מִמַּנְעִי וְלָא עָבְדִי. רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא אָמַר מֵעֲלִיַּית אַפּוֹטְרוֹפּוֹס – וְחוֹזְרִין וְנִפְרָעִין מִן הַיְּתוֹמִים לְכִי גָדְלִי.
les gens s’abstiendront de devenir tuteurs, craignant de subir une perte financière en devant payer pour les dommages causés par les animaux des orphelins. En revanche, Rabbi Yosei bar Ḥanina dit que cela est perçu sur les biens de meilleure qualité du tuteur, et il n’y a pas lieu de craindre que les gens s’abstiennent de devenir tuteurs, car s’ils paient pour les orphelins, ils sont ensuite remboursés par les orphelins lorsqu’ils grandissent.
וּ״מַעֲמִידִים לָהֶן אַפּוֹטְרוֹפִּין לְתָם לִגְבּוֹת מִגּוּפוֹ״ – תַּנָּאֵי הִיא,
La Guemara note : Et la question de savoir si le tribunal nomme des administrateurs pour les propriétaires halakhiquement incapables d’un bœuf inoffensif afin de percevoir des dommages-intérêts à partir de la vente de son corps s’il encorne fait l’objet d’un différend entre tannaïm.
דְּתַנְיָא: שׁוֹר שֶׁנִּתְחָרְשׁוּ בְּעָלָיו, וְשֶׁנִּשְׁתַּטּוּ בְּעָלָיו, וְשֶׁהָלְכוּ בְּעָלָיו לִמְדִינַת הַיָּם – יְהוּדָה בֶּן נְקוֹסָא אָמַר סוֹמְכוֹס: הֲרֵי הוּא בְּתַמּוּתוֹ עַד שֶׁיָּעִידוּ בּוֹ בִּפְנֵי הַבְּעָלִים. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מַעֲמִידִין לָהֶן אַפּוֹטְרוֹפִּין, וּמְעִידִין בָּהֶן בִּפְנֵי אַפּוֹטְרוֹפִּין.
Comme il est enseigné dans une baraita : En ce qui concerne un bœuf dont le propriétaire est devenu sourd-muet, ou dont le propriétaire est devenu dément, ou dont le propriétaire est parti outre-mer, si le bœuf encorne, Yehuda ben Nakosa a dit que Sumakhos a dit : Il conserve son statut d’inoffensif jusqu’à ce que le tribunal le déclare averti en présence du propriétaire. Et les Sages disent : Le tribunal désigne des tuteurs pour eux, et le bœuf est déclaré averti en présence des tuteurs.
נִתְפַּקֵּחַ הַחֵרֵשׁ, נִשְׁתַּפָּה הַשּׁוֹטֶה וְהִגְדִּיל הַקָּטָן – וּבָאוּ בְּעָלָיו מִמְּדִינַת הַיָּם, יְהוּדָה בֶּן נְקוֹסָא אָמַר סוֹמְכוֹס: חָזַר לְתַמּוּתוֹ, עַד שֶׁיָּעִידוּ בּוֹ בִּפְנֵי בְעָלִים. רַבִּי יוֹסֵי אָמַר: הֲרֵי הוּא בְּחֶזְקָתוֹ.
Si le sourd-muet a recouvré l’ouïe, ou l’imbécile est devenu halakhiquement compétent, ou le mineur a atteint la majorité, ou son propriétaire est revenu d’outre-mer, Yehouda ben Nakosa a dit que Soumakhos a dit : Le bœuf est revenu à son statut antérieur d’innocuité, jusqu’à ce qu’il soit rendu averti en présence du propriétaire. Rabbi Yossei a dit : Le bœuf conserve son statut d’averti.
אֲמַרוּ: מַאי ״הֲרֵי הוּא בְּתַמּוּתוֹ״ דְּקָאָמַר סוֹמְכוֹס? אִילֵּימָא דְּלָא מִיַּיעַד כְּלָל – הָא מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא ״חָזַר לְתַמּוּתוֹ״, מִכְּלָל דְּאִיַּיעַד!
