וְכִי תֵּימָא בִּיטּוּל מִקָּח לְרַבָּנַן לֵית לְהוּ, וְלָא?! וְהָתְנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: הַמּוֹכֵר סֵפֶר תּוֹרָה, בְּהֵמָה וּמַרְגָּלִית – אֵין לָהֶן אוֹנָאָה. אָמְרוּ לוֹ: לֹא אָמְרוּ אֶלָּא אֶת אֵלּוּ!
Et si tu disais que les Sages ne soutiennent pas que, dans un cas de lésion inférieur à un sixième, il faut rendre l’argent, et que si c’était plus d’un sixième, il y a annulation de la transaction, peut-on soutenir qu’ils n’acceptent pas ces halakhot ? Mais n’avons-nous pas appris dans une michna (Bava Metzia 56b) que Rabbi Yehouda dit : Même dans le cas de celui qui vend un rouleau de Torah, un animal ou une perle, ces objets ne sont pas soumis aux halakhot de lésion, car ils n’ont pas de prix fixe. Les Sages lui dirent : Les premiers Sages ont déclaré que seuls ces éléments énumérés plus tôt dans la michna, à savoir les terrains, les esclaves et les documents, ne sont pas soumis aux halakhot de lésion. Par conséquent, les Sages devraient convenir que la vente du joug est annulée.
מַאי ״אֵין דָּמִים רְאָיָה״ נָמֵי דְּקָתָנֵי – דְּהָוֵי בִּיטּוּל מִקָּח. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: כִּי אֲמוּר רַבָּנַן אוֹנָאָה וּבִיטּוּל מִקָּח – בִּכְדֵי שֶׁהַדַּעַת טוֹעָה, אֲבָל בִּכְדֵי שֶׁאֵין הַדַּעַת טוֹעָה – לָא; אֵימוֹר מַתָּנָה יְהַב לֵיהּ.
La Guemara répond : Quel est le sens de la michna qui enseigne que, selon l’opinion des Sages, la somme d’argent n’est pas une preuve ? Cela signifie que la transaction est annulée. Et si tu veux, dis plutôt que la vente du joug n’est pas annulée, car lorsque les Sages ont parlé d’exploitation et de l’annulation d’une transaction, ils voulaient dire que ces halakhot ne s’appliquent que dans un cas où la différence de prix est un montant sur lequel on pourrait se tromper et croire qu’il s’agit du prix correct. Mais lorsque la différence de prix est une somme si grande qu’on ne pourrait pas se tromper, cette vente n’est pas soumise aux halakhot de l’exploitation. Dans ce cas, il faut dire que l’acheteur a donné l’argent supplémentaire au vendeur comme un cadeau ; il ne pouvait pas penser qu’il s’agissait du prix réel de l’objet.
מַתְנִי׳ הַמּוֹכֵר אֶת הַחֲמוֹר – לֹא מָכַר כֵּלָיו. נַחוּם הַמָּדִי אוֹמֵר: מָכַר כֵּלָיו. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: פְּעָמִים מְכוּרִין, פְּעָמִים אֵינָן מְכוּרִין – כֵּיצַד? הָיָה חֲמוֹר לְפָנָיו, וְכֵלָיו עָלָיו, וְאָמַר לוֹ: ״מְכוֹר לִי חֲמוֹרְךָ זֶה״ – הֲרֵי כֵּלָיו מְכוּרִין. ״חֲמוֹרְךָ הוּא״ – אֵין כֵּלָיו מְכוּרִין.
MICHNA :Celui qui vend un âne n’a pas vendu ses ustensiles, c’est-à-dire son équipement, avec lui. Naḥum le Mède dit : Il a vendu ses ustensiles. Rabbi Yehuda dit : Il y a des fois où les ustensiles sont vendus, et il y a des fois où ils ne sont pas vendus. Comment cela ? Si l’âne était devant lui et que ses ustensiles étaient sur lui, et l’acheteur lui a dit : Vends-moi cet âne à toi, ses ustensiles sont vendus. Si l’acheteur lui a dit : L’âne est-il à toi ; je souhaite l’acheter, ses ustensiles ne sont pas vendus.
