דְּאָמַר רַב חָנָא בַּר בִּיזְנָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן חֲסִידָא, מַאי דִּכְתִיב: ״כֹּה אָמַר ה׳ צְבָאוֹת צוֹם הָרְבִיעִי וְצוֹם הַחֲמִישִׁי וְצוֹם הַשְּׁבִיעִי וְצוֹם הָעֲשִׂירִי יִהְיֶה לְבֵית יְהוּדָה לְשָׂשׂוֹן וּלְשִׂמְחָה״. קָרֵי לְהוּ ״צוֹם״, וְקָרֵי לְהוּ ״שָׂשׂוֹן וְשִׂמְחָה״! בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ שָׁלוֹם — יִהְיוּ לְשָׂשׂוֹן וּלְשִׂמְחָה, אֵין שָׁלוֹם — צוֹם.
Comme Rav Ḥana bar Bizna l’a dit, que Rabbi Shimon Ḥasida a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Ainsi parle le Seigneur des armées : Le jeûne du quatrième mois, et le jeûne du cinquième, et le jeûne du septième, et le jeûne du dixième, deviendront pour la maison de Juda des temps d’allégresse et de joie, et des saisons de fête, pour la maison de Juda » (Zacharie 8:19). Il les appelle des jours de « jeûne » et il les appelle des temps de « joie et d’allégresse ». Comment cela ? Quand il y a la paix dans le monde, ils seront des temps de joie et d’allégresse, où les éloges funèbres et le jeûne sont interdits ; mais quand il n’y a pas de paix, ce sont des jours de jeûne. En un temps où il n’y a pas de paix, pourquoi n’envoie-t-on pas aussi des messagers pour les quatrième et dixième mois, afin que les gens puissent savoir quand observer les jeûnes ?
אָמַר רַב פָּפָּא, הָכִי קָאָמַר: בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ שָׁלוֹם — יִהְיוּ לְשָׂשׂוֹן וּלְשִׂמְחָה, יֵשׁ שְׁמָד — צוֹם, אֵין שְׁמָד וְאֵין שָׁלוֹם — רָצוּ מִתְעַנִּין, רָצוּ אֵין מִתְעַנִּין.
Rav Pappa a dit que voici ce que cela signifie : Lorsqu’il y a la paix dans le monde et que le Temple est debout, ces jours seront des temps de joie et d’allégresse ; lorsqu’il y a persécution et des troubles pour le peuple juif, ce sont des jours de jeûne ; et lorsqu’il n’y a pas de persécution mais toujours pas de paix, ni troubles particuliers ni consolation pour Israël, la halakha est la suivante : Si les gens le souhaitent, ils jeûnent, et s’ils le souhaitent, ils ne jeûnent pas. Puisqu’il n’y a pas d’obligation absolue de jeûner, on n’envoie pas de messagers pour ces mois.
אִי הָכִי, תִּשְׁעָה בְּאָב נָמֵי? אָמַר רַב פָּפָּא: שָׁאנֵי תִּשְׁעָה בְּאָב, הוֹאִיל וְהוּכְפְּלוּ בּוֹ צָרוֹת. דְּאָמַר מָר: בְּתִשְׁעָה בְּאָב חָרַב הַבַּיִת בָּרִאשׁוֹנָה וּבַשְּׁנִיָּה, וְנִלְכְּדָה בֵּיתָר, וְנֶחֶרְשָׁה הָעִיר.
La Guemara demande : Si tel est le cas, le Neuf Av devrait lui aussi être comme les autres jours de jeûne, qui sont parfois observés et parfois non, selon la volonté de la communauté à ce moment-là. Pourquoi la michna dit-elle que des messagers sortent pour le mois de Av ? Rav Pappa a dit : Le Neuf Av est différent, puisque les calamités qui se sont produites ce jour-là se sont multipliées. Comme le Maître l’a dit : Le Neuf Av, le Temple a été détruit, aussi bien le premier que le second ; ce jour-là, Beitar fut prise ; et ce jour-là la ville de Jérusalem fut labourée par les ennemis du peuple juif, en signe qu’elle ne serait jamais reconstruite. Par conséquent, le jeûne du Neuf Av est obligatoire, et non facultatif comme les autres jeûnes. Des messagers sont donc envoyés afin que les gens sachent quand jeûner.
תַּנְיָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: אַרְבָּעָה דְּבָרִים הָיָה רַבִּי עֲקִיבָא דּוֹרֵשׁ, וַאֲנִי אֵין דּוֹרֵשׁ כְּמוֹתוֹ: ״צוֹם הָרְבִיעִי״ — זֶה תִּשְׁעָה בְּתַמּוּז שֶׁבּוֹ הוּבְקְעָה הָעִיר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בָּרְבִיעִי בְּתִשְׁעָה לַחֹדֶשׁ וַיֶּחֱזַק הָרָעָב בָּעִיר וְלֹא הָיָה לֶחֶם לְעַם הָאָרֶץ וַתִּבָּקַע הָעִיר״. וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״רְבִיעִי״ — רְבִיעִי לֶחֳדָשִׁים.
§ Les Sages furent en désaccord au sujet des jeûnes évoqués dans les paroles du prophète, comme cela est enseigné dans une baraita. Rabbi Shimon a dit : Rabbi Akiva interprétait quatre versets, mais moi, je n’interpréterais pas les textes comme il le faisait. L’un des désaccords concerne les jeûnes mentionnés par Zacharie. Rabbi Akiva interprétait le verset ainsi : « Le jeûne du quatrième », c’est le neuf de Tammouz, jour où la ville de Jérusalem fut percée d’une brèche, comme il est dit : « Au quatrième mois, le neuvième jour du mois, la famine était sévère dans la ville, de sorte qu’il n’y avait pas de pain pour le peuple du pays. Alors la ville fut percée d’une brèche » (Jérémie 52:6–7). Et pourquoi le prophète l’appelle-t-il le jeûne du quatrième ? Parce que c’est en Tammouz, le quatrième des mois en comptant depuis Nissan.
״צוֹם הַחֲמִישִׁי״ — זֶה תִּשְׁעָה בְּאָב, שֶׁבּוֹ נִשְׂרַף בֵּית אֱלֹהֵינוּ. וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״חֲמִישִׁי״ — חֲמִישִׁי לֶחֳדָשִׁים. צוֹם הַשְּׁבִיעִי — זֶה שְׁלֹשָׁה בְּתִשְׁרִי, שֶׁבּוֹ נֶהֱרַג גְּדַלְיָה בֶּן אֲחִיקָם. וּמִי הֲרָגוֹ — יִשְׁמָעֵאל בֶּן נְתַנְיָה הֲרָגוֹ, לְלַמֶּדְךָ שֶׁשְּׁקוּלָה מִיתָתָן שֶׁל צַדִּיקִים כִּשְׂרֵיפַת בֵּית אֱלֹהֵינוּ. וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״שְׁבִיעִי״ — שְׁבִיעִי לֶחֳדָשִׁים.
« Le jeûne du cinquième, » c’est le Neuf Av, au cours duquel le Temple de notre Seigneur fut brûlé. Et pourquoi l’appelle-t-il le jeûne du cinquième ? Parce qu’il tombe dans le cinquième des mois. « Le jeûne du septième, » c’est le troisième de Tishri, au cours duquel Guedalia, fils d’Ahikam, fut tué. Et qui l’a tué ? Ishmaël, fils de Netania, l’a tué (voir II Rois 25:25 ; Jérémie, chapitre 41). Les Sages ont institué un jeûne pour commémorer la mort de Guedalia pour t’enseigner que la mort des justes équivaut à l’incendie du Temple de notre Seigneur. Et pourquoi le prophète l’a-t-il appelé le jeûne du septième ? Parce que Tishri est le septième des mois.
״צוֹם הָעֲשִׂירִי״ — זֶה עֲשָׂרָה בְּטֵבֵת, שֶׁבּוֹ סָמַךְ מֶלֶךְ בָּבֶל עַל יְרוּשָׁלַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי דְבַר ה׳ אֵלַי בַּשָּׁנָה הַתְּשִׁיעִית בַּחֹדֶשׁ הָעֲשִׂירִי בֶּעָשׂוֹר לַחֹדֶשׁ לֵאמֹר. בֶּן אָדָם כְּתׇב לְךָ אֶת שֵׁם הַיּוֹם אֶת עֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה סָמַךְ מֶלֶךְ בָּבֶל אֶל יְרוּשָׁלִַים״. וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״עֲשִׂירִי״ — עֲשִׂירִי לֶחֳדָשִׁים. וַהֲלֹא הָיָה רָאוּי זֶה לִכְתּוֹב רִאשׁוֹן? וְלָמָּה נִכְתַּב כָּאן — כְּדֵי לְהַסְדִּיר חֳדָשִׁים כְּתִיקְנָן.
