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רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹסְרִין. אַלְמָא אֵין בְּרֵירָה.
Rabbi Yehouda, Rabbi Yossei et Rabbi Shimon interdisent cette pratique. Apparemment, Rabbi Yehouda soutient qu'il n'y a pas de clarification rétroactive.
מִמַּאי? דִּילְמָא שָׁאנֵי הָתָם כִּדְקָתָנֵי טַעְמָא, אָמְרוּ לוֹ לְרַבִּי מֵאִיר: אִי אַתָּה מוֹדֶה שֶׁמָּא יִבָּקַע הַנּוֹד וְנִמְצָא שׁוֹתֶה טְבָלִים לְמַפְרֵעַ? וְאָמַר לָהֶם: לִכְשֶׁיִּבָּקַע.
La Guemara explique la difficulté : D’où tires-tu cette conclusion ? Peut-être est-ce différent là-bas, car la raison est enseignée : Les Sages dirent à Rabbi Meir : Ne reconnais-tu pas que la cruche pourrait se fendre avant qu’il ne prélève les parts de terumot et de dîmes du mélange, ce qui ferait se répandre tout le vin ? Et il se trouvera alors avoir bu du vin non prélevé rétroactivement. Par conséquent, il ne peut pas se fier à un prélèvement qui n’a pas encore eu lieu. Et il leur dit : Bien qu’il y ait effectivement un problème si elle se fend, il n’y a pas lieu de craindre à l’avance cette éventualité. Puisque ce raisonnement repose sur la possibilité que la cruche puisse se briser, il n’y a pas de preuve ici que Rabbi Yehuda rejette le principe de la clarification rétroactive.
אֶלָּא, מִדְּתָנֵי אַיּוֹ. דְּתָנֵי אַיּוֹ, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵין אָדָם מַתְנֶה עַל שְׁנֵי דְבָרִים כְּאֶחָד.
Au contraire, la preuve que Rabbi Yehuda n’accepte pas le principe de clarification rétroactive provient d’une baraita que le Sage Ayo a enseignée. Comme Ayo a enseigné que Rabbi Yehuda dit : Une personne ne peut pas stipuler des conditions concernant deux questions à la fois, par exemple, on ne peut pas établir un érouv des limites de Chabbat [eiruv] dans chacune de deux directions différentes le vendredi après-midi, tout en faisant la stipulation suivante : Si demain, pendant Chabbat, deux Sages arrivent de deux directions différentes, je déciderai alors lequel des deux maîtres je préfère entendre à ce moment-là, ce qui déterminera quel eiruv est en vigueur.
אֶלָּא: אִם בָּא חָכָם לַמִּזְרָח — עֵירוּבוֹ לַמִּזְרָח. לַמַּעֲרָב — עֵירוּבוֹ לַמַּעֲרָב. אֲבָל לְכָאן וּלְכָאן — לָא.
Au contraire, il peut dire que si le Sage vient de l’est, son eiruv est à l’est, et si le Sage vient de l’ouest, son eiruv est à l’ouest. Cependant, il ne peut pas dire que si un Sage vient d’ici, et qu’un autre Sage vient de là, il ira où il voudra, dans l’une ou l’autre direction.
וְהָוֵינַן בַּהּ: מַאי שְׁנָא לְכָאן וּלְכָאן דְּלָא, דְּאֵין בְּרֵירָה.
Et nous avons discuté ce passage dans la Guemara et avons demandé : Quelle est la différence dans un cas où quelqu’un a stipulé que, si des Sages venaient d’ici et de là, il pourrait aller du côté qu’il choisirait, de sorte que son eiruv n’est pas valable ? Apparemment, Rabbi Yehouda soutient qu’il n’y a pas de clarification rétroactive, c’est-à-dire que cette personne ne peut pas prétendre après coup que l’endroit où elle a marché est désigné comme l’endroit qu’elle avait initialement l’intention de fixer pour son eiruv.
לְמִזְרָח וּמַעֲרָב נָמֵי אֵין בְּרֵירָה?
Cependant, selon ce principe, lorsqu’une personne établit un eiruvà l’est et à l’ouest en prévision de l’arrivée d’un seul Sage, il faut aussi invoquer le principe selon lequel il n’y a pas de clarification rétroactive. Pourquoi Rabbi Yehouda convient-il que, si l’on anticipe l’arrivée d’un seul Sage et que l’on stipule que, s’il vient à l’est, son eiruv sera à l’est, l’eiruv est valide ?
