תָּנוּ רַבָּנַן: חַרְסָן שֶׁל זָב וְזָבָה – פַּעַם רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי טָמֵא, שְׁלִישִׁי טָהוֹר.
§ La Guemara poursuit sa discussion des cas impliquant un mélange d’une substance en contact avec une substance du même type, dans lesquels, selon l’opinion de Rabbi Yehuda dans la michna, la substance interdite n’est pas annulée. Les Sages ont enseigné une baraita (Tosefta, Teharot 5:3) : Dans un cas où une cruche en terre cuite brisée avait absorbé l’urine d’un zav ou d’une zava, dont l’urine est une source primaire d’impureté rituelle, qui transmet l’impureté à celui qui la porte, dans un tel cas, si l’on versait de l’eau dans cette cruche pour la nettoyer, après la première fois et la deuxième fois où on l’a lavée, elle reste rituellement impure, mais après la troisième fois elle est rituellement pure, car l’urine impure a été expulsée de la cruche.
בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים – שֶׁנָּתַן לְתוֹכוֹ מַיִם; אֲבָל לֹא נָתַן לְתוֹכוֹ מַיִם – אֲפִילּוּ עֲשִׂירִי טָמֵא. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: שְׁלִישִׁי, אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא נָתַן לְתוֹכוֹ מַיִם – טָהוֹר. מַאן דְּשָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר: מִין בְּמִינוֹ לֹא בָּטֵיל? רַבִּי יְהוּדָה.
La baraita continue : Dans quel cas cette déclaration a-t-elle été dite ? Elle a été dite lorsqu’on a mis de l’eau dans la fiole. Mais s’il n’y a pas mis d’eau, mais y a plutôt mis l’urine d’une personne rituellement pure, même après la dixième fois où il met cette urine dans la fiole, elle demeure rituellement impure, car une substance en contact avec une substance du même type n’est pas annulée. Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit : Après la troisième fois, même s’il n’y a pas mis d’eau, mais plutôt de l’urine, elle est rituellement pure. La Guemara commente : Qui as-tu entendu dire qu’une substance en contact avec le même type de substance n’est pas annulée ? Rabbi Yehouda, et c’est donc lui le premier tanna de cette baraita.
וּרְמִינְהוּ: פִּשְׁתָּן שֶׁטְּוָואָתוֹ נִדָּה – מְסִיטוֹ טָהוֹר. וְאִם הָיָה לַח – מְסִיטוֹ טָמֵא מִשּׁוּם מַשְׁקֵה פִּיהָ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף הָרוֹטְבוֹ בְּמַיִם – טָמֵא מִשּׁוּם מַשְׁקֶה פִּיהָ, וַאֲפִילּוּ טוּבָא!
Et la Guemara soulève une contradiction à partir d’une autre baraita (Tosefta, Teharot 4:11) : En ce qui concerne le lin tissé par une femme menstruée, bien qu’il ait absorbé la salive d’une femme menstruée, qui transmet l’impureté lorsqu’on la porte, celui qui le déplace demeure rituellement pur, car la salive a séché. Mais si le lin était encore humide, celui qui le déplace devient impur à cause du liquide de sa bouche, c’est-à-dire la salive de la femme menstruée. Rabbi Yehouda dit : Même celui qui mouille le lin avec de l’eau devient impur à cause du liquide de sa bouche, et cette halakha s’applique même s’il a mouillé le lin un très grand nombre de fois, à plusieurs reprises, car l’eau n’annule pas et n’expulse pas la salive. Cela contredit apparemment l’affirmation de Rabbi Yehouda au sujet de la cruche brisée qui a été lavée à l’eau trois fois.
אָמַר רַב פָּפָּא: שָׁאנֵי רוֹק, דְּקָרִיר.
Rav Pappa dit : La salive est différente, car elle est complètement absorbée et adhère au lin, et par conséquent laver le lin avec de l’eau n’annule pas la salive.