Les Sages dirent : Que voulait dire Sumakhos en disant qu’il conserve son statut d’inoffensif ? Si nous disons que cela voulait dire qu’il n’est aucunement rendu averti, et qu’il est toujours considéré comme inoffensif, du fait que Sumakhos lui-même enseigne dans la clause suivante de la baraita que le bœuf est revenu à son statut antérieur d’inoffensif, il est clair par déduction que précédemment il était devenu averti.
אֶלָּא מַאי ״הֲרֵי הוּא בְּתַמּוּתוֹ״ – הֲרֵי הוּא בִּתְמִימוּתוֹ, דְּלָא מְחַסְּרִינַן לֵיהּ. אַלְמָא אֵין מַעֲמִידִין אַפּוֹטְרוֹפּוֹס לְתָם לִגְבּוֹת מִגּוּפוֹ. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מַעֲמִידִין לָהֶן אַפּוֹטְרוֹפּוֹס, וּמְעִידִין לָהֶן בִּפְנֵי אַפּוֹטְרוֹפּוֹס – אַלְמָא מַעֲמִידִין אַפּוֹטְרוֹפּוֹס לְתָם לִגְבּוֹת מִגּוּפוֹ.
Plutôt, que voulait dire Sumakhos en disant que cela conserve son statut d’innocuité [betammuto] ? Il voulait dire que cela conserve son intégrité [bitmimuto], car nous ne réduisons pas la part de son propriétaire en percevant une compensation tirée de la vente de son corps. Au contraire, la partie lésée doit attendre jusqu’à ce que le propriétaire devienne compétent ou revienne. Apparemment, le tribunal ne nomme pas de tuteur pour le propriétaire d’un bœuf inoffensif afin de permettre à la partie lésée de percevoir des dommages sur son corps. Et les Sages, qui sont en désaccord avec Sumakhos, disent que le tribunal nomme un tuteur pour le propriétaire et rend le bœuf averti en présence du tuteur. Apparemment, ils soutiennent que le tribunal nomme bien un tuteur pour le propriétaire d’un bœuf inoffensif afin de permettre à la partie lésée de percevoir des dommages sur son corps.
וְסֵיפָא בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? רְשׁוּת מְשַׁנָּה אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ – סוֹמְכוֹס סָבַר: רְשׁוּת מְשַׁנָּה, וְרַבִּי יוֹסֵי סָבַר: רְשׁוּת אֵינָהּ מְשַׁנָּה.
La Guemara demande : Et dans la clause finale de la baraita, à propos de quel principe sont-ils en désaccord ? La Guemara répond : La différence entre eux porte sur la question de savoir si un changement de garde modifie le statut du bœuf. Soumakhos soutient qu’un changement de garde modifie le statut du bœuf, tandis que Rabbi Yossei soutient qu’un changement de garde ne modifie pas ce statut ; au contraire, il est déterminé par les actions du bœuf lui-même, indépendamment de sa garde.
תָּנוּ רַבָּנַן: שׁוֹר חֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן שֶׁנָּגַח – רַבִּי יַעֲקֹב מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : En ce qui concerne un bœuf qui a encorné et qui appartenait à un sourd-muet, un déficient mental ou un mineur, Rabbi Ya’akov paie la moitié du coût du dommage.
רַבִּי יַעֲקֹב מַאי עֲבִידְתֵּיהּ? אֶלָּא אֵימָא, רַבִּי יַעֲקֹב אוֹמֵר: מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק.
La Guemara demande : Qu’a fait Rabbi Ya’akov pour qu’il doive payer le dommage ? Au contraire, corrige la baraita et dis : Rabbi Ya’akov dit qu’il paie la moitié du coût du dommage.
בְּמַאי עָסְקִינַן? אִי בְּתָם – פְּשִׁיטָא, דְּכוּלֵּי עָלְמָא נָמֵי חֲצִי נֶזֶק הוּא דִּמְשַׁלֵּם! וְאִי בְּמוּעָד, אִי דְּעָבְדִי לֵיהּ שְׁמִירָה – כְּלָל כְּלָל לָא בָּעֵי לְשַׁלּוֹמֵי, וְאִי דְּלָא עָבְדִי לֵיהּ שְׁמִירָה – כּוּלֵּיהּ נֶזֶק בָּעֵי שַׁלּוֹמֵי!
