אֵין יְשִׁיבָה בָּעֲזָרָה אֶלָּא לְמַלְכֵי בֵּית דָּוִד בִּלְבַד. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיָּבֹא הַמֶּלֶךְ דָּוִד וַיֵּשֶׁב לִפְנֵי ה׳״? כִּדְאָמַר רַב חִסְדָּא — בְּעֶזְרַת נָשִׁים, הָכָא נָמֵי — בְּעֶזְרַת נָשִׁים.
S’asseoir dans la cour du Temple n’est permis qu’aux rois de la Maison de David, comme il est dit : « Alors le roi David entra et s’assit devant le Seigneur » (I Chroniques 17:16) ? Comment, dès lors, le Grand Prêtre pouvait-il être assis ? La Guemara explique : Comme Rav Ḥisda l’a dit dans un contexte similaire : Cela ne s’est pas produit dans la cour des Israélites, où l’interdiction de s’asseoir s’applique, mais dans la cour des femmes. Ici aussi, la lecture a eu lieu dans la cour des femmes, où il est permis de s’asseoir.
וְהֵיכָא אִיתְּמַר דְּרַב חִסְדָּא? אַהָא. מֵיתִיבִי: דְּתַנְיָא, הֵיכָן קוֹרִין בּוֹ — בָּעֲזָרָה, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: בְּהַר הַבַּיִת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּקְרָא בוֹ לִפְנֵי הָרְחוֹב אֲשֶׁר לִפְנֵי שַׁעַר הַמַּיִם״, וְאָמַר רַב חִסְדָּא: בְּעֶזְרַת נָשִׁים.
§ La Guemara précise : Et où cette déclaration de Rav Ḥisda a-t-elle été à l’origine prononcée ? Elle a été prononcée à propos de ce qui suit : Les Sages ont soulevé une objection sur la base de ce qui a été enseigné dans une baraita : Où lisaient-ils le rouleau de la Torah pour accomplir la mitsva du rassemblement, au cours de laquelle la Torah est lue publiquement à Souccot après l’année sabbatique ? On la lisait dans la cour du Temple . Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit : On la lit sur le mont du Temple, comme il est dit au sujet de la lecture publique effectuée par Ezra : « Et il y lut devant la place qui était devant la porte des Eaux » (Néhémie 8:3). Et Rav Ḥisda dit : La cour à laquelle faisait référence le premier tanna est la cour des femmes.
״וַיְבָרֶךְ עֶזְרָא אֶת ה׳ הָאֱלֹהִים הַגָּדוֹל״. מַאי ״גָּדוֹל״? אָמַר רַב יוֹסֵף אָמַר רַב: שֶׁגִּדְּלוֹ בְּשֵׁם הַמְפוֹרָשׁ. רַב גִּידֵּל אָמַר: ״בָּרוּךְ ה׳ אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל מִן הָעוֹלָם וְעַד הָעוֹלָם״.
À propos du verset dans Néhémie, la Guemara interprète de manière homilétique un verset adjacent. Il est dit : « Et Ezra bénit le Seigneur, le grand Dieu » (Néhémie 8:6). La Guemara demande : Quel est le sens de « grand » ici ? Rav Yosef a dit que Rav a dit : Cela signifie qu’il Lui attribua la grandeur en énonçant le nom explicite de Dieu. Rav Giddel a dit : Il a institué qu’on doit dire à la conclusion de chaque bénédiction : « Béni soit le Seigneur, Dieu d’Israël, d’éternité en éternité » (I Chroniques 16:36).
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב דִּימִי: וְדִילְמָא שֶׁגִּידְּלוֹ בְּשֵׁם הַמְפוֹרָשׁ? אֲמַר לֵיהּ: אֵין אוֹמְרִים שֵׁם הַמְפוֹרָשׁ בִּגְבוּלִים.
Abaye dit à Rav Dimi : Pourquoi Rav Giddel l’interprète-t-il ainsi ? Peut-être que le sens de « grand » est qu’il Lui a attribué de la grandeur en prononçant le nom explicite ? Rav Dimi lui dit : Le nom explicite ne peut pas être prononcé dans les provinces, c’est-à-dire en dehors de la cour du Temple.
