אֵלּוּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים. וְרֵישׁ לָקִישׁ, סָבַר לַהּ כִּדְדָרֵשׁ רָבָא: ״אֲנִי חוֹמָה״ – זוֹ כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל, ״וְשָׁדַי כַּמִּגְדָּלוֹת״ – אֵלּוּ בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת.
ce sont des érudits de la Torah, et les tours ne nécessitent pas de protection supplémentaire ? La Guemara commente : Et Reish Lakish, qui n’a pas cité ce verset, soutient conformément à la manière dont Rava a interprété le verset : « Je suis une muraille » ; cela fait référence à la Congrégation d’Israël. « Et mes seins sont comme des tours » ; ce sont les synagogues et les maisons d’étude.
רַב נַחְמָן בַּר רַב חִסְדָּא רְמָא כְּרָגָא אַרַבָּנַן. אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: עֲבַרְתְּ אַדְּאוֹרָיְיתָא וְאַדִּנְבִיאֵי וְאַדִּכְתוּבֵי.
De même, il est rapporté que Rav Naḥman bar Rav Ḥisda a un jour imposé le paiement de la capitation [karga] même aux Sages. Rav Naḥman bar Yitzḥak lui dit : Tu as transgressé les paroles de la Torah, des Prophètes et des Écrits.
אַדְּאוֹרָיְיתָא – דִּכְתִיב: ״אַף חֹבֵב עַמִּים כׇּל קְדֹשָׁיו בְּיָדֶךָ״ – אָמַר מֹשֶׁה לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, אֲפִילּוּ בְּשָׁעָה שֶׁאַתָּה מְחַבֵּב עַמִּים – כׇּל קְדוֹשָׁיו יִהְיוּ בְּיָדֶךָ. ״וְהֵם תֻּכּוּ לְרַגְלֶךָ״ – תָּנֵי רַב יוֹסֵף: אֵלּוּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, שֶׁמְּכַתְּתִים רַגְלֵיהֶם מֵעִיר לְעִיר וּמִמְּדִינָה לִמְדִינָה לִלְמוֹד תּוֹרָה, ״יִשָּׂא מִדַּבְּרוֹתֶיךָ״ – לִישָּׂא וְלִיתֵּן בְּדִבּוּרוֹתָיו שֶׁל מָקוֹם.
Tu as transgressé les paroles de la Torah, comme il est écrit : « Même lorsqu’Il aime les peuples, tous Ses saints sont dans Ta main » (Deutéronome 33:3), ce qui est compris comme signifiant que Moïse a dit au Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, même lorsque Tu tiens les autres nations en estime et que Tu leur accordes la domination sur Israël, que « tous Ses saints », c’est-à-dire les érudits de la Torah, soient exclusivement dans Ta main et libres de l’autorité des nations, et donc exemptés du paiement des impôts. La suite de ce verset peut également être comprise comme se référant aux érudits de la Torah, comme il est dit : « Et ils s’assoient [tukku] à Tes pieds, recevant Tes paroles » (Deutéronome 33:3), et Rav Yosef enseigne : Ce sont les érudits de la Torah qui usent [mekhatetim] leurs pieds de ville en ville et de pays en pays pour étudier la Torah ; « recevant [yissa] Tes paroles », pour discuter [lissa velitten] les paroles de Dieu.
אַדִּנְבִיאֵי – דִּכְתִיב: ״גַּם כִּי יִתְנוּ בַגּוֹיִם עַתָּה אֲקַבְּצֵם, וַיָּחֵלּוּ מְּעָט מִמַּשָּׂא מֶלֶךְ וְשָׂרִים״ – אָמַר עוּלָּא: פָּסוּק זֶה בִּלְשׁוֹן אֲרָמִית נֶאֱמַר: ״אִי תָּנוּ״ כּוּלְּהוּ – ״עַתָּה אֲקַבְּצֵם״, וְאִם ״מְעַט״ מֵהֶם – ״יָחֵלּוּ מִמַּשָּׂא מֶלֶךְ וְשָׂרִים״.