« Le jeûne du dixième », c’est le dix Tévet, jour où le roi de Babylone mit le siège devant Jérusalem, comme il est dit : « Et la neuvième année, au dixième mois, le dixième jour du mois, la parole du Seigneur me fut adressée, disant : Fils de l’homme, écris le nom du jour, de ce jour même : le roi de Babylone a mis le siège devant Jérusalem en ce jour même » (Ézéchiel 24:1–2). Et pourquoi l’a-t-il appelé le jeûne du dixième ? Parce qu’il tombe en Tévet, qui est le dixième des mois. N’aurait-il pas été approprié d’écrire ce jeûne en premier, puisque la série des événements a commencé avec le siège. Pourquoi a-t-il été écrit ici à la fin de la liste ? Cela a été fait afin d’énumérer les mois dans leur ordre approprié, car le prophète a commencé par le quatrième mois et a terminé par le dixième mois. Telle est l’opinion de Rabbi Akiva.
וַאֲנִי אֵינִי אוֹמֵר כֵּן, אֶלָּא: ״צוֹם הָעֲשִׂירִי״ — זֶה חֲמִשָּׁה בְּטֵבֵת, שֶׁבּוֹ בָּאת שְׁמוּעָה לַגּוֹלָה שֶׁהוּכְּתָה הָעִיר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי בִּשְׁתֵּי עֶשְׂרֵה שָׁנָה בָּעֲשִׂירִי בַּחֲמִשָּׁה לַחֹדֶשׁ לְגָלוּתֵנוּ בָּא אֵלַי הַפָּלִיט מִירוּשָׁלִַם לֵאמֹר הוּכְּתָה הָעִיר״, וְעָשׂוּ יוֹם שְׁמוּעָה כְּיוֹם שְׂרֵיפָה.
Rabbi Shimon n’était pas d’accord et dit : Je ne dis pas cela, mais plutôt j’expose le verset ainsi : « Le jeûne du dixième », c’est le cinq de Tevet, jour où la nouvelle parvint à la Diaspora que la ville avait été frappée, comme il est dit : « Et il arriva, dans la douzième année de notre exil, au dixième mois, le cinquième jour du mois, que celui qui s’était échappé de Jérusalem vint à moi, disant : La ville a été frappée » (Ézéchiel 33:21) ; et ils firent du jour de la nouvelle de la destruction comme le jour de la véritable combustion et décrétèrent un jeûne ce jour-là.
וְנִרְאִין דְּבָרַי מִדְּבָרָיו, שֶׁאֲנִי אוֹמֵר עַל רִאשׁוֹן רִאשׁוֹן וְעַל אַחֲרוֹן אַחֲרוֹן, וְהוּא אוֹמֵר עַל רִאשׁוֹן אַחֲרוֹן וְעַל אַחֲרוֹן רִאשׁוֹן. אֶלָּא שֶׁהוּא מוֹנֶה לְסֵדֶר חֳדָשִׁים, וַאֲנִי מוֹנֶה לְסֵדֶר פּוּרְעָנִיּוֹת.
Et Rabbi Shimon ajouta : Et ma déclaration semble plus convaincante que sa déclaration, car je dis au sujet du premier jeûne mentionné par le prophète qu’il marque l’événement qui a eu lieu en premier, et au sujet du dernier jeûne qu’il marque l’événement qui a eu lieu en dernier. Selon Rabbi Shimon, les jeûnes sont énumérés conformément à l’ordre chronologique des événements. Mais lui, Rabbi Akiva, dit au sujet du premier jeûne mentionné par le prophète qu’il marque l’événement qui a eu lieu en dernier, et au sujet du dernier jeûne mentionné qu’il marque l’événement qui a eu lieu en premier, sauf qu’il énumère les jeûnes dans l’ordre des mois, tandis que moi, je les énumère aussi dans l’ordre des calamités qu’ils marquent.
