לְצַפְרָא, כַּרְכִינְהוּ וְשַׁקְלִינְהוּ וְקָמוּ וּנְפַקוּ לְהוּ לְשׁוּקָא וְאַשְׁכְּחִינְהוּ. אֲמַרוּ לֵיהּ: לְשַׁיְּימֵיהּ מָר הֵיכִי שָׁווּ. אֲמַר לְהוּ: הָכִי וְהָכִי. אֲמַרוּ לֵיהּ: וְדִלְמָא שָׁווּ טְפֵי? אֲמַר לְהוּ: בְּהָכִי (שַׁקְלִינְהוּ) [שְׁקַלִי לְהוּ]. אֲמַרוּ לֵיהּ: דִּידָךְ נִיהוּ וְשַׁקְלִינְהוּ מִינָּךְ.
Le matin, les Sages enroulèrent ces tapis et les prirent, puis ils se levèrent et sortirent au marché avec eux. Et lorsque Abba les trouva, les Sages lui dirent : Que le Maître estime ces tapis, combien ils valent. Il leur dit : Leur valeur est telle et telle. Ils lui dirent : Mais peut-être valent-ils davantage. Il leur dit : C’est ce que j’ai payé pour eux. Ils lui dirent : Les tapis sont à vous, et nous vous les avons pris.
אֲמַרוּ לֵיהּ: בְּמָטוּתָא מִינָּךְ בְּמַאי חֲשַׁדְתִּינַּן? אֲמַר לְהוּ: אָמֵינָא, פִּדְיוֹן שְׁבוּיִים אִיקְּלַע לְהוּ לְרַבָּנַן, וְאִכְּסִיפוּ לְמֵימַר לִי. אֲמַרוּ לֵיהּ: הַשְׁתָּא נִשְׁקְלִינְהוּ מָר! אֲמַר לְהוּ: מֵהָהוּא שַׁעְתָּא אַסַּחְתִּינְהוּ מִדַּעְתַּאי לִצְדָקָה.
Après avoir expliqué la raison de leurs actes, les Sages lui dirent : S’il vous plaît, dites-nous, qu’avez-vous soupçonné à notre sujet ? Vous saviez que nous avions pris vos tapis, et pourtant vous n’avez rien dit. Il leur dit : Je me suis dit qu’assurément, une occasion inattendue de rachat de prisonniers s’était présentée aux Sages, et qu’ils avaient besoin de fonds immédiatement, mais ils étaient trop embarrassés pour me le dire à moi ou pour demander de l’argent. Au lieu de cela, ils ont pris les tapis. Les Sages lui dirent : Maintenant que nous avons expliqué la situation, que le Maître reprenne les tapis. Il leur dit : Dès ce moment où j’ai compris qu’ils avaient disparu, je les ai sortis de mon esprit et les ai destinés à la charité. En ce qui me concerne, ils sont déjà affectés à cet usage, et je ne peux pas les reprendre.
הֲוָה קָא חָלְשָׁא דַּעְתֵּיהּ דְּרָבָא מִשּׁוּם דְּאַבָּיֵי, אֲמַרוּ לֵיהּ: מִסָּתְיָיךְ דְּקָא מַגְּנַיתְּ אַכּוּלֵּהּ כַּרְכָא.
Rava était affligé en raison du fait qu’Abaye recevait des salutations du Ciel chaque veille de Chabbat, tandis que Rava ne recevait de telles salutations qu’une seule fois par an, la veille de Yom Kippour, comme indiqué ci-dessus. On lui dit : Contente-toi du fait que par ton mérite tu protèges toute ta ville.
רַבִּי בְּרוֹקָא חוֹזָאָה הֲוָה שְׁכִיחַ בְּשׁוּקָא דְּבֵי לָפָט. הֲוָה שְׁכִיחַ אֵלִיָּהוּ גַּבֵּיהּ, אֲמַר לֵיהּ: אִיכָּא בְּהַאי שׁוּקָא בַּר עָלְמָא דְּאָתֵי? אֲמַר לֵיהּ: לָא. אַדְּהָכִי וְהָכִי חֲזָא לְהָהוּא גַּבְרָא דַּהֲוָה סָיֵים מְסָאנֵי אוּכָּמֵי וְלָא רְמֵי חוּטָא דִתְכֵלְתָּא בִּגְלִימֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: הַאי בַּר עָלְמָא דְּאָתֵי הוּא.