גְּמָ׳ אָמַר עוּלָּא: מַחֲלוֹקֶת בְּשַׂק וְדִיסַקַּיָּא וְכוּמְנִי – דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר: סְתָם חֲמוֹר לִרְכּוֹב קָאֵי, וְנַחוּם הַמָּדִי סָבַר: סְתָם חֲמוֹר לְמַשּׂאוֹי קָאֵי; אֲבָל אוּכָּף וּמַרְדַּעַת, קִילְקְלִי וַחֲבָק – דִּבְרֵי הַכֹּל מְכוּרִין.
GUEMARA :Oulla dit : La divergence dans la michna se rapporte au sac de l’âne et à la sacoche [disakkaya] et au kumni, terme qui sera expliqué plus loin dans la Guemara. Car le premier tanna soutient : Un âne ordinaire est utilisé principalement pour la monte, et par conséquent ces articles, qui ne servent pas à la monte mais au port de charges, ne sont pas inclus dans la vente. Et Naḥoum le Mède soutient : Un âne ordinaire est utilisé pour porter des charges, et par conséquent les objets servant à cet usage sont vendus avec l’âne. Mais en ce qui concerne la selle et la couverture de selle, le harnais et la sangle, tous sont d’accord pour dire qu’ils sont vendus, car ils servent aussi bien à la monte qu’au port de charges.
מֵיתִיבִי: ״חֲמוֹר וְכֵלָיו אֲנִי מוֹכֵר לָךְ״ – הֲרֵי זֶה מָכַר אֶת הָאוּכָּף, וְאֶת הַמַּרְדַּעַת, וְאֶת הַקִּילְקְלִי, וְאֶת הַחֲבָק. אֲבָל לֹא מָכַר שַׂק, וְדִיסַקַּיָּא, וְכוּמְנִי. וּבִזְמַן שֶׁאָמַר לוֹ: ״הִיא וְכֹל מַה שֶּׁעָלֶיהָ״ – הֲרֵי כּוּלָּן מְכוּרִין. טַעְמָא דְּאָמַר לֵיהּ: ״חֲמוֹר וְכֵלָיו״ – הוּא דְּקָנֵי אוּכָּף וּמַרְדַּעַת, הָא לָא אֲמַר לֵיהּ הָכִי – לָא!
La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita. Si un vendeur dit : Je te vends un âne et ses ustensiles, celui-ci a vendu la selle, et la couverture de selle, et le harnais, et la sangle de selle. Mais il n’a pas vendu le sac, ni la sacoche, ni le kumni. Et lorsque le vendeur a dit à l’acheteur : Je te vends celui-ci et tout ce qui est sur lui, l’âne et tous ces objets sont vendus. On peut en déduire que la raison pour laquelle l’acheteur acquiert la selle et la couverture de selle est que le vendeur lui a dit : Je te vends un âne et ses ustensiles. Par déduction, si le vendeur n’a pas dit cela, l’acheteur ne les acquiert pas.
הוּא הַדִּין דְּאַף עַל גַּב דְּלָא אֲמַר לֵיהּ ״חֲמוֹר וְכֵלָיו״ – נָמֵי אוּכָּף וּמַרְדַּעַת מְכוּרִין; וְהָא קָא מַשְׁמַע לַן – דְּאַף עַל גַּב דַּאֲמַר לֵיהּ: ״חֲמוֹר וְכֵלָיו״ – שַׂק וְדִיסַקַּיָּא וְכוּמְנִי לָא קָנֵי.
La Guemara répond : Il en va de même même si le vendeur ne lui a pas dit : Je te vends un âne et ses ustensiles. Dans ce cas aussi, la selle et la couverture de selle sont vendues. Et c'est ce que la baraita nous enseigne : que même si le vendeur lui a dit : Je te vends un âne et ses ustensiles, l'acheteur n'acquiert toujours pas le sac et la sacoche et le kumni.
מַאי ״וְכוּמְנִי״? אָמַר רַב פָּפָּא בַּר שְׁמוּאֵל: מַרְכַּבְתָּא דְנָשֵׁי.
