וּצְרִיכָא: דְּאִי אַשְׁמְעִינַן הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן שֵׁזוּרִי, הֲוָה אָמֵינָא: מִשּׁוּם דְּקָסָבַר יֵשׁ בִּילָּה, קָא מַשְׁמַע לַן: לַכֹּל אֵין בִּילָּה.
La Guemara commente : il est nécessaire d’énoncer les trois déclarations de Shmuel afin de clarifier sa position, car si Shmuel nous avait enseigné seulement que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon Shezuri, j’aurais dit que cela est dû au fait qu’il soutient qu’il y a mélange même en ce qui concerne les solides. Par conséquent, il nous enseigne la deuxième déclaration, à savoir qu’il n’y a de mélange pour rien sauf pour le vin, l’huile et les autres liquides.
וְאִי אַשְׁמְעִינַן לַכֹּל אֵין בִּילָּה — הֲוָה אָמֵינָא: כְּרַבָּנַן סְבִירָא לֵיהּ, קָא מַשְׁמַע לַן: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן שֵׁזוּרִי.
Et si Shmuel ne nous avait enseigné que ceci seulement, à savoir qu’il n’y a pas de mélange pour quoi que ce soit sauf pour les liquides, j’aurais dit qu’il tient comme les Sages au sujet des dîmes, à savoir que le mélange de dolique à œil noir ne peut pas être prélevé ensemble pour la dîme. C’est pourquoi il nous enseigne que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon Shezuri.
וְאִי אַשְׁמְעִינַן הָנֵי תַּרְתֵּי — הֲוָה אָמֵינָא: קַשְׁיָא דִּשְׁמוּאֵל אַדִּשְׁמוּאֵל, קָא מַשְׁמַע לַן: הַכֹּל הוֹלֵךְ אַחַר גְּמַר פֶּרִי.
Et si Shmuel ne nous avait enseigné que ces deux déclarations, j’aurais dit, conformément à l’opinion de Rabbi Zeira, qu’il est difficile de concilier une déclaration de Shmuel avec une autre déclaration de Shmuel. Par conséquent, il nous enseigne que dans tous les cas, l’année de la dîme suit le moment de la maturation complète du produit, et c’est pour cette raison que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon Shezuri.
וְאִי אַשְׁמְעִינַן הַכֹּל הוֹלֵךְ אַחַר גְּמַר פֶּרִי — הֲוָה אָמֵינָא: אֲפִילּוּ תְּבוּאָה וְזֵיתִים נָמֵי — קָא מַשְׁמַע לַן: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן שֵׁזוּרִי בְּמַאי דִּפְלִיג.
Et si Shmuel nous avait enseigné seulement que dans tous les cas l’année de la dîme suit le moment de la pleine maturation de la récolte, j’aurais dit que cela s’applique même aux céréales et aux olives. C’est pourquoi il nous enseigne que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon Shezuri concernant son différend avec les Sages, c’est-à-dire au sujet des haricots, mais en ce qui concerne les céréales et les olives, l’année de la dîme suit le moment où ils atteignent un tiers de leur croissance.
וְלַשְׁמְעִינַן הָנֵי תַּרְתֵּי, לַכֹּל אֵין בִּילָּה לְמָה לִי? הָא קָא מַשְׁמַע לַן, דִּלְיַיִן וָשֶׁמֶן יֵשׁ בִּילָּה.
La Guemara demande : Mais qu’il nous enseigne seulement ces deux affirmations, à savoir que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon Shezuri et que, dans tous les cas, l’année de la dîme suit la maturation complète du fruit, ce qui suffirait à clarifier la position de Shmuel. Pourquoi ai-je besoin qu’on me dise qu’il n’y a pas de mélange pour quoi que ce soit ? La Guemara répond : Cela vient nous enseigner non pas qu’il n’y a pas de mélange pour les solides, mais qu’il y a mélange pour le vin, l’huile et les autres liquides.
תַּנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: ״בְּאׇסְפְּךָ מִגׇּרְנְךָ וּמִיִּקְבֶךָ״, מָה גּוֹרֶן וָיֶקֶב מְיוּחָדִין שֶׁגְּדֵילִין עַל מֵי שָׁנָה שֶׁעָבְרָה, וּמִתְעַשְּׂרִין לְשָׁנָה שֶׁעָבְרָה, אַף כֹּל שֶׁגְּדֵילִין עַל מֵי שָׁנָה שֶׁעָבְרָה — מִתְעַשְּׂרִין לְשָׁנָה שֶׁעָבְרָה. יָצְאוּ יְרָקוֹת שֶׁגְּדֵילִין עַל מֵי שָׁנָה הַבָּאָה, וּמִתְעַשְּׂרִין לְשָׁנָה הַבָּאָה.
§ Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yosei HaGelili dit : Le verset déclare : « Après que tu auras recueilli de ton aire et de ton pressoir » (Deutéronome 16:13). Cela enseigne que de même que le grain apporté à l’aire et le vin apporté au pressoir ont ceci de particulier qu’ils poussent grâce à l’eau de l’année sortante, c’est-à-dire l’humidité du sol provenant des pluies de l’hiver précédent, et la halakha est que leur dîme est prélevée selon l’année sortante, de même aussi tout ce qui pousse grâce à l’eau de l’année sortante est soumis à la dîme selon l’année sortante. Cela vient exclure les légumes, qui poussent grâce à l’eau de l’année entrante, car leur cycle de croissance est court et ils sont nourris par la pluie qui tombe pendant leur croissance. Par conséquent, leur dîme est prélevée selon l’année entrante.
