פִּדְיוֹן שְׁבוּיִם מִצְוָה רַבָּה הִיא.
que racheter des captifs est une grande mitsva.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַבָּה בַּר מָרִי: מְנַָא הָא מִילְּתָא דַאֲמוּר רַבָּנַן דְּפִדְיוֹן שְׁבוּיִם מִצְוָה רַבָּה הִיא? אֲמַר לֵיהּ, דִּכְתִיב: ״וְהָיָה כִּי יֹאמְרוּ אֵלֶיךָ אָנָה נֵצֵא, וְאָמַרְתָּ אֲלֵיהֶם כֹּה אָמַר ה׳, אֲשֶׁר לַמָּוֶת – לַמָּוֶת, וַאֲשֶׁר לַחֶרֶב – לַחֶרֶב, וַאֲשֶׁר לָרָעָב – לָרָעָב, וַאֲשֶׁר לַשְּׁבִי – לַשֶּׁבִי״. וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַמְאוּחָר בְּפָסוּק זֶה קָשֶׁה מֵחֲבֵירוֹ.
Rava dit à Rabba bar Mari : Concernant cette question au sujet de laquelle les Sages ont déclaré que racheter des captifs est une grande mitsva, d’où cela est-il dérivé ? Rabba bar Mari lui dit : Comme il est écrit : « Et il arrivera que, lorsqu’ils te diront : Où irons-nous ? Alors tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur : Ceux qui sont pour la mort, à la mort ; ceux qui sont pour l’épée, à l’épée ; ceux qui sont pour la famine, à la famine ; et ceux qui sont pour la captivité, à la captivité » (Jérémie 15:2). Et Rabbi Yoḥanan dit : Toute punition qui est écrite plus tard dans ce verset est plus sévère que celle qui la précède.
חֶרֶב קָשָׁה מִמָּוֶת – אִי בָּעֵית אֵימָא קְרָא, וְאִי בָּעֵית אֵימָא סְבָרָא. אִי בָּעֵית אֵימָא סְבָרָא – הַאי קָא מִינַּוַּול, וְהַאי לָא קָא מִינַּוַּול. וְאִיבָּעֵית אֵימָא קְרָא – ״יָקָר בְּעֵינֵי ה׳ הַמָּוְתָה לַחֲסִידָיו״.
Rabbi Yoḥanan explique : L’épée est pire que la mort. Si tu veux, dis que cela s’apprend d’un verset ; si tu veux, dis plutôt que cela se déduit par raisonnement logique. Si tu veux, dis que cela se déduit par raisonnement logique : Cette punition, c’est-à-dire la mort par l’épée, mutile le corps, tandis que cette autre punition, c’est-à-dire la mort naturelle, ne mutile pas le corps. Et si tu veux, dis que le fait que l’épée soit pire que la mort s’apprend d’un verset : « Précieuse aux yeux du Seigneur est la mort de Ses pieux » (Psaumes 116:15).
רָעָב קָשֶׁה מֵחֶרֶב – אִיבָּעֵית אֵימָא סְבָרָא: הַאי קָא מִצְטַעַר, וְהַאי לָא קָא מִצְטַעַר. אִיבָּעֵית אֵימָא קְרָא: ״טוֹבִים הָיוּ חַלְלֵי חֶרֶב מֵחַלְלֵי רָעָב״. שֶׁבִי [קָשֶׁה מִכּוּלָּם] – דְּכוּלְּהוּ אִיתַנְהוּ בֵּיהּ.
La famine est pire que l’épée. Si tu veux, dis que cela est dérivé par raisonnement logique : Celui-ci, qui meurt de faim, souffre beaucoup avant de quitter ce monde, mais celui-là, qui meurt par l’épée, ne souffre pas. Si tu veux, dis plutôt que le fait que la famine soit pire que l’épée s’apprend d’un verset : « Plus heureux furent les victimes de l’épée que les victimes de la famine » (Lamentations 4:9). Et la captivité est pire que tout cela, car elle inclut tout cela, c’est-à-dire la famine, l’épée et la mort.
תָּנוּ רַבָּנַן: קוּפָּה שֶׁל צְדָקָה נִגְבֵּית בִּשְׁנַיִם, וּמִתְחַלֶּקֶת בִּשְׁלֹשָׁה. נִגְבֵּית בִּשְׁנַיִם – שֶׁאֵין עוֹשִׂים שְׂרָרוֹת עַל הַצִּבּוּר פָּחוֹת מִשְּׁנַיִם, וּמִתְחַלֶּקֶת בִּשְׁלֹשָׁה – כְּדִינֵי מָמוֹנוֹת.
