דְּלָא לִיפַּלּוּג לִישָּׁנֵי. ״עַל פַּלְגֵי מַיִם״. אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם בַּר חֲנִילַאי: לְעוֹלָם יְשַׁלֵּשׁ אָדָם שְׁנוֹתָיו — שְׁלִישׁ בַּמִּקְרָא, שְׁלִישׁ בַּמִּשְׁנָה, שְׁלִישׁ בַּתַּלְמוּד.
il ne sera pas déconcerté par les différentes versions des mêmes déclarations qu’il entend de chaque maître, car il n’aura pas de version autoritative claire provenant d’une seule source. La Guemara poursuit la discussion du verset cité ci-dessus : « Près des cours d’eau [palgei] » (Psaumes 1:3). Rabbi Tanḥum bar Ḥanilai dit : Puisque la racine peh, lamed, gimmel peut aussi renvoyer au fait de diviser, le verset est interprété ainsi : Une personne devrait toujours diviser ses années en trois parts, comme suit : un tiers pour Torah, un tiers pour la Michna et un tiers pour le Talmud.
מִי יָדַע אִינִישׁ כַּמָּה חָיֵי? כִּי קָאָמְרִינַן — בְּיוֹמֵי.
La Guemara demande : Comment une personne peut-elle diviser sa vie de cette manière ? Une personne connaît-elle la durée de sa vie, pour pouvoir calculer ce que représentera un tiers ? La Guemara répond : Lorsque nous avons dit qu’une personne devait diviser son temps en tiers, l’intention était en ce qui concerne ses jours, c’est-à-dire qu’elle doit consacrer un tiers de chaque jour à la Torah, à la Michna et au Talmud, respectivement.
״אֲשֶׁר פִּרְיוֹ יִתֵּן בְּעִתּוֹ״, אָמַר רָבָא: אִם ״פִּרְיוֹ יִתֵּן בְּעִתּוֹ״ — ״וְעָלֵהוּ לֹא יִבּוֹל״, וְאִם לָאו — עַל הַלּוֹמֵד וְעַל הַמְלַמֵּד עֲלֵיהֶם הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״לֹא כֵן הָרְשָׁעִים כִּי אִם וְגוֹ׳״.
La Guemara traite de la suite du verset cité ci-dessus : « Qui donne son fruit en sa saison et dont la feuille ne se flétrit pas » (Psaumes 1:3). Rava dit : Si quelqu’un produit du fruit en sa saison, c’est-à-dire s’il agit conformément aux préceptes de la Torah qu’il étudie, alors sa feuille ne se flétrira pas, car la Torah le soutiendra. Mais si quelqu’un n’étudie pas avec l’intention que son étude mène à l’action, alors en ce qui concerne à la fois celui qui est enseigné et celui qui enseigne, le verset dit à leur sujet : « Il n’en est pas ainsi des méchants ; mais ils sont comme la bale que le vent chasse » (Psaumes 1:4).
אָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב, מַאי דִּכְתִיב: ״כִּי רַבִּים חֲלָלִים הִפִּילָה״ — זֶה תַּלְמִיד שֶׁלֹּא הִגִּיעַ לְהוֹרָאָה וּמוֹרֶה, ״וַעֲצֻמִים כׇּל הֲרוּגֶיהָ״ — זֶה תַּלְמִיד שֶׁהִגִּיעַ לְהוֹרָאָה וְאֵינוֹ מוֹרֶה.
Rabbi Abba dit que Rav Houna dit que Rav dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Car elle a fait tomber [hippila] beaucoup de blessés et une troupe puissante sont tous ses tués » (Proverbes 7:26) ? Cela fait référence à un étudiant qui n’a pas encore atteint le niveau où il peut rendre des décisions juridiques, mais néanmoins il en rend déjà. Il est comme un fœtus sorti du ventre avant son terme, car le mot hippila signifie aussi faire une fausse couche. « Et une troupe puissante sont tous ses tués » ; cela fait référence à un étudiant qui a atteint le niveau où il peut rendre des décisions juridiques, désigné ici comme « une troupe puissante », mais il ne rend pas de décisions, et en s’abstenant d’enseigner ce qu’il sait, il empêche les masses d’apprendre correctement la Torah.
וְעַד כַּמָּה? עַד אַרְבְּעִין שְׁנִין. וְהָא רָבָא אוֹרִי! הָתָם בְּשָׁוִין.
