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גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: חֶרְמֵי כֹהֲנִים אֵין לָהֶן פִּדְיוֹן וְנִותָּנִין לַכֹּהֵן. חֲרָמִים כׇּל זְמַן שֶׁהֵן בְּבֵית בְּעָלִים הֲרֵי הֵן כְּהֶקְדֵּשׁ לְכׇל דִּבְרֵיהֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כׇּל חֵרֶם בְּיִשְׂרָאֵל קֹדֶשׁ קָדָשִׁים הוּא לַה׳״. נְתָנָן לְכֹהֵן — הֲרֵי הֵן לְכׇל דִּבְרֵיהֶן כְּחוּלִּין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כׇּל חֵרֶם בְּיִשְׂרָאֵל לְךָ יִהְיֶה״.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné : Les dédicaces de biens pour les prêtres n’ont pas de rachat, et l’on donne le bien au prêtre. En ce qui concerne ces dédicaces, tant qu’elles demeurent dans la maison du propriétaire, elles sont considérées comme consacrées à tous égards, comme il est dit : « Tout objet voué est très saint pour le Seigneur » (Lévitique 27:28). Une fois que le propriétaire les a données au prêtre, elles sont à tous égards comme des biens non sacrés, comme il est dit : « Tout ce qui est voué en Israël sera à toi » (Nombres 18:14), c’est-à-dire que cela sera comme tout autre bien ordinaire appartenant à un prêtre, qui n’est pas sacré.
רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא אוֹמֵר: סְתַם חֲרָמִים לְבֶדֶק הַבַּיִת כּוּ׳. בִּשְׁלָמָא רַבָּנַן כִּדְקָא מְפָרְשִׁי טַעְמַיְיהוּ וְטַעְמָא דְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא, אֶלָּא רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא הַאי ״כִּשְׂדֵה הַחֵרֶם״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ?
§ La michna enseigne : Rabbi Yehouda ben Beteira dit que les consécrations données sans précision sont destinées à l’entretien du Temple, comme il est dit : « Toute chose vouée est très sainte pour le Seigneur » (Lévitique 27:28). Et les Sages disent qu’elles sont destinées aux prêtres, comme il est dit : « Comme un champ voué ; sa possession sera au prêtre » (Lévitique 27:21), tandis que le verset cité par Rabbi Yehouda ben Beteira enseigne que la consécration prend effet sur les offrandes du degré le plus saint et sur les offrandes de moindre sainteté. La Guemara demande : Certes, l’opinion des Sages est claire, car ils expliquent leur raison et la raison de Rabbi Yehouda ben Beteira, c’est-à-dire qu’ils interprètent le verset qu’il a cité comme sa preuve. Mais quant à Rabbi Yehouda ben Beteira, ce verset : « Comme un champ voué ; sa possession sera au prêtre », qu’en fait-il, c’est-à-dire qu’en déduit-il ?
מִיבַּעְיָא לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: ״כִּשְׂדֵה הַחֵרֶם לַכֹּהֵן תִּהְיֶה אֲחֻזָּתוֹ״, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? מִנַּיִן לְכֹהֵן שֶׁהִקְדִּישׁ שְׂדֵה חֶרְמוֹ, שֶׁלֹּא יֹאמַר: הוֹאִיל וְיוֹצְאָה לַכֹּהֲנִים, וַהֲרֵי הִיא תַּחַת יָדִי — תְּהֵא שֶׁלִּי?
La Guemara répond : Le verset est nécessaire pour ce qui est enseigné dans une baraita qui traite du cas de quelqu’un qui a consacré son champ ancestral et ne l’a pas racheté. Ce champ devient la possession des prêtres lors de l’Année du Jubilé. La baraita enseigne : Pourquoi le verset doit-il déclarer à sa fin : « Comme un champ consacré ; sa possession sera au prêtre » ? La baraita explique : D’où est-il déduit au sujet d’un prêtre qui a consacré son champ consacré, c’est-à-dire un champ qui avait été consacré par un Israélite et lui avait été donné, puis qu’il a consacré, et ensuite l’Année du Jubilé est arrivée, qu’il ne peut pas dire : Puisque un champ qui a été consacré par ses propriétaires et n’a pas été racheté sort de la possession du propriétaire et passe à la possession des prêtres au Jubilé, et ce champ que j’ai consacré est déjà en ma possession, il est donc à moi.