§ Dans le cadre de la discussion précédente concernant la distribution de la charité, la Guemara cite une baraita dans laquelle les Sages ont enseigné : L’argent destiné au fonds de charité est collecté par deux personnes et distribué par trois personnes. Il est collecté par deux personnes parce qu’on ne nomme pas une autorité sur la communauté composée de moins de deux personnes. Et il est distribué par trois personnes, comme le nombre de juges requis dans les affaires de droit pécuniaire, puisque les distributeurs déterminent qui reçoit de l’argent et qui n’en reçoit pas, ainsi que combien chaque personne reçoit.
תַּמְחוּי נִגְבֵּית בִּשְׁלֹשָׁה, וּמִתְחַלֶּקֶת בִּשְׁלֹשָׁה; שֶׁגִּבּוּיָהּ וְחִלּוּקָהּ שָׁוִים. תַּמְחוּי – בְּכׇל יוֹם, קוּפָּה – מֵעֶרֶב שַׁבָּת לְעֶרֶב שַׁבָּת.
La nourriture destinée à l’assiette de charité est recueillie par trois personnes et distribuée par trois personnes parce que sa collecte et sa distribution ont lieu le même jour. La nourriture destinée à l’assiette de charité est recueillie et distribuée chaque jour, et par conséquent une troisième personne doit participer à la collecte afin d’être disponible pour prendre part à la distribution sans délai ; tandis que l’argent du fonds de charité n’est distribué qu’une seule fois par semaine, à chaque veille de Chabbat.
תַּמְחוּי – לַעֲנִיֵּי עוֹלָם, קוּפָּה – לַעֲנִיֵּי הָעִיר. וְרַשָּׁאִים בְּנֵי הָעִיר לַעֲשׂוֹת קוּפָּה – תַּמְחוּי, וְתַמְחוּי – קוּפָּה, וּלְשַׁנּוֹתָהּ לְכׇל מַה שֶּׁיִּרְצוּ.
Il existe d'autres différences entre ces deux types d'œuvres de charité : La nourriture provenant de l'assiette de charité est distribuée aux pauvres du monde, c'est-à-dire à toute personne pauvre arrivant dans la ville ; l'argent de la caisse de charité est attribué exclusivement aux pauvres de la ville. Mais il est permis aux habitants de la ville d'utiliser l'argent qui a été collecté pour la caisse de charité afin d'acheter de la nourriture pour l'assiette de charité pour nourrir les pauvres ; et de même, ils peuvent utiliser la nourriture qui avait été collectée pour l'assiette de charité pour la caisse de charité. En général, il leur est permis de changer l'objectif auquel la charité sera utilisée pour tout ce qu'ils veulent, conformément aux besoins de la communauté.
וְרַשָּׁאִין בְּנֵי הָעִיר לְהַתְנוֹת עַל הַמִּדּוֹת, וְעַל הַשְּׁעָרִים, וְעַל שְׂכַר פּוֹעֲלִים; וּלְהַסִּיעַ עַל קִיצָתָן.
De même, il est permis aux habitants de la ville de fixer les mesures utilisées dans cette ville, les prix fixés pour les produits qui y sont vendus, et les salaires versés à ses travailleurs, et d’infliger des amendes aux personnes qui enfreignent leurs prescriptions, afin d’assurer l’observance de ces halakhot. Cela marque la fin de la baraita, dont la Guemara entreprend ensuite d’analyser les détails.
אָמַר מָר: אֵין עוֹשִׂין שְׂרָרוֹת עַל הַצִּבּוּר פָּחוֹת מִשְּׁנַיִם. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב נַחְמָן, אָמַר קְרָא: ״וְהֵם יִקְחוּ אֶת הַזָּהָב וְגוֹ׳״.
Le Maître a dit dans la baraita : On ne nomme pas une autorité sur la communauté composée de moins de deux personnes. La Guemara demande : D’où ces éléments sont-ils dérivés ? Rav Naḥman dit que cela est dérivé d’un verset se rapportant à ceux qui participaient à la construction du Tabernacle et au tissage des vêtements sacerdotaux, qui recevaient les dons de la communauté. Le verset déclare : « Et ils prendront l’or, et la laine bleu azur, et la laine pourpre » (Exode 28:5). Le pluriel « ils » indique que la collecte doit être effectuée par deux personnes.
