וְאִי בְּשָׂדֶה וְאִילָן, אַמַּאי מַחְלִיף? אֶלָּא אָמַר רַבָּה: מַחֲלוֹקֶת בְּבוֹר וְשׁוֹבָךְ, אֲבָל בְּשָׂדֶה וְאִילָן – דִּבְרֵי הַכֹּל מוֹעֲלִין בָּהֶן וּבְמַה שֶּׁבְּתוֹכָן.
Et si leur différend porte sur un champ et un arbre, pourquoi Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, inverse-t-il son opinion ? Au contraire, la déclaration de Rabba doit être ajustée, et voici ce que Rabba a dit : Cette divergence entre le premier tanna et Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, ne s’applique que dans les cas d’une citerne et d’un colombier. Mais dans les cas d’un champ et d’un arbre, tout le monde est d’accord pour dire que l’on est passible de mauvais usage d’un bien consacré si l’on en tire profit ou du contenu de ceux-ci.
וּבְבוֹר וְשׁוֹבָךְ – בְּרֵיקָנִין בְּמַאי פְּלִיגִי, וּבִמְלֵאִין בְּמַאי פְּלִיגִי? בְּרֵיקָנִין – פְּלִיגִי בִּפְלוּגְתָּא דְּרַבִּי מֵאִיר וְרַבָּנַן;
La Guemara demande : Et dans les cas d'une citerne et d'un colombier, où la citerne et le colombier sont vides, au sujet de quelle question sont-ils en désaccord ? Et de même, lorsque la citerne et le colombier sont pleins, au sujet de quoi sont-ils en désaccord ? La Guemara répond : Dans les cas d'une citerne et d'un colombier qui sont vides, ils sont en désaccord au sujet de la question qui fait l'objet du différend entre Rabbi Meïr et les Sages.
דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר לַהּ כְּרַבָּנַן, דְּאָמְרִי: אֵין אָדָם מַקְנֶה דָּבָר שֶׁלֹּא בָּא לָעוֹלָם; וְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר כְּרַבִּי מֵאִיר, דְּאָמַר: אָדָם מַקְנֶה דָּבָר שֶׁלֹּא בָּא לָעוֹלָם.
Le premier tanna et Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, sont en désaccord parce que le premier tanna soutient conformément à l’opinion des Sages, qui disent : Une personne ne peut pas transférer la propriété d’un objet qui n’est pas encore venu au monde, c’est-à-dire qu’elle ne possède pas actuellement. Par conséquent, on ne peut pas consacrer de l’eau ou des colombes qui n’entreront dans la citerne ou le colombier qu’à l’avenir. Et Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, soutient conformément à l’opinion de Rabbi Meir, qui dit : Une personne peut transférer la propriété d’un objet qui n’est pas encore venu au monde.
אֵימוֹר דְּשָׁמְעַתְּ לֵיהּ לְרַבִּי מֵאִיר – כְּגוֹן פֵּירוֹת דֶּקֶל, דַּעֲבִידִי דְּאָתוּ; הָנֵי – מִי יֵימַר דְּאָתוּ? אָמַר רָבָא: מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ בְּמַיִם הַבָּאִין דֶּרֶךְ חֲצֵרוֹ לַבּוֹר, וְיוֹנִים הַבָּאִין דֶּרֶךְ שׁוֹבָכוֹ לַשּׁוֹבָךְ.
La Guemara soulève une difficulté à l’égard de cette réponse : Tu peux dire que tu as entendu Rabbi Meir exprimer cette opinion dans un cas tel que les fruits des palmiers, qui sont susceptibles de venir à l’existence, puisque les arbres produisent naturellement des fruits. Mais en ce qui concerne ces colombes et l’eau, qui peut dire qu’elles viendront ? Rava a dit : Tu peux trouver des cas où l’on consacre de l’eau ou des colombes qui sont susceptibles d’arriver, par exemple, dans le cas de l’eau qui vient par sa cour dans la citerne lorsqu’il pleut, de sorte qu’il n’a pas besoin de remplir la citerne. Et, de même, en ce qui concerne des colombes qui viennent par son autre colombier, plein, dans ce colombier vide.
וּבִמְלֵאִים בְּמַאי פְּלִיגִי? אָמַר רָבָא: כְּגוֹן שֶׁהִקְדִּישׁ בּוֹר סְתָם; וְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר לַהּ כַּאֲבוּהּ, דְּאָמַר: דָּנִין דִּין גָּבוֹהַּ מִדִּין הֶדְיוֹט,
La Guemara demande : Et dans les cas où la citerne et le colombier sont pleins, au sujet de quelle question sont-ils en désaccord ? Rava a dit : Cette divergence concerne un cas où il a consacré une citerne sans précision. Et Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, soutient conformément à l’opinion de son père, qui dit : On déduit la halakha de la consécration au Très-Haut à partir de la halakha des transactions entre une personne ordinaire [hedyot] et une autre.
מָה דִּין הֶדְיוֹט – מָצֵי אֲמַר: בֵּירָא זַבֵּינִי לָךְ, מַיָּא לָא זַבֵּינִי לָךְ; אַף דִּין גָּבוֹהַּ – בֵּירָא אַקְדֵּישׁ, מַיָּא לָא אַקְדֵּישׁ. וְתַנָּא קַמָּא סָבַר: אֵין דָּנִין דִּין גָּבוֹהַּ מִדִּין הֶדְיוֹט.
La Guemara développe : De même que la halakha concernant les transactions entre une personne ordinaire et une autre est que l’on peut dire : Je t’ai vendu la citerne mais je ne t’ai pas vendu l’eau qu’elle contient, de même, la halakha dans le cas d’une consécration au Très-Haut est que l’on peut dire : J’ai consacré la citerne mais je n’ai pas consacré l’eau qui s’y trouve. Et le premier tanna soutient que l’on ne déduit pas la halakha de la consécration au Très-Haut de la halakha des transactions entre une personne ordinaire et une autre. Au contraire, celui qui consacre un bien le fait généreusement, c’est-à-dire que l’on présume le sens le plus large pour son vœu de consécration, et par conséquent, même s’il ne l’a pas dit explicitement, il a consacré l’eau avec la citerne.
וְדִין הֶדְיוֹט לָא?! וְהָתְנַן: מָכַר בּוֹר – מָכַר מֵימָיו! אָמַר רָבָא: מַתְנִיתִין יְחִידָאָה הִיא – דְּתַנְיָא: מָכַר בּוֹר – לֹא מָכַר מֵימָיו. רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: מָכַר בּוֹר – מָכַר מֵימָיו.
La Guemara demande : Et la halakha concernant une transaction avec une personne ordinaire dit-elle que l’on ne vend pas l’eau avec la citerne ? Mais n’avons-nous pas appris dans la michna (78b) que celui qui a vendu une citerne a vendu son eau ? Rava a dit : La décision dans la michna est un avis individuel, comme cela est enseigné dans une baraita : Celui qui a vendu une citerne n’a pas vendu son eau. Rabbi Natan dit : Celui qui a vendu une citerne a vendu son eau.