וְלָא? וְהָכְתִיב: ״וַיַּעֲמוֹד עֶזְרָא הַסּוֹפֵר עַל מִגְדַּל עֵץ אֲשֶׁר עָשׂוּ לַדָּבָר״. וְאָמַר רַב גִּידֵּל: שֶׁגִּדְּלוֹ בְּשֵׁם הַמְפוֹרָשׁ! הוֹרָאַת שָׁעָה הָיְתָה.
La Guemara demande : Et cela n’est-il vraiment pas permis ? N’est-il pas écrit : « Et Ezra le Scribe se tint sur une estrade de bois, qu’ils avaient faite à cette fin... et Ezra bénit le Seigneur, le grand Dieu » (Néhémie 8:4-6) ; et Rav Giddel a dit : « Grand », dans ce verset, signifie qu’il Lui attribua la grandeur en énonçant le nom explicite de Dieu. Puisque cet événement eut lieu en dehors du Temple (voir Néhémie 8:3), cela suggère que le nom explicite de Dieu peut effectivement être énoncé en dehors du Temple. La Guemara répond : On ne peut pas le prouver à partir d’ici, car la permission d’utiliser le nom explicite de Dieu dans ce contexte était un décret provisoire promulgué dans des circonstances pressantes, puisque le peuple s’était réuni d’une manière unique dans un engagement de prière envers Dieu.
״וַיִּצְעֲקוּ אֶל ה׳ אֱלֹהִים בְּקוֹל גָּדוֹל״. מַאי אֲמוּר? אָמַר רַב, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יוֹחָנָן: בִּיָּיא בִּיָּיא הַיְינוּ הַאי דְּאַחְרְבֵיהּ לְמַקְדְּשָׁא וְקַלְיֵהּ לְהֵיכְלֵיהּ וְקַטְלִינְהוּ לְכוּלְּהוּ צַדִּיקֵי וְאַגְלִינְהוּ לְיִשְׂרָאֵל מֵאַרְעֲהוֹן, וַעֲדַיִין מְרַקֵּד בֵּינַן. כְּלוּם יְהַבְתֵּיהּ לַן אֶלָּא לְקַבּוֹלֵי בֵּיהּ אַגְרָא? לָא אִיהוּ בָּעֵינַן, וְלָא אַגְרֵיהּ בָּעֵינַן!
La Guemara raconte l’événement décrit dans les versets : Le verset déclare : Et ils crièrent d’une voix forte vers le Seigneur leur Dieu (Néhémie 9:4). Qu’a-t-il été dit ? Rav a dit, et certains disent que c’était Rabbi Yoḥanan qui a dit : Malheur, malheur. C’est cela, c’est-à-dire le mauvais penchant pour l’idolâtrie, qui a détruit le Temple, et brûlé son Sanctuaire, et assassiné tous les justes, et provoqué l’exil du peuple juif hors de sa terre. Et il danse encore parmi nous, c’est-à-dire qu’il nous affecte encore. Ne nous l’as-Tu donné que dans le seul but de recevoir une récompense pour le surmonter ? Nous n’en voulons pas, et nous ne voulons pas de sa récompense. Nous sommes prêts à renoncer aux récompenses potentielles pour avoir surmonté le mauvais penchant, pourvu qu’il s’éloigne de nous.
נְפַל לְהוּ פִּיתְקָא מֵרְקִיעָא, דַּהֲוָה כְּתִב בֵּהּ ״אֱמֶת״.
En réponse à leur prière, un billet tomba vers eux depuis les cieux, sur lequel était écrit : Vérité, indiquant que Dieu avait accepté leur demande.
אָמַר רַב חֲנִינָא: שְׁמַע מִינַּהּ חוֹתָמוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא ״אֱמֶת״.
La Guemara fait une remarque incidente. Rav Ḥanina a dit : Apprends d’ici que le sceau du Saint, béni soit-Il, est la vérité.