Et jusqu’à quand un érudit est-il considéré comme trop immature pour rendre des décisions juridiques ? Il est considéré comme immature jusqu’à l’âge de quarante ans. La Guemara demande : Mais Rava n’a-t-il pas rendu des décisions juridiques avant cet âge ? La Guemara répond : Là-bas cela est permis, car dans le cas de Rava ils sont égaux, c’est-à-dire que si quelqu’un a atteint un niveau de connaissance équivalent à celui du principal érudit de sa ville, il lui est permis de rendre des décisions même avant d’atteindre l’âge de quarante ans.
״וְעָלֵהוּ לֹא יִבּוֹל״, אָמַר רַב אַחָא בַּר אַדָּא אָמַר רַב, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב אַחָא בַּר אַבָּא אָמַר רַב הַמְנוּנָא אָמַר רַב: שֶׁאֲפִילּוּ שִׂיחַת חוּלִּין שֶׁל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים צְרִיכָה תַּלְמוּד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעָלֵהוּ לֹא יִבּוֹל״.
La Guemara cite une autre discussion au sujet du verset susmentionné : « Et dont la feuille ne se flétrit pas » (Psaumes 1:3). Rav Aḥa bar Adda dit que Rav dit, et certains disent que c’était Rav Aḥa bar Abba qui dit que Rav Hamnuna dit que Rav dit : Il faut savoir que même la conversation ordinaire des érudits de la Torah nécessite une analyse, comme il est dit : « Et dont la feuille ne se flétrit pas ». Cela enseigne que même la conversation ordinaire d’un érudit de la Torah, comparable aux feuilles d’un arbre, a une grande importance, comme le fruit même de l’arbre.
״וְכֹל אֲשֶׁר יַעֲשֶׂה יַצְלִיחַ״, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: דָּבָר זֶה כָּתוּב בַּתּוֹרָה, וְשָׁנוּי בַּנְּבִיאִים, וּמְשׁוּלָּשׁ בַּכְּתוּבִים — כׇּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה נְכָסָיו מַצְלִיחִין לוֹ. כָּתוּב בַּתּוֹרָה — דִּכְתִיב: ״וּשְׁמַרְתֶּם אֶת דִּבְרֵי הַבְּרִית הַזֹּאת וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם לְמַעַן תַּשְׂכִּילוּ אֵת כׇּל אֲשֶׁר תַּעֲשׂוּן״.
Le verset continue : « Et dans tout ce qu’il fera, il prospérera. » Rabbi Yehoshua ben Levi dit : Cette idée est écrite dans la Torah, répétée dans les Prophètes et énoncée une troisième fois dans les Écrits : Concernant quiconque s’adonne à l’étude de la Torah, ses biens et ses affaires réussiront. Cela est écrit dans la Torah, comme il est dit : « Vous observerez donc les paroles de cette alliance et vous les mettrez en pratique, afin de réussir dans tout ce que vous ferez » (Deutéronome 29:8).
שָׁנוּי בַּנְּבִיאִים — דִּכְתִיב: ״לֹא יָמוּשׁ סֵפֶר הַתּוֹרָה [הַזֶּה] מִפִּיךָ וְהָגִיתָ בּוֹ יוֹמָם וָלַיְלָה לְמַעַן תִּשְׁמֹר לַעֲשׂוֹת כְּכׇל הַכָּתוּב בּוֹ כִּי אָז תַּצְלִיחַ אֶת דְּרָכֶיךָ וְאָז תַּשְׂכִּיל״. מְשׁוּלָּשׁ בַּכְּתוּבִים — דִּכְתִיב: ״כִּי אִם בְּתוֹרַת ה׳ חֶפְצוֹ וּבְתוֹרָתוֹ יֶהְגֶּה יוֹמָם וָלָיְלָה וְהָיָה כְּעֵץ שָׁתוּל עַל פַּלְגֵי מָיִם אֲשֶׁר פִּרְיוֹ יִתֵּן בְּעִתּוֹ וְעָלֵהוּ לֹא יִבּוֹל וְכֹל אֲשֶׁר יַעֲשֶׂה יַצְלִיחַ״.
Cela est répété dans les Prophètes, comme il est écrit : « Ce livre de la Torah ne s’éloignera pas de ta bouche, mais tu le méditeras jour et nuit, afin d’observer et de faire selon tout ce qui y est écrit ; car alors tu rendras tes voies prospères, et alors tu réussiras » (Josué 1:8). Cela est déclaré une troisième fois dans les Écrits, comme il est écrit : « Mais son plaisir est dans la Torah du Seigneur, et il médite dans Sa Torah jour et nuit. Il sera comme un arbre planté près des cours d’eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont la feuille ne se flétrit point ; et dans tout ce qu’il fait, il prospérera » (Psaumes 1:2–3).