§ La Guemara raconte une autre histoire sur la droiture des gens ordinaires. Rabbi Beroka Ḥoza’a se trouvait souvent au marché de Bei Lefet, et Élie le prophète avait l’habitude de lui apparaître souvent. Un jour, Rabbi Beroka dit à Élie : Parmi tous ceux qui viennent ici, y a-t-il quelqu’un dans ce marché qui soit digne du Monde à venir ? Il lui dit : Non. Entre-temps, Rabbi Beroka vit un homme qui portait des chaussures noires, contrairement à la coutume juive, et qui ne mettait pas le fil bleu azur teint des franges rituelles sur son vêtement. Élie dit à Rabbi Beroka : Cet homme est digne du Monde à venir.
רְהַט בָּתְרֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: מַאי עוֹבָדָךְ? אֲמַר לֵיהּ: זִיל הָאִידָּנָא, וְתָא לִמְחַר. לִמְחַר אֲמַר לֵיהּ: מַאי עוֹבָדָךְ? אֲמַר לֵיהּ: זַנְדּוּקְנָא אֲנָא, וְאָסַרְנָא גַּבְרֵי לְחוֹד וְנָשֵׁי לְחוֹד, וְרָמֵינָא פּוּרְיַיאי בֵּין הָנֵי לְהָנֵי כִּי הֵיכִי דְּלָא לֵיתוֹ לִידֵי אִיסּוּרָא. כִּי חָזֵינָא בַּת יִשְׂרָאֵל דְּיָהֲבִי נׇכְרִים עֲלַהּ עֵינַיְיהוּ, מָסַרְנָא נַפְשַׁאי וּמַצֵּילְנָא לַהּ. יוֹמָא חַד הֲווֹת נַעֲרָה מְאוֹרָסָה גַּבַּן דִּיהַבוּ בָּהּ נׇכְרִים עֵינַיְיהוּ, שְׁקַלִי דּוּרְדְּיָיא דְּחַמְרָא וּשְׁדַאי לַהּ בְּשִׁיפּוּלַהּ, וַאֲמַרִי: דַּשְׁתָּנָא הִיא.
Rabbi Beroka courut après l’homme et lui dit : Quelle est ton occupation ? L’homme lui dit : Va-t’en maintenant, car je n’ai pas le temps, mais reviens demain et nous parlerons. Le lendemain, Rabbi Beroka arriva et de nouveau lui dit : Quelle est ton occupation ? L’homme lui dit : Je suis gardien de prison [zandukana], et j’emprisonne les hommes séparément et les femmes séparément, et je place mon lit entre eux afin qu’ils n’en viennent pas à la transgression. Quand je vois une femme juive sur laquelle des gentils ont jeté les yeux, je risque ma vie pour la sauver. Un jour, il y avait parmi nous une jeune femme fiancée sur laquelle les gentils avaient jeté les yeux. J’ai pris de la lie [durdayya] de vin rouge et je l’ai jetée sur la partie inférieure de sa robe, et j’ai dit : Elle est menstruée [dastana], afin qu’ils la laissent tranquille.
אֲמַר לֵיהּ: מַאי טַעְמָא לֵית לָךְ חוּטֵי, וּרְמֵית מְסָאנֵי אוּכָּמֵי? אֲמַר לֵיהּ: עָיֵילְנָא וְנָפֵיקְנָא בֵּינֵי נׇכְרִים, כִּי הֵיכִי דְּלָא לִידְּעוּ דִּיהוּדָאָה אֲנָא. כִּי הָווּ גָּזְרִי גְּזֵירְתָּא, מוֹדַעְנָא לְהוּ לְרַבָּנַן וּבָעוּ רַחֲמֵי וּמְבַטְּלִי לִגְזֵירְתַּיְיהוּ. וּמַאי טַעְמָא כִּי אָמֵינָא לָךְ אֲנָא מַאי עוֹבָדָךְ, וַאֲמַרְתְּ לִי: זִיל הָאִידָּנָא וְתָא לִמְחַר? אֲמַר לֵיהּ: בְּהַהִיא שַׁעְתָּא גָּזְרִי גְּזֵירְתָּא, וְאָמֵינָא: בְּרֵישָׁא אֵיזִיל וְאֶשְׁמְעַ[הּ], וְאֶשְׁלַח לְהוּ לְרַבָּנַן דְּלִבְעוֹ רַחֲמֵי עֲלַהּ דְּמִילְּתָא.