שְׂרָרוֹת הוּא דְּלָא עָבְדִי, הָא הֵימוֹנֵי מְהֵימַן – מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי חֲנִינָא, דְּאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: מַעֲשֶׂה וּמִינָּה רַבִּי שְׁנֵי אַחִין עַל הַקּוּפָּה.
La Guemara commente : La baraita indique que l’autorité ne doit pas être exercée par moins de deux personnes, mais même un seul individu est digne de confiance pour être trésorier. Autrement dit, l’argent du fonds de charité est collecté par deux personnes, non parce qu’on ne ferait pas confiance à un seul individu pour ne pas détourner l’argent, mais plutôt parce qu’il ne convient pas de donner de l’autorité sur la communauté à une seule personne. Cela appuie l’opinion de Rabbi Ḥanina, car Rabbi Ḥanina dit : Il y eut un incident où Rabbi Yehouda HaNassi a nommé deux frères pour administrer le fonds de charité. Bien que les frères fussent des proches parents, qui ne sont pas jugés dignes de confiance pour témoigner l’un contre l’autre, Rabbi Yehouda HaNassi ne s’en est pas soucié et les a nommés.
מַאי שְׂרָרוּתָא? דְּאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: לְפִי שֶׁמְּמַשְׁכְּנִין עַל הַצְּדָקָה, וַאֲפִילּוּ בְּעֶרֶב שַׁבָּת. אִינִּי? וְהָא כְּתִיב: ״וּפָקַדְתִּי עַל כׇּל לֹחֲצָיו״, וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק בַּר שְׁמוּאֵל בַּר מָרְתָא מִשְּׁמֵיהּ דְרַב: וַאֲפִילּוּ עַל גַּבָּאֵי צְדָקָה!
La Guemara demande : Quelle autorité est associée à la collecte de la charité ? La Guemara répond : Comme Rav Naḥman le dit, que Rabba bar Avuh dit : Parce qu’ils peuvent saisir un gage pour la charité ; c’est-à-dire qu’ils peuvent percevoir la charité par la force, et même à la veille de Chabbat, lorsque les gens sont occupés et pourraient prétendre qu’ils n’ont ni temps ni argent. La Guemara objecte : Est-ce bien ainsi ? Mais n’est-il pas écrit : « Je punirai tous ceux qui les oppriment » (Jérémie 30:20), et Rabbi Yitzḥak bar Shmuel bar Marta dit au nom de Rav : Et une punition sera infligée même aux collecteurs de charité ? Si les collecteurs de charité sont autorisés à contraindre les gens à donner à la charité, pourquoi sont-ils comptés parmi les oppresseurs d’Israël ?
לָא קַשְׁיָא; הָא דַּאֲמִיד, הָא דְּלָא אֲמִיד. כִּי הָא דְּרָבָא אַכְפְּיֵהּ לְרַב נָתָן בַּר אַמֵּי, וּשְׁקַיל מִינֵּיהּ אַרְבַּע מְאָה זוּזֵי לִצְדָקָה.
La Guemara répond : Ce n’est pas difficile. Ceci, la déclaration de Rabbi Naḥman, s’applique lorsque le contributeur est riche, auquel cas les collecteurs peuvent lui prendre de l’argent même par la force. Cela, la déclaration de Rabbi Yitzḥak, s’applique lorsqu’il n’est pas riche, auquel cas les collecteurs qui lui prennent de l’argent par la force sont appelés oppresseurs d’Israël. Ce droit de contraindre les riches à contribuer est comme ce qui s’est produit dans l’incident où Rava a contraint Rav Natan bar Ami et a pris de lui quatre cents dinars pour la charité.
״וְהַמַּשְׂכִּלִים יַזְהִרוּ כְּזֹהַר הָרָקִיעַ וְגוֹ׳״; ״הַמַּשְׂכִּלִים יַזְהִרוּ כְּזֹהַר הָרָקִיעַ״ – זֶה דַּיָּין שֶׁדָּן דִּין אֱמֶת לַאֲמִתּוֹ. ״וּמַצְדִּיקֵי הָרַבִּים כַּכּוֹכָבִים לְעוֹלָם וָעֶד״ – אֵלּוּ גַּבָּאֵי צְדָקָה.