אוֹתִיבוּ בְּתַעֲנִיתָא תְּלָתָא יוֹמִין וּתְלָתָא לֵילָוָאתָא, מַסְרוּהוּ נִיהֲלַיְהוּ. נְפַק אֲתָא כִּי גוּרְיָא דְנוּרָא מִבֵּית קָדְשֵׁי הַקֳּדָשִׁים, אֲמַר לְהוּ נָבִיא לְיִשְׂרָאֵל: הַיְינוּ יִצְרָא דַעֲבוֹדָה זָרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר זֹאת הָרִשְׁעָה״.
En réponse au signe d’acceptation divine, ils observèrent un jeûne pendant trois jours et trois nuits, et Il leur livra le mauvais penchant . Une forme de lionceau de feu sortit de la chambre du Saint des Saints. Zacharie le prophète dit au peuple juif : Ceci est le mauvais penchant pour l’idolâtrie, comme il est dit dans le verset qui se rapporte à cet événement : « Et il dit : Ceci est le mal » (Zacharie 5:8). L’emploi du mot « ceci » indique que le mauvais penchant fut perçu sous une forme physique.
בַּהֲדֵי דְּתַפְסוּהּ לֵיהּ אִשְׁתְּמִיט בִּינִיתָא מִמַּזְּיֵיא וּרְמָא קָלָא, וַאֲזַל קָלֵיהּ אַרְבַּע מְאָה פַּרְסֵי. אָמְרוּ: הֵיכִי נַעֲבֵיד? דִּילְמָא חַס וְשָׁלוֹם מְרַחֲמִי עֲלֵיהּ מִן שְׁמַיָּא. אֲמַר לְהוּ נָבִיא: שַׁדְיוּהוּ בְּדוּדָא דַאֲבָרָא, וְחַפְיוּהוּ לְפוּמֵּיהּ בַּאֲבָרָא, דַּאֲבָרָא מִשְׁאָב שָׁאֵיב קָלָא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר זֹאת הָרִשְׁעָה וַיַּשְׁלֵךְ אוֹתָהּ אֶל תּוֹךְ הָאֵיפָה וַיַּשְׁלֵךְ אֶת אֶבֶן הָעוֹפֶרֶת אֶל פִּיהָ״.
Lorsqu’ils s’en emparèrent, un de ses poils tomba, et il poussa un cri de douleur qui fut entendu à quatre cents parasanges. Ils dirent : Que devons-nous faire pour le tuer ? Peut-être, à Dieu ne plaise, aura-t-on pitié de lui depuis le Ciel, puisqu’il crie tant. Le prophète leur dit : Jetez-le dans un récipient en plomb et scellez l’ouverture avec du plomb, car le plomb absorbe le son. Comme il est dit : « Et il dit : C’est la méchanceté. Et il la jeta au milieu de l’épha, et il jeta une pierre de plomb sur son ouverture » (Zacharie 5:8). Ils suivirent ce conseil et furent délivrés du mauvais penchant pour l’idolâtrie.
אֲמַרוּ: הוֹאִיל וְעֵת רָצוֹן הוּא, נִבְעֵי רַחֲמֵי אַיִּצְרָא דַעֲבֵירָה. בְּעוֹ רַחֲמֵי וְאִמְּסַר בִּידַיְיהוּ.
Lorsqu'ils virent que le mauvais penchant pour l'idolâtrie avait été livré entre leurs mains, comme ils l'avaient demandé, les Sages dirent : Puisque c'est un moment propice, prions aussi au sujet du mauvais penchant au péché dans le domaine des relations sexuelles. Ils prièrent, et il fut aussi livré entre leurs mains.
אֲמַר לְהוּ: חֲזוֹ, דְּאִי קָטְלִיתוּ לֵיהּ לְהָהוּא, כָּלֵי עָלְמָא. חַבְשׁוּהוּ תְּלָתָא יוֹמֵי, וּבָעוּ בֵּיעֲתָא בַּת יוֹמָא בְּכׇל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְלָא אִשְׁתְּכַח. אָמְרִי: הֵיכִי נַעֲבֵיד? נִקְטְלֵיהּ — כָּלֵי עָלְמָא, נִיבְעֵי רַחֲמֵי אַפַּלְגָא — פַּלְגָא בִּרְקִיעָא לָא יָהֲבִי. כַּחְלִינְהוּ לְעֵינֵיהּ וְשַׁבְקוּהוּ, וְאַהְנִי דְּלָא מִיגָּרֵי בֵּיהּ לְאִינִישׁ בְּקָרִיבְתֵּהּ.