La Guemara demande : De quoi s’agit-il ? Si cela concerne un bœuf inoffensif, n’est-ce pas évident ? Tout le monde aussi soutient qu’on paie la moitié du coût du dommage causé par son bœuf qui a encorné, alors quel est l’élément novateur dans la déclaration de Rabbi Ya’akov ? Et si cela concerne un bœuf averti, on ne comprend pas pourquoi le propriétaire paie la moitié du coût du dommage, car si c’est un cas où il a fourni une protection adéquate, il n’est pas tenu de payer du tout, et si c’est un cas où il n’a pas fourni une protection adéquate, il est tenu de payer la totalité du dommage.
אָמַר רָבָא: לְעוֹלָם בְּמוּעָד, וְהָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – דְּעָבְדִי שְׁמִירָה פְּחוּתָה, וְלָא עָבְדִי לֵיהּ שְׁמִירָה מְעוּלָּה.
Rava a dit : En réalité, Rabbi Ya’akov a énoncé sa décision au sujet d’un bœuf averti, et ici nous traitons d’un cas où il a fourni une garde réduite et ne lui a pas fourni une garde supérieure.
וְרַבִּי יַעֲקֹב סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה – דְּאָמַר: צַד תַּמּוּת בִּמְקוֹמָהּ עוֹמֶדֶת; וְסָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה – דְּאָמַר: מוּעָד סַגִּי לֵיהּ בִּשְׁמִירָה פְּחוּתָה;
Et Rabbi Ya’akov soutient, conformément à l’opinion de Rabbi Yehouda, qui dit que, lorsqu’un bœuf devient averti, la responsabilité pour son élément d’innocuité demeure en place. En d’autres termes, en ce qui concerne la moitié des dommages, il est traité comme un bœuf inoffensif, et il n’est traité comme un bœuf averti qu’en ce qui concerne l’autre moitié des dommages. Par conséquent, la moitié du coût du dommage est encore perçue sur le produit de la vente de son corps. Et, en outre, concernant une autre question, Rabbi Ya’akov soutient, conformément à l’opinion de Rabbi Yehouda, qui dit que, bien qu’une garde supérieure soit nécessaire pour un bœuf inoffensif, une garde réduite suffit pour un bœuf averti. Par conséquent, celui qui garde son bœuf averti de cette manière est exempt de payer la moitié supplémentaire qu’il serait tenu de payer en raison du statut averti du bœuf. Il est responsable à l’égard de la moitié qu’il paie en raison de l’élément d’innocuité qui subsiste.
וְסָבַר לַהּ כְּרַבָּנַן – דְּאָמְרִי: מַעֲמִידִין אַפּוֹטְרוֹפּוֹס לְתָם לִגְבּוֹת מִגּוּפוֹ.
Et Rabbi Ya’akov soutient également conformément à l’opinion des Sages, qui disent que le tribunal désigne un administrateur pour le propriétaire d’un bœuf inoffensif afin de permettre à la partie lésée de recouvrer les dommages sur son corps. Par conséquent, Rabbi Ya’akov statue que dans le cas de la baraita, où un bœuf averti appartenant à une personne juridiquement incompétente selon la halakha est gardé de manière réduite, la moitié du coût du dommage doit être payée à partir du produit de la vente de son corps.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְלָא פְּלִיגִי?! וְהָתַנְיָא: שׁוֹר שֶׁל חֵרֵשׁ, שׁוֹטֶה וְקָטָן שֶׁנָּגַח – רַבִּי יְהוּדָה מְחַיֵּיב, וְרַבִּי יַעֲקֹב אוֹמֵר: חֲצִי נֶזֶק הוּא דִּמְשַׁלֵּם! אָמַר רַבָּה בַּר עוּלָּא: מַה שֶּׁמְּחַיֵּיב רַבִּי יְהוּדָה פֵּירֵשׁ רַבִּי יַעֲקֹב.