Ayant soulevé la question de la collecte de charité, la Guemara cite diverses expositions rabbiniques à ce sujet. Le verset déclare : « Et les sages brilleront comme l’éclat du firmament ; et ceux qui amènent la multitude à la justice, comme les étoiles à toujours et à perpétuité » (Daniel 12:3). « Et les sages brilleront comme l’éclat du firmament » ; il s’agit d’un juge qui rend un jugement absolument véridique, car sa sagesse et sa compréhension le conduisent à un jugement correct. « Et ceux qui amènent la multitude à la justice, comme les étoiles à toujours et à perpétuité » ; ce sont les collecteurs de charité, qui facilitent le don de charité.
בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: ״וְהַמַּשְׂכִּלִים יַזְהִרוּ כְּזֹהַר הָרָקִיעַ״ – זֶה דַּיָּין שֶׁדָּן דִּין אֱמֶת לַאֲמִתּוֹ, וְגַבָּאֵי צְדָקָה. ״וּמַצְדִּיקֵי הָרַבִּים כַּכּוֹכָבִים לְעוֹלָם וָעֶד״ – אֵלּוּ מְלַמְּדֵי תִינוֹקוֹת. כְּגוֹן מַאן? אָמַר רַב: כְּגוֹן רַב שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת. דְּרַב אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַב שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת דַּהֲוָה קָאֵי בְּגִינְּתָא, אֲמַר לֵיהּ: שְׁבַקְתֵּיהּ לְהֵימָנוּתָךְ? אֲמַר לֵיהּ: הָא תְּלֵיסַר שְׁנִין דְּלָא חַזְיָא לִי, וְהַשְׁתָּא נָמֵי דַּעְתַּאי עִלָּוַיְהוּ.
Il a été enseigné dans une baraita : « Et les sages brilleront comme l’éclat du firmament » ; il s’agit d’un juge qui rend un jugement absolument véridique et aussi des collecteurs de charité. « Et ceux qui amènent la multitude à la justice seront comme les étoiles à tout jamais » ; ce sont les maîtres d’école. La Guemara demande : Comme qui ? Assurément, tout maître d’école ne mérite pas de tels éloges. Rav a dit : Par exemple, Rav Shmuel bar Sheilat. Car il est rapporté que Rav trouva un jour Rav Shmuel bar Sheilat debout dans un jardin. Rav lui dit : As-tu abandonné la charge qui t’a été confiée et négligé tes élèves ? Rav Shmuel bar Sheilat lui dit : Cela fait treize ans que je n’ai pas vu mon jardin, et même maintenant mes pensées sont tournées vers les enfants.
וְרַבָּנַן מַאי? אָמַר רָבִינָא: ״וְאֹהֲבָיו כְּצֵאת הַשֶּׁמֶשׁ בִּגְבֻרָתוֹ״.
À la lumière des louanges prodiguées aux juges, aux collecteurs d’impôts et aux enseignants, la Guemara demande : Et qu’a-t-on dit au sujet des Sages ? Ravina a dit qu’à leur sujet il est écrit : « Mais que ceux qui L’aiment soient comme le soleil quand il se lève dans sa puissance » (Juges 5:31).
תָּנוּ רַבָּנַן: גַּבָּאֵי צְדָקָה אֵינָן רַשָּׁאִין לִפְרוֹשׁ זֶה מִזֶּה, אֲבָל פּוֹרֵשׁ זֶה לַשַּׁעַר וְזֶה לַחֲנוּת. מָצָא מָעוֹת בַּשּׁוּק – לֹא יִתְּנֵם בְּתוֹךְ כִּיסוֹ; אֶלָּא נוֹתְנָן לְתוֹךְ אַרְנָקִי שֶׁל צְדָקָה, וּלִכְשֶׁיָּבֹא לְבֵיתוֹ יִטְּלֵם. כַּיּוֹצֵא בּוֹ, הָיָה נוֹשֶׁה בַּחֲבֵירוֹ מָנֶה, וּפְרָעוֹ בַּשּׁוּק – לֹא יִתְּנֶנּוּ לְתוֹךְ כִּיסוֹ, אֶלָּא נוֹתְנָן לְתוֹךְ אַרְנָקִי שֶׁל צְדָקָה, וּלִכְשֶׁיָּבֹא לְבֵיתוֹ יַטְלֵם.
