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אָמַר רַבָּה: מַחְלוֹקֶת בְּשֶׁל כְּפָרִים, אֲבָל בְּשֶׁל כְּרַכִּים — דִּבְרֵי הַכֹּל מוּתָּרִין, מַאי טַעְמָא? לְנוֹי עָבְדִי לְהוּ.
Rabba dit : Le différend entre Rabbi Meïr et les Sages ne concerne que les statues érigées dans les villages. Mais en ce qui concerne celles qui sont érigées dans les villes, tous s’accordent à dire qu’elles sont permises, c’est-à-dire qu’il est permis d’en tirer profit. Quelle en est la raison ? C’est parce qu’elles ont été fabriquées à des fins ornementales et non pour le culte.
וְדִכְפָרִים, מִי אִיכָּא לְמַאן דְּאָמַר לְנוֹי קָעָבְדִי לְהוּ? דִּכְפָרִים וַדַּאי לְמִיפְלְחִינְהוּ עָבְדִי לְהוּ!
La Guemara demande : Mais en ce qui concerne celles érigées dans les villages, y a-t-il quelqu’un qui dise qu’elles sont façonnées à des fins ornementales ? Celles dans les villages ont certainement été façonnées pour le culte des idoles. Comment, alors, les Sages peuvent-ils soutenir que de telles statues sont permises ?
אֶלָּא אִי אִתְּמַר, הָכִי אִתְּמַר: אָמַר רַבָּה: מַחְלוֹקֶת בְּשֶׁל כְּרַכִּים, אֲבָל בְּשֶׁל כְּפָרִים — דִּבְרֵי הַכֹּל אֲסוּרִים.
La Guemara répond : Mais, si une telle distinction a été énoncée, voici ce qui a été énoncé : Rabba dit que le désaccord entre Rabbi Meïr et les Sages ne porte que sur les statues qui sont érigées dans les villes, où elles ont pu être façonnées simplement à des fins ornementales. Mais en ce qui concerne celles érigées dans les villages, tous s’accordent à dire qu’elles sont utilisées pour l’idolâtrie et sont donc interdites.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵינָן אֲסוּרִין וְכוּ׳. מַקֵּל — שֶׁרוֹדֶה אֶת עַצְמוֹ תַּחַת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ כְּמַקֵּל, צִפּוֹר — שֶׁתּוֹפֵשׂ אֶת עַצְמוֹ תַּחַת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ כְּצִפּוֹר, כַּדּוּר — שֶׁתּוֹפֵשׂ אֶת עַצְמוֹ תַּחַת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ כְּכַדּוּר.
§ La michna enseigne : Et les Sages disent : Les seules statues qui sont interdites sont : toute statue qui a dans sa main un bâton, ou un oiseau, ou un globe, car ce sont des indications que cette statue est destinée à l’idolâtrie. La Guemara explique que chacun de ces objets symbolise la prétendue divinité de la statue, indiquant sa domination sur le monde : Un bâton symbolise la domination, de même que l’idole règne pour ainsi dire sur le monde entier, c’est-à-dire qu’elle règne sur le monde entier, comme on dirige un animal avec un bâton. Un oiseau symbolise la domination, de même que l’idole saisit pour ainsi dire le monde entier, c’est-à-dire qu’elle saisit le monde entier, comme on tient un oiseau dans sa main. Un globe symbolise la domination, de même que l’idole saisit pour ainsi dire le monde entier, c’est-à-dire qu’elle saisit le monde entier, comme on tient une balle dans sa main.
תָּנָא, הוֹסִיפוּ עֲלֵיהֶן: סַיִיף, עֲטָרָה, וְטַבַּעַת.
Les Sages ont enseigné dans la Tosefta (6:1) qu'ils ont ajouté ce qui suit à la liste des objets qui, lorsqu'ils sont ajoutés à une statue, indiquent qu'elle est adorée comme une idole : Une épée dans sa main, une couronne sur sa tête, et un anneau à son doigt.
סַיִיף — מֵעִיקָּרָא סְבוּר לִסְטִים בְּעָלְמָא, וּלְבַסּוֹף סְבוּר שֶׁהוֹרֵג אֶת עַצְמוֹ תַּחַת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ.
La Guemara explique pourquoi ces objets furent d’abord considérés comme insignifiants, puis compris plus tard comme symbolisant l’idolâtrie. En ce qui concerne une statue tenant une épée, les Sages pensèrent d’abord que cela indiquait simplement qu’il s’agissait d’une statue de brigand. Mais finalement, ils conclurent que cela symbolise l’idée que l’idole a le pouvoir de tuer le monde entier, c’est-à-dire de tuer le monde entier.
עֲטָרָה — מֵעִיקָּרָא סְבוּר גָּדֵיל כְּלִילֵי בְּעָלְמָא, וּלְבַסּוֹף סְבוּר כַּעֲטָרָה לַכֶּלֶב. טַבַּעַת — מֵעִיקָּרָא סְבוּר אִישְׁתְּיָימָא בְּעָלְמָא, וּלְבַסּוֹף סְבוּר שֶׁחוֹתֵם אֶת עַצְמוֹ תַּחַת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ לְמִיתָה.