Et vous avez transgressé les paroles des Prophètes, comme il est écrit : « Bien qu’ils aient engagé des amants [yitnu] parmi les nations, maintenant je les rassemblerai, et ils commenceront à être diminués à cause du fardeau des rois et des princes » (Osée 8:10). À propos de ce verset, Ulla dit : Une partie de ce verset est énoncée en langue araméenne ; le mot yitnu doit ici être compris dans son sens araméen : apprendre. Et le verset doit être interprété ainsi : Si tout Israël apprend la Torah, je les rassemblerai dès maintenant ; et si seulement quelques-uns d’entre eux apprennent la Torah, ils seront dispensés du fardeau imposé par les rois et les princes. Cela indique que ceux qui étudient la Torah ne devraient pas être assujettis au paiement des impôts.
אַדִּכְתוּבֵי – דִּכְתִיב: ״מִנְדָּה בְלוֹ וַהֲלָךְ, לָא שַׁלִּיט לְמִרְמֵא עֲלֵיהֹם״; וְאָמַר רַב יְהוּדָה: ״מִנְדָּה״ – זוֹ מְנָת הַמֶּלֶךְ, ״בְּלוֹ״ – זוֹ כְּסַף גֻּולְגָּלְתָּא, ״וַהֲלָךְ״ – זוֹ אַרְנוֹנָא.
Et de plus, tu as transgressé les paroles des Écrits, comme il est écrit : « Il ne sera pas permis de leur imposer tribut, impôt ou péage » (Esdras 7:24), c’est-à-dire aux prêtres et aux Lévites qui servent dans le Temple. Cette halakha s’appliquerait également aux érudits de la Torah. Et Rav Yehuda dit : « Tribut » ; cela fait référence à la part du roi, une taxe donnée au roi. « Impôt » ; cela fait référence à la capitation. « Péage » ; cela fait référence à une taxe [arnona] payée en biens et imposée de temps à autre.
רַב פָּפָּא רְמָא כַּרְיָא חַדְתָּא אַיַּתְמֵי, אֲמַר לֵיהּ רַב שִׁישָׁא בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי לְרַב פָּפָּא: וְדִילְמָא לָא מִידְּוִיל! אֲמַר לֵיהּ: מִישְׁקָל שָׁקֵילְנָא מִנַּיְיהוּ; אִי מִידְּוִיל – מִידְּוִיל, וְאִי לָא – מַהְדַּרְנָא לַהּ נִיהֲלַיְיהוּ.
Il est rapporté que Rav Pappa a un jour imposé une taxe pour le creusement d’une nouvelle citerne même aux orphelins. Rav Sheisha, fils de Rav Idi, dit à Rav Pappa : Peut-être qu’ils creuseront, mais qu’à la fin ils ne puiseront pas d’eau de là, et il s’avérera que l’argent aura été dépensé pour rien. Le reste des habitants de la ville peut renoncer à ses droits sur son argent, mais des orphelins mineurs ne peuvent pas le faire. Rav Pappa lui dit : Je percevrai de l’argent des orphelins ; s’ils puisent de l’eau, ils en puiseront, et sinon, je rendrai l’argent aux orphelins.
אָמַר רַב יְהוּדָה: הַכֹּל לַאֲגַלֵּי גָפָא, אֲפִילּוּ מִיַּתְמֵי; אֲבָל רַבָּנַן – לָא צְרִיכִי נְטִירוּתָא. הַכֹּל לְכַרְיָא פַּתְיָא, אֲפִילּוּ מֵרַבָּנַן; וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא נָפְקִי בְּכָלוֹזָא, אֲבָל נָפְקִי בְּכָלוֹזָא – רַבָּנַן לָאו בְּנֵי מִיפָּק בְּכָלוֹזָא נִינְהוּ.
Rav Yehouda dit : Tous les habitants de la ville doivent contribuer à la construction et à l’entretien des portes de la ville [le’aglei gappa], et à cette fin on collecte de l’argent même auprès des orphelins. Mais les Sages n’ont pas besoin de protection et sont donc exemptés de ce paiement. Tous les habitants de la ville doivent contribuer au creusement de citernes [lekarya patya], et à cette fin on collecte de l’argent même auprès des Sages, puisqu’eux aussi ont besoin d’eau. La Guemara commente : Et nous avons dit cela seulement lorsque les gens ne sont pas tenus de sortir en masse [be’akhluza] et d’effectuer le creusement lui-même, mais sont seulement obligés de contribuer financièrement à cette fin. Mais si les gens sont tenus de sortir en masse et de creuser réellement, les Sages ne sont pas censés sortir avec eux en masse, mais ils sont plutôt exemptés d’un tel travail.
