וְלָאו מִקַּל וָחוֹמֶר קָאָתֵי: וּמָה מַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת כְּלִי — מְטַמְּאִין, מַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת שֶׁרֶץ — לֹא כׇּל שֶׁכֵּן!
La Guemara demande : Et l’impureté des liquides qui sont entrés en contact avec un animal rampant ne découle-t-elle pas d’une inférence a fortiori : De même que des liquides qui parviennent à un état d’impureté en raison d’un contact avec un récipient, lequel est lui-même devenu impur en raison d’un contact avec un animal rampant, transmettent l’impureté, en ce qui concerne des liquides qui parviennent à un état d’impureté en raison d’un contact avec un animal rampant, à plus forte raison n’est-il pas clair qu’ils transmettent l’impureté à un récipient ?
דַּיּוֹ לַבָּא מִן הַדִּין לִהְיוֹת כַּנִּדּוֹן.
La Guemara répond : Puisque la halakha fondamentale de ces liquides est dérivée au moyen d’une inférence a fortiori, aucune rigueur supplémentaire ne lui est ajoutée, conformément au principe : Il suffit [dayyo] à la conclusion qui a émergé de l’inférence a fortiori d’être comme la source de l’inférence. En d’autres termes, une halakha dérivée au moyen d’une inférence a fortiori n’est pas plus rigoureuse que la source dont elle est dérivée. Dans ce cas, un liquide devenu impur par contact avec un animal rampant transmet l’impureté dans la même mesure qu’un liquide devenu impur par contact avec un ustensile.
״יִטְמָא״ דְּרֵישָׁא הֵיכִי דָּרֵישׁ? ״מִכׇּל הָאֹכֶל אֲשֶׁר יֵאָכֵל אֲשֶׁר יָבוֹא עָלָיו מַיִם יִטְמָא״, יִטְמָא — לְטַמֵּא אֶת הַמַּשְׁקִין. אַתָּה אוֹמֵר לְטַמֵּא אֶת הַמַּשְׁקִין, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא לְטַמֵּא אֶת הַכְּלִי?
La Guemara demande : Comment Rabbi Akiva interprète-t-il le terme : Sera impur, dans la première partie du verset : « De toute nourriture qui peut être mangée, sur laquelle de l’eau est venue, sera impur » (Lévitique 11:34) ? Il interprète le terme : Sera impur, comme : rendra impur. La nourriture transmet l’impureté rituelle aux liquides. Dis-tu que le terme enseigne que la nourriture transmet l’impureté aux liquides, ou peut-être le terme enseigne-t-il seulement que la nourriture transmet l’impureté à un récipient ?
אָמַרְתָּ קַל וָחוֹמֶר: וּמָה מַשְׁקֶה שֶׁמְּטַמֵּא אוֹכֶל — אֵינוֹ מְטַמֵּא כְּלִי, אוֹכֶל שֶׁאֵין מְטַמֵּא אוֹכֶל — אֵינוֹ דִּין שֶׁלֹּא יְטַמֵּא כְּלִי?! הָא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״יִטְמָא״ — לְטַמֵּא אֶת הַמַּשְׁקִין שֶׁהֵן עֲלוּלִין לְקַבֵּל טוּמְאָה.
La Guemara répond : Tu peux énoncer une inférence a fortiori qui écarte cette possibilité : De même qu’un liquide, qui transmet l’impureté à la nourriture, ne transmet pas l’impureté à un ustensile, en ce qui concerne la nourriture, qui ne transmet pas l’impureté à la nourriture, n’est-il pas juste qu’elle ne transmette pas l’impureté à un ustensile ? Si tel est le cas, comment alors dois-je établir le sens du terme : Sera impur, qui dans ce contexte indique que la nourriture rend d’autres éléments impurs ? Ce terme indique que la nourriture transmet l’impureté aux liquides, qui sont susceptibles de contracter l’impureté.
מַאי אִירְיָא מַשְׁקִין מִשּׁוּם דַּעֲלוּלִין לְקַבֵּל טוּמְאָה, תִּיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם דְּלֵיכָּא מִידֵּי אַחֲרִינָא!
La Guemara demande : Pourquoi Rabbi Akiva a-t-il mentionné spécifiquement que la nourriture rend impurs les liquides en raison du fait qu’ils sont susceptibles de contracter l’impureté ? Qu’il dérive cette preuve du simple fait qu’il n’existe pas d’autre élément que la nourriture pourrait rendre impur. Puisque la nourriture ne transmet pas l’impureté à la nourriture, la seule possibilité restante est que la nourriture rend impurs les liquides.