Rabbi Beroka lui dit : Quelle est la raison pour laquelle tu n’as pas de fils de franges rituelles, et pourquoi portes-tu des chaussures noires ? L’homme lui dit : Puisque je vais et viens parmi les gentils, je m’habille ainsi afin qu’ils ne sachent pas que je suis juif. Lorsqu’ils promulguent un décret, j’en informe les Sages, et ils prient pour la miséricorde et annulent le décret. Rabbi Beroka demanda encore : Et quelle est la raison pour laquelle lorsque je t’ai dit : Quelle est ton occupation ?, tu m’as dit : Va-t’en maintenant, mais reviens demain ? L’homme lui dit : À ce moment-là, ils venaient tout juste de promulguer un décret, et je me suis dit : D’abord, je dois aller informer les Sages, afin qu’ils prient pour la miséricorde au sujet de cette affaire.
אַדְּהָכִי וְהָכִי אֲתוֹ הָנָךְ תְּרֵי אַחֵי. אֲמַר לֵיהּ: הָנָךְ נָמֵי בְּנֵי עָלְמָא דְּאָתֵי נִינְהוּ. אֲזַל לְגַבַּיְיהוּ, אֲמַר לְהוּ: מַאי עוֹבָדַיְיכוּ? אֲמַרוּ לֵיהּ: אִינָשֵׁי בָּדוֹחֵי אֲנַן, מְבַדְּחִינַן עֲצִיבֵי. אִי נָמֵי, כִּי חָזֵינַן בֵּי תְרֵי דְּאִית לְהוּ תִּיגְרָא בַּהֲדַיְיהוּ, טָרְחִינַן וְעָבְדִינַן לְהוּ שְׁלָמָא.
Pendant ce temps, deux frères arrivèrent au marché. Élie dit à Rabbi Beroka : Ces deux-là ont eux aussi une part dans le Monde à venir. Rabbi Beroka s’approcha des hommes et leur dit : Quelle est votre occupation ? Ils lui dirent : Nous sommes des plaisantins, et nous réjouissons les déprimés. Autrement, lorsque nous voyons deux personnes qui ont une querelle entre elles, nous nous efforçons de faire la paix. Il est dit que, pour ce comportement, on jouit des fruits de ses actions dans ce monde, et pourtant sa récompense n’est pas diminuée dans le Monde à venir.
עַל אֵלּוּ מַתְרִיעִין בְּכׇל מָקוֹם כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן, עַל אֵלּוּ מַתְרִיעִין בְּכׇל מָקוֹם: עַל הַשִּׁדָּפוֹן, וְעַל הַיֵּרָקוֹן, וְעַל אַרְבֶּה וְחָסִיל, וְעַל חַיָּה רָעָה. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: עַל הַשִּׁדָּפוֹן וְעַל הַיֵּרָקוֹן בְּכׇל שֶׁהוּא. אַרְבֶּה וְחָסִיל, אֲפִילּוּ לֹא נִרְאָה בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל אֶלָּא כָּנָף אֶחָד — מַתְרִיעִין עֲלֵיהֶן.
§ La michna déclare : Pour les calamités suivantes, on sonne l’alarme en tout lieu. Les Sages ont enseigné : Pour les calamités suivantes, on sonne l’alarme en tout lieu : pour la brûlure des récoltes, pour la nielle, pour les sauterelles, pour les chenilles, un type de sauterelle qui vient en grands essaims et s’abat sur un endroit précis, et pour les bêtes dangereuses. Rabbi Akiva dit : Pour la brûlure des récoltes et la nielle, on sonne l’alarme pour n’importe quelle quantité. Pour les sauterelles et pour les chenilles, même si une seule aile de l’un de ces ravageurs a été vue dans toute la Terre d’Israël, on sonne l’alarme à leur sujet, car c’est un signe que d’autres sont en route.
וְעַל חַיָּה וְכוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: חַיָּה רָעָה שֶׁאָמְרוּ, בִּזְמַן שֶׁהִיא מְשׁוּלַּחַת — מַתְרִיעִין עָלֶיהָ, אֵינָהּ מְשׁוּלַּחַת — אֵין מַתְרִיעִין עָלֶיהָ. אֵי זוֹ הִיא מְשׁוּלַּחַת וְאֵי זוֹ הִיא שֶׁאֵינָהּ מְשׁוּלַּחַת? נִרְאֵית בָּעִיר — מְשׁוּלַּחַת, בַּשָּׂדֶה — אֵינָהּ מְשׁוּלַּחַת. בַּיּוֹם — מְשׁוּלַּחַת, בַּלַּיְלָה — אֵינָהּ מְשׁוּלַּחַת.