רַבִּי פָּתַח אוֹצָרוֹת בִּשְׁנֵי בַצּוֹרֶת, אָמַר: יִכָּנְסוּ בַּעֲלֵי מִקְרָא, בַּעֲלֵי מִשְׁנָה, בַּעֲלֵי תַלְמוּד, בַּעֲלֵי הֲלָכָה, בַּעֲלֵי הַגָּדָה; אֲבָל עַמֵּי הָאָרֶץ אַל יִכָּנְסוּ. דָּחַק רַבִּי יוֹנָתָן בֶּן עַמְרָם וְנִכְנַס. אָמַר לוֹ: ״רַבִּי, פַּרְנְסֵנִי!״ אָמַר לוֹ: ״בְּנִי, קָרִיתָ?״ אָמַר לוֹ: ״לָאו״. ״שָׁנִיתָ?״ אָמַר לוֹ: ״לָאו״. ״אִם כֵּן, בַּמָּה אֲפַרְנְסֶךָ?״ [אָמַר לוֹ:] ״פַּרְנְסֵנִי כְּכֶלֶב וּכְעוֹרֵב״. פַּרְנְסֵיהּ.
Il est rapporté que Rabbi Yehouda HaNassi ouvrit un jour ses réserves pour distribuer de la nourriture pendant des années de sécheresse. Il dit : Les maîtres de Torah, les maîtres de la Michna, les maîtres du Talmud, les maîtres de la halakha, les maîtres de la aggada peuvent entrer et recevoir de la nourriture de ma part, mais les ignorants ne doivent pas entrer. Rabbi Yonatan ben Amram, que Rabbi Yehouda HaNassi ne connaissait pas, se fraya un chemin, entra, et lui dit : Rabbi Yehouda HaNassi, nourris-moi. Rabbi Yehouda HaNassi lui dit : Mon fils, as-tu lu la Torah ? Rabbi Yonatan ben Amram lui dit, par modestie : Non. Rabbi Yehouda HaNassi poursuivit : As-tu étudié la Michna ? Une fois encore, Rabbi Yonatan ben Amram lui dit : Non. Rabbi Yehouda HaNassi lui demanda alors : Si tel est le cas, par quel mérite devrais-je te nourrir ? Rabbi Yonatan ben Amram lui dit : Nourris-moi comme un chien et comme un corbeau, à qui l’on donne de la nourriture bien qu’ils n’aient rien appris. Rabbi Yehouda HaNassi fut ému par ses paroles et le nourrit.
בָּתַר דִּנְפַק יְתֵיב רַבִּי וְקָא מִצְטַעַר, וְאָמַר: אוֹי לִי שֶׁנָּתַתִּי פִּתִּי לְעַם הָאָרֶץ! אָמַר לְפָנָיו רַבִּי שִׁמְעוֹן בַּר רַבִּי: שֶׁמָּא יוֹנָתָן בֶּן עַמְרָם תַּלְמִידְךָ הוּא, שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה לֵיהָנוֹת מִכְּבוֹד תּוֹרָה מִיָּמָיו? בָּדְקוּ וְאַשְׁכַּח. אָמַר רַבִּי: יִכָּנְסוּ הַכֹּל.
Après que Rabbi Yonatan fut parti, Rabbi Yehouda HaNassi s’assit, fut affligé et dit : Malheur à moi, car j’ai donné mon pain à un ignorant. Son fils, Rabbi Shimon bar Rabbi Yehouda HaNassi, lui dit : Peut-être était-ce ton disciple Yonatan ben Amram, qui jamais de sa vie n’a voulu tirer un bénéfice matériel de l’honneur rendu à la Torah ? Ils enquêtèrent sur l’affaire et découvrirent que c’était bien le cas. Rabbi Yehouda HaNassi dit alors : Que tout le monde entre, car il peut aussi y avoir d’autres personnes qui cachent le fait qu’elles sont de véritables érudits de la Torah.