נִתְעָרֵב בְּדַם הַפְּסוּלִין, יִשָּׁפֵךְ לָאַמָּה. בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי?
§ La michna enseigne : Si du sang apte à la présentation s’est mélangé avec le sang de sacrifices inaptes, tout le mélange sera versé dans le drain de la cour du Temple ; et de même, si du sang apte à la présentation s’est mélangé avec du sang d’exsudation, il sera versé dans le drain, tandis que Rabbi Eliezer considère le mélange comme apte à la présentation. La Guemara demande : Au sujet de quel principe sont en désaccord le premier tanna et Rabbi Eliezer ?
אָמַר רַב זְבִיד: בְּגוֹזְרִין גְּזֵירָה בַּמִּקְדָּשׁ קָא מִיפַּלְגִי – דְּמָר סָבַר: גּוֹזְרִין, וּמָר סָבַר: (לָא) [אֵין] גּוֹזְרִין.
Rav Zevid dit : Ils sont en désaccord au sujet de la question de savoir si les Sages promulguent un décret rabbinique de ce type à l’égard du Temple. Car un Sage, le premier tanna, soutient que les Sages promulguent un décret rabbinique à l’égard du Temple, et par conséquent on ne peut pas présenter ce mélange de sang, de peur de présenter un mélange contenant une majorité de sang d’offrandes impropres ou de sang d’exsudat. Et un Sage, Rabbi Eliezer, soutient que les Sages ne promulguent pas un décret rabbinique à l’égard du Temple, et par conséquent ce mélange de sang est apte à être présenté.
רַב פָּפָּא אָמַר: דְּכוּלֵּי עָלְמָא גּוֹזְרִין;
Rav Pappa dit qu’il existe une explication différente du différend : Tous conviennent que les Sages promulguent un décret rabbinique concernant le Temple, et par conséquent, dans un cas où du sang apte à la présentation a été mélangé avec le sang d’offrandes impropres, Rabbi Eliezer convient qu’il doit être versé dans le drain de la cour du Temple, et il ne considère le sang comme permis que s’il a été mélangé avec du sang d’exsudation.
וְהָכָא, בְּדַם הַתַּמְצִית מָצוּי לִרְבּוֹת עַל דַּם הַנֶּפֶשׁ קָא מִיפַּלְגִי – מָר סָבַר: שְׁכִיחַ, וּמָר סָבַר: לָא שְׁכִיחַ.
Rav Pappa poursuit : Et ici ils sont en désaccord au sujet de la question de savoir s’il est courant que le sang d’exsudat soit plus grand en quantité que le sang de l’âme, c’est-à-dire le sang qui sort immédiatement après l’abattage de l’animal. Un Sage, le premier tanna, soutient que cela est courant, et par conséquent les Sages ont décrété au sujet de tous les mélanges de sang d’exsudat et de sang de l’âme. Et un Sage, Rabbi Eliezer, soutient que cela n’est pas courant, et par conséquent les Sages n’ont pas décrété au sujet d’un mélange de ce type.
בִּשְׁלָמָא לְרַב פָּפָּא, הַיְינוּ דְּקָתָנֵי: נִתְעָרֵב בְּדַם הַפְּסוּלִין – יִשָּׁפֵךְ לָאַמָּה, (אוֹ) בְּדַם הַתַּמְצִית – יִשָּׁפֵךְ לָאַמָּה.
La Guemara commente : Soit, selon l’opinion de Rav Pappa selon laquelle la décision indulgente de Rabbi Eliezer ne s’applique qu’à un mélange avec du sang d’exsudation, mais qu’il concède au premier tanna que si du sang apte à la présentation a été mélangé avec le sang d’offrandes invalides, il est versé dans le drain de la cour du Temple, cette explication est cohérente avec ce que la michna enseigne : Si du sang apte à la présentation a été mélangé avec le sang d’offrandes invalides, il sera versé dans le drain de la cour du Temple ; si du sang apte à la présentation a été mélangé avec du sang d’exsudation, il sera versé dans le drain. En d’autres termes, le fait que la michna sépare ces deux cas en clauses distinctes est logique, puisque la décision de Rabbi Eliezer ne s’applique qu’à un seul cas.
