נִתְפָּרְדָה חֲבִילָה.
Le colis est séparé.
אוּנְקְלוֹס בַּר קְלוֹנִימוּס אִיגַּיַּיר, שַׁדַּר קֵיסָר גּוּנְדָּא דְּרוֹמָאֵי אַבָּתְרֵיהּ, מַשְׁכִינְהוּ בִּקְרָאֵי, אִיגַּיּוּר. הֲדַר שַׁדַּר גּוּנְדָּא דְּרוֹמָאֵי [אַחֲרִינָא] אַבָּתְרֵיהּ, אֲמַר לְהוּ: לָא תֵּימְרוּ לֵיהּ וְלָא מִידֵּי.
§ La Guemara mentionne d’autres Romains qui se sont convertis au judaïsme. Elle raconte : Onkelos bar Kelonimos se convertit au judaïsme. L’empereur romain envoya une troupe [gunda] de soldats romains à sa poursuite pour saisir Onkelos et l’amener à l’empereur. Onkelos les attira à lui par des versets qu’il cita et étudia avec eux, et ils se convertirent. L’empereur envoya alors une autre troupe de soldats romains à sa poursuite, et leur dit : Ne lui dites rien, afin qu’il ne puisse pas vous convaincre par ses arguments. Les troupes suivirent cette instruction et emmenèrent Onkelos avec elles.
כִּי הֲווֹ שָׁקְלִי וְאָזְלִי, אֲמַר לְהוּ אֵימָא לְכוּ מִילְּתָא בְּעָלְמָא: נִיפְיוֹרָא נָקֵט נוּרָא קַמֵּי אַפִּיפְיוֹרָא, אַפִּיפְיוֹרָא לְדוּכָּסָא, דּוּכָּסָא לְהֶגְמוֹנָא, הַגְמוֹנָא לְקוֹמָא, קוֹמָא מִי נָקֵט נוּרָא מִקַּמֵּי אִינָשֵׁי? אָמְרִי לֵיהּ: לָא. אֲמַר לְהוּ: הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא נְקַט נוּרָא קַמֵּי יִשְׂרָאֵל, דִּכְתִיב: ״וַה׳ הֹלֵךְ לִפְנֵיהֶם יוֹמָם וְגוֹ׳״. אִיגַּיּוּר כּוּלְּהוּ.
Pendant qu’ils marchaient, Onkelos dit à la troupe de soldats : Je vais vous dire une simple chose : un officier subalterne [nifyora] porte une torche devant un haut fonctionnaire [apifyora], et le haut fonctionnaire porte une torche devant un duc [dukasa], un duc devant le gouverneur, et le gouverneur devant le dirigeant [koma]. Est-ce que le dirigeant porte une torche devant les gens ordinaires ? Les soldats dirent à Onkelos : Non. Onkelos leur dit : Pourtant, le Saint, béni soit-Il, porte une torche devant le peuple juif, comme il est écrit : « Et le Seigneur allait devant eux, le jour dans une colonne de nuée pour les guider sur le chemin, et la nuit dans une colonne de feu pour leur donner de la lumière » (Exode 13:21). Ils se convertirent tous.
הֲדַר שַׁדַּר גּוּנְדָּא אַחֲרִינָא אַבָּתְרֵיהּ, אֲמַר לְהוּ: לָא תִּשְׁתַּעוּ מִידֵּי בַּהֲדֵיהּ. כִּי נָקְטִי לֵיהּ וְאָזְלִי, חֲזָא מְזוּזְתָּא דְּמַנְּחָא אַפִּתְחָא, אוֹתֵיב יְדֵיהּ עֲלַהּ, וַאֲמַר לְהוּ: מַאי הַאי? אֲמַרוּ לֵיהּ: אֵימָא לַן אַתְּ.
L’empereur envoya alors un autre détachement de soldats à sa poursuite, pour amener Onkelos, et leur dit : Ne conversez pas du tout avec lui. Les troupes suivirent cette instruction et emmenèrent Onkelos avec elles. Pendant qu’ils le saisissaient et marchaient, Onkelos vit une mezouza qui était placée sur l’encadrement de la porte. Il posa sa main dessus et dit aux soldats : Qu’est-ce que c’est ? Ils lui dirent : C’est à toi de nous le dire.