La michna a enseigné qu’on sonne l’alarme à cause de bêtes dangereuses qui ont envahi une ville. Les Sages ont enseigné dans une baraita : L’expression bêtes dangereuses dont ils ont parlé fait référence à une situation où il y a une recrudescence anormale des animaux dans une zone peuplée (voir Lévitique 26:22). Dans ce cas, on sonne l’alarme à cause d’elles. Cependant, si ce n’est pas une recrudescence, on ne sonne pas l’alarme à cause d’elles. La Guemara précise : Qu’est-ce qui est considéré comme une recrudescence et qu’est-ce qui n’en est pas une ? Si une bête dangereuse est vue dans la ville, c’est une recrudescence. Si elle est vue dans les champs, là où on la trouve habituellement, ce n’est pas une recrudescence. Si elle est vue pendant la journée, c’est une recrudescence. Si elle est vue la nuit, ce n’est pas une recrudescence.
רָאֲתָה שְׁנֵי בְּנֵי אָדָם וְרָצְתָה אַחֲרֵיהֶן — מְשׁוּלַּחַת. נֶחְבֵּאת מִפְּנֵיהֶן — אֵינָהּ מְשׁוּלַּחַת. טָרְפָה שְׁנֵי בְּנֵי אָדָם וְאָכְלָה אֶחָד מֵהֶן — מְשׁוּלַּחַת. אָכְלָה שְׁנֵיהֶן — אֵינָהּ מְשׁוּלַּחַת. עָלְתָה לַגַּג וְנָטְלָה תִּינוֹק מֵעֲרִיסָה — מְשׁוּלַּחַת.
La baraita continue : Si la bête a vu deux personnes et les a poursuivies, c’est une flambée. Si elle s’est cachée d’elles, ce n’est pas une flambée. Si elle a mis en pièces deux personnes et en a mangé une, c’est une flambée, car il est clair que l’animal n’a pas attaqué uniquement par faim. Si elle les a mangées toutes les deux, ce n’est pas une flambée, car l’animal avait manifestement faim et a agi conformément à sa nature. Si elle est montée sur le toit et a pris un bébé de son berceau, c’est une flambée. Cela conclut la citation de la Guemara de la baraita.
הָא גּוּפַהּ קַשְׁיָא, אָמְרַתְּ: נִרְאֲתָה בָּעִיר — מְשׁוּלַּחַת; לָא שְׁנָא בַּיּוֹם וְלָא שְׁנָא בַּלַּיְלָה. וַהֲדַר אָמְרַתְּ: בַּיּוֹם — מְשׁוּלַּחַת, בַּלַּיְלָה — אֵינָהּ מְשׁוּלַּחַת!
La Guemara demande : Cettebaraitaest elle-même difficile. Au départ, tu as dit que si une bête dangereuse est vue dans la ville, c’est une épidémie, ce qui indique qu’il n’y a pas de différence qu’elle soit vue le jour et qu’il n’y a pas de différence qu’elle soit vue la nuit. Et ensuite tu as dit : Si l’animal est vu pendant la journée, c’est une épidémie ; s’il est vu la nuit, ce n’est pas une épidémie.
לָא קַשְׁיָא, הָכִי קָאָמַר: נִרְאֲתָה בָּעִיר בַּיּוֹם — מְשׁוּלַּחַת. בָּעִיר בַּלַּיְלָה — אֵינָהּ מְשׁוּלַּחַת. אִי נָמֵי בַּשָּׂדֶה, אֲפִילּוּ בַּיּוֹם — אֵינָהּ מְשׁוּלַּחַת. (בַּשָּׂדֶה, בַּלַּיְלָה — אֵינָהּ מְשׁוּלַּחַת).
La Guemara résout cette difficulté : Ce n’est pas difficile, car voici ce que la baraita dit : Si cela est vu dans la ville pendant la journée, c’est une épidémie ; si cela est vu dans la ville la nuit, ce n’est pas une épidémie. Alternativement, si cela est vu dans le champ, même pendant la journée, ce n’est pas une épidémie. Si cela est aperçu dans le champ la nuit, ce n’est certainement pas une épidémie.
רָאֲתָה שְׁנֵי בְּנֵי אָדָם וְרָצְתָה אַחֲרֵיהֶן — מְשׁוּלַּחַת, הָא עוֹמֶדֶת — אֵינָהּ מְשׁוּלַּחַת. וַהֲדַר אָמְרַתְּ: נֶחְבֵּאת מִפְּנֵיהֶן — אֵינָהּ מְשׁוּלַּחַת, הָא עוֹמֶדֶת — מְשׁוּלַּחַת!
