asi étaient assis devant Rabbi Yitzḥak Nappaḥa. Un Sage dit à Rabbi Yitzḥak Nappaḥa : Que le Maître dise des paroles de halakha, et l’autre Sage dit à Rabbi Yitzḥak Nappaḥa : Que le Maître dise des paroles de aggada. Rabbi Yitzḥak Nappaḥa commença à dire des paroles de aggada, mais un Sage ne le laissa pas faire, alors il commença à dire des paroles de halakha, mais l’autre Sage ne le laissa pas faire.
אָמַר לָהֶם: אֶמְשׁוֹל לָכֶם מָשָׁל, לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לְאָדָם שֶׁיֵּשׁ לוֹ שְׁתֵּי נָשִׁים, אַחַת יַלְדָּה וְאַחַת זְקֵינָה. יַלְדָּה מְלַקֶּטֶת לוֹ לְבָנוֹת, זְקֵינָה מְלַקֶּטֶת לוֹ שְׁחוֹרוֹת. נִמְצָא קֵרֵחַ מִכָּאן וּמִכָּאן.
Rabbi Yitzḥak Nappaḥa leur dit : Je vais vous raconter une parabole. À quoi cela peut-il être comparé ? Cela peut être comparé à un homme qui a deux femmes, l’une jeune et l’autre âgée. La jeune lui arrache ses cheveux blancs, afin que son mari paraisse plus jeune. L’âgée lui arrache ses cheveux noirs afin qu’il paraisse plus vieux. Et il se trouve qu’il est chauve de ce côté-ci et de ce côté-là, c’est-à-dire complètement chauve, à cause des actions de ses deux femmes.
אָמַר לָהֶן: אִי הָכִי, אֵימָא לְכוּ מִלְּתָא דְּשָׁוְיָא לְתַרְוַיְיכוּ: ״כִּי תֵצֵא אֵשׁ וּמָצְאָה קֹצִים״ – ״תֵּצֵא״ מֵעַצְמָהּ, ״שַׁלֵּם יְשַׁלֵּם הַמַּבְעִר אֶת הַבְּעֵרָה״. אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: עָלַי לְשַׁלֵּם אֶת הַבְּעֵרָה שֶׁהִבְעַרְתִּי –
Rabbi Yitzḥak Nappaḥa poursuivit et leur dit : S’il en est ainsi, je vais vous dire une chose qui convient à vous deux, qui contient à la fois la halakha et l’aggada. Dans le verset qui dit : « Si un feu éclate et prend dans des épines » (Exode 22:5), le terme « éclate » indique qu’il éclate de lui-même. Pourtant, la suite du verset dit : « Celui qui a allumé le feu paiera une indemnisation, » ce qui indique qu’il ne doit payer que si le feu s’est propagé à cause de sa négligence. Le verset peut être expliqué de manière allégorique : Le Saint, béni soit-Il, a dit que, bien que le feu ait éclaté dans le Temple à cause des péchés du peuple juif, il M’incombe de payer une restitution pour le feu que J’ai allumé.
אֲנִי הִצַּיתִּי אֵשׁ בְּצִיּוֹן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּצֶּת אֵשׁ בְּצִיּוֹן, וַתֹּאכַל יְסוֹדוֹתֶיהָ״; וַאֲנִי עָתִיד לִבְנוֹתָהּ בָּאֵשׁ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַאֲנִי אֶהְיֶה לָהּ חוֹמַת אֵשׁ סָבִיב, וּלְכָבוֹד אֶהְיֶה בְתוֹכָהּ״.
Moi, Dieu, j’ai allumé un feu en Sion, comme il est dit : « Le Seigneur a accompli Sa fureur, Il a déversé l’ardeur de Sa colère ; et Il a allumé un feu en Sion, qui a dévoré ses fondements » (Lamentations 4:11). Et je la rebâtirai avec le feu dans le futur, comme il est dit : « Car moi, dit le Seigneur, je serai pour elle une muraille de feu tout autour ; et je serai la gloire en son sein » (Zacharie 2:9).
שְׁמַעְתְּתָא – פָּתַח הַכָּתוּב בְּנִזְקֵי מָמוֹנוֹ, וְסִיֵּים בְּנִזְקֵי גּוּפוֹ; לוֹמַר לָךְ: אִשּׁוֹ מִשּׁוּם חִצָּיו.
Il y a une halakha que l’on peut apprendre du verset dans l’Exode, car le verset commence par un dommage causé par la propriété d’une personne : « Si un feu éclate », et se conclut par un dommage causé par le corps d’une personne : « Celui qui a allumé le feu ». Cela indique que, lorsque le dommage est causé par le feu, on considère que la personne qui a allumé le feu a causé le dommage directement avec son corps. Cela vient te dire que la responsabilité pour les dommages causés par son feu est due à sa ressemblance avec ses flèches. De même que celui qui tire une flèche et cause un dommage est responsable parce que le dommage a été causé directement par son action, de même celui qui allume un feu qui cause un dommage est responsable, parce qu’on considère que le dommage a été causé directement par ses actions.