Abaye dit à Rava : Mais est-ce que Rabbi Yehuda et Rabbi Ya’akov ne sont pas en désaccord à ce sujet ? N’est-il pas enseigné dans une baraita qu’en ce qui concerne un bœuf appartenant à un sourd-muet, à un déficient mental ou à un mineur, qui a encorné, Rabbi Yehuda tient le propriétaire pour responsable, et Rabbi Ya’akov dit qu’il paie seulement la moitié du coût du dommage ? Rabba bar Ulla dit : Il n’y a ici aucun désaccord ; Rabbi Ya’akov a simplement expliqué ce pour quoi Rabbi Yehuda le tient responsable de payer.
וּלְאַבָּיֵי דְּאָמַר פְּלִיגִי, בְּמַאי פְּלִיגִי?
La Guemara demande : Et selon Abaye, qui dit que Rabbi Ya’akov et Rabbi Yehouda sont en désaccord, au sujet de quel principe sont-ils en désaccord ?
אָמַר לָךְ: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – בְּמוּעָד, וְלָא נַטְרֵיהּ כְּלָל.
La Guemara répond : Abaye aurait pu te dire qu’ici, nous traitons d’un bœuf averti dont le propriétaire ne l’a pas du tout surveillé et qui est, par conséquent, responsable de la totalité du coût du dommage.
רַבִּי יַעֲקֹב סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה בַּחֲדָא, וּפְלִיג עֲלֵיהּ בַּחֲדָא. סָבַר כְּרַבִּי יְהוּדָה בַּחֲדָא – דְּאִילּוּ רַבִּי יְהוּדָה סָבַר: צַד תַּמּוּת בִּמְקוֹמָהּ עוֹמֶדֶת; וּפְלִיג עֲלֵיהּ בַּחֲדָא – דְּאִילּוּ רַבִּי יְהוּדָה סָבַר: מַעֲמִידִין לָהֶן אַפּוֹטְרוֹפּוֹס לְתָם לִגְבּוֹת מִגּוּפוֹ, וְרַבִּי יַעֲקֹב סָבַר: אֵין מַעֲמִידִין, וְלָא מְשַׁלֵּם אֶלָּא פַּלְגָא דְמוּעָד.
Et Rabbi Ya’akov est d’accord avec l’opinion de Rabbi Yehouda sur un point et est en désaccord avec lui sur un point. Il est d’accord avec l’opinion de Rabbi Yehouda sur un point, car Rabbi Yehouda soutient que lorsqu’un bœuf devient averti son élément d’innocuité reste à sa place, et Rabbi Ya’akov est d’accord. Et il est en désaccord avec lui sur un point, car Rabbi Yehouda soutient que le tribunal nomme un tuteur pour le propriétaire d’un bœuf inoffensif afin de permettre à la partie lésée de recouvrer des dommages sur son corps, tandis que Rabbi Ya’akov soutient que le tribunal ne nomme pas de tuteur. Par conséquent, le propriétaire est exempt de payer la moitié dont il serait responsable en raison de l’élément d’innocuité du bœuf, et ne paie que la moitié des dommages qu’il est tenu de payer en raison de son statut d’averti.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בַּר אַבָּיֵי לְרָבִינָא: בִּשְׁלָמָא לְאַבָּיֵי דְּאָמַר פְּלִיגִי – שַׁפִּיר; אֶלָּא לְרָבָא דְּאָמַר לָא פְּלִיגִי – אַדְּמוֹקֵי לַהּ בְּמוּעָד, נוֹקְמַהּ בְּתָם!
Rav Aḥa bar Abaye dit à Ravina : Certes, selon Abaye, qui dit qu’ils sont en désaccord, l’explication fonctionne bien. Mais selon Rava, qui dit qu’ils ne sont pas en désaccord, au lieu d’interpréter la baraita comme se rapportant à un bœuf averti, il aurait dû l’interpréter comme se rapportant à un bœuf inoffensif.