אֶלָּא לְרַב זְבִיד, לִיעָרְבִינְהוּ וְלִיתְנִינְהוּ! קַשְׁיָא.
Mais selon l’interprétation de Rav Zevid, selon laquelle Rabbi Eliezer est en désaccord dans les deux cas, que la michna les combine et les enseigne ensemble, comme suit : Si du sang apte à la présentation a été mélangé avec le sang d’offrandes impropres ou avec du sang d’exsudation, tout le mélange sera versé dans le conduit traversant la cour du Temple, et Rabbi Eliezer considère les mélanges comme aptes à la présentation. La Guemara conclut : En effet, la formulation de la michna pose une difficulté à l’explication de Rav Zevid.
מַתְנִי׳ דַּם תְּמִימִים בְּדַם בַּעֲלֵי מוּמִין – יִשָּׁפֵךְ לָאַמָּה. כּוֹס בְּכוֹסוֹת – רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אִם קָרַב כּוֹס אֶחָד, יִקְרְבוּ כָּל הַכּוֹסוֹת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֲפִילּוּ קָרְבוּ כּוּלָּן חוּץ מֵאֶחָד מֵהֶן, יִשָּׁפֵךְ לָאַמָּה.
MICHNA : Si le sang d’offrandes sans défaut a été mélangé avec le sang d’animaux porteurs de défauts, impropres au sacrifice, tout le mélange sera versé dans le conduit d’évacuation de la cour du Temple. Telle est la halakha lorsque le sang apte et le sang inapte ont été mélangés dans un seul récipient. En revanche, si une coupe du sang d’une offrande porteuse d’un défaut a été mêlée à des coupes de sang apte à l’offrande et qu’on ne sait pas quel sang se trouve dans la coupe, Rabbi Eliezer dit : Bien qu’il soit interdit de présenter tout le sang en raison de l’incertitude, si un prêtre a déjà sacrifié, c’est-à-dire présenté, une coupe, le sang dans toutes les autres coupes sera sacrifié, car on présume que le sang qui a été présenté provenait de la coupe inapte du mélange. Et les Sages disent : Même si le sang dans toutes les coupes a été sacrifié sauf dans l’une d’elles, le sang restant sera versé dans le conduit d’évacuation de la cour du Temple.
הַנִּיתָּנִין לְמַטָּה שֶׁנִּתְעָרְבוּ בַּנִּיתָּנִין לְמַעְלָה – רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יִתֵּן לְמַעְלָה, וְרוֹאֶה אֲנִי אֶת הַתַּחְתּוֹנִים מִלְּמַעְלָן כְּאִילּוּ הֵם מַיִם, וְיַחֲזוֹר וְיִתֵּן לְמַטָּה. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: יִשָּׁפֵךְ לָאַמָּה. וְאִם לֹא נִמְלַךְ וְנָתַן – כָּשֵׁר.
En ce qui concerne le sang qui doit être placé au-dessous de la ligne rouge entourant l’autel, par exemple le sang d’un holocauste, d’une offrande de culpabilité ou d’une offrande de paix, qui a été mélangé avec du sang qui doit être placé au-dessus de la ligne rouge, par exemple le sang d’une offrande expiatoire, Rabbi Eliezer dit : Le prêtre doit d’abord placer le sang du mélange au-dessus de la ligne rouge pour l’offrande expiatoire, et je considère le sang qui devait être placé au-dessous mais qui a en fait été placé au-dessus comme s’il était de l’eau, et le prêtre doit de nouveau placer du sang du mélange au-dessous. Et les Sages disent : Tout doit être versé dans le drain de la cour du Temple. Même selon les Sages, si le prêtre n’a pas consulté les autorités et a placé le sang au-dessus de la ligne rouge, l’offrande est valide, et il doit ensuite placer le sang restant au-dessous de la ligne rouge.