וְדִין הוּא: בְּשֶׁל אֲחֵרִים אֲנִי זוֹכֶה, בְּשֶׁל עַצְמִי לֹא כׇּל שֶׁכֵּן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּשְׂדֵה הַחֵרֶם לַכֹּהֵן תִּהְיֶה אֲחֻזָּתוֹ״.
La baraita ajoute : Et cette affirmation du prêtre est fondée sur une déduction logique : Si j’acquiers les champs d’autrui qui ont été consacrés et non rachetés à l’Année du Jubilé, alors, en ce qui concerne mon propre bien, à plus forte raison n’est-il pas clair que je devrais l’acquérir ? Par conséquent, le verset déclare, au sujet d’un champ ancestral que quelqu’un a consacré : « Comme un champ dévoué ; sa possession sera au prêtre, » ce qui enseigne que ce prêtre n’acquiert pas le champ.
וְכִי מָה לָמַדְנוּ מִשְּׂדֵה חֵרֶם מֵעַתָּה? הֲרֵי זֶה בָּא לְלַמֵּד וְנִמְצָא לָמֵד: מַקִּישׁ שְׂדֵה חֶרְמוֹ לִשְׂדֵה אֲחוּזָּה שֶׁל יִשְׂרָאֵל.
La baraita explique la dérivation : Mais qu’avons-nous maintenant appris au sujet d’un champ ancestral consacré à partir d’un champ dédié ? En d’autres termes, le verset, qui traite d’un champ ancestral, dit qu’un champ ancestral est comme un champ dédié, mais n’énonce pas explicitement la halakha des champs dédiés. Au contraire, ce cas d’un champ dédié vient enseigner une halakha au sujet d’un champ ancestral mais se trouve en dériver une halakha de ce cas ; c’est-à-dire que le verset juxtapose un champ dédié d’un prêtre au champ ancestral d’un Israélite.
מָה שְׂדֵה אֲחוּזָּה שֶׁל יִשְׂרָאֵל, יוֹצְאָה מִתַּחַת יָדוֹ, וּמִתְחַלֶּקֶת לַכֹּהֲנִים, אַף שָׂדֶה חֶרְמוֹ, יוֹצְאָה מִתַּחַת יָדוֹ, וּמִתְחַלֶּקֶת לְאֶחָיו הַכֹּהֲנִים.
La baraita clarifie comment la halakha est déduite de la juxtaposition : De même que le champ ancestral d’un Israélite, qui a été racheté par un prêtre à partir du trésor du Temple, sort de sa possession à l’arrivée de l’année du Jubilé et est partagé entre tous les prêtres de la garde en service au début de l’année du Jubilé (voir 25b), de même, le champ consacré d’un prêtre qui est resté en sa possession sort de sa possession et est partagé entre ses frères, les prêtres de la garde en service au début de l’année du Jubilé.
וְאִידָּךְ? מֵ״חֵרֶם״ ״הַחֵרֶם״. וְאִידַּךְ, ״חֵרֶם״ ״הַחֵרֶם״ לָא מַשְׁמַע לֵיהּ.
La Guemara demande : Et les autres, c’est-à-dire les Sages, d’où dérivent-ils cette halakha ? La Guemara répond : Ils la dérivent d’un terme superflu dans le verset, car il aurait pu simplement dire : Consacré [ḥerem], d’où l’on aurait déduit que les consécrations non précisées sont destinées aux prêtres. Pourtant, le verset dit en réalité : Haḥerem,” avec l’article défini, et par conséquent les deux halakhot sont dérivées de ce verset. La Guemara note : Et quant à l’autre, Rabbi Yehouda ben Beteira, il n’apprend pas quoi que ce soit de la différence entre ḥerem et haḥerem. En conséquence, il ne dérive d’ici que ceci : si un prêtre a consacré son champ dédié, celui-ci est retiré de sa possession.
וְרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא, דְּחָל עַל קׇדְשֵׁי קָדָשִׁים וְעַל קָדָשִׁים קַלִּים, מְנָא לֵיהּ? סָבַר לֵיהּ כְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל.
La Guemara demande : Et quant à Rabbi Yehouda ben Beteira, d’où tire-t-il que une consécration prend effet sur les offrandes du degré le plus sacré et sur les offrandes de moindre sainteté, ce qui, selon les Sages, s’apprend du verset : « Tout objet voué est une sainteté suprême pour le Seigneur » (Lévitique 27:28) ? La Guemara répond : Il soutient conformément à l’opinion de Rabbi Yishmaël, qui dérive cette halakha d’une autre source, comme expliqué dans la michna ci-dessous.
אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא, וְרַב שָׁבֵיק רַבָּנַן וְעָבֵיד כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא? בָּרַיְיתָא אִיפְּכָא תַּנְיָא, שָׁבֵיק מַתְנִיתִין וְעָבֵיד כְּבָרַיְיתָא? רַב מַתְנִיתִין נָמֵי אִיפְּכָא תָּנֵי.
§ Rav dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda ben Beteira, selon laquelle les consécrations non précisées de biens sont destinées à l’entretien du Temple. La Guemara demande : Et Rav laisserait-il de côté l’opinion majoritaire des Sages pour agir conformément à l’opinion individuelle de Rabbi Yehouda ben Beteira ? La Guemara répond : Cette controverse est enseignée dans une baraita de manière inverse, c’est-à-dire que ce sont les Sages qui soutiennent que les consécrations non précisées sont destinées à l’entretien du Temple. La Guemara demande en outre : Rav laisserait-il de côté une michna pour agir conformément à une baraita ? La Guemara répond : Rav enseigne aussi la michna de manière inverse, conformément à la baraita.
מַאי חֲזֵית דְּאָפְכַתְּ מַתְנִיתִין מִקַּמֵּי בָּרַיְיתָא? נֵפֵיךְ בָּרַיְיתָא מִקַּמֵּי מַתְנִיתִין! רַב גְּמָרֵיהּ גְּמִיר. אִי הָכִי, כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא? כְּרַבָּנַן מִיבְּעֵי לֵיהּ! הָכִי קָאָמַר: לְמַאי דְּאָפְכִיתוּ וְתָנֵיתוּ, הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא.
La Guemara demande : Qu’as-tu vu pour que tu choisisses d’inverser les opinions dans la michna à cause de la baraita ? Inversons les opinions dans la baraita à cause de la michna. La Guemara répond : Rav a appris par tradition de ses maîtres que les opinions citées dans la michna doivent être inversées. La Guemara demande : Si c’est le cas, pourquoi Rav dit-il que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda ben Beteira ? Il aurait dû dire qu’elle est conforme à l’opinion des Sages. La Guemara explique que c’est ce que Rav dit : Conformément à la manière dont vous avez inversé les opinions et les avez enseignées dans la michna, la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda ben Beteira.
הָהוּא גַּבְרָא דְּאַחְרְמִינְהוּ לְנִכְסֵיהּ בְּפוּמְבְּדִיתָא, אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה, אֲמַר לֵיהּ: שְׁקוֹל אַרְבְּעָה זוּזֵי וְאַחֵיל עֲלַיְיהוּ, וּשְׁדִינְהוּ בְּנַהֲרָא, וְלִישְׁתְּרוֹ לָךְ. אַלְמָא קָסָבַר: סְתַם חֲרָמִים לְבֶדֶק הַבַּיִת.
§ La Guemara rapporte qu’il y avait un certain homme qui consacra sa propriété à Pumbedita. Il se présenta devant Rav Yehuda pour lui demander quoi faire. Rav Yehuda lui dit : Prends quatre dinars et désacralise la propriété consacrée en transférant sa sainteté sur eux. Et ensuite jette les dinars dans la rivière, car on ne peut en tirer aucun bénéfice. Et alors la propriété te sera permise, puisqu’elle aura été rachetée. La Guemara note : De toute évidence, Rav Yehuda soutient que les consécrations non précisées de biens sont destinées à l’entretien du Temple, c’est pourquoi l’homme pouvait racheter sa propriété. Si la propriété avait été destinée aux prêtres, il ne pourrait y avoir de rachat, comme cela est enseigné dans la michna.