אֲמַר לְהוּ: מִנְהָגוֹ שֶׁל עוֹלָם, מֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם יוֹשֵׁב מִבִּפְנִים, וַעֲבָדָיו מְשַׁמְּרִים אוֹתוֹ מִבַּחוּץ, וְאִילּוּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, עֲבָדָיו מִבִּפְנִים וְהוּא מְשַׁמְּרָן מִבַּחוּץ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״ה׳ יִשְׁמׇר צֵאתְךָ וּבוֹאֶךָ מֵעַתָּה וְעַד עוֹלָם״. אִיגַּיּוּר תּוּ לָא שַׁדַּר בָּתְרֵיהּ.
Onkelos leur dit : La pratique habituelle dans le monde entier est qu’un roi de chair et de sang s’assoit à l’intérieur de son palais, et ses serviteurs montent la garde, le protégeant à l’extérieur ; mais en ce qui concerne le Saint, béni soit-Il, Ses serviteurs, le peuple juif, sont assis à l’intérieur de leurs maisons et Lui les garde à l’extérieur. Comme il est dit : « Le Seigneur gardera ton départ et ton arrivée, dès maintenant et à jamais » (Psaumes 121:8). En entendant cela, ces soldats aussi se convertirent au judaïsme. Après cela, l’empereur n’envoya plus de soldats à sa poursuite.
״וַיֹּאמֶר ה׳ לָהּ, שְׁנֵי גוֹיִם בְּבִטְנֵךְ״. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אַל תִּקְרֵי ״גּוֹיִם״ אֶלָּא ״גֵּיִים״, זֶה אַנְטוֹנִינוּס וְרַבִּי, שֶׁלֹּא פָּסְקוּ מֵעַל שׁוּלְחָנָם לֹא חֲזֶרֶת וְלֹא קִישּׁוּת וְלֹא צְנוֹן, לֹא בִּימוֹת הַחַמָּה וְלֹא בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים, דְּאָמַר מָר: צְנוֹן מְחַתֵּךְ אוֹכֶל, חֲזֶרֶת מְהַפֵּךְ מַאֲכָל, קִישּׁוּת מַרְחִיב מֵעַיִים.
§ La Guemara revient à sa discussion d’Antonin : Lorsque la matriarche Rébecca était enceinte de Jacob et d’Ésaü, « le Seigneur lui dit : Deux nations [goyim] sont dans ton ventre » (Genèse 25:23). Rav Yehouda dit que Rav dit : Ne lis pas cela comme goyim, au sens de nations ; mais plutôt lis-le comme geyim, au sens de fiers ou nobles. Ce verset s’est accompli en deux personnages éminents issus de Rébecca, Antonin et Rabbi Yehouda HaNassi, dont les tables, en raison de leur richesse, ne manquaient jamais de laitue, ni de concombres, ni de radis, ni en été ni pendant la saison des pluies, bien que ces aliments ne poussent pas toute l’année. La raison pour laquelle ils veillaient à ce que ces éléments soient toujours présents sur leurs tables est que le Maître a dit : Le radis brise la nourriture, la laitue remue la nourriture, et les concombres élargissent les intestins.
וְהָא תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: לָמָּה נִקְרָא שְׁמָן קִישּׁוּאִין? מִפְּנֵי שֶׁקָּשִׁין לְגוּפוֹ שֶׁל אָדָם כַּחֲרָבוֹת! לָא קַשְׁיָא: הָא בְּרַבְרְבֵי, הָא בְּזוּטְרֵי.
La Guemara demande : Mais n’a-t-on pas enseigné dans la maison d’étude de Rabbi Yishmael : Pourquoi les appelle-t-on concombres [kishuin] ? Parce qu’ils sont aussi nuisibles [kashim] au corps d’une personne que des épées. La Guemara répond : Ce n’est pas difficile. Cette affirmation, selon laquelle ils sont nuisibles au corps, fait référence aux grands concombres, tandis que cette autre affirmation, expliquant pourquoi ils étaient toujours présents sur les tables de Rabbi Yehuda HaNasi et d’Antoninus, fait référence aux petits.