רַבִּי לְטַעְמֵיהּ, דַּאֲמַר רַבִּי: אֵין פּוּרְעָנוּת בָּא לָעוֹלָם אֶלָּא בִּשְׁבִיל עַמֵּי הָאָרֶץ. כְּהַהוּא דְּמֵי כְלִילָא דִּשְׁדוֹ אַטְּבֶרְיָא, אֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי וַאֲמַרוּ לֵיהּ: ״לִיתְּבוּ רַבָּנַן בַּהֲדַן״. אֲמַר לְהוּ: ״לָא״. אֲמַרוּ לֵיהּ: ״עָרְוקִינַן״. [אֲמַר לְהוּ:] ״עֲרוֹקוּ״. עֲרַקוּ פַּלְגֵיהוֹן, דַּלְיוּהּ פַּלְגָא.
Commentant l’opinion de Rabbi Yehuda HaNasi, la Guemara note que Rabbi Yehuda HaNasi suivait sa ligne habituelle de raisonnement, car Rabbi Yehuda HaNasi dit : La souffrance ne vient au monde qu’à cause des ignorants. Cela est semblable à l’incident de la taxe de couronne [kelila] qui fut imposée aux habitants de la ville de Tibériade. Les chefs de la ville vinrent devant Rabbi Yehuda HaNasi et lui dirent : Les Sages doivent contribuer avec nous. Rabbi Yehuda HaNasi leur dit : Non, les Sages sont exemptés. Ils lui dirent : Alors nous nous enfuirons et tout le fardeau retombera sur les érudits de la Torah. Rabbi Yehuda HaNasi leur dit : Enfuyez-vous comme bon vous semble. La moitié des habitants de la ville s’enfuit. Les autorités renoncèrent alors à la moitié de la somme qu’elles avaient initialement imposée à la ville.
אֲתוֹ הָנְהוּ פַּלְגָא קַמֵּי דְּרַבִּי, אֲמַרוּ לֵיהּ: ״לִיתְּבוּ רַבָּנַן בַּהֲדַן״. אֲמַר לְהוּ: ״לָא״. ״עָרְוקִינַן״. ״עֲרוּקוּ״. עֲרַקוּ כּוּלְּהוּ, פָּשׁ הַהוּא כּוֹבֵס. שַׁדְיוּהּ אַכּוֹבֵס. עֲרַק כּוֹבֵס, פְּקַע כְּלִילָא. אָמַר רַבִּי: רְאִיתֶם שֶׁאֵין פּוּרְעָנוּת בָּא לָעוֹלָם אֶלָּא בִּשְׁבִיל עַמֵּי הָאָרֶץ.
La moitié de la population qui était restée dans la ville alors se présenta devant Rabbi Yehouda HaNassi et lui dit : Les Sages doivent contribuer avec nous. Rabbi Yehouda HaNassi leur dit : Non, les Sages sont exemptés. Ils lui dirent : Alors nous aussi nous enfuirons. Rabbi Yehouda HaNassi leur dit : Enfuyez-vous comme bon vous semble. Ils s’enfuirent tous, si bien qu’il ne resta qu’un seul blanchisseur dans la ville. Les autorités imposèrent toute la taxe au blanchisseur. Le blanchisseur alors s’enfuit lui aussi. La taxe de la couronne fut alors annulée dans son intégralité. Rabbi Yehouda HaNassi dit : Vous voyez de là que la souffrance ne vient au monde qu’à cause des ignorants, car dès qu’ils s’enfuirent tous de la ville, la taxe de la couronne fut complètement annulée.
וְכַמָּה יְהֵא בָּעִיר וִיהֵא כְּאַנְשֵׁי הָעִיר וְכוּ׳. וּרְמִינְהִי: הַחַמֶּרֶת וְהַגַּמֶּלֶת הָעוֹבֶרֶת מִמָּקוֹם לְמָקוֹם, וְלָנָה בְּתוֹכָהּ וְהוּדְּחָה עִמָּהֶן, הֵן בִּסְקִילָה, וּמָמוֹנָן פָּלֵט.
