אָמַר רַבָּה אָמַר רַב נַחְמָן: הֶחְזִיק בַּחוֹלְסִית – קָנָה מְצוּלָה. פְּשִׁיטָא – דְּהָא אָמַר שְׁמוּאֵל: מָכַר לוֹ עֶשֶׂר שָׂדוֹת וְכוּ׳! מַהוּ דְּתֵימָא: הָתָם הוּא דְּסַדָּנָא דְאַרְעָא חַד הוּא, אֲבָל הָכָא – הָא תַּשְׁמִישְׁתָּא לְחוֹד, וְהָא תַּשְׁמִישְׁתָּא לְחוֹד; קָא מַשְׁמַע לַן.
Rabba a effectivement dit que Rav Naḥman a dit : Si quelqu’un a vendu à un autre un champ de sable et un étang, et que l’acheteur a pris possession du champ de sable, il a aussi acquis l’étang. La Guemara demande : Cela est évident, car Shmuel dit : Si quelqu’un a vendu dix champs à un autre dans dix régions différentes, dès qu’il prend possession de l’un d’eux, il les a tous acquis. La Guemara explique pourquoi la déclaration de Rav Naḥman était néanmoins nécessaire : Cela est nécessaire de peur que tu ne dises que là-bas, dans le cas des dix champs, la terre est toute située dans un seul bloc géographique avec un seul usage, et donc tous les champs sont acquis ensemble. Mais ici, dans le cas du champ de sable et de l’étang, celui-ci, le champ de sable, a un usage distinct, et celui-là, l’étang, a un usage distinct, et donc la prise de possession de l’un d’eux ne devrait pas entraîner l’acquisition de l’autre. Par conséquent, Rav Naḥman nous enseigne que si l’acheteur a pris possession du champ de sable, il a également acquis l’étang.
מַתְנִי׳ הַמּוֹכֵר בֵּית הַבַּד – מָכַר אֶת הַיָּם וְאֶת הַמֶּמֶל וְאֶת הַבְּתוּלוֹת, אֲבָל לֹא מָכַר אֶת הָעֲבִירִים וְאֶת הַגַּלְגַּל וְאֶת הַקּוֹרָה. וּבִזְמַן שֶׁאָמַר לוֹ: ״הוּא וְכׇל מַה שֶּׁבְּתוֹכוֹ״ – הֲרֵי כּוּלָּן מְכוּרִין. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: הַמּוֹכֵר בֵּית הַבַּד – מָכַר אֶת הַקּוֹרָה.
MICHNA : Celui qui vend un pressoir à olives sans préciser ce qui est inclus dans la vente a vendu avec lui le yam, le memel et les betulot, les éléments fixes du pressoir à olives. Mais il n’a pas vendu avec lui les avirim, le galgal et la kora, les ustensiles mobiles du pressoir à olives. Lorsque le vendeur dit à l’acheteur : Je te vends celui-ci et tout ce qui s’y trouve, tous ces éléments sont vendus avec le pressoir à olives, même les ustensiles mobiles. Rabbi Eliezer dit : Celui qui vend un pressoir à olives a aussi vendu la kora, car c’est l’élément le plus fondamental du pressoir à olives.
גְּמָ׳ ״יָם״ – טְלָפְחָא. ״מֶמֶל״ – אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר מֶמֶל: מַפְרַכְתָּא. ״בְּתוּלוֹת״ – אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כְּלוֹנְסוֹת שֶׁל אֶרֶז, שֶׁמַּעֲמִידִין בָּהֶן אֶת הַקּוֹרָה. ״עֲבִירִים״ – כִּבְשֵׁי. ״גַּלְגַּל״ – חוּמַרְתָּא. ״קוֹרָה״ – קוֹרָה.
GUEMARA : La Guemara explique les termes employés dans la michna. Le yam est la lentille, le récipient rond et fixe dans lequel les olives sont placées avant d’être écrasées. Quant au memel, Rabbi Abba bar Memel a dit : C’est le broyeur, l’ustensile utilisé pour frapper et écraser les olives. Quant aux betulot, Rabbi Yoḥanan a dit : Ce sont les poteaux de cèdre [klonsot] qui soutiennent la poutre du pressoir à olives. Les avirim sont les presseurs, des planches de bois placées sur les olives écrasées, et sur lesquelles on abaisse la poutre afin de presser les olives. Le galgal est la ḥumrata, une pierre ronde placée sur la poutre pour l’alourdir. La kora est la lourde poutre en bois utilisée pour presser les olives et ainsi en extraire l’huile.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמּוֹכֵר בֵּית הַבַּד – מָכַר אֶת [הַ]נְּסָרִים, וְאֶת הַיְּקָבִים, וְאֶת הַמַּפְרֵכוֹת, וְאֶת הָרֵיחַיִם הַתַּחְתּוֹנוֹת – אֲבָל לֹא הָעֶלְיוֹנָה. וּבִזְמַן שֶׁאָמַר לוֹ: ״הוּא וְכׇל מַה שֶּׁבְּתוֹכוֹ״ – הֲרֵי כּוּלָּן מְכוּרִין. בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ – לֹא מָכַר לֹא אֶת הָעֲבִירִים, וְלֹא אֶת הַשַּׂקִּין, וְלֹא אֶת הַמַּרְצוּפִין.