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כְּשֶׁכְּבָר בָּא חָכָם.
Et Rabbi Yoḥanan dit : Il ne s’agit pas d’un véritable cas de clarification rétroactive, car le Sage était déjà arrivé au crépuscule, mais celui qui avait établi le eiruv ne savait pas encore de quel côté de la ville le Sage était arrivé. Par conséquent, au moment où le eiruv établit son lieu de résidence pour le Chabbat, il est clair quel eiruv il veut, bien que lui-même n’en prenne connaissance que plus tard. Dans ce cas, Rabbi Yehouda convient que le eiruv est valide, mais il soutient néanmoins de manière générale qu’il n’y a pas de clarification rétroactive. Cela explique l’opinion de Rabbi Yehouda selon laquelle il n’y avait pas de récipient pour les nids d’offrandes expiatoires obligatoires et d’holocaustes, car il soutient qu’il n’existe pas de solution au mélange possible des différentes pièces.
וְהַשְׁתָּא דְּאָמְרִינַן לְרַבִּי יְהוּדָה אֵין בְּרֵירָה, הָא כְּתִיבָה אִית לֵיהּ! יוֹם הַכִּפּוּרִים נָמֵי, נַעֲבֵיד תְּרֵי וְנִכְתּוֹב עֲלַיְיהוּ!
La Guemara demande : Et maintenant que nous avons dit et prouvé que selon Rabbi Yehouda il n’y a pas de clarification rétroactive, néanmoins il est d’avis que l’on peut se fier à l’écriture, comme cela a été prouvé à partir de la halakha des troncs en forme de corne. Si tel est le cas, à Yom Kippour aussi, plaçons deux socles et écrivons dessus lequel est pour le sang du taureau et lequel est pour le sang du bouc.
מִשּׁוּם חוּלְשָׁא דְּכֹהֵן גָּדוֹל לָאו אַדַּעְתֵּיהּ. דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי, בְּלָא כְּתִיבָה נָמֵי, הַאי נְפִישׁ וְהַאי זוּטַר.
La Guemara répond : La raison pour laquelle ils n’ont pas placé deux piédestaux avec des inscriptions dessus est en raison de la faiblesse du Grand Prêtre. Puisqu’il jeûne pendant tout le service de la journée, l’inscription ne sera pas présente à son esprit ; il n’y prêtera pas attention et pourrait se tromper. Car, si tu ne dis pas cela, qu’il y a une inquiétude concernant la faiblesse du Grand Prêtre, même sans inscription il ne devrait pas non plus se tromper, puisque ce récipient dans lequel il recueille le sang du taureau est relativement grand et celui-ci pour le sang du bouc est petit.
וְכִי תֵּימָא לָא מְקַבֵּיל לֵיהּ כּוּלֵּיהּ, וְהָאָמַר רַב יְהוּדָה: הַשּׁוֹחֵט צָרִיךְ שֶׁיְּקַבֵּל אֶת כׇּל דָּמוֹ שֶׁל פַּר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאֵת כׇּל דַּם הַפָּר יִשְׁפּוֹךְ אֶל יְסוֹד הַמִּזְבֵּחַ״.
Et si tu dis qu’il ne recueille pas tout le sang du taureau, mais seulement une partie, afin que les bols soient de taille égale, Rav Yehouda n’a-t-il pas dit : Celui qui abat le taureau doit recevoir tout le sang du taureau, comme il est dit : « Et tout le sang du taureau, il le versera à la base de l’autel » (Lévitique 4:7).
וְכִי תֵּימָא: דִּילְמָא מִשְׁתְּפִיךְ מִינֵּיהּ — הַאי חִיוָּר וְהַאי סוּמָּק. אֶלָּא, מִשּׁוּם חוּלְשָׁא דְּכֹהֵן גָּדוֹל לָאו אַדַּעְתֵּיהּ. הָכָא נָמֵי, מִשּׁוּם חוּלְשָׁא דְּכֹהֵן גָּדוֹל לָאו אַדַּעְתֵּיהּ.
Et si tu dis que peut-être une partie du sang du taureau pourrait se renverser, donnant des quantités égales de sang, il ne devrait toujours pas y avoir d’erreur, car ce sang, celui du bouc, est clair et brillant par rapport au sang du taureau, et ce sang du taureau est rouge et plus foncé que l’autre. Au contraire, la raison doit être que en raison de la faiblesse du Grand Prêtre, ces différences ne seront pas présentes à son esprit. Ici aussi, l’écriture n’aidera pas, car en raison de la faiblesse du Grand Prêtre les inscriptions ne seront pas présentes à son esprit.