״וַיִּתְאַוֶּה דָוִד וַיֹּאמַר: מִי יַשְׁקֵנִי מַיִם מִבֹּאר בֵּית לֶחֶם אֲשֶׁר בַּשָּׁעַר. וַיִּבְקְעוּ שְׁלֹשֶׁת הַגִּבּוֹרִים בְּמַחֲנֵה פְלִשְׁתִּים, וַיִּשְׁאֲבוּ מַיִם מִבֹּאר בֵּית לֶחֶם אֲשֶׁר בַּשַּׁעַר [וְגוֹ׳]״.
§ La Guemara poursuit avec une autre déclaration d’aggada sur un sujet connexe : Le verset déclare : « Et David eut un désir, et dit : Oh, si quelqu’un me donnait à boire de l’eau du puits de Bethléem, qui est près de la porte ! Et les trois vaillants percèrent le camp des Philistins et puisèrent de l’eau du puits de Bethléem, qui était près de la porte, puis ils la prirent et l’apportèrent à David ; mais il ne voulut pas la boire, et il la répandit devant le Seigneur » (II Samuel 23:15–16). Les Sages comprirent que David ne demandait pas simplement de l’eau, mais qu’il employait ce terme comme une métaphore renvoyant à la Torah, et qu’il soulevait un dilemme halakhique.
מַאי קָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ? אָמַר רָבָא אָמַר רַב נַחְמָן: טָמוּן בָּאֵשׁ קָמִיבַּעְיָא לֵיהּ, אִי כְּרַבִּי יְהוּדָה אִי כְּרַבָּנַן, וּפְשַׁטוּ לֵיהּ מַאי דִּפְשַׁטוּ לֵיהּ.
Quel est le dilemme que David soulève ? Rava dit que Rav Naḥman dit : il demandait quelle était la halakha concernant un objet dissimulé endommagé par un incendie. Il voulait savoir si la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda, qui soutient que l’on est tenu de payer pour un tel dommage, ou si la halakha est conforme à l’opinion des Sages, qui soutiennent que l’on est exempt de responsabilité pour les dommages causés par le feu à des objets dissimulés. Et les Sages de Bethléem lui répondirent ce qu’ils lui répondirent.
רַב הוּנָא אָמַר: גְּדִישִׁים דִּשְׂעוֹרִים דְּיִשְׂרָאֵל הֲווֹ, דַּהֲווֹ מִטַּמְּרִי פְּלִשְׁתִּים בְּהוּ, וְקָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ: מַהוּ לְהַצִּיל עַצְמוֹ בְּמָמוֹן חֲבֵירוֹ?
Rav Houna a donné une explication différente du verset : Il y avait des tas d’orge appartenant à des Juifs dans lesquels les Philistins se cachaient, et David voulait brûler les tas pour tuer les Philistins et sauver sa propre vie. Il a soulevé le dilemme : quelle est la halakha ? Est-il permis de se sauver en détruisant la propriété d’autrui ?
שְׁלַחוּ לֵיהּ: אָסוּר לְהַצִּיל עַצְמוֹ בְּמָמוֹן חֲבֵירוֹ; אֲבָל אַתָּה מֶלֶךְ אַתָּה, [וּמֶלֶךְ] פּוֹרֵץ לַעֲשׂוֹת לוֹ דֶּרֶךְ וְאֵין מוֹחִין בְּיָדוֹ.
Ils lui envoyèrent la réponse suivante : Il est interdit de se sauver en détruisant la propriété d’autrui. Mais tu es roi, et un roi peut percer la clôture d’un particulier afin de se frayer un chemin, et nul ne peut protester contre son action, c’est-à-dire que les halakhot ordinaires relatives aux dommages ne s’appliquent pas à toi, puisque tu es roi.
וְרַבָּנַן וְאִיתֵּימָא רַבָּה בַּר מָרִי אָמְרוּ: גְּדִישִׁים דִּשְׂעוֹרִין דְּיִשְׂרָאֵל הֲווֹ, וּגְדִישִׁין דַּעֲדָשִׁים דִּפְלִשְׁתִּים; וְקָא מִיבַּעְיָא לְהוּ: מַהוּ לִיטּוֹל גְּדִישִׁין שֶׁל שְׂעוֹרִין דְּיִשְׂרָאֵל לִיתֵּן לִפְנֵי בְּהֶמְתּוֹ, עַל מְנָת לְשַׁלֵּם גְּדִישִׁין שֶׁל עֲדָשִׁים דִּפְלִשְׁתִּים?