כְּמַאן? כִּשְׁמוּאֵל, דְּאָמַר: הֶקְדֵּשׁ שָׁוֶה מָנֶה שֶׁחִילְּלוֹ עַל שָׁוֶה פְּרוּטָה מְחוּלָּל. אֵימַר דְּאָמַר שְׁמוּאֵל שֶׁחִילְּלוֹ, לְכַתְּחִלָּה מִי אָמַר?
La Guemara demande : Conformément à l’opinion de qui Rav Yehouda soutient-il cela, lorsqu’il a dit à l’homme de désacraliser le bien consacré en transférant sa sainteté sur de l’argent valant moins que le bien consacré ? La Guemara répond : Il soutient cela conformément à l’opinion de Shmuel, qui a dit : Un bien consacré d’une valeur de cent dinars que l’on a désacralisé sur un objet d’une valeur d’une perouta est désacralisé. La Guemara demande : On peut dire que Shmuel a dit que telle est la halakha seulement dans un cas l’on a déjà désacralisé le bien, c’est-à-dire a posteriori. A-t-il dit qu’on peut le faire ab initio ?
הָנֵי מִילֵּי בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים, דְּאִיכָּא פְּסֵידָא, אֲבָל בִּזְמַן הַזֶּה אֲפִילּוּ לְכַתְּחִלָּה. אִי הָכִי, אֲפִילּוּ פְּרוּטָה נָמֵי? פַּרְסוֹמֵי מִלְּתָא.
La Guemara répond : Cette règle, selon laquelle il faut désacraliser un bien consacré sur un objet valant la valeur du bien a priori, ne s’applique que lorsque le Temple est debout, car il y a une perte causée au trésor du Temple lorsqu’on désacralise son bien sur un objet valant moins que sa valeur. Mais à l’époque actuelle, lorsque le Temple n’est pas debout et qu’il n’y a pas de trésor du Temple, on peut désacraliser avec un objet valant moins que le bien consacré même a priori. La Guemara demande : Si tel est le cas, alors on peut même désacraliser avec une seule perouta également. Pourquoi, alors, Rav Yehouda a-t-il exigé que l’homme utilise quatre dinars ? La Guemara répond : Il a exigé quatre dinars afin de rendre la chose publique, pour que la communauté sache que le bien n’est permis à l’usage que parce qu’il a été racheté.
אָמַר עוּלָּא: אִי הֲוַאי הָתָם, הֲוָה יָהֵיבְנָא כּוּלְּהוּ לְכֹהֲנִים. אַלְמָא קָסָבַר עוּלָּא: סְתַם חֲרָמִים לַכֹּהֲנִים.
Oulla dit : Si j’avais été là lorsque cet homme a demandé quoi faire, j’aurais donné toute la propriété aux prêtres. La Guemara note : De toute évidence, Oulla soutient que les consécrations non spécifiées de biens sont destinées aux prêtres, et qu’elles ne peuvent donc pas être rachetées.
מֵיתִיבִי: אֵין עֶבֶד עִבְרִי נוֹהֵג אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁהַיּוֹבֵל נוֹהֵג, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עַד שְׁנַת הַיּוֹבֵל יַעֲבֹד עִמָּךְ״.
On peut déduire de la discussion précédente que les halakhot des dédicaces sont en vigueur encore aujourd’hui. La Guemara soulève une objection à cette opinion à partir d’une baraita : La vente d’un esclave hébreu n’est pratiquée que pendant une période où le Jubilé est observé, comme il est dit : « Si ton frère devient pauvre auprès de toi et se vend à toi…il te servira jusqu’à l’année du Jubilé » (Torah 25:39–40).