אִיתְּמַר, רַב וְרַבִּי חֲנִינָא אָמְרִי: בָּטְלָה מְגִילַּת תַּעֲנִית. רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמְרִי: לֹא בָּטְלָה מְגִילַּת תַּעֲנִית.
§ Il a été déclaré que les Sages étaient en désaccord au sujet de la question suivante : Rav et Rabbi Ḥanina disent tous deux : Megillat Ta’anit, une liste de jours où le jeûne et les oraisons funèbres sont interdits, a été annulée, car dans la période actuelle d’exil il n’y a aucune raison de célébrer les événements joyeux que ces jours commémorent. Rabbi Yoḥanan et Rabbi Yehoshua ben Levi disent : Megillat Ta’anit n’a pas été annulée.
רַב וְרַבִּי חֲנִינָא אָמְרִי בָּטְלָה מְגִילַּת תַּעֲנִית, הָכִי קָאָמַר: בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ שָׁלוֹם — יִהְיוּ לְשָׂשׂוֹן וּלְשִׂמְחָה, אֵין שָׁלוֹם — צוֹם. וְהָנָךְ נָמֵי כִּי הָנֵי.
La Guemara explique : Rav et Rabbi Ḥanina disent que Megillat Ta’anit a été annulée. C’est ce que le prophète est en train de dire : À une époque où il y a la paix dans le monde, les dates énumérées seront des temps de joie et d’allégresse, où les éloges funèbres et le jeûne sont interdits ; mais lorsqu’il n’y a pas de paix, ce sont des jours de jeûne. Et ces jours mentionnés dans Megillat Ta’anit sont aussi comme ces jours de jeûne, c’est-à-dire que les jours de joie énumérés dans Megillat Ta’anit sont eux aussi annulés lorsqu’il n’y a pas de paix.
רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמְרִי: לֹא בָּטְלָה מְגִילַּת תַּעֲנִית — הָנֵי הוּא דִּתְלִינְהוּ רַחֲמָנָא בְּבִנְיַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, אֲבָל הָנָךְ — כִּדְקָיְימִי קָיְימִי.
Rabbi Yoḥanan et Rabbi Yehoshua ben Levi disent que Megillat Ta’anit n’a pas été annulée, et ils raisonnent ainsi : Ce sont ces jours de jeûne mentionnés dans la Torah que le Miséricordieux a rendus dépendants de la reconstruction du Temple, mais ces jours festifs énumérés dans Megillat Ta’anit demeurent tels qu’ils étaient et n’ont pas été annulés.
מֵתִיב רַב כָּהֲנָא: מַעֲשֶׂה וְגָזְרוּ תַּעֲנִית בַּחֲנוּכָּה בְּלוֹד, וְיָרַד רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרָחַץ, וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְסִיפֵּר. וְאָמְרוּ לָהֶם: צְאוּ וְהִתְעַנּוּ עַל מַה שֶּׁהִתְעַנִּיתֶם.
Rav Kahana souleva une objection contre Rav et Rabbi Ḥanina à partir d’une baraita : Il y eut un incident et les Sages décrétèrent un jeûne à Hanoucca à Lod, et Rabbi Eliezer descendit ce jour-là et se baigna au bain public, et Rabbi Yehoshua descendit et se coupa les cheveux pour montrer qu’ils n’acceptaient pas le jeûne. En outre, ces deux Sages dirent aux autres : Sortez et jeûnez un autre jeûne comme acte de pénitence pour ce que vous avez déjà jeûné, car les jours de Hanoucca sont des jours de joie, durant lesquels il est interdit de jeûner. Hanoucca est l’une des Fêtes énumérées dans Megillat Ta’anit. Même après la destruction du Temple, Hanoucca est célébrée, ce qui démontre que Megillat Ta’anit n’a pas été annulée.
אָמַר רַב יוֹסֵף: שָׁאנֵי חֲנוּכָּה דְּאִיכָּא מִצְוָה. אָמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְתִיבְטַיל אִיהִי וְתִיבְטַל מִצְוָתָהּ!