מַכְרִיז רַבִּי אֲלֶכְּסַנְדְּרִי: מַאן בָּעֵי חַיֵּי? מַאן בָּעֵי חַיֵּי? (כנוף) [אִיכְּנוּף] וַאֲתוֹ כּוּלֵּי עָלְמָא לְגַבֵּיהּ, אָמְרִי לֵיהּ: הַב לַן חַיֵּי! אֲמַר לְהוּ: ״מִי הָאִישׁ הֶחָפֵץ חַיִּים וְגוֹ׳ נְצֹר לְשׁוֹנְךָ מֵרָע וְגוֹ׳״.
La Guemara rapporte que Rabbi Alexandri proclamait en public, à la manière d’un marchand vendant ses marchandises : Qui désire la vie ? Qui désire la vie ? Tous se rassemblèrent autour de lui pour acheter auprès de lui, en lui disant : Donne-nous la vie ! Il leur déclara le verset suivant : « Quel est l’homme qui désire la vie, qui aime les jours pour y voir le bien ? Préserve ta langue du mal, et tes lèvres des paroles trompeuses » (Psaumes 34:13–14).
״סוּר מֵרָע וַעֲשֵׂה טוֹב וְגוֹ׳״, שֶׁמָּא יֹאמַר: נָצַרְתִּי לְשׁוֹנִי מֵרָע וּשְׂפָתַי מִדַּבֵּר מִרְמָה, אֵלֵךְ וְאֶתְגָּרֶה בְּשֵׁינָה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״סוּר מֵרָע וַעֲשֵׂה טוֹב״, ואין ״טוֹב״ אֶלָּא תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לֶקַח טוֹב נָתַתִּי לָכֶם תּוֹרָתִי אַל תַּעֲזֹבוּ״.
Le psaume continue : « Éloigne-toi du mal et fais le bien ; recherche la paix et poursuis-la » (Psaumes 34:15). La Guemara explique : De peur que l’on ne dise : J’ai gardé ma langue du mal et mes lèvres de paroles trompeuses, j’irai donc me livrer au sommeil. Pour écarter cette possibilité, le verset déclare : « Éloigne-toi du mal et fais le bien, » c’est-à-dire qu’il ne suffit pas d’éviter le mal, il faut faire le bien activement. Et le mot bien ne signifie rien d’autre que Torah, comme il est dit : « Car Je vous ai donné une bonne part ; Ma Torah, ne l’abandonnez pas » (Proverbes 4:2).
הִגִּיעַ לַכִּיפָּה מָקוֹם שֶׁמַּעֲמִידִין בָּהּ עֲבוֹדָה זָרָה. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אִם בָּנָה — שְׂכָרוֹ מוּתָּר. פְּשִׁיטָא! מְשַׁמְּשֵׁי עֲבוֹדָה זָרָה הֵן, וּמְשַׁמְּשֵׁי עֲבוֹדָה זָרָה, בֵּין לְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בֵּין לְרַבִּי עֲקִיבָא, אֵינָן אֲסוּרִין עַד שִׁיעְבְּדוּ.
§ La michna enseigne : On peut construire avec des gentils de petites estrades et des bains publics, mais dès qu’il atteint la chambre voûtée dans le bain où les gentils placent des objets d’idolâtrie, il est interdit à un Juif de continuer à la construire. Rabbi Elazar dit que Rabbi Yoḥanan dit : S’il a effectivement continué à construire la chambre voûtée, son salaire est permis. La Guemara demande : N’est-ce pas évident ? Après tout, de telles chambres voûtées sont seulement des accessoires de l’idolâtrie, et en ce qui concerne les accessoires de l’idolâtrie, aussi bien selon Rabbi Yishmaël que selon Rabbi Akiva, qui sont en désaccord au sujet du fait de tirer profit d’un objet réel d’idolâtrie (51b), tirer profit des accessoires de l’idolâtrie n’est pas interdit tant qu’ils n’ont pas été adorés.
אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לַעֲבוֹדָה זָרָה עַצְמָהּ. הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר: עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁל יִשְׂרָאֵל אֲסוּרָה מִיָּד, וְשֶׁל גּוֹי עַד שֶׁתֵּעָבֵד — שַׁפִּיר, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר: שֶׁל גּוֹי אֲסוּרָה מִיָּד, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?
Rabbi Yirmeya dit : La déclaration de Rabbi Elazar n’est nécessaire que pour permettre le salaire d’un Juif qui a fabriqué un objet d’idolâtrie lui-même. La Guemara demande : Cela fonctionne bien selon celui qui dit qu’un objet d’idolâtrie d’un Juif est interdit immédiatement dès qu’il est fabriqué, mais il n’est pas interdit de tirer profit d’un objet d’idolâtrie d’un non-Juif jusqu’à ce qu’il soit réellement adoré. Dans ce cas, l’idole a été fabriquée pour un non-Juif, et donc l’ouvrier peut recevoir paiement pour son travail, puisque l’idole n’a jamais été adorée. Mais selon celui qui dit qu’un objet d’idolâtrie d’un non-Juif est aussi interdit immédiatement, que peut-on dire ?
אֶלָּא אָמַר רַבָּה בַּר עוּלָּא: לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא בְּמַכּוֹשׁ אַחֲרוֹן. עֲבוֹדָה זָרָה מַאן קָא גָרֵים לַהּ? גְּמַר מְלָאכָה, וְאֵימַת הָוְיָא גְּמַר מְלָאכָה? בְּמַכּוֹשׁ אַחֲרוֹן. מַכּוֹשׁ אַחֲרוֹן לֵית בֵּיהּ שָׁוֶה פְּרוּטָה.
Au contraire, Rabba bar Ulla dit : La déclaration de Rabbi Elazar selon laquelle le salaire de l’ouvrier est permis n’est nécessaire qu’en ce qui concerne le coup final par lequel l’ouvrier achève son travail. Dans le cas d’un objet d’idolâtrie, qu’est-ce qui fait qu’il est utilisé pour l’idolâtrie ? C’est l’achèvement du travail, et quand l’achèvement du travail est-il atteint ? Il est atteint avec le coup final de l’ouvrier. Le coup final à lui seul n’a pas la valeur d’une perouta, et par conséquent, le salaire qu’il reçoit lui est dû lorsque chaque acte de travail est accompli tout au long du processus, et non lorsque le coup final achève le travail.
אַלְמָא קָסָבַר, יֶשְׁנָהּ לִשְׂכִירוּת מִתְּחִלָּה וְעַד סוֹף.
De toute évidence, le rabbin Elazar soutient que l’obligation de payer un salaire est encourue de façon continue du début de la période pour laquelle il a été embauché jusqu’à sa fin, et non seulement à l’achèvement du travail. Puisque l’ouvrier a droit à son salaire à chaque étape du travail accompli pendant toute la période de travail, le salaire n’est pas considéré comme un bénéfice qu’il reçoit de l’idolâtrie, car l’objet n’est classé comme objet d’idolâtrie qu’à la toute fin.
מַתְנִי׳ וְאֵין עוֹשִׂין תַּכְשִׁיטִין לַעֲבוֹדָה זָרָה, קַטְלָאוֹת וּנְזָמִים וְטַבָּעוֹת. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בְּשָׂכָר מוּתָּר. אֵין מוֹכְרִין לָהֶם בִּמְחוּבָּר לַקַּרְקַע, אֲבָל מוֹכֵר הוּא מִשֶּׁיִּקָּצֵץ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מוֹכֵר הוּא עַל מְנָת לָקוֹץ.
MICHNA :Et l’on ne peut pas fabriquer des bijoux pour un objet d’idolâtrie, et cela s’applique à des bijoux tels que des colliers [katla’ot], des anneaux de nez et des bagues. Rabbi Eliezer dit : Si on les fabrique en échange d’un paiement, cela est permis. La michna revient à la question de la vente d’objets aux gentils : On ne peut pas vendre à un gentil un objet attaché au sol, mais on peut vendre un tel objet une fois qu’il est détaché du sol. Rabbi Yehouda dit : Il n’est pas nécessaire de détacher l’objet du sol ; au contraire, on peut le vendre à condition qu’il soit détaché.
גְּמָ׳ מְנָהָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא:
GUEMARA : La Guemara demande : D’où cette règle est-elle dérivée, selon laquelle il est interdit de vendre à un gentil quoi que ce soit qui soit attaché au sol ? Rabbi Yosei bar Ḥanina dit :