La Guemara soulève une autre contradiction apparente : la baraita déclare que si la bête a vu deux personnes et les a poursuivies, cela constitue une épidémie. Cela indique que si elle reste immobile mais ne s’enfuit pas, ce n’est pas une épidémie. Et ensuite tu as dit que si elle s’est cachée d’elles, ce n’est pas une épidémie, d’où l’on peut déduire que si elle reste immobile et ne s’enfuit pas, cela constitue une épidémie.
לָא קַשְׁיָא: כָּאן — בְּשָׂדֶה הַסְּמוּכָה לַאֲגַם, כָּאן — בְּשָׂדֶה שֶׁאֵינָהּ סְמוּכָה לַאֲגַם.
La Guemara répond : Ce n’est pas difficile, car les deux sections de la baraita décrivent des situations différentes. Ici, là où il y a une épidémie, la bête se tient dans un champ près d’un marais. Il est naturel que l’animal se tienne ainsi, car la bête sait que, si des gens tentent de l’attraper, elle peut s’enfuir dans le marais. À l’inverse, là-bas, là où il n’y a pas d’épidémie, la bête se tient dans un champ qui n’est pas près d’un marais. Puisqu’elle n’a nulle part où fuir, le fait de se tenir ainsi démontre une absence de peur non naturelle.
טָרְפָה שְׁנֵי בְּנֵי אָדָם כְּאֶחָד וְאָכְלָה אֶחָד מֵהֶן — מְשׁוּלַּחַת, שְׁנֵיהֶם — אֵינָהּ מְשׁוּלַּחַת. וְהָא אָמְרַתְּ אֲפִילּוּ רָצְתָה! אָמַר רַב פָּפָּא: כִּי תָּנֵי הָהִיא, בְּאַגְמָא.
La baraita a enseigné que si la bête a mis en pièces deux personnes et en a mangé une, cela constitue une épidémie, mais si elle les a mangées toutes les deux, cela ne constitue pas une épidémie. La Guemara demande : Mais n’as-tu pas dit que même si l’animal s’est simplement lancé à la poursuite de deux personnes, cela constitue une épidémie ? Rav Pappa a dit : Lorsque cette règle concernant une bête qui a mis en pièces deux personnes est enseignée, elle fait référence à un animal dans un marais. Puisqu’il se trouve dans son propre habitat, il est naturel qu’une bête territoriale attaque.
גּוּפָא: עָלְתָה לַגַּג וְנָטְלָה תִּינוֹק מֵעֲרִיסָה — מְשׁוּלַּחַת. פְּשִׁיטָא! אָמַר רַב פָּפָּא: כְּכוּכֵי דְצַיָּידֵי.
La Guemara revient au sujet de la baraitaelle-même. Si un animal sauvage est monté sur le toit et a pris un bébé de son berceau, cela constitue une épidémie. La Guemara demande : Il est évident que cet animal agit de manière anormale. Pourquoi la baraita mentionne-t-elle ce cas ? Rav Pappa a dit : La baraita fait référence au toit de la cachette d’un chasseur. Puisque cette cabane se trouve dans une zone sauvage, on aurait pu penser qu’il est naturel pour la bête d’attaquer. Par conséquent, la baraita nous enseigne que cela est toujours considéré comme une épidémie.
עַל הַחֶרֶב וְכוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: חֶרֶב שֶׁאָמְרוּ, אֵינוֹ צָרִיךְ לוֹמַר חֶרֶב שֶׁאֵינוֹ שֶׁל שָׁלוֹם, אֶלָּא אֲפִילּוּ חֶרֶב שֶׁל שָׁלוֹם. שֶׁאֵין לְךָ חֶרֶב שֶׁל שָׁלוֹם יוֹתֵר מִפַּרְעֹה נְכֹה, וְאַף עַל פִּי כֵן נִכְשַׁל בָּהּ הַמֶּלֶךְ יֹאשִׁיָּהוּ, שֶׁנֶּאֱמַר:
§ La michna a enseigné que l’on sonne l’alarme à cause de l’épée. Les Sages ont enseigné : En ce qui concerne l’épée qu’ils ont mentionnée, il n’est pas nécessaire de dire que cela inclut une épée qui n’est pas de paix, c’est-à-dire une armée ennemie venue faire la guerre contre les Juifs. Au contraire, même dans le cas d’une épée de paix, lorsqu’une armée traverse le pays sans intention de faire la guerre contre les Juifs, mais se rend simplement ailleurs, cela suffit pour obliger le tribunal à sonner l’alarme, car tu n’as pas de plus grand exemple d’une épée de paix que Pharaon Neco. Il traversa Eretz Yisrael pour faire la guerre à Nabuchodonosor, et néanmoins le roi Josias trébucha en cela, comme il est dit :