Zacharie le prophète leur dit : Voyez et comprenez que si vous tuez ce mauvais penchant, le monde sera détruit, car, en conséquence, il n’y aura également plus aucun désir de procréer. Ils suivirent son avertissement et, au lieu de tuer le mauvais penchant, ils l’emprisonnèrent pendant trois jours. À ce moment-là, les gens cherchèrent un œuf frais dans toute la Terre d’Israël et ne purent en trouver aucun. Puisque le penchant à se reproduire avait été réprimé, les poules cessèrent de pondre des œufs. Ils dirent : Que devons-nous faire ? Si nous le tuons, le monde sera détruit. Si nous prions pour la moitié, c’est-à-dire pour que seule la moitié de sa puissance soit annulée, rien ne sera accompli, parce que le Ciel n’accorde pas de dons à moitié, mais seulement des dons entiers. Que firent-ils ? Ils lui crevèrent les yeux, limitant ainsi effectivement sa puissance, et le relâchèrent. Et cela fut efficace au point qu’une personne n’est plus excitée à commettre l’inceste avec ses proches parents.
בְּמַעְרְבָא מַתְנוּ הָכִי: רַב גִּידֵּל אָמַר: ״גָּדוֹל״ — שֶׁגִּדְּלוֹ בְּשֵׁם הַמְפוֹרָשׁ, וְרַב מַתְנָא אָמַר: ״הָאֵל הַגָּדוֹל הַגִּבּוֹר וְהַנּוֹרָא״.
La Guemara revient à sa discussion du verset de Néhémie cité plus haut : En Occident, c’est-à-dire en Eretz Yisrael, ils enseignaient le débat concernant le verset « le Seigneur, le grand Dieu » comme suit : Rav Giddel a dit : « Grand » signifie qu’il Lui attribua la grandeur en énonçant le nom explicite de Dieu. Et Rav Mattana a dit : Ils réinsérèrent dans leurs prières les appellations suivantes de Dieu : « le Dieu grand, puissant et redoutable » (Néhémie 9:32).
וְהָא דְּרַב מַתְנָא מָטְיָיא לִדְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי. דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: לָמָּה נִקְרָא שְׁמָן אַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה — שֶׁהֶחְזִירוּ עֲטָרָה לְיוֹשְׁנָהּ. אֲתָא מֹשֶׁה, אָמַר: ״הָאֵל הַגָּדוֹל הַגִּבּוֹר וְהַנּוֹרָא״. אֲתָא יִרְמְיָה וַאֲמַר: גּוֹיִם מְקַרְקְרִין בְּהֵיכָלוֹ, אַיֵּה נוֹרְאוֹתָיו? לָא אֲמַר ״נוֹרָא״. אֲתָא דָּנִיאֵל אֲמַר: גּוֹיִם מִשְׁתַּעְבְּדִים בְּבָנָיו, אַיֵּה גְּבוּרוֹתָיו? לָא אֲמַר ״גִּבּוֹר״.
La Guemara commente : Cette interprétation que Rav Mattana a donnée penche vers, c’est-à-dire correspond à, l’exposé de Rabbi Yehoshua ben Levi. Comme Rabbi Yehoshua ben Levi l’a dit : Pourquoi les Sages de ces générations sont-ils appelés les membres de la Grande Assemblée ? C’est parce qu’ils ont rendu la couronne du Saint, béni soit-Il, à son ancienne gloire. Comment cela ? Moïse est venu et a dit dans sa prière : « Le Dieu grand, puissant et redoutable » (Deutéronome 10:17). Jérémie, le prophète, est venu et a dit : Des gentils, c’est-à-dire les sbires de Nabuchodonosor, se livrent à leurs réjouissances dans Son sanctuaire ; où est donc Son caractère redoutable ? Par conséquent, il n’a pas dit redoutable dans sa prière : « Le grand Dieu, le puissant, le Seigneur des armées est Son nom » (Jérémie 32:18). Daniel est venu et a dit : Des gentils réduisent Ses enfants en esclavage ; où est donc Sa puissance ? Par conséquent, il n’a pas dit puissant dans sa prière : « Le Dieu grand et redoutable » (Daniel 9:4).