En ce qui concerne une couronne, les Sages ont d’abord pensé qu’il s’agissait simplement d’une couronne tressée. Mais finalement, ils ont conclu qu’elle est comme la couronne d’un roi. En ce qui concerne un anneau, les Sages ont d’abord pensé que cela ne faisait que symboliser le porteur d’une bague à sceau [ishtayema]. Mais finalement, ils ont conclu que cela symbolise la capacité supposée de l’idole à sceller son destin sous le monde entier, c’est-à-dire à sceller le destin du monde entier pour la mort.
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל כּוּ׳. תָּנָא: אֲפִילּוּ צְרוֹר, אֲפִילּוּ קֵיסָם.
§ La michna enseigne que Rabban Shimon ben Gamliel dit : Il est interdit de tirer profit même de toute statue qui a un quelconque objet dans sa main. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Il est interdit de tirer profit d’une statue même si elle ne fait que tenir une pierre, ou même une brindille.
בָּעֵי רַב אָשֵׁי: תָּפַשׂ בְּיָדוֹ צוֹאָה, מַהוּ? מִי אָמְרִינַן כּוּלֵּי עָלְמָא זִילוּ בְּאַפֵּיהּ כִּי צוֹאָה, אוֹ דִילְמָא הוּא מִיהוּ דְּזִיל בְּאַפֵּי כּוּלֵּי עָלְמָא כְּצוֹאָה? תֵּיקוּ.
Rav Ashi soulève un dilemme : Si l’idole tient des excréments dans sa main, quelle est la halakha ? Cela vise-t-il à honorer la statue, indiquant qu’elle est un objet d’idolâtrie ? Disons-nous que la statue est interdite, puisque cela indique que le monde entier lui est inférieur comme des excréments, ou peut-être cela indique-t-il que l’idole elle-même est inférieure au monde entier comme des excréments ? La Guemara conclut : La question restera sans résolution.
מַתְנִי׳ הַמּוֹצֵא שִׁבְרֵי צְלָמִים, הֲרֵי אֵלּוּ מוּתָּרִין. מָצָא תַּבְנִית יָד אוֹ תַּבְנִית רֶגֶל, הֲרֵי אֵלּוּ אֲסוּרִין, מִפְּנֵי שֶׁכַּיּוֹצֵא בָּהֶן נֶעֱבָד.
MICHNA : Dans le cas de celui qui trouve des fragments non identifiables de statues, ceux-ci sont permis, c’est-à-dire qu’on peut en tirer profit. S’il a trouvé un objet sous la forme d’une main ou sous la forme d’un pied, ceux-ci sont interdits, car des objets semblables à ceux-là sont adorés.
גְּמָ׳ אָמַר שְׁמוּאֵל: אֲפִילּוּ שִׁבְרֵי עֲבוֹדָה זָרָה. וְהָאֲנַן תְּנַן: שִׁבְרֵי צְלָמִים!
GUEMARA :Shmuel dit : Il est permis de tirer profit même de fragments de objets qui ont été vus utilisés dans l’idolâtrie. La Guemara demande : Mais n’avons-nous pas appris dans la michna que les fragments de statues ordinaires sont permis ? Cela indique qu’il est interdit de tirer profit de fragments d’idoles dont on savait qu’elles étaient adorées.
הוּא הַדִּין דַּאֲפִילּוּ שִׁבְרֵי עֲבוֹדָה זָרָה, וְהָא דְּקָתָנֵי שִׁבְרֵי צְלָמִים — מִשּׁוּם דְּקָבָעֵי לְמִיתְנֵא סֵיפָא: מָצָא תַּבְנִית יָד תַּבְנִית רֶגֶל — הֲרֵי אֵלּוּ אֲסוּרִין, מִפְּנֵי שֶׁכַּיּוֹצֵא בָּהֶן נֶעֱבָד.
La Guemara répond : La michna veut dire que les fragments de statues sont permis, et il en va de même même pour les fragments d’objets d’idolâtrie. Et ce qui est enseigné dans la michna : Fragments de statues, n’a pas pour but d’exclure les fragments d’idoles. Au contraire, cette expression est employée parce que la michna a cherché à enseigner dans la dernière clause : Si quelqu’un a trouvé un objet en forme de main ou en forme de pied, ceux-ci sont interdits, même s’il n’est pas connu qu’il s’agisse d’objets d’idolâtrie, car des objets semblables à ceux-là sont adorés. Si la première clause de la michna avait porté sur des fragments d’idoles, on aurait déduit que la clause suivante se référait spécifiquement à la figure d’une main ou d’un pied dont on savait qu’elle avait été adorée, et que sinon de telles figures ne seraient pas interdites.
תְּנַן: מָצָא תַּבְנִית יָד תַּבְנִית רֶגֶל — הֲרֵי אֵלּוּ אֲסוּרִין, מִפְּנֵי שֶׁכַּיּוֹצֵא בּוֹ נֶעֱבָד. אַמַּאי?
Nous avons appris dans la michna : si quelqu’un a trouvé un objet en forme de main ou en forme de pied, ceux-ci sont interdits, car des objets semblables à ceux-là sont adorés. La Guemara demande : Pourquoi ?

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