Les rabbins, et certains disent que c’était Rabba bar Mari, donnent une explication alternative du dilemme et dirent : Les tas d’orge appartenaient à des Juifs, et il y avait des tas de lentilles appartenant aux Philistins. David avait besoin d’orge pour nourrir ses animaux. Et David a soulevé le dilemme suivant : Quelle est la halakha ? Je sais que je peux prendre les lentilles appartenant à un non-Juif pour nourrir mes animaux, mais est-il permis de prendre un tas d’orge appartenant à un Juif, de le placer devant son animal pour qu’il le consomme, avec l’intention de payer le propriétaire de l’orge avec les tas de lentilles appartenant aux Philistins ?
שְׁלַחוּ לֵיהּ: ״חֲבֹל יָשִׁיב רָשָׁע, גְּזֵלָה יְשַׁלֵּם״ – אַף עַל פִּי שֶׁגְּזֵילָה מְשַׁלֵּם, רָשָׁע הוּא. אֲבָל אַתָּה מֶלֶךְ אַתָּה, וּמֶלֶךְ פּוֹרֵץ לַעֲשׂוֹת לוֹ דֶּרֶךְ וְאֵין מוֹחִין בְּיָדוֹ.
Les Sages de Bethléem envoyèrent la réponse suivante à lui : « Si le méchant restitue le gage, rend ce qu’il a pris par vol, marche selon les statuts de la vie, sans commettre d’iniquité, il vivra certainement, il ne mourra pas » (Ézéchiel 33:15). Ce verset enseigne que même si le voleur rembourse la valeur de l’objet volé, il est néanmoins considéré comme méchant, et il est décrit ainsi dans le verset, et un simple particulier n’aurait pas été autorisé à agir comme vous l’avez demandé. Mais vous êtes roi, et un roi peut percer la clôture d’un particulier afin de se frayer un chemin, et nul ne peut protester contre son action.״
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר לְאַחְלוֹפֵי – הַיְינוּ דִּכְתִיב חַד קְרָא: ״וַתְּהִי שָׁם חֶלְקַת הַשָּׂדֶה מְלֵאָה עֲדָשִׁים״, וּכְתִיב חַד קְרָא: ״וַתְּהִי חֶלְקַת הַשָּׂדֶה מְלֵאָה שְׂעוֹרִים״;
La Guemara discute les différentes explications : Soit, selon celui qui dit que David demandait s’il pouvait prendre les tas d’orge et les échanger, c’est-à-dire rembourser les propriétaires de l’orge, avec des tas de lentilles, cela correspond à ce qui est écrit dans un verset : « Et les Philistins se rassemblèrent en troupe, où se trouvait une parcelle de terre pleine de lentilles ; et le peuple s’enfuit devant les Philistins » (II Samuel 23:11), et il est écrit dans un autre verset : « Il était avec David à Pas-Dammim, et là les Philistins se rassemblèrent pour le combat, où se trouvait une parcelle de terre pleine d’orge ; et le peuple s’enfuit devant les Philistins » (I Chroniques 11:13). Cette contradiction apparente peut être résolue en disant qu’il y avait deux champs, l’un d’orge et l’autre de lentilles.
אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר לְמִקְלֵי, מַאי אִיבַּעְיָא לְהוּ לְהָנֵי תְּרֵי קְרָאֵי? אָמַר לָךְ: דַּהֲווֹ נָמֵי גְּדִישִׁים דַּעֲדָשִׁים דְּיִשְׂרָאֵל, דַּהֲווֹ מִיטַּמְּרוּ בְּהוּ פְּלִשְׁתִּים.
Mais selon Rav Huna, celui qui dit que la question de David a été posée parce qu’il voulait brûler les meules d’orge, dans quel but a-t-il besoin de ces deux versets ? Comment explique-t-il cette contradiction ? Rav Huna pourrait te dire qu’il y avait aussi des meules de lentilles appartenant à des Juifs, à l’intérieur desquelles les Philistins se cachaient.
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר לְמִקְלֵי – הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וַיִּתְיַצֵּב בְּתוֹךְ הַחֶלְקָה וַיַּצִּילֶהָ״; אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר לְאַחְלוֹפֵי, מַאי ״וַיַּצִּילֶהָ״?
Soit, selon celui qui dit que David a posé sa question parce qu’il voulait brûler les meules, cela correspond à ce qui est écrit dans le verset suivant au sujet de David : « Mais il se tint au milieu du champ et le sauva, et frappa les Philistins ; et le Seigneur accomplit une grande victoire » (II Samuel 23:12). Mais selon celui qui dit que la question de David a été posée au sujet de l’échange des lentilles contre l’orge, quel est le sens de l’expression : « et le sauva » ?
דְּלָא שְׁבַק לְהוּ לְאַחְלוֹפֵי.
Les Rabbins répondent que David a sauvé cela en ne leur permettant pas d’échanger la valeur de l’orge contre les lentilles.
בִּשְׁלָמָא הָנֵי תַּרְתֵּי, הַיְינוּ דִּכְתִיב תְּרֵי קְרָאֵי;
Certes, selon ces deux opinions, cela est conforme à ce qui est écrit dans deux versets distincts, l’un décrivant le champ de lentilles et l’autre décrivant le champ d’orge.