אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר לְבָאֵי הָאָרֶץ, מַאי ״לָרַב תַּרְבּוּ נַחֲלָתוֹ״? קַשְׁיָא.
Mais selon celui qui dit qu’Eretz Yisrael a été partagée entre ceux qui sont entrés en Eretz Yisrael, qu’enseigne le verset : « Au plus nombreux tu donneras un héritage plus grand » ? Il est évident que les familles plus nombreuses recevront davantage de terre en raison de leur plus grand nombre. La Guemara conclut : Cela pose une difficulté à celui qui soutient cet avis.
וַאֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר לְיוֹצְאֵי מִצְרַיִם, הַיְינוּ דְּקָא צָוְוחָן בְּנוֹת צְלָפְחָד. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר לְבָאֵי הָאָרֶץ, אַמַּאי צָוְוחָן? הָא לֵיתֵיהּ דְּלִשְׁקוֹל!
La Guemara présente la deuxième question. Et Rav Pappa dit à Abaye : Soit, selon celui qui dit qu’Eretz Yisrael a été partagée entre ceux qui sont sortis d’Égypte, c’est pourquoi les filles de Tselofhad ont protesté contre le fait qu’on leur refuserait la part de leur père, à laquelle il avait droit en tant que l’un de ceux qui étaient sortis d’Égypte. Mais selon celui qui dit qu’Eretz Yisrael a été partagée entre ceux qui sont entrés en Eretz Yisrael, pourquoi ont-elles protesté ? Après tout, Tselofhad n’était pas là pour prendre sa part, donc ses filles ne devraient avoir aucun droit sur la terre ?
אֶלָּא לַחֲזָרָה, וְלִיטּוֹל בְּנִכְסֵי חֵפֶר.
Abaye répond : Au contraire, selon cette opinion, la protestation des filles de Tselofehad concernait le retour des parts de la génération qui entra en Eretz Yisrael à la génération qui sortit d’Égypte, comme décrit dans la baraita ci-dessus. Et, en conséquence, les filles de Tselofehad demandèrent à prendre leur part dans la propriété de leur grand-père Hefer, qui reçut une terre à titre posthume par l’intermédiaire de ses fils, leurs oncles.
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר לְיוֹצְאֵי מִצְרַיִם, הַיְינוּ דְּקָא צָוְוחָן בְּנֵי יוֹסֵף – דִּכְתִיב: ״וַיְדַבְּרוּ בְּנֵי יוֹסֵף״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר לְבָאֵי הָאָרֶץ, מַאי קָא צָוְוחִי? כּוּלְּהוּ שְׁקוּל!
La Guemara présente la troisième question de Rav Pappa : Soit, selon celui qui dit qu’Eretz Yisrael a été divisée entre ceux qui sont sortis d’Égypte, c’est pourquoi les descendants de Joseph se sont écriés pour protester contre le fait qu’ils recevraient une portion de terre insuffisante, du fait qu’ils s’étaient grandement multipliés dans le désert. Comme il est écrit : « Les enfants de Joseph parlèrent à Josué, disant : Pourquoi m’as-tu donné un seul lot et une seule part en héritage, alors que je suis un peuple nombreux, puisque le Seigneur m’a ainsi béni ? » (Josué 17:14). Mais selon celui qui dit qu’Eretz Yisrael a été divisée entre ceux qui sont entrés en Eretz Yisrael, quelle est la raison de leurs cris ? Ils étaient tous en droit de prendre leur propre portion de terre et n’auraient dû avoir aucun motif de plainte.
מִשּׁוּם טְפָלִים דַּהֲווֹ נְפִישִׁי לְהוּ.
La Guemara répond : Ils protestèrent à cause des enfants, car ils avaient de nombreux enfants qui n’avaient pas droit à une part de la terre.
אָמַר אַבָּיֵי: שְׁמַע מִינַּהּ, לָא הֲוָה חַד דְּלָא שָׁקֵיל; דְּאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ הֲוָה חַד דְּלָא שָׁקֵיל, אִיבְּעִי לֵיהּ לְמִצְוַוח! וְכִי תֵּימָא: דִּצְוַוח וְאַהֲנִי – כַּתְבֵיהּ קְרָא, דִּצְוַוח וְלָא אַהֲנִי – לָא כַּתְבֵיהּ קְרָא; הָא בְּנֵי יוֹסֵף – דְּצָוְוחִי וְלָא אַהֲנִי, וְכַתְבִינְהוּ קְרָא!
Abaye a dit : Apprends de cela du fait que la Torah ne rapporte que les plaintes des filles de Tselofehad et des descendants de Joseph, qu’il n’y avait pas un seul autre individu qui n’ait pas reçu une part de terre ; car si l’idée te venait qu’il y avait ne serait-ce qu’un autre qui n’ait pas reçu une part de terre, il aurait dû crier pour protester. Et si tu disais : Le verset a écrit au sujet de quelqu’un qui a crié et dont la protestation a été efficace, et le verset n’a pas écrit au sujet de quelqu’un qui a crié et dont la protestation n’a pas été efficace, cela est difficile. Mais il y a le contre-exemple des descendants de Joseph, qui ont crié et leur protestation n’a pas été efficace, et le verset a écrit à leur sujet eux.
הָתָם עֵצָה טוֹבָה קָא מַשְׁמַע לַן, דְּאִיבְּעִי לֵיהּ לְאִינִישׁ לְאִיזְדְּהוֹרֵי מֵעֵינָא בִּישָׁא. וְהַיְינוּ דְּקָאָמַר לְהוּ יְהוֹשֻׁעַ – דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר אֲלֵיהֶם יְהוֹשֻׁעַ, אִם עַם רַב אַתָּה, עֲלֵה לְךָ הַיַּעְרָה״. אֲמַר לְהוּ: לְכוּ וְהַחְבִּאוּ עַצְמְכֶם בִּיעָרִים, שֶׁלֹּא תִּשְׁלוֹט בָּכֶם עַיִן רַע.
La Guemara rejette l’inférence d’Abaye : En général, le verset ne rapporterait pas un cas où quelqu’un a protesté si sa protestation n’avait pas été efficace, et là, le verset inclut la protestation des descendants de Joseph afin de nous enseigner une mesure de bon conseil : qu’une personne doit se méfier du mauvais œil. Et c’est ce que Josué leur dit, comme il est écrit : « Et Josué leur dit : Si vous êtes un grand peuple, montez dans la forêt, et défrichez-y pour vous-mêmes dans le pays des Perizzites et des Rephaïm » (Josué 17:15). Josué leur dit : Allez vous cacher dans les forêts afin que le mauvais œil n’ait pas de prise sur vous.