מוּתָּרוֹת, יִשְׂרָאֵל שֶׁהֵבִיא אֲבָנִים מִן הַמַּרְקוּלִיס וְחִיפָּה בָּהֶן דְּרָכִים וּסְרַטְיָאוֹת — אֲסוּרוֹת, וְלֵית נַגָּר וְלָא בַּר נַגָּר דְּיִפְרְקִינַּהּ.
elles sont permises, car le gentil a annulé leur statut interdit. Dans le cas d’un Juif qui a apporté des pierres d’un tas dédié à Mercure et en a pavé des chemins et des rues, elles sont interdites. Et il n’y a ni charpentier [naggar] ni fils de charpentier qui puisse résoudre cela, c’est-à-dire que personne ne peut résoudre la difficulté inhérente à cette déclaration, ni un érudit de la Torah, ni même un érudit qui est le fils d’un érudit.
אֲמַר רַב שֵׁשֶׁת: אֲנָא לָא נַגָּר אֲנָא וְלָא בַּר נַגָּר אֲנָא, וּפָרֵיקְנָא לֵיהּ: מַאי קוּשְׁיָא לֵיהּ? דְּרַב גִּידֵּל. בָּעֵינָא כְּעֵין פְּנִים, וְלֵיכָּא.
Rav Sheshet dit : Quant à moi, je ne suis pas charpentier, ni fils de charpentier, et pourtant je résoudrai la difficulté. Quelle est la difficulté que Rabba bar Yirmeya trouve dans la baraita ? La baraita est difficile à cause de la déclaration de Rav Giddel, selon laquelle le statut interdit des offrandes apportées dans le cadre de l’idolâtrie ne peut jamais être révoqué. Cela n’est pas difficile, car pour que l’idolâtrie interdise une offrande, j’exige que l’offrande soit comme ces offrandes sacrifiées à l’intérieur du Temple, et il n’existe pas d’offrande parallèle de pierres dans le Temple.
אָמַר רַב יוֹסֵף בַּר אַבָּא: אִיקְּלַע רַבָּה בַּר יִרְמְיָה לְאַתְרִין, וַאֲתָא וְאַיְיתִי מַתְנִיתָא בִּידֵיהּ: מַתְלִיעִין וּמְזַהֲמִין בַּשְּׁבִיעִית, וְאֵין מַתְלִיעִין וּמְזַהֲמִין בַּמּוֹעֵד.
§ Rav Yosef bar Abba a dit : Rabba bar Yirmeya se trouva venir dans notre localité, et lorsqu’il vint, il apporta avec lui la baraita suivante : On peut enlever des vers d’un arbre et mettre du fumier sur une entaille de l’arbre pendant l’année sabbatique, mais on ne peut pas enlever des vers ni mettre du fumier sur une entaille pendant les jours intermédiaires de la Fête.
כָּאן וְכָאן אֵין מְגַזְּמִין, וְסָכִין שֶׁמֶן לִגְזוֹם, בֵּין בַּמּוֹעֵד בֵּין בַּשְּׁבִיעִית. וְלֵית נַגָּר וְלָא בַּר נַגָּר דְּיִפְרְקִינַּהּ.
La baraita continue : Tant ici, dans le cas de l’Année sabbatique, que là-bas, dans le cas des jours intermédiaires de la Fête, on ne peut pas élaguer les arbres. Mais on peut enduire d’huile l’arbre précédemment taillé, à l’endroit où il a été taillé, afin d’éviter que l’arbre ne soit endommagé, aussi bien pendant les jours intermédiaires de la Fête que pendant l’Année sabbatique. Et il n’y a ni charpentier ni fils de charpentier qui puisse résoudre cela.
אָמַר רָבִינָא: אֲנָא לָא נַגָּר אֲנָא וְלָא בַּר נַגָּר אֲנָא, וּמְפָרֵקְינָא לַהּ: מַאי קָא קַשְׁיָא לֵיהּ? אִילֵּימָא מוֹעֵד אַשְּׁבִיעִית קָא קַשְׁיָא לֵיהּ — מַאי שְׁנָא שְׁבִיעִית דְּשָׁרֵי, וּמַאי שְׁנָא מוֹעֵד דְּאָסוּר? מִי דָּמֵי?! שְׁבִיעִית — מְלָאכָה אָסַר רַחֲמָנָא, טִירְחָא שְׁרֵי; מוֹעֵד — אֲפִילּוּ טִירְחָא נָמֵי אָסוּר.
Ravina dit : Quant à moi, je ne suis pas charpentier, ni ne suis-je le fils d’un charpentier, et pourtant je résoudrai la difficulté. Quelle est la difficulté que Rabba bar Yirmeya trouve dans la baraita ? Si nous disons que la différence entre les jours intermédiaires de la Fête et l’année sabbatique lui pose une difficulté, cela ne peut pas être le cas. On ne peut pas expliquer que Rabba bar Yirmeya demande qu’est-ce qui distingue l’année sabbatique dans laquelle il est permis d’enlever les vers et de mettre du fumier sur une entaille, et qu’est-ce qui distingue les jours intermédiaires de la Fête dans lesquels cela est interdit, car ce n’est pas une question valable. Sont-ils comparables ? En ce qui concerne l’année sabbatique, le Miséricordieux a interdit seulement le travail agricole, tandis que d’autres formes d’effort sont permises. En ce qui concerne les jours intermédiaires de la Fête, même d’autres formes d’effort sont interdites.