La Guemara demande : Que signifie : Et le kumni ? Rav Pappa bar Shmuel a dit : C’est la selle utilisée par les femmes.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: בְּעוֹדָן עָלָיו מַחֲלוֹקֶת, אֲבָל בְּשֶׁאֵינָן עָלָיו – מוֹדֵה לְהוּ נַחוּם הַמָּדִי; אוֹ דִלְמָא, בְּשֶׁאֵינָן עָלָיו מַחֲלוֹקֶת, אֲבָל בְּעוֹדָן עָלָיו – מוֹדוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְנָחוּם? תָּא שְׁמַע: וּבִזְמַן שֶׁאָמַר לוֹ: ״הוּא וְכֹל מַה שֶּׁעָלָיו״ – הֲרֵי כּוּלָּן מְכוּרִין.
Un dilemme fut soulevé devant les Sages : cette divergence s’applique-t-elle seulement à un cas où les ustensiles sont sur l’âne, mais lorsque les ustensiles ne sont pas sur l’âne, Naḥum le Mède concède aux Sages qu’ils ne sont pas vendus ? Ou peut-être la divergence s’applique-t-elle à un cas où les ustensiles ne sont pas sur l’âne, mais lorsque les ustensiles sont sur l’âne, les Sages concèdent à Naḥum que les ustensiles sont vendus. La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve tirée de la baraita susmentionnée : Et lorsque le vendeur a dit à l’acheteur : Je vends celui-ci et tout ce qui est dessus, l’âne et tous ces objets sont vendus. Dans ce cas, les ustensiles sont sur l’âne, et tout est vendu.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא בְּעוֹדָן עָלָיו מַחְלוֹקֶת, הָא מַנִּי – רַבָּנַן הִיא. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ בְּשֶׁאֵין עוֹדָן עָלָיו מַחְלוֹקֶת, אֲבָל בְּעוֹדָן עָלָיו – דִּבְרֵי הַכֹּל מְכוּרִין; הָא מַנִּי?
Soit, si tu dis que le litige s’applique lorsque les récipients sont sur l’âne, conformément à l’opinion de qui est cette décision ? C’est l’opinion des Sages selon laquelle, bien qu’en général on n’acquière pas les récipients, si le vendeur dit explicitement qu’il vend l’âne et tout ce qui est dessus, l’acheteur acquiert le tout. Mais si tu dis que le litige s’applique lorsque les récipients ne sont pas sur l’âne, mais lorsque les récipients sont sur l’âne tout le monde est d’accord pour dire qu’ils sont vendus, conformément à l’opinion de qui est cette décision ? Même selon l’opinion des Sages, il n’est pas nécessaire de dire explicitement qu’il vend tout.
לְעוֹלָם בְּשֶׁאֵין עוֹדָן עָלָיו מַחְלוֹקֶת, וְרַבָּנַן הִיא; וְאֵימָא: וּבִזְמַן שֶׁאָמַר לוֹ: ״הוּא וְכֹל מַה שֶּׁרָאוּי לִהְיוֹת עָלָיו״.
La Guemara répond : En réalité, le désaccord s’applique lorsque les ustensiles ne sont pas sur l’âne, et la baraitaest conforme à l’opinion des Sages, et la formulation de la baraita doit être corrigée pour dire : Et lorsqu’il lui a dit : Je vends celui-ci et tout ce qui est apte à être sur lui, c’est-à-dire les objets que l’on trouve habituellement sur un âne, tout est vendu.
תָּא שְׁמַע, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: פְּעָמִים מְכוּרִין, פְּעָמִים שֶׁאֵינָן מְכוּרִין. מַאי, לָאו אַמַּאי דְּקָאָמַר תַּנָּא קַמָּא קָאֵי רַבִּי יְהוּדָה? לָא, רַבִּי יְהוּדָה
La Guemara propose une autre preuve : Viens et écoute une solution tirée de la michna. Rabbi Yehouda dit : Il y a des moments où les ustensiles sont vendus, et il y a des moments où ils ne sont pas vendus. N’est-ce pas le cas que Rabbi Yehouda se réfère à ce qu’a dit le premier tanna ? Si tel est le cas, le différend entre les Sages et Naḥoum le Mède doit se référer à un cas où les ustensiles sont sur l’âne, puisque Rabbi Yehouda traite du même ensemble de circonstances. La Guemara rejette cette preuve : Non, Rabbi Yehouda