תַּנְיָא אִידַּךְ: ״וְלֹא תִסֹּב נַחֲלָה מִמַּטֶּה לְמַטֶּה אַחֵר״ – בְּסִיבַּת הַבַּעַל הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
Il est enseigné dans une autrebaraita : « Ainsi, aucun héritage ne passera d’une tribu à une autre tribu » (Nombres 36:9) ; le verset parle du transfert de l’héritage par l’intermédiaire du mari. La Torah interdit à la femme d’épouser un homme d’une autre tribu, car son mari héritera d’elle, transférant ainsi son héritage hors de sa tribu d’origine.
אַתָּה אוֹמֵר בְּסִיבַּת הַבַּעַל; אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּסִיבַּת הַבֵּן? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר: ״וְלֹא תִסֹּב נַחֲלָה לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל מִמַּטֶּה אֶל מַטֶּה״ – הֲרֵי הֲסִיבַּת הַבֵּן אָמוּר; הָא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״וְלֹא תִסֹּב נַחֲלָה מִמַּטֶּה לְמַטֶּה אַחֵר״? בְּסִיבַּת הַבַּעַל הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
Dis-tu que cela concerne le transfert de l’héritage par le mari, ou est-ce seulement en ce qui concerne le transfert de l’héritage par le fils ? Lorsqu’il est dit : « Ainsi, aucun héritage des enfants d’Israël ne passera de tribu en tribu » (Nombres 36:7), le verset parle en ce qui concerne le transfert de l’héritage par le fils. Comment dois-je comprendre le sens du verset : « Ainsi, aucun héritage ne passera d’une tribu à une autre tribu » (Nombres 36:9) ? Ce verset parle du transfert de l’héritage par le mari.
דְּכוּלֵּי עָלְמָא מִיהַת, ״מִמַּטֶּה לְמַטֶּה אַחֵר״ – בְּסִיבַּת הַבַּעַל הַכָּתוּב מְדַבֵּר; מַאי מַשְׁמַע? סִימָן אָמַר רַבָּה בַּר רַב שֵׁילָא, אָמַר קְרָא: ״אִישׁ״. תַּרְוַיְיהוּ ״אִישׁ״ כְּתִיב בְּהוּ!
La Guemara commente : Quoi qu’il en soit, selon tout le monde, c’est-à-dire selon les deux baraitot, l’expression dans le verset « d’une tribu à une autre tribu » parle du transfert de l’héritage par l’intermédiaire du mari. La Guemara demande : D’où cela est-il déduit ? La Guemara fournit un moyen mnémotechnique. Rabba bar Rav Sheila a dit que la dernière partie du verset déclare : « Ainsi, aucun héritage ne passera d’une tribu à une autre tribu ; car les tribus des enfants d’Israël s’attacheront chacune [ish] à son propre héritage », faisant allusion au transfert par l’intermédiaire du mari, puisque le mot « ish » signifie mari, dans le contexte de : « Élimélekh, le mari [ish] de Naomi » (Ruth 1:3). La Guemara demande : Mais le mot « ish » est écrit dans les deux versets. Par conséquent, les deux versets doivent être interprétés comme se rapportant au transfert de l’héritage par l’intermédiaire du mari.
אֶלָּא אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, אָמַר קְרָא: ״יִדְבְּקוּ״. תַּרְוַיְיהוּ ״יִדְבְּקוּ״ כְּתִיב בְּהוּ!
Au contraire, Rav Naḥman bar Yitzḥak a donné une explication différente. Le verset déclare : « s’attachera », et ce terme fait allusion au mariage, comme dans le contexte de : « et il s’attachera à sa femme » (Genèse 2:24). La Guemara soulève une difficulté : Mais le terme « s’attachera » est écrit dans les deux versets. Par conséquent, les deux versets doivent être interprétés au sujet du transfert de l’héritage par l’intermédiaire du mari.
אֶלָּא אָמַר רָבָא, אָמַר קְרָא: ״יִדְבְּקוּ מַטּוֹת״. רַב אָשֵׁי אָמַר, אָמַר קְרָא: ״מִמַּטֶּה לְמַטֶּה אַחֵר״ – וּבֵן לָאו אַחֵר הוּא.
Au contraire, Rava a dit une explication différente : Le verset déclare : « Les tribus des enfants d’Israël s’attacheront », et les tribus s’attachent les unes aux autres par le mariage. Rav Ashi a dit une autre explication : Le verset déclare : « D’une tribu à une autre tribu », et un fils n’est pas considéré comme « un autre », car il est une extension de sa mère.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר רַבִּי יַנַּאי אָמַר רַבִּי; וּמָטוּ בָּהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה: מִנַּיִן לְבַעַל שֶׁאֵינוֹ נוֹטֵל בָּרָאוּי כִּבְמוּחְזָק? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּשְׂגוּב הוֹלִיד אֶת יָאִיר, וַיְהִי לוֹ עֶשְׂרִים וְשָׁלוֹשׁ עָרִים בְּאֶרֶץ הַגִּלְעָד״. מִנַּיִן לְיָאִיר – שֶׁלֹּא הָיָה לוֹ לִשְׂגוּב? אֶלָּא מְלַמֵּד שֶׁנָּשָׂא שְׂגוּב אִשָּׁה, וּמֵתָה בְּחַיֵּי מוֹרִישֶׁיהָ; וּמֵתוּ מוֹרִישֶׁיהָ, וִירָשָׁהּ יָאִיר.