אֲתוֹ אִינְהוּ וְאָמְרוּ: אַדְּרַבָּה, זוֹ הִיא (גְּבוּרַת) גְּבוּרָתוֹ: שֶׁכּוֹבֵשׁ אֶת יִצְרוֹ — שֶׁנּוֹתֵן אֶרֶךְ אַפַּיִם לָרְשָׁעִים. וְאֵלּוּ הֵן נוֹרְאוֹתָיו — שֶׁאִלְמָלֵא מוֹרָאוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא הֵיאַךְ אוּמָּה אַחַת יְכוֹלָה לְהִתְקַיֵּים בֵּין הָאוּמּוֹת?
Les membres de la Grande Assemblée vinrent et dirent : Au contraire, c’est cela la puissance de Sa puissance, c’est-à-dire son expression la plus complète, qu’Il maîtrise Son inclination en faisant preuve de patience envers les méchants. La colère de Dieu s’embrase à cause de l’asservissement de Son peuple par les nations païennes, et pourtant Il exprime une puissance immense en réprimant Sa colère et en s’abstenant de les punir immédiatement. Par conséquent, il convient toujours de qualifier Dieu de puissant. Et ces actes expriment aussi Sa redoutable grandeur : N’était-ce la redoutable grandeur du Saint, béni soit-Il, comment un seul peuple, c’est-à-dire le peuple juif, qui est seul et haï par les nations païennes, pourrait-il survivre parmi les nations ?
וְרַבָּנַן: הֵיכִי עָבְדִי הָכִי וְעָקְרִי תַּקַּנְתָּא דְּתַקֵּין מֹשֶׁה? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִתּוֹךְ שֶׁיּוֹדְעִין בְּהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא שֶׁאֲמִתִּי הוּא, לְפִיכָךְ לֹא כִּיזְּבוּ בּוֹ.
La Guemara demande : Et les Sages, c’est-à-dire Jérémie et Daniel, comment ont-ils pu faire cela et déraciner une ordonnance instituée par Moïse, le plus grand maître, qui a institué la mention de ces attributs dans la prière ? Rabbi Elazar a dit : Ils l’ont fait parce qu’ils savaient au sujet du Saint, béni soit-Il, qu’Il est véridique et qu’Il déteste le mensonge. Par conséquent, ils n’ont pas parlé faussement à Son sujet. Puisqu’ils ne percevaient pas Ses attributs de puissance et de majesté redoutable, ils ne les ont pas mentionnés ; par conséquent, on ne peut pas les critiquer pour cela.
וְקוֹרֵא ״אַחֲרֵי מוֹת״ וְ״אַךְ בֶּעָשׂוֹר״. וּרְמִינְהִי: מְדַלְּגִין בַּנָּבִיא, וְאֵין מְדַלְּגִין בַּתּוֹרָה!
§ Il a été enseigné dans la michna : Et il lit dans le rouleau la section de la Torah commençant par le verset : « Après la mort » (Lévitique 16:1), et la section commençant par le verset : « Mais au dixième » (Lévitique 23:26). Bien que ces deux sections apparaissent dans le livre du Lévitique, elles ne sont pas adjacentes l’une à l’autre. Nécessairement, le Grand Prêtre a sauté les sections intermédiaires entre les deux passages. La Guemara soulève une contradiction : Il est enseigné dans une michna du traité Meguila : On peut sauter des sections lors de la lecture de la haftara dans les Prophètes, mais on ne peut pas sauter des sections lors de la lecture dans la Torah.