La Guemara reprend sa discussion des halakhot de la collecte de charité : Les Sages ont enseigné dans une baraita : Les collecteurs de charité ne peuvent pas se séparer les uns des autres, chacun collectant dans un endroit différent ; mais dans un endroit où les deux peuvent se voir, un collecteur peut se séparer de l’autre, par exemple, celui-ci allant à la porte d’une maison et celui-là allant à une boutique. Si un collecteur de charité a trouvé des pièces sur le marché, il ne peut pas les mettre dans sa propre poche, mais il doit les mettre dans la bourse de charité, et ensuite, plus tard, lorsqu’il rentre chez lui, il peut les prendre de là. Cela est nécessaire afin que les gens ne le soupçonnent pas de prendre pour lui-même de l’argent de la charité. De même, si le collecteur de charité devait recevoir cent dinars d’une autre personne, et que celle-ci lui a remboursé sa dette sur le marché, le collecteur ne peut pas mettre l’argent qu’il a reçu dans sa propre poche, mais il doit le mettre dans la bourse de charité, et ensuite, plus tard, lorsqu’il rentre chez lui, il peut le prendre.
תָּנוּ רַבָּנַן: גַּבָּאֵי צְדָקָה שֶׁאֵין לָהֶם עֲנִיִּים לְחַלֵּק – פּוֹרְטִין לַאֲחֵרִים, וְאֵין פּוֹרְטִין לְעַצְמָן. גַּבָּאֵי תַמְחוּי שֶׁאֵין לָהֶם עֲנִיִּים לְחַלֵּק – מוֹכְרִין לַאֲחֵרִים וְאֵין מוֹכְרִין לְעַצְמָן. מָעוֹת שֶׁל צְדָקָה – אֵין מוֹנִין אוֹתָן שְׁתַּיִם, אֶלָּא אַחַת אַחַת.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Les collecteurs de charité qui n’ont pas de pauvres à qui ils peuvent distribuer l’argent peuvent échanger [poretin] l’argent, c’est-à-dire échanger les pièces de cuivre, qui ont tendance à rouiller, contre des dinars d’argent, avec d’autres personnes, mais ils ne doivent pas le changer eux-mêmes, c’est-à-dire avec leurs propres pièces, afin d’éviter tout soupçon de mauvaise conduite. De même, les collecteurs de nourriture pour le plateau de charité qui n’ont pas de pauvres à qui distribuer la nourriture peuvent vendre la nourriture à d’autres, mais ils ne doivent pas se la vendre à eux-mêmes, pour une raison similaire. Les pièces de charité ne sont pas comptées deux par deux, mais plutôt une par une, afin d’éviter les erreurs de comptage.
אָמַר אַבָּיֵי: מֵרֵישׁ לָא הֲוָה יָתֵיב מָר אַצִּיפֵּי דְּבֵי כְנִישְׁתָּא. כֵּיוָן דְּשַׁמְעַהּ לְהָא דְּתַנְיָא: ״וּלְשַׁנּוֹתָהּ לְכׇל מַה שֶּׁיִּרְצוּ״, הֲוָה יָתֵיב. אָמַר אַבָּיֵי: מֵרֵישׁ הֲוָה עָבֵיד מָר תְּרֵי כִיסֵי – חַד לַעֲנִיֵּי דְעָלְמָא, וְחַד לַעֲנִיֵּי דְמָתָא. כֵּיוָן דְּשַׁמְעַהּ לְהָא דַּאֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב תַּחְלִיפָא בַּר אַבְדִּימִי: ״עָבֵיד חַד כִּיסָא,
Abaye dit : Au début, mon Maître, Rabba, ne s’asseyait pas sur les nattes dans la synagogue parce qu’elles avaient été achetées avec des fonds de charité. Lorsqu’il entendit ce qui est enseigné dans une baraita, à savoir qu’il est permis aux habitants d’une ville de changer l’usage auquel la charité sera affectée pour tout ce qu’ils veulent, il s’assit dessus. Abaye dit : Au début, mon Maître, Rabba, faisait deux bourses, l’une pour les pauvres du reste du monde, et l’autre pour les pauvres de sa ville. Lorsqu’il entendit ce que Shmuel dit à Rav Taḥalifa bar Avdimi : Fais seulement une bourse,