Les Sages ont enseigné dans une baraita (Tosefta, 3:2) : Celui qui vend un pressoir à olives sans préciser ce qui est inclus dans la vente a vendu avec lui les planches qui sont fixées en place pour maintenir les olives ; et les cuves pour recueillir l’huile, et les broyeurs, utilisés pour piler et broyer les olives avant le pressage, et la meule inférieure, c’est-à-dire la base fixe de la meule ; mais non la supérieure. Mais lorsque le vendeur dit à l’acheteur : Je te vends cela et tout ce qui s’y trouve, tous ces éléments sont vendus. Dans les deux cas, aussi bien dans ce cas, où il effectue la vente sans précision, que dans cet autre cas, où il ajoute la formule selon laquelle il vend tout ce qui se trouve dans le pressoir à olives, il n’a pas vendu les planches en bois placées sur les olives écrasées pendant le pressage, ni n’a vendu les sacs, ni n’a vendu les sacs de cuir pour transporter les olives, car tout cela constitue des biens meubles qui ne font pas spécifiquement partie du pressoir à olives.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: הַמּוֹכֵר בֵּית הַבַּד – מָכַר אֶת הַקּוֹרָה, שֶׁלֹּא נִקְרָא בֵּית הַבַּד אֶלָּא עַל שׁוּם קוֹרָה.
Rabbi Eliezer dit : Celui qui vend un pressoir à olives a vendu la lourde poutre en bois utilisée pour presser les olives, car il n’est appelé pressoir à olives [beit habad] qu’en raison de cette poutre, la partie la plus essentielle du pressoir, et cette poutre est également connue sous le nom de bad.
מַתְנִי׳ הַמּוֹכֵר אֶת הַמֶּרְחָץ – לֹא מָכַר אֶת הַנְּסָרִין, וְאֶת הַסְּפָלִין, וְאֶת הַבֵּלָנִיּוֹת. בִּזְמַן שֶׁאָמַר לוֹ: ״הִיא וְכׇל מַה שֶּׁבְּתוֹכָהּ״ – הֲרֵי כּוּלָּן מְכוּרִין. בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ – לֹא מָכַר לֹא אֶת הַמְּגוּרוֹת שֶׁל מַיִם, וְלֹא אֶת אוֹצָרוֹת שֶׁל עֵצִים.
MICHNA : Celui qui vend un bain public sans préciser ce qui est inclus dans la vente n’a pas vendu avec lui les planches placées sur le sol, ni n’a vendu les bassins ou les rideaux [habilaniyot]. Lorsque le vendeur dit à l’acheteur : Je te vends celui-ci et tout ce qui s’y trouve, tous ces éléments sont vendus avec le bain public. Aussi bien dans ce cas, où il effectue la vente sans précision, que dans cet autre cas, où il ajoute la formule selon laquelle il vend tout ce qui se trouve dans le bain public, il n’a pas vendu les réservoirs d’eau, ni n’a vendu les réserves de bois, car un accord de vente explicite est requis pour ces éléments.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: הַמּוֹכֵר אֶת הַמֶּרְחָץ – מָכַר אֶת בֵּית הַנְּסָרִין, וְאֶת בֵּית הַיְּקָמִין, וְאֶת בֵּית הַסְּפָלִים, וְאֶת בֵּית הַוִּילָאוֹת; אֲבָל לֹא אֶת נְסָרִין עַצְמָן, וְלֹא יְקָמִין עַצְמָן, וְלֹא סְפָלִים עַצְמָן, וְלֹא וִילָאוֹת עַצְמָן. וּבִזְמַן שֶׁאָמַר לוֹ: ״הִיא וְכׇל מַה שֶּׁבְּתוֹכָהּ״ – הֲרֵי כּוּלָּן מְכוּרִין. בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ, לֹא מָכַר לוֹ אֶת הַבְּרֵיכוֹת הַמְסַפְּקוֹת לוֹ מַיִם – בֵּין
GUEMARA :Les Sages ont enseigné dans une baraita (Tosefta, 3:3) : Celui qui vend un bain public sans préciser ce qui est inclus dans la vente a vendu avec lui la réserve pour les planches, et la réserve pour les ustensiles appelés yekamin, et la réserve pour les bassins, et la réserve pour les rideaux [vilaot], mais il n’a pas vendu les planches elles-mêmes, ni les yekamin eux-mêmes, ni les bassins eux-mêmes, ni les rideaux eux-mêmes. Lorsque le vendeur dit à l’acheteur : Je te vends cela et tout ce qui s’y trouve, tous ces éléments sont vendus avec le bain public. Dans les deux cas, dans celui-ci, où il effectue la vente sans précision, et dans cet autre cas, où il ajoute la formule selon laquelle il vend tout ce qui se trouve dans le bain public, il ne lui a pas vendu les bassins qui l’alimentent en eau, que ce soit