לָא קַשְׁיָא: כָּאן, בִּכְדֵי שֶׁיַּפְסִיק הַתּוּרְגְּמָן. כָּאן, בִּכְדֵי שֶׁלֹּא יַפְסִיק הַתּוּרְגְּמָן.
La Guemara répond : Ce n’est pas difficile : Là-bas, dans la michna du traité Meguila qui enseigne qu’on ne peut pas sauter, l’intention est qu’on ne doit pas sauter si les sections sont si éloignées les unes des autres que le retard causé sera d’une durée telle que le traducteur qui récite la traduction araméenne terminera sa traduction avant que la section suivante ne soit atteinte. Dans ce cas, la communauté devrait rester en silence en attendant que la section suivante soit atteinte, ce qui est considéré comme irrespectueux envers l’honneur de la communauté. Ici, dans le cas de la michna, où il est permis de sauter, le retard causé est d’une durée si courte que le traducteur ne terminera toujours pas sa traduction avant que la nouvelle section ne soit atteinte.
וְהָא עֲלַהּ קָתָנֵי: מְדַלְּגִין בַּנָּבִיא, וְאֵין מְדַלְּגִין בַּתּוֹרָה. וְעַד כַּמָּה מְדַלֵּג — בִּכְדֵי שֶׁלֹּא יַפְסִיק הַתּוּרְגְּמָן, הָא בַּתּוֹרָה — כְּלָל כְּלָל לָא!
La Guemara conteste cette résolution : Mais il a été enseigné au sujet de cette déclaration dans la suite de cette michna : Une personne peut sauter des sections lors de la lecture dans les Prophètes, et une personne ne peut pas sauter des sections lors de la lecture dans la Torah. Et dans quelle mesure peut-on sauter ? On peut sauter lorsque la section sautée est d’une longueur si courte que, au moment où l’enroulement du rouleau sera terminé, le traducteur n’aura toujours pas terminé sa traduction. La baraita implique que la restriction concernant la longueur de la section que l’on peut sauter ne s’applique qu’à la lecture des Prophètes, mais, lors de la lecture de la Torah, on ne peut pas sauter du tout. La résolution de la Guemara est donc réfutée.
אָמַר אַבָּיֵי, לָא קַשְׁיָא: כָּאן, בְּעִנְיָן אֶחָד. כָּאן, בִּשְׁנֵי עִנְיָנִין.
La Guemara propose une résolution différente. Abaye a dit : Ce n’est pas difficile. Ici, dans le cas de la michna ici, où il est permis de sauter, il s’agit du cas où les deux sections portent sur un seul sujet, et par conséquent les auditeurs ne remarqueront pas que des sections ont été sautées. Là-bas, dans la michna du traité Meguila, qui enseigne qu’on ne peut pas sauter, il s’agit du cas où les deux sections portent sur deux sujets différents.
וְהָתַנְיָא: מְדַלְּגִין בַּתּוֹרָה בְּעִנְיָן אֶחָד, וּבַנָּבִיא בִּשְׁנֵי עִנְיָנִין. כָּאן וְכָאן בִּכְדֵי שֶׁלֹּא יַפְסִיק הַתּוּרְגְּמָן. וְאֵין מְדַלְּגִין מִנָּבִיא לְנָבִיא. וּבַנָּבִיא שֶׁל שְׁנֵים עָשָׂר מְדַלְּגִין,
Comme cela a été enseigné dans une baraita : On peut sauter des sections lors de la lecture dans la Torah lorsque les deux sections lues portent sur un même sujet, et dans les Prophètes on peut passer d’une section à une autre même si elles portent sur deux sujets différents. Tant ici que là, on ne peut sauter que lorsque la section omise est d’une si courte longueur que, lorsque l’enroulement sera terminé, le traducteur n’aura pas encore terminé sa traduction. Mais on ne peut pas passer d’un livre des Prophètes à un autre livre des Prophètes, même si les deux portent sur le même sujet, et même si l’écart entre eux est court. Cependant, parmi les livres des Douze Prophètes on peut passer, car les douze sont considérés comme un seul livre à ces fins.