וְאֶלָּא זִיהוּם אַגִּיזּוּם קָא קַשְׁיָא לֵיהּ: מַאי שְׁנָא זִיהוּם דְּשָׁרֵי, וּמַאי שְׁנָא גִּיזּוּם דְּאָסוּר? מִי דָּמֵי?! זִיהוּם — אוֹקוֹמֵי אִילָנָא, וּשְׁרֵי; גִּיזּוּם — אַבְרוֹיֵי אִילָנָא, וְאָסוּר.
Ravina suggère : Au contraire, peut-être que la différence entre mettre du fumier et tailler lui pose une difficulté. Qu’y a-t-il de différent dans le fait de mettre du fumier pour que cela soit permis pendant l’Année sabbatique, et qu’y a-t-il de différent dans le fait de tailler pour que cela soit interdit ? Ravina rejette cette suggestion : Cela non plus n’est pas une question valable. Sont-ils comparables ? Le but de mettre du fumier est de préserver l’arbre, et c’est donc permis, tandis que le but de tailler est d’améliorer l’arbre, et c’est donc interdit.
וְאֶלָּא, זִיהוּם אַזִּיהוּם קָא קַשְׁיָא לֵיהּ, דְּקָתָנֵי: מַתְלִיעִין וּמְזַהֲמִין בַּשְּׁבִיעִית, וּרְמִינְהִי: מְזַהֲמִין אֶת הַנְּטִיעוֹת, וְכוֹרְכִין אוֹתָן, וְקוֹטְמִין אוֹתָן, וְעוֹשִׂין לָהֶם בָּתִּים, וּמַשְׁקִין אוֹתָן עַד רֹאשׁ הַשָּׁנָה — עַד רֹאשׁ הַשָּׁנָה אִין, בִּשְׁבִיעִית לָא!
Ravina suggère : Au contraire, peut-être que la contradiction entre la baraita susmentionnée concernant le dépôt de fumier et une autre michna concernant le dépôt de fumier lui pose une difficulté, puisque la baraita enseigne : On peut enlever des vers d’un arbre et mettre du fumier sur une entaille dans un arbre pendant l’année sabbatique. Et on peut susciter une contradiction à partir d’une michna (Shevi’it 2:4) : On peut mettre du fumier sur les jeunes plants, et on peut attacher leurs branches au tronc afin qu’ils poussent droits. Et on peut couper leurs cimes pour favoriser leur croissance, et leur faire des abris pour les protéger du soleil, et les arroser. Toutes ces actions sont permises jusqu’à Roch Hachana de l’année sabbatique. On peut en déduire que jusqu’à Roch Hachana, oui, on peut mettre du fumier sur l’arbre ; mais pendant l’année sabbatique elle-même, on ne peut pas le faire.
וְדִלְמָא כִּדְרַב עוּקְבָא בַּר חָמָא, דְּאָמַר רַב עוּקְבָא בַּר חָמָא: תְּרֵי קִשְׁקוּשֵׁי הָווּ, חַד לְאַבְרוֹיֵי אִילָנָא וְאָסוּר, וְחַד לְסַתּוֹמֵי פִּילֵי וּשְׁרֵי. הָכִי נָמֵי תְּרֵי זִיהוּמֵי הָוֵי, חַד לְאוֹקוֹמֵי אִילָנֵי וּשְׁרֵי, וְחַד לְאַבְרוֹיֵי אִילָנֵי וְאָסוּר!
Ravina rejette cette suggestion : Mais peut-être peut-on expliquer l’apparente contradiction d’une manière similaire à l’explication de Rav Ukva bar Ḥama, car Rav Ukva bar Ḥama dit : Il y a deux types de binage [kishkushei]. Le but de l’un est d’améliorer la santé de l’arbre, et cela est donc interdit. Et le but de l’un est de combler des fissures dans le sol, ce qui est permis, car cela est fait uniquement pour empêcher les arbres de mourir et non pour améliorer leur croissance. De même, on peut suggérer qu’il y a deux types d’épandage de fumier : Un type dont le but est de préserver les arbres, et est donc permis, et un type dont le but est d’améliorer les arbres, et est donc interdit.
וְאֶלָּא, סִיכָה אַסִּיכָה קָא קַשְׁיָא לֵיהּ, דְּקָתָנֵי: סָכִין שֶׁמֶן לִגְזוֹם בֵּין בַּמּוֹעֵד וּבֵין בַּשְּׁבִיעִית, וּרְמִינְהִי: סָכִין אֶת הַפַּגִּין וּמְנַקְּבִין וּמְפַטְּמִין אוֹתָן עַד רֹאשׁ הַשָּׁנָה — עַד רֹאשׁ הַשָּׁנָה אִין, בִּשְׁבִיעִית לָא!
