דַּאֲמַר לֵיהּ לְחַבְרֵיהּ: כׇּל נִכְסֵי דְּבֵי בַּר סִיסִין – מְזַבֵּינָא לָךְ. הֲוַאי הָהִיא אַרְעָא דַּהֲוָה מִיקְּרֵי ״דְּבֵי בַּר סִיסִין״. אֲמַר לֵיהּ: הָא לָאו דְּבֵי בַּר סִיסִין הִיא, וְאִיקְּרוֹיֵי הוּא דְּמִיקַּרְיָא ״דְּבֵי בַּר סִיסִין״. אֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן, אוֹקְמָא בִּידָא דְלוֹקֵחַ. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: דִּינָא הָכִי?! הַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה!
Quelqu’un dit à un autre : Je suis par les présentes en train de te vendre la totalité des biens que je possède de la maison de bar Sisin. Il y avait une certaine parcelle de terre qui était appelée : De la maison de bar Sisin. Le vendeur dit à l’acheteur : Cette parcelle de terre que je possède n’est pas réellement de la maison de bar Sisin, et elle est simplement appelée : De la maison de bar Sisin, et elle n’est pas incluse dans la vente. Ils vinrent devant Rav Naḥman pour jugement, et il maintint la terre en la possession de l’acheteur. Rava dit à Rav Naḥman : Est-ce là la halakha ? N’est-ce pas la halakha selon laquelle la charge de la preuve incombe au demandeur, et la terre devrait rester en la possession du vendeur ?
קַשְׁיָא דְּרָבָא אַדְּרָבָא, קַשְׁיָא דְּרַב נַחְמָן אַדְּרַב נַחְמָן.
La Guemara poursuit : Il y a une difficulté entre une déclaration de Rava et une autre déclaration de Rava, et il y a aussi une difficulté entre une déclaration de Rav Naḥman et une autre déclaration de Rav Naḥman, car dans le premier cas, où le demandeur affirme qu’il se trouvait dans un lieu éloigné, Rav Naḥman a statué en faveur du demandeur, et Rava a statué en faveur du détenteur ; tandis que dans le second cas, celui de la propriété de bar Sisin, leurs avis se sont inversés.
דְּרָבָא אַדְּרָבָא לָא קַשְׁיָא – הָתָם מוֹכֵר קָאֵי בְּנִכְסֵיהּ, הָכָא לוֹקֵחַ קָאֵי בְּנִיכְסֵיהּ.
La Guemara répond : La contradiction entre une déclaration de Rava et une autre déclaration de Rava n’est pas difficile, parce que là-bas, dans le cas de la propriété de bar Sisin, le vendeur avait été établi comme ayant la terre en sa possession, c’est pourquoi Rava tranche en sa faveur. Mais ici, dans le cas où le demandeur affirme qu’il se trouvait dans un endroit éloigné, l’acheteur est établi comme ayant la maison en sa possession.
דְּרַב נַחְמָן אַדְּרַב נַחְמָן נָמֵי לָא קַשְׁיָא – כֵּיוָן דַּאֲמַר לֵיהּ: דְּבֵי בַּר סִיסִין, וּמִיקַּרְיָא ״דְּבֵי בַּר סִיסִין״, עֲלֵיהּ דִּידֵיהּ רַמְיָא לְגַלּוֹיֵי דְּלָאו דְּבֵי בַּר סִיסִין הִיא; אֲבָל הָכָא, לֹא יְהֵא אֶלָּא דְּנָקֵיט שְׁטָרָא – מִי לָא אָמְרִינַן לֵיהּ: קַיֵּים שְׁטָרָךְ וְקוּם בְּנִיכְסֵי?
La contradiction entre une déclaration de Rav Naḥman et l’autre déclaration de Rav Naḥman n’est pas difficile non plus, car là-bas, puisque le vendeur lui a dit : Je te vends par les présentes tous les biens que je possède de la maison de bar Sisin, et cette parcelle de terre est appelée : De la maison de bar Sisin, il lui incombe de révéler que la parcelle litigieuse n’est pas de la maison de bar Sisin. Mais ici, dans le cas où le demandeur affirme qu’il se trouvait dans un lieu éloigné, cela ne devrait pas être différent d’un cas où le possesseur détient un document comme preuve qu’il a acheté la maison. Ne lui dirions-nous pas alors : D’abord fais ratifier ton document, et seulement ensuite sois établi dans la propriété ? Dans ce cas également, puisque sa possession présumée tient lieu de document, il doit clarifier l’affaire au moyen de témoins.
הָהוּא דַּאֲמַר לֵיהּ לְחַבְרֵיהּ: מַאי בָּעֵית בְּהַאי בֵּיתָא? אֲמַר לֵיהּ: מִינָּךְ זְבֵנְתֵּיהּ, וַאֲכַלְתֵּיהּ שְׁנֵי חֲזָקָה. אֲמַר לֵיהּ: בְּשׁוּקֵי בָּרָאֵי הֲוַאי. אֲמַר לֵיהּ: וְהָא אִית לִי סָהֲדִי דְּכֹל שַׁתָּא הֲוָה אָתֵית תְּלָתִין יוֹמֵי! אֲמַר לֵיהּ: תְּלָתִין יוֹמֵי – בְּשׁוּקַאי הֲוָה טְרִידְנָא. אָמַר רָבָא: עֲבִיד אִינִישׁ דְּכֹל תְּלָתִין יוֹמֵי טְרִיד בְּשׁוּקָא.
Il y avait une certaine personne qui dit à une autre : Que veux-tu avec cette maison qui est à moi ? Le possesseur lui dit : Je l’ai achetée de toi et j’y ai travaillé et en ai tiré profit pendant les années nécessaires pour établir la présomption de propriété. Le demandeur lui dit : J’étais dans les marchés extérieurs, et j’ignorais que tu résidais dans ma maison, et par conséquent je n’ai pas formulé de protestation, de sorte que le profit que tu en as tiré n’établit pas la présomption de propriété. Le possesseur lui dit : Mais j’ai des témoins que chaque année tu venais ici pendant trente jours et que tu avais l’occasion de savoir que je résidais dans ta maison et de formuler une protestation. Le demandeur lui dit : J’étais occupé par mes affaires dans les marchés pendant ces trente jours. Rava dit : Une personne est susceptible d’être occupée par des affaires au marché pendant la totalité des trente jours, et il accepta son argument.
הָהוּא דְּאָמַר לֵיהּ לְחַבְרֵיהּ: מַאי בָּעֵית בְּהַאי אַרְעָא? אֲמַר לֵיהּ: מִפְּלָנְיָא זְבֵינְתַּהּ, דְּאָמַר לִי דְּזַבְנַהּ מִינָּךְ. אֲמַר לֵיהּ: אַתְּ לָאו קָא מוֹדֵית
Il y avait une certaine personne qui dit à une autre : Que veux-tu de cette terre qui est à moi ? Le possesseur lui dit : Je l’ai achetée d’un tel, qui m’a dit qu’il l’avait achetée de toi. Le demandeur lui dit : Ne reconnais-tu pas