הָהוּא דִּנְחֵית קַמֵּיהּ דְּרָבָא, אֲמַר: יָצָא וְהִנִּיחוֹ עַל כַּן שֵׁנִי שֶׁבַּהֵיכָל, נָטַל דַּם הַפָּר, וְהִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר.
§ La Guemara raconte : Une certaine personne descendit pour diriger l’office de prière à Yom Kippour devant Rava. Il inclut dans sa prière l’ordre du service de Yom Kippour du Grand Prêtre, et récita : Le Grand Prêtre sortit alors du Saint des Saints et plaça le récipient sur le deuxième piédestal d’or dans le Sanctuaire ; il prit le sang du taureau du piédestal et plaça le sang du bouc à sa place.
אֲמַר לֵיהּ: חֲדָא כְּרַבָּנַן וַחֲדָא כְּרַבִּי יְהוּדָה?! אֵימָא: הִנִּיחַ דַּם הַשָּׂעִיר, וְנָטַל דַּם הַפָּר.
Rava lui dit : Cela est problématique, car une déclaration est conforme à l’opinion des Sages, et l’autre est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda. Selon les Sages, chacun de ces bols reposait sur son propre piédestal dans le Sanctuaire, tandis que Rabbi Yehuda soutient que le Grand Prêtre doit d’abord soulever le récipient contenant le sang du taureau puis déposer celui du bouc. Plutôt, tu dois réciter tout l’ordre du service entièrement conformément à l’opinion des Sages : Il plaça le sang du bouc sur son piédestal désigné et prit le sang du taureau du second support.
וְהִזָּה מִמֶּנּוּ עַל הַפָּרוֹכֶת כְּנֶגֶד אָרוֹן מִבַּחוּץ. תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְכֵן יַעֲשֶׂה לְאֹהֶל מוֹעֵד״, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? כְּשֵׁם שֶׁמַּזֶּה לִפְנַי לְפָנִים — כָּךְ מַזֶּה בַּהֵיכָל.
§ La michna a enseigné : Et le Grand Prêtre aspergeait du sang du taureau sur le rideau en face de l’Arche, à l’extérieur du Saint des Saints. Les Sages ont enseigné : « Il fera expiation pour le lieu saint à cause des impuretés des enfants d’Israël, et à cause de leurs transgressions, tous leurs péchés ; et ainsi fera-t-il pour la Tente d’Assignation qui demeure avec eux au milieu de leur impureté » (Lévitique 16:16). Que signifie ce que le verset dit ici ? De même qu’il asperge dans le sanctuaire le plus intérieur, le Saint des Saints, ainsi il asperge dans le Sanctuaire, la Tente d’Assignation, en direction du rideau.
מָה לִפְנַי לִפְנִים, אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה מִדַּם הַפָּר — כָּךְ מַזֶּה בַּהֵיכָל. וּכְשֵׁם שֶׁלִּפְנַי לִפְנִים, אַחַת לְמַעְלָה וְשֶׁבַע לְמַטָּה מִדַּם הַשָּׂעִיר — כָּךְ מַזֶּה בַּהֵיכָל. ״הַשּׁוֹכֵן אִתָּם בְּתוֹךְ טוּמְאֹתָם״, אֲפִילּוּ בִּשְׁעַת שֶׁהֵן טְמֵאִים — שְׁכִינָה עִמָּהֶם.
De plus : De même que dans le sanctuaire le plus intérieur il asperge une fois vers le haut et sept fois vers le bas avec le sang du taureau, ainsi il asperge dans le Sanctuaire. Et de même que dans le sanctuaire le plus intérieur il asperge une fois vers le haut et sept fois vers le bas avec le sang du bouc, ainsi il asperge dans le Sanctuaire. La dernière partie du verset : « Qui demeure avec eux au milieu de leur impureté, » enseigne que même lorsque le peuple juif est impur, la Présence divine est avec eux.
אֲמַר לֵיהּ הָהוּא צַדּוּקִי לְרַבִּי חֲנִינָא:
À propos de ce verset, la Guemara rapporte : Un certain sadducéen dit à Rabbi Ḥanina :

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