יוֹם הַלֵּידָה וְיוֹם הַמִּיתָה. מִכְּלָל דְּרַבִּי מֵאִיר סָבַר: לָא שְׁנָא מִיתָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ שְׂרֵיפָה, וְלָא שְׁנָא מִיתָה שֶׁאֵין בָּהּ שְׂרֵיפָה — פָּלְחִי בַּהּ לַעֲבוֹדָה זָרָה, אַלְמָא שְׂרֵיפָה לָאו חוּקָּה הִיא. מִכְּלָל דְּרַבָּנַן סָבְרִי: שְׂרֵיפָה חוּקָּה הִיא.
§ La michna enseigne que, selon Rabbi Meïr, l’anniversaire du roi et le jour de la mort du roi sont considérés comme des fêtes païennes, tandis que les Sages soutiennent que seule une mort qui comprend une crémation publique est considérée comme une fête comportant de l’idolâtrie. La Guemara commente : Par déduction, cela signifie que Rabbi Meïr soutient qu’il n’y a pas de différence entre une mort qui comprend une crémation publique, et il n’y a pas de différence entre une mort qui ne comprend pas de crémation publique ; dans tous les cas, ils se livrent à l’idolâtrie à cette occasion. De toute évidence, Rabbi Meïr soutient que la crémation effectuée à la mort du roi n’est pas une coutume idolâtre, puisqu’elle n’est pas la cause de l’interdiction. La Guemara poursuit : De là, on peut conclure par déduction que les Sages soutiennent que la crémation lors de la mort du roi est une coutume idolâtre.
וְהָא תַּנְיָא: שׂוֹרְפִין עַל הַמְּלָכִים, וְלֹא מִדַּרְכֵי הָאֱמוֹרִי, וְאִי חוּקָּה הִיא, אֲנַן הֵיכִי שָׂרְפִינַן? וְהָכְתִיב: ״וּבְחֻקֹּתֵיהֶם לֹא תֵּלֵכוּ״!
La Guemara soulève une difficulté : Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : Nous brûlons des objets à l’occasion de la mort de rois comme expression de deuil, et cela ne relève pas des voies des Amoréens, mais constitue plutôt une coutume juive ? Et si cela est une coutume idolâtre, comment pourrions-nous effectuer cette crémation publique ? Mais n’est-il pas écrit : « Et vous ne marcherez pas selon leurs statuts » (Lévitique 18:3) ?
אֶלָּא, דְּכוּלֵּי עָלְמָא שְׂרֵיפָה לָאו חוּקָּה הִיא, אֶלָּא חֲשִׁיבוּתָא הִיא, וְהָכָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי: רַבִּי מֵאִיר סָבַר — לָא שְׁנָא מִיתָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ שְׂרֵיפָה, וְלָא שְׁנָא מִיתָה שֶׁאֵין בָּהּ שְׂרֵיפָה — פָּלְחִי בַּהּ לַעֲבוֹדָה זָרָה, וְרַבָּנַן סָבְרִי — מִיתָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ שְׂרֵיפָה חֲשִׁיבָא לְהוּ וּפָלְחִי בַּהּ, וְשֶׁאֵין בָּהּ שְׂרֵיפָה לָא חֲשִׁיבָא וְלָא פָּלְחִי בַּהּ.
Au contraire, tous conviennent que le brûlage public lui-même n’est pas une coutume idolâtre. Au contraire, il est accompli en raison de la grande importance du roi qui est mort. Et ici, dans la michna, ils sont en désaccord sur ce point : Rabbi Meïr soutient qu’il n’y a pas de différence entre une mort qui comprend un brûlage public et qu’il n’y a pas de différence entre une mort qui ne comprend pas de brûlage public ; dans les deux cas, en pratique, ils se livrent à un culte idolâtre à cette occasion. Et les Sages soutiennent qu’une mort qui comprend un brûlage public est importante pour les gentils, et par conséquent ils se livrent à un culte idolâtre à cette occasion, mais une mort qui ne comprend pas de brûlage public n’est pas importante pour eux, et ils ne se livrent pas à un culte idolâtre à cette occasion.