וְאֵין שְׂדֵה הַחֵרֶם נוֹהֶגֶת אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁהַיּוֹבֵל נוֹהֵג, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְיָצָא בַּיּוֹבֵל וְשָׁב לַאֲחֻזָּתוֹ״. אֵין בָּתֵּי עָרֵי חוֹמָה נוֹהֲגִין אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁהַיּוֹבֵל נוֹהֵג, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא יֵצֵא בַּיּוֹבֵל״.
Et de même, les halakhot relatives à un champ consacré, c’est-à-dire ancestral, ne s’appliquent que pendant une période où le Jubilé est observé, comme il est dit : « Alors ce qu’il a vendu restera entre les mains de celui qui l’a acheté…et au Jubilé il sortira, et il retournera à sa possession » (Lévitique 25:28). Enfin, les halakhot relatives aux maisons des villes fortifiées ne s’appliquent que pendant une période où le Jubilé est observé, comme il est dit : « Alors la maison qui est dans la ville fortifiée sera assurée à perpétuité à celui qui l’a achetée, dans toutes ses générations ; elle ne sortira pas au Jubilé » (Lévitique 25:30).
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי אוֹמֵר: אֵין שְׂדֵה חֲרָמִין נוֹהֲגִין אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁהַיּוֹבֵל נוֹהֵג, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיָה הַשָּׂדֶה בְּצֵאתוֹ בַיּוֹבֵל קֹדֶשׁ לַה׳ כִּשְׂדֵה הַחֵרֶם״. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אֵין גֵּר תּוֹשָׁב נוֹהֵג אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁהַיּוֹבֵל נוֹהֵג.
Rabbi Shimon ben Yoḥai dit : Les halakhot relatives à un champ consacré ne s’appliquent que pendant une période où l’année du Jubilé est observée, comme il est dit : « Mais le champ, lorsqu’il sortira au Jubilé, sera sacré pour le Seigneur, comme un champ consacré ; sa possession appartiendra au prêtre » (Lévitique 27:21). Rabbi Shimon ben Elazar dit : Les halakhot relatives à un non-Juif qui réside en Eretz Yisrael et observe les sept mitzvot noahides [ger toshav] ne s’appliquent que pendant une période où l’année du Jubilé est observée.
אָמַר רַב בִּיבִי: מַאי טַעְמָא? אַתְיָא ״טוֹב״ ״טוֹב״, כְּתִיב הָכָא: ״כִּי טוֹב לוֹ עִמָּךְ״, וּכְתִיב הָתָם: ״בַּטּוֹב לוֹ לֹא תּוֹנֶנּוּ״!
Rav Beivai a dit : Quelle en est la raison ? Cela est dérivé d’une analogie verbale entre « bien » et « bien ». Il est écrit ici, au sujet d’un esclave hébreu, qui ne peut être vendu que lorsque l’Année du Jubilé est observée : « Car il est bien avec toi » (Deutéronome 15:16). Et il est écrit là-bas, au sujet d’un ger toshav : « Là où il sera bien pour lui ; tu ne lui feras pas de tort » (Deutéronome 23:17). L’objection de la Guemara est qu’il ressort clairement de la baraita que les halakhot relatives aux champs consacrés ne s’appliquent que lorsque l’Année du Jubilé est observée.
לָא קַשְׁיָא: הָא בִּמְקַרְקְעֵי, הָא בְּמִטַּלְטְלֵי. וְהָא מַעֲשֶׂה דְּפוּמְבְּדִיתָא בִּמְקַרְקְעֵי נָמֵי הֲוָה! מְקַרְקְעֵי דְּחוּצָה לָאָרֶץ כְּמִטַּלְטְלֵי דְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל דָּמֵי.
La Guemara explique que ce n’est pas difficile. Cettebaraita traite de la halakhaen ce qui concerne la terre, tandis que cet incident, à Poumbedita, dans lequel une consécration a pris effet, s’est produit avec des biens meubles. La Guemara soulève une difficulté : Mais cet incident qui s’est produit à Poumbedita impliquait également de la terre, et Rav Yehouda a néanmoins exigé que l’homme les rachète. La Guemara répond : La terre en dehors d’Eretz Yisrael est considérée comme des biens meubles en Eretz Yisrael.