§ Rabbi Abbahou dit que Rabbi Yoḥanan dit que Rabbi Yannai dit que Rabbi Yehouda HaNassi dit, et certains ont établi que c’était au nom de Rabbi Yehoshua ben Korḥa : D’où est-il déduit qu’un mari qui hérite de sa femme ne reçoit pas en héritage le bien échu à la défunte comme il reçoit le bien qu’elle possédait ? Au lieu que le mari hérite du bien qui lui était échu, ce bien est hérité par ses autres parents, comme son fils, ou d’autres parents de son père. Comme il est dit : « Et Segouv engendra Yaïr, qui avait vingt-trois villes dans le pays de Galaad » (I Chroniques 2:22). La Guemara demande : D’où Yaïr avait-il une terre que son père, Segouv, n’avait pas ? Plutôt, cela enseigne que Segouv épousa une femme et qu’elle mourut du vivant de ses potentiels transmetteurs, et que ses transmetteurs moururent ensuite, et Yaïr, son fils, et non Segouv, son mari, hérita de ces héritages d’elle.
וְאוֹמֵר: ״וְאֶלְעָזָר בֶּן אַהֲרֹן מֵת וַיִּקְבְּרוּ וְגוֹ׳״. מִנַּיִן לְפִנְחָס – שֶׁלֹּא הָיָה לוֹ לְאֶלְעָזָר? מְלַמֵּד שֶׁנָּשָׂא אֶלְעָזָר אִשָּׁה, וּמֵתָה בְּחַיֵּי מוֹרִישֶׁיהָ; וּמֵתוּ מוֹרִישֶׁיהָ, וִירָשָׁהּ פִּנְחָס.
Et il est dit : « Et Elazar, fils d’Aaron, mourut ; et on l’enterra dans la Colline de Pinehas, son fils » (Josué 24:33). D’où Pinehas avait-il une terre que son père, Elazar, n’avait pas ? Au contraire, cela enseigne qu’Elazar épousa une femme et qu’elle mourut du vivant de ses potentiels légataires, puis ses légataires moururent, et Pinehas, son fils, et non Elazar, son mari, hérita du bien d’elle.
וּמַאי ״וְאוֹמֵר״? וְכִי תֵּימָא, יָאִיר – דַּהֲוָה נְסִיב אִיתְּתָא וּמֵתָה, וְיַרְתַהּ; תַּלְמוּד לוֹמַר: וְאֶלְעָזָר בֶּן אַהֲרֹן מֵת״. וְכִי תֵּימָא דִּנְפַלָה לֵיהּ בִּשְׂדֵה חֲרָמִים, אָמַר קְרָא: ״בְּנוֹ״ – נַחֲלָה הָרְאוּיָה לוֹ, וִירָשָׁהּ בְּנוֹ.
Et quel est le sens de : Et il est dit ? Pourquoi est-il nécessaire d’apporter une preuve supplémentaire au-delà du premier verset ? La Guemara l’explique. Et si tu dis : Dans le verset concernant Segouv et Yaïr, c’est Yaïr, et non Segouv, qui a épousé une femme, elle est morte, et il a hérité d’elle, et il n’a pas hérité de sa mère, le verset déclare : « Et Éléazar, fils d’Aaron, mourut ; et on l’enterra sur la colline de Pinhas son fils » (Josué 24:33), enseignant que Pinhas hérita de la terre de ceux dont sa mère avait hérité, et Éléazar non. Et si tu dis que cette terre entra dans la possession de Pinhas comme un champ consacré, puisqu’il était prêtre, et qu’il ne l’a pas héritée de sa mère, le verset déclare : « Son fils », indiquant qu’il s’agissait d’un héritage qui lui convenait, c’est-à-dire à Éléazar, si sa femme n’était pas décédée avant ceux qui devaient lui léguer, et son fils en hérita.
וּבְנֵי אָחוֹת. תָּנָא: בְּנֵי אָחוֹת, וְלֹא בְּנוֹת אָחוֹת.
§ La michna enseigne : Et les fils des sœurs, c’est-à-dire les neveux nés des sœurs du défunt, héritent de leurs oncles maternels mais ne leur transmettent pas d’héritage. Il est enseigné dans une baraita : Cette halakha s’applique aux fils des sœurs mais non aux filles des sœurs.