גּוּפָא: שׂוֹרְפִין עַל הַמְּלָכִים, וְאֵין בּוֹ מִשּׁוּם דַּרְכֵי הָאֱמוֹרִי, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּשָׁלוֹם תָּמוּת וּבְמִשְׂרְפוֹת אֲבוֹתֶיךָ הַמְּלָכִים וְגוֹ׳״, וּכְשֵׁם שֶׁשּׂוֹרְפִין עַל הַמְּלָכִים, כָּךְ שׂוֹרְפִין עַל הַנְּשִׂיאִים.
Ayant mentionné cette baraita, la Guemara revient pour discuter de la question elle-même. La baraita enseigne : On brûle des objets en raison de la mort des rois comme expression de deuil, et cela n’est pas soumis à l’interdiction d’imiter les coutumes des Amoréens, puisqu’il s’agit d’une coutume juive. Comme il est dit que Jérémie prophétisa à Sédécias, roi de Juda : « Tu mourras en paix ; et avec les brûlements de tes pères, les anciens rois qui t’ont précédé, ainsi fera-t-on un brûlement pour toi » (Jérémie 34:5). Et de même qu’on brûle des objets à la mort des rois, de même on brûle des objets à la mort des chefs du Sanhédrin.
וּמָה הֵם שׂוֹרְפִין עַל הַמְּלָכִים? מִיטָּתָן וּכְלֵי תַּשְׁמִישָׁן, וּמַעֲשֶׂה שֶׁמֵּת רַבָּן גַּמְלִיאֵל הַזָּקֵן, וְשָׂרַף עָלָיו אוּנְקְלוֹס הַגֵּר שִׁבְעִים מָנֶה צוֹרִי. וְהָאָמְרַתְּ: מָה הֵן שׂוֹרְפִין עֲלֵיהֶם — מִיטָּתָן וּכְלֵי תַּשְׁמִישָׁן! אֵימָא: בְּשִׁבְעִים מָנֶה צוֹרִי.
Et quels objets brûlent-ils à l’occasion de la mort des rois ? Ils brûlent les lits des rois et leurs ustensiles, afin que personne d’autre ne puisse s’en servir. Et il y eut un incident où Rabban Gamliel l’Ancien mourut, et à sa mort Onkelos le converti brûla sept mille dinars en précieuse monnaie tyrienne. La Guemara demande : Mais n’as-tu pas dit en réponse à la question : Que brûlent-ils à l’occasion de la mort des rois, qu’ils brûlent leurs lits et leurs ustensiles ? Pourquoi donc Onkelos a-t-il brûlé de l’argent ? La Guemara répond : Dis qu’Onkelos brûla des objets évalués à sept mille dinars en monnaie tyrienne.
וּמִידֵּי אַחֲרִינָא לָא? וְהָתַנְיָא: עוֹקְרִין עַל הַמְּלָכִים, וְאֵין בּוֹ מִשּׁוּם דַּרְכֵי הָאֱמוֹרִי! אָמַר רַב פָּפָּא: סוּס שֶׁרָכַב עָלָיו.
La Guemara demande : Et est-ce que d’autres objets ne sont pas détruits afin d’honorer le roi défunt, en dehors de ses ustensiles ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita que nous sectionnons les sabots du bétail à la mort des rois, et cela n’est pas soumis à l’interdiction des coutumes des Amoréens ? Rav Pappa dit : Cette baraita parle du cheval sur lequel le roi montait. Puisque cet animal avait été désigné comme bien personnel du roi, il est donc rendu inutilisable pour toute autre personne, comme ses ustensiles personnels.
וּבְהֵמָה טְהוֹרָה לָא? וְהָתַנְיָא: עִיקּוּר שֶׁיֵּשׁ בָּהּ טְרֵיפָה — אָסוּר, וְשֶׁאֵין בָּהּ טְרֵיפָה — מוּתָּר, וְאֵיזֶהוּ עִיקּוּר שֶׁאֵין בָּהּ טְרֵיפָה?
La Guemara demande : Et ne détachaient-ils pas les sabots des animaux cachers du roi, qui n’étaient pas utilisés par le roi pour monter ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : Si le fait d’enlever les sabots d’un animal entraîne qu’il devienne un animal atteint d’une blessure qui le fera mourir dans les douze mois [tereifa], il est interdit de le faire. Et lorsque cela n’entraîne pas qu’il devienne une tereifa, cela est permis. Et quelle est une manière d’enlever des sabots qui n’entraîne pas que l’animal devienne une tereifa ?