מַתְנִי׳ רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: כָּתוּב אֶחָד אוֹמֵר ״תַּקְדִּישׁ״, וְכָתוּב אֶחָד אוֹמֵר ״לֹא יַקְדִּישׁ״. אִי אֶפְשָׁר לוֹמַר ״תַּקְדִּישׁ״ — שֶׁהֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר ״לֹא יַקְדִּישׁ״, אִי אֶפְשָׁר לוֹמַר ״לֹא יַקְדִּישׁ״ — שֶׁהֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר ״תַּקְדִּישׁ״.
MISHNA:Rabbi Yishmaël dit : Un verset déclare : « Tous les premiers-nés mâles qui naîtront de ton gros et de ton petit bétail, tu les consacreras au Seigneur ton Dieu » (Deutéronome 15:19), et un autre verset déclare : « Toutefois, le premier-né parmi les animaux, qui naît en premier pour le Seigneur, l’homme ne le consacrera pas » (Lévitique 27:26). Il est impossible de dire : “Tu consacreras”, puisqu’il est déjà dit : « L’homme ne le consacrera pas. » De même, il est impossible de dire : « L’homme ne le consacrera pas », puisqu’il est déjà dit : « Tu consacreras. »
הָא כֵּיצַד? מַקְדִּישׁוֹ אַתָּה הֶקְדֵּשׁ עִלּוּי, וְאִי אַתָּה מַקְדִּישׁוֹ הֶקְדֵּשׁ מִזְבֵּחַ.
Comment, alors, concilier ces versets ? Vous pouvez consacrer l’animal premier-né par une consécration de valeur, c’est-à-dire qu’une personne peut donner au trésor du Temple la somme qu’elle serait prête à payer pour le droit de donner le premier-né à un prêtre particulier ; et vous ne pouvez pas le consacrer par une consécration pour l’autel, car un premier-né ne peut pas être sacrifié au titre d’une autre offrande.
גּמ׳, וְרַבָּנַן: ״אַל תַּקְדִּישׁ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ לְלָאו, ״תַּקְדִּישׁ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: מִנַּיִן לְנוֹלַד בְּכוֹר בְּעֶדְרוֹ שֶׁמִּצְוָה לְהַקְדִּישׁוֹ? שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַזָּכָר תַּקְדִּישׁ״.
GUEMARA : La Guemara commente : Et les Sages, qui déduisent la halakha selon laquelle une consécration prend effet sur toutes les offrandes de sainteté à partir du verset : « Toute chose vouée est très sainte pour le Seigneur » (Lévitique 27:28), expliqueraient que le verset « Un homme ne consacrera pas » est nécessaire pour enseigner qu’il existe une interdiction de la Torah contre le fait de consacrer un animal premier-né au profit d’une autre offrande. Quant à l’autre verset discuté dans la michna : « Tu consacreras », il est nécessaire pour ce qui est enseigné dans une baraita : D’où est-il dérivé au sujet d’un premier-né animal qui est né dans son troupeau, qu’il s’agit d’une mitzva de le consacrer verbalement comme premier-né ? Comme il est dit : « Les mâles premiers-nés qui naîtront de ton gros et de ton petit bétail, tu les consacreras. »
וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל, אִי לָא מַקְדֵּישׁ לֵיהּ, לָא קָדֵישׁ? קְדוּשָּׁתוֹ מֵרֶחֶם הוּא, וְכֵיוָן דְּכִי לָא מַקְדֵּישׁ לֵיהּ קָדוֹשׁ, לָא צְרִיךְ לְאַקְדּוֹשֵׁיהּ.
Et Rabbi Yishmael, qui soutient qu’il n’existe pas une telle mitzva, dirait : Si l’on ne le consacre pas verbalement, l’animal n’est-il pas consacré ? Il est certainement consacré, car sa sainteté vient du ventre. Et puisque, lorsqu’on ne le consacre pas, l’animal est néanmoins sanctifié automatiquement, il n’a pas besoin de le consacrer verbalement.
הֲדַרַן עֲלָךְ הַמַּקְדִּישׁ שָׂדֵהוּ.

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