§ La michna enseigne : Et combien de temps faut-il vivre dans la ville pour être considéré comme l’un des habitants de la ville ? Douze mois. Et nous soulevons une contradiction à partir de ce qui est enseigné dans une baraita : Dans le cas d’une caravane d’ânes ou d’une caravane de chameaux qui voyageait de lieu en lieu et qui a passé la nuit à l’intérieur d’une ville idolâtre, et dont les membres ont été égarés avec les autres habitants de la ville, et qu’eux aussi se sont livrés à l’idolâtrie, eux, les membres de la caravane, sont passibles de la peine de mort par lapidation comme des idolâtres individuels ordinaires, et leurs biens échappent à la destruction, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas traités comme les habitants d’une ville idolâtre, qui sont passibles de mort par l’épée et dont les biens sont détruits.
וְאִם נִשְׁתַּהוּ שָׁם שְׁלֹשִׁים יוֹם – הֵן בְּסַיִיף, וּמָמוֹנָן אָבֵד!
La baraita continue : Et si les membres de la caravane étaient restés dans cette ville pendant trente jours, ils sont passibles de mort par l’épée et leurs biens sont détruits, tout comme pour le reste des habitants de la ville. Cela semble indiquer qu’une fois qu’une personne a vécu dans une ville pendant trente jours, elle est déjà considérée comme l’un de ses habitants.
אָמַר רָבָא, לָא קַשְׁיָא: הָא לִבְנֵי מָתָא, הָא לְיָתוֹבֵי מָתָא. כִּדְתַנְיָא: הַמּוּדָּר הֲנָאָה מֵאַנְשֵׁי הָעִיר; כׇּל שֶׁנִּשְׁתַּהָא שָׁם שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ – אָסוּר לֵיהָנוֹת מִמֶּנּוּ, פָּחוֹת מִכָּאן – מוּתָּר. מִיּוֹשְׁבֵי הָעִיר; כׇּל שֶׁנִּשְׁתַּהָא שָׁם שְׁלֹשִׁים יוֹם – אָסוּר לֵיהָנוֹת מִמֶּנּוּ, פָּחוֹת מִכָּאן – מוּתָּר לֵיהָנוֹת מִמֶּנּוּ.
Rava a dit : Cela n’est pas difficile. Cette période, c’est-à-dire douze mois, est requise pour être considéré comme l’un des membres de la ville ; et cette autre période, c’est-à-dire trente jours, suffit pour être considéré comme l’un des résidents de la ville. Comme cela a été enseigné dans une baraita : Celui à qui un vœu interdit de tirer profit des gens d’une certaine ville a interdiction de tirer profit de quiconque y a séjourné pendant douze mois, mais il lui est permis de tirer profit de quiconque y a séjourné moins longtemps que cela. En revanche, s’il s’est interdit par vœu de tirer profit des résidents d’une certaine ville, il lui est interdit de tirer profit de quiconque y a séjourné pendant trente jours, mais il lui est permis de tirer profit de quiconque y a séjourné moins longtemps que cela.
וּלְכׇל מִילֵּי מִי בָּעִינַן שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ? וְהָתַנְיָא: שְׁלֹשִׁים יוֹם – לְתַמְחוּי, שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים – לְקוּפָּהּ, שִׁשָּׁה – לִכְסוּת, תִּשְׁעָה – לִקְבוּרָה, שְׁנֵים עָשָׂר – לְפַסֵּי הָעִיר! אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כִּי תְּנַן נָמֵי מַתְנִיתִין ״שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ״ – לְפַסֵּי הָעִיר תְּנַן.
La Guemara demande : Exigeons-nous donc qu’une personne habite dans une ville pendant douze mois pour toutes les questions ? Mais n’a-t-on pas enseigné dans une baraita : Si quelqu’un habite dans une ville pendant trente jours, il doit contribuer au plateau de charité à partir duquel on distribue de la nourriture aux pauvres. S’il y habite pendant trois mois, il doit contribuer à la caisse de charité. S’il y habite pendant six mois, il doit contribuer au fonds de vêtements. S’il y habite pendant neuf mois, il doit contribuer au fonds d’inhumation. S’il y habite pendant douze mois, il doit contribuer aux colonnes de la ville [lepassei ha’ir], c’est-à-dire à la construction d’une clôture de sécurité. Rabbi Assi a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Lorsque nous avons appris douze mois dans la michna, nous avons appris que cela concerne la contribution aux colonnes de la ville, de l’argent utilisé pour protéger et renforcer la ville, mais non pour d’autres questions.
וְאָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַכֹּל לְפַסֵּי הָעִיר, וַאֲפִילּוּ מִיַּתְמֵי; אֲבָל רַבָּנַן – לָא, דְּרַבָּנַן לָא צְרִיכִי נְטִירוּתָא. אֲמַר רַב פָּפָּא: לְשׁוּרָא וּלְפָרָשָׁאה וּלְטֻרְזִינָא – אֲפִילּוּ מִיַּתְמֵי; אֲבָל רַבָּנַן – לָא צְרִיכִי נְטִירוּתָא. כְּלָלָא דְמִילְּתָא: כׇּל מִילְּתָא דְּאִית לְהוּ הֲנָאָה מִינֵּיהּ – אֲפִילּוּ מִיַּתְמֵי.
Et Rabbi Asi dit que Rabbi Yoḥanan dit : Tous sont tenus de contribuer aux colonnes de la ville, et de l’argent est perçu à cette fin même auprès des orphelins. Mais les Sages ne sont pas tenus de contribuer, car les Sages n’ont pas besoin de protection. Rav Pappa a dit : De l’argent est perçu même auprès des orphelins pour le mur de la ville, pour le cavalier de la ville et pour le garde [uletarzina] de l’arsenal de la ville, mais les Sages n’ont pas besoin de protection. Le principe de la chose est le suivant : De l’argent est perçu même auprès des orphelins pour tout ce dont ils tirent bénéfice.
רַבָּה רְמָא צְדָקָה אַיַּתְמֵי דְּבֵי בַּר מָרִיּוֹן. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי, וְהָתָנֵי רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה: אֵין פּוֹסְקִין צְדָקָה עַל הַיְּתוֹמִים – אֲפִילּוּ לְפִדְיוֹן שְׁבוּיִם! אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא לְאַחְשׁוֹבִינְהוּ קָא עָבֵידְנָא.
Il est rapporté que Rabba imposa une contribution à une certaine charité aux orphelins de la maison de bar Maryon. Abaye lui dit : Mais Rav Shmuel bar Yehuda n’a-t-il pas enseigné : On n’impose pas une obligation de charité aux orphelins, même pour le rachat de captifs, puisqu’ils sont mineurs et ne sont pas tenus aux mitsvot ? Rabba lui dit : J’ai fait cela pour les élever en statut, c’est-à-dire afin que les gens les honorent comme de généreux bienfaiteurs, et non pour que les pauvres en bénéficient.
אִיפְרָא הוֹרְמִיז, אִימֵּיהּ דְּשַׁבּוּר מַלְכָּא, שַׁדַּרָה אַרְנְקָא דְּדִינָרֵי לְקַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף, אֲמַרָה: לֶיהֱוֵי לְמִצְוָה רַבָּה. יָתֵיב רַב יוֹסֵף וְקָא מְעַיֵּין בַּהּ, מַאי ״מִצְוָה רַבָּה״? אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: מִדְּתָנֵי רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה: אֵין פּוֹסְקִין צְדָקָה עַל הַיְּתוֹמִים אֲפִילּוּ לְפִדְיוֹן שְׁבוּיִם, שְׁמַע מִינַּהּ
Incidemment à cette histoire, la Guemara rapporte que Ifera Hurmiz, la mère du roi Shapur, roi de Perse, envoya une bourse [arneka] pleine de dinars à Rav Yosef. Elle lui dit : Que l’argent soit utilisé pour une grande mitsva. Rav Yosef s’assit et examina la question : Que voulait dire Ifera Hurmiz lorsqu’elle attacha une condition au don, en disant qu’il devait être utilisé pour une grande mitsva ? Abaye lui dit : De ce qu’a enseigné Rav Shmuel bar Yehuda, à savoir qu’on n’impose pas d’obligation de charité aux orphelins, même pour le but de racheter des captifs, apprends-en