Ravina suggère : Au contraire, peut-être que la contradiction entre la halakha dans la baraita concernant le fait de enduire d’huile et la halakha dans une autre michna concernant le fait de enduire d’huile pose une difficulté pour lui, puisque la baraitaenseigne : On peut enduire d’huile l’arbre précédemment taillé, à l’endroit où on l’a taillé, aussi bien pendant les jours intermédiaires de la fête que pendant l’année sabbatique. Et on peut soulever une contradiction à partir de la michna (Shevi’it 2:5) : On peut enduire d’huile les figues non mûres durant la sixième année du cycle sabbatique afin d’accélérer leur maturation, et de même on peut les percer et remplir l’entaille d’huile pour faciliter leur maturation jusqu’à Roch HaChana. On peut en déduire que jusqu’à Roch HaChana, oui, on peut enduire ; mais pendant l’année sabbatique elle-même, on ne peut pas le faire.
מִי דָּמֵי?! הָכָא אוֹקוֹמֵי אִילָנָא, וּשְׁרֵי; הָתָם פַּטּוֹמֵי פֵּירָא, וַאֲסִיר!
Ravina rejette cette suggestion : Ce n’est pas non plus une question valable. Sont-ils comparables ? Ici, le fait d’enduire d’huile l’endroit où l’arbre a été taillé a pour but de préserver l’arbre, et c’est donc permis. Là-bas, le fait d’enduire d’huile les figues non mûres a pour but d’améliorer et de faire grossir le fruit et est donc interdit.
אֲמַר לֵיהּ רַב סַמָּא בְּרֵיהּ דְּרַב אָשֵׁי לְרָבִינָא בַּר יִרְמְיָה: סִיכָה דְּמוֹעֵד אַזִּיהוּם דְּמוֹעֵד קָא קַשְׁיָא לֵיהּ, מִכְּדִי הַאי אוֹקוֹמֵי וְהַאי אוֹקוֹמֵי, מַאי שְׁנָא הַאי דִּשְׁרֵי וּמַאי שְׁנָא הַאי דַּאֲסִור? הַיְינוּ דְּקָאָמַר לֵיהּ: לֵית נַגָּר וְלָא בַּר נַגָּר דְּיִפְרְקִינַּהּ.
Rav Samma, fils de Rav Ashi, dit à Ravina : La contradiction entre la halakha concernant le fait d’enduire d’huile pendant les jours intermédiaires de la Fête et la halakha concernant le fait de mettre du fumier pendant les jours intermédiaires de la Fête pose une difficulté pour Rabba bar Yirmeya. Puisque le but de cette action est de préserver l’arbre, et le but de cette autre action est de préserver l’arbre, qu’est-ce qui est différent dans ce cas pour que cela soit permis, et qu’est-ce qui est différent dans cet autre cas pour que cela soit interdit ? C’est la raison pour laquelle Rabba bar Yirmeya lui dit : Il n’y a ni charpentier ni fils de charpentier qui puisse résoudre cela.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁעוֹבְדִין אוֹתָהּ בְּמַקֵּל, שָׁבַר מַקֵּל בְּפָנֶיהָ — חַיָּיב, זָרַק מַקֵּל בְּפָנֶיהָ — פָּטוּר. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרָבָא: מַאי שְׁנָא שָׁבַר דַּהֲוָה לֵיהּ כְּעֵין זְבִיחָה, זָרַק נָמֵי הֲוָה לֵיהּ כְּעֵין זְרִיקָה! אֲמַר לֵיהּ: בָּעֵינָא זְרִיקָה מִשְׁתַּבֶּרֶת, וְלֵיכָּא.
§ Rav Yehouda dit que Rav dit : Dans le cas d’un objet d’idolâtrie qui est adoré au moyen d’un bâton, par exemple en frappant un bâton contre un autre objet afin de produire du bruit, si quelqu’un a cassé un bâton devant lui, il est passible. S’il a jeté un bâton devant lui, il est exempt. Abaye dit à Rava : Quelle est la différence dans le cas où quelqu’un a cassé un bâton ? Dans ce cas, on est passible parce que cela ressemble à l’abattage d’une offrande, qui est un rite accompli dans le Temple ; alors, de même, dans le cas où quelqu’un a jeté un bâton, cela ressemble à l’aspersion du sang sur l’autel. Rava dit à Abaye : Pour qu’un rite sacrificiel ressemble à l’aspersion du sang, j’exige une forme de jet qui disperse l’offrande, et ce n’est pas le cas ici.
אֵיתִיבֵיהּ: סָפַת לָהּ צוֹאָה, אוֹ שֶׁנִּסֵּךְ לְפָנֶיהָ עָבִיט שֶׁל מֵימֵי רַגְלַיִם —
Abaye a soulevé une objection à l’explication de Rava à partir d’une baraita : Celui qui a nourri [safat] une idole avec des excréments, ou qui a versé un pot de chambre rempli d’urine devant elle en libation,