Rav Yosef a dit : Hanoucca est différente, car il y a la mitsva d’allumer des bougies, et ainsi, contrairement aux autres jours énumérés dans Megillat Ta’anit, la fête de Hanoucca n’a pas été annulée. Abaye lui dit : Quel est cet argument ? Que Hanoucca elle-même soit annulée, et que sa mitsva d’allumer des bougies soit annulée avec elle.
אֶלָּא אָמַר רַב יוֹסֵף, שָׁאנֵי חֲנוּכָּה דְּמִיפַּרְסַם נִיסָּא.
Au contraire, Rav Yosef s’est rétracté de son explication précédente et a dit : Hanoucca est différente, car son miracle est bien connu, et elle est devenue si largement acceptée par tout le peuple juif qu’il serait inapproprié de l’annuler.
מוֹתֵיב רַב אַחָא בַּר הוּנָא: בִּתְלָתָא בְּתִשְׁרִי בְּטֵילַת אַדְכָּרְתָּא מִן שְׁטָרַיָּיא. שֶׁגָּזְרָה מַלְכוּת יָוָן גְּזֵרָה שֶׁלֹּא לְהַזְכִּיר שֵׁם שָׁמַיִם עַל פִּיהֶם, וּכְשֶׁגָּבְרָה מַלְכוּת חַשְׁמוֹנַאי וְנִצְּחוּם הִתְקִינוּ שֶׁיְּהוּ מַזְכִּירִין שֵׁם שָׁמַיִם אֲפִילּוּ בִּשְׁטָרוֹת. וְכָךְ הָיוּ כּוֹתְבִים: בִּשְׁנַת כָּךְ וְכָךְ לְיוֹחָנָן כֹּהֵן גָּדוֹל לְאֵל עֶלְיוֹן.
Rav Aḥa bar Huna souleva une objection : Il est dit dans Megillat Ta’anit : Le troisième jour de Tishrei, l’ordonnance exigeant la mention du nom de Dieu dans les documents juridiques fut abolie, et ce jour-là il est interdit de jeûner. Car le royaume de Grèce avait promulgué un décret contre les Juifs, leur interdisant de mentionner le nom du Ciel sur leurs lèvres. Lorsque le royaume hasmonéen se renforça et vainquit les Grecs, ils instituèrent que les gens devaient mentionner le nom du Ciel même dans leurs documents juridiques. Et c’est pourquoi ils écrivaient : En l’an tant et tant de Yoḥanan le Grand Prêtre du Dieu Très-Haut.
וּכְשֶׁשָּׁמְעוּ חֲכָמִים בַּדָּבָר, אָמְרוּ: לְמָחָר זֶה פּוֹרֵעַ אֶת חוֹבוֹ וְנִמְצָא שְׁטָר מוּטָּל בָּאַשְׁפָּה, וּבִיטְּלוּם, וְאוֹתוֹ הַיּוֹם עֲשָׂאוּהוּ יוֹם טוֹב. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ בָּטְלָה מְגִילַּת תַּעֲנִית — קַמָּיָיתָא בְּטוּל, אַחְרָנְיָיתָא מוֹסִיפִין?!
Et lorsque les Sages entendirent cela, ils dirent : Demain celui-ci, l’emprunteur, remboursera sa dette, le prêteur n’aura plus besoin de conserver l’acte de prêt, et le document sera jeté sur un tas d’ordures, et le nom du Ciel qui y est écrit en viendra à être déshonoré. Et ainsi ils annulèrent l’ordonnance de mentionner le nom de Dieu dans les documents, et ils firent de ce jour un Festival. Et s’il te vient à l’esprit de dire que Megillat Ta’anit a été annulée, peux-tu dire que les premières interdictions de jeûner ils les annulèrent, et que plus tard d’autres furent ajoutées ?
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן, בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים.
La Guemara répond : De quoi s’agit-il ici ? Cela fait référence à une époque où le Temple était encore debout et où tous les jours énumérés dans Megillat Ta’anit étaient en vigueur. De temps à autre, de nouveaux jours de commémoration étaient ajoutés. Lorsque les amora’im ont déclaré que Megillat Ta’anit avait été annulée, ils faisaient référence à la période suivant la destruction du Temple.