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״בְּאׇסְפְּךָ מִגׇּרְנְךָ וּמִיִּקְבֶךָ״, מָה גּוֹרֶן וְיֶקֶב מְיוּחָדִין שֶׁגְּדֵילִין עַל רוֹב מַיִם, וּמִתְעַשְּׂרִין לְשָׁנָה שֶׁעָבְרָה, אַף כֹּל שֶׁגְּדֵילִין עַל רוֹב מַיִם — מִתְעַשְּׂרִין לְשָׁנָה שֶׁעָבְרָה. יָצְאוּ יְרָקוֹת שֶׁגְּדֵילִין עַל כׇּל מַיִם, וּמִתְעַשְּׂרִין לְשָׁנָה הַבָּאָה.
Rabbi Akiva dit : Voici comment il faut interpréter le verset : « Après que tu auras recueilli de ton aire et de ton pressoir » ; cela nous enseigne que, de même que le grain apporté à l’aire et le vin apporté au pressoir ont ceci de particulier qu’ils poussent avec la majeure partie de l’eau, c’est-à-dire que l’eau de pluie leur suffit et qu’ils n’ont pas besoin d’irrigation, et la halakha est que leur dîme est prélevée selon l’année sortante, de même aussi tout ce qui pousse avec la majeure partie de l’eau est soumis à la dîme selon l’année sortante. Cela vient exclure les légumes, qui poussent avec toute eau, c’est-à-dire qu’ils nécessitent aussi une irrigation. Par conséquent, ils sont soumis à la dîme selon l’année entrante.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: בְּצָלִים הַסָּרִיסִין וּפוֹל הַמִּצְרִי אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ. דִּתְנַן: בְּצָלִים הַסָּרִיסִין וּפוֹל הַמִּצְרִי שֶׁמָּנַע מֵהֶן מַיִם שְׁלֹשִׁים יוֹם לִפְנֵי רֹאשׁ הַשָּׁנָה — מִתְעַשְּׂרִין לְשֶׁעָבַר וּמוּתָּרִין בַּשְּׁבִיעִית, וְאִם לָאו — אֲסוּרִין בַּשְּׁבִיעִית וּמִתְעַשְּׂרִין לְשָׁנָה הַבָּאָה.
La Guemara demande : Quelle est la différence pratique entre les opinions de Rabbi Yosei HaGelili et Rabbi Akiva ? Rabbi Abbahu a dit : Il y a une différence pratique entre eux concernant les oignons sans graines et le niébé, comme nous l’avons appris dans une michna : Les oignons sans graines, qui sont cultivés pour leurs feuilles vertes et non pour leurs bulbes ou leurs graines, et la plante de niébé, qui a été plantée pour être consommée comme légume, dont on a retenu l’eau pendant trente jours avant Roch HaChana, afin que leurs parties vertes cessent de pousser et qu’elles commencent à pousser pour la graine, sont soumises à la dîme selon l’année sortante, et ils sont permis si la nouvelle année est l’Année sabbatique. Et sinon, ils sont interdits si c’est l’Année sabbatique, et dans les années ordinaires ils sont soumis à la dîme selon l’année entrante. Par conséquent, la halakha ne dépend pas de l’espèce de plante, mais du fait que la récolte est effectivement nourrie par l’eau de l’année précédente ou par l’eau de la nouvelle année, et cette michna est enseignée conformément à l’opinion de Rabbi Yosei HaGelili.
בְּאֶחָד בִּשְׁבָט רֹאשׁ הַשָּׁנָה לָאִילָן. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: הוֹאִיל וְיָצְאוּ רוֹב גִּשְׁמֵי שָׁנָה, וַעֲדַיִין רוֹב תְּקוּפָה מִבַּחוּץ.
§ La michna a enseigné : Le premier de Chevat est le nouvel an des arbres, selon l’opinion de Beit Chammaï. La Guemara demande : Quelle en est la raison pour laquelle le nouvel an des arbres a été fixé à cette date ? Rabbi Elazar a dit que Rabbi Oshaya a dit : La raison est que d’ici là la majeure partie des pluies de l’année est déjà tombée, et la majeure partie de la saison, c’est-à-dire l’hiver, est encore à venir, car elle se poursuit jusqu’à l’équinoxe de printemps, qui a généralement lieu en Nissan.
מַאי קָאָמַר? הָכִי קָאָמַר: אַף עַל פִּי שֶׁרוֹב תְּקוּפָה מִבַּחוּץ, הוֹאִיל וְיָצְאוּ רוֹב גִּשְׁמֵי שָׁנָה.
La Guemara demande : Que dit-il ? La Guemara explique : Voici ce qu’il a dit : Bien que la majeure partie de la saison d’hiver soit encore à venir, néanmoins, puisque la majeure partie des pluies de l’année est déjà tombée, cela est considéré comme la fin de l’année précédente des pluies, et tout ce qui pousse à partir de ce moment-là est considéré comme la production de l’année suivante.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי עֲקִיבָא שֶׁלִּיקֵּט אֶתְרוֹג בְּאֶחָד בִּשְׁבָט וְנָהַג בּוֹ שְׁנֵי עִישּׂוּרִין,
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Il y eut un jour un incident impliquant Rabbi Akiva, qui cueillit un etrog le premier de Shevat et mit de côté deux dîmes. Cela se produisit durant la deuxième ou la cinquième année du cycle sabbatique. Durant les deuxième et cinquième années, on met de côté la seconde dîme, tandis que durant les troisième et sixième années, on met de côté la dîme du pauvre. Rabbi Akiva mit de côté à la fois la seconde dîme et la dîme du pauvre, car il avait un doute au sujet de la halakha.