הָכִי קָאָמַר: וְכִי תֵּימָא אוֹכֶל חָמוּר, דִּמְטַמֵּא מַשְׁקִין, נִיטַמְּיֵיהּ לִכְלִי. הַהוּא חוּמְרָא דְמַשְׁקִין הוּא, מִשּׁוּם דְּמַשְׁקִין עֲלוּלִין לְקַבֵּל טוּמְאָה.
La Guemara répond que c’est ce que Rabbi Akiva dit : Et de peur que tu ne dises que l’impureté des aliments est plus sévère, comme l’indique le fait qu’elle transmet l’impureté rituelle aux liquides bien que les liquides ne transmettent pas l’impureté à d’autres liquides, et donc que l’aliment transmette l’impureté à un ustensile, bien que le liquide ne transmette pas l’impureté à un ustensile ; par conséquent, la Guemara affirme que le fait que les aliments transmettent l’impureté aux liquides est en réalité une sévérité caractéristique des liquides, et non des aliments. L’impureté des aliments n’est pas plus sévère que celle des liquides ; au contraire, les aliments transmettent l’impureté aux liquides en raison du fait que les liquides sont susceptibles de contracter l’impureté.
וּמָה הִיא עֲלִילָתָן — שֶׁמְּקַבְּלִין טוּמְאָה שֶׁלֹּא בְּהֶכְשֵׁר.
Et de quelle manière leur susceptibilité se manifeste-t-elle ? Elle se manifeste par le fait qu'ils deviennent rituellement impurs sans avoir d'abord été rendus susceptibles à l'impureté. Les aliments ne peuvent devenir impurs qu'après être d'abord entrés en contact avec l'un des sept liquides. Les liquides ne nécessitent aucune étape préparatoire avant de devenir impurs.
״יִטְמָא״ — דְּאֵין עוֹשָׂה כַּיּוֹצֵא בָּהּ, מֵהָכָא נָפְקָא? מֵהָתָם נָפְקָא: ״וְכִי יֻתַּן מַיִם עַל זֶרַע וְנָפַל מִנִּבְלָתָם עָלָיו טָמֵא הוּא״ — הוּא טָמֵא, וְאֵין עוֹשֶׂה טוּמְאָה כַּיּוֹצֵא בָּהּ! חַד בְּמַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת שֶׁרֶץ, וְחַד בְּמַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת כְּלִי.
Le principe : « Sera impur » enseigne-t-il que l’impureté rituelle ne rend pas impur un élément similaire, par exemple, que la nourriture ne transmet pas l’impureté rituelle à une autre nourriture, est-il dérivé d’ici ? Il est dérivé de là : « Mais si de l’eau est mise sur la semence, et qu’une partie de leur carcasse tombe dessus, elle est impure pour vous » (Lévitique 11:38), d’où l’on déduit : Elle est impure ; cependant, elle ne transmet pas l’impureté à un élément similaire. Pourquoi une source supplémentaire est-elle nécessaire pour enseigner ce même principe ? La Guemara explique : Les deux versets sont nécessaires, car l’un se rapporte à des liquides qui deviennent impurs à cause d’un contact avec un animal rampant, tandis qu’un verset se rapporte à des liquides qui deviennent impurs à cause d’un contact avec un récipient impur.
וּצְרִיכִי? דְּאִי אַשְׁמוֹעִינַן בְּמַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת כְּלִי — מִשּׁוּם דְּלָא חֲמִירִי. אֲבָל בְּמַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת שֶׁרֶץ — דַּחֲמִירִי, אֵימָא עוֹשֶׂה טוּמְאָה כַּיּוֹצֵא בָּהּ.
La Guemara ajoute : Et les deux versets sont nécessaires, car aucune des halakhot n’aurait pu être déduite de l’autre. Car, si le verset nous avait enseigné seulement la halakhaconcernant des liquides qui deviennent impurs à cause du contact avec un ustensile, on aurait pu penser que les liquides ne transmettent pas l’impureté à des éléments semblables uniquement à cause du fait que leur impureté n’est pas grave, puisqu’elle ne résultait pas d’un contact avec une source primaire d’impureté ; cependant, concernant des liquides qui deviennent impurs à cause du contact avec un animal rampant, qui sont impurs d’une forme grave d’impureté résultant d’un contact avec une source primaire d’impureté, dis que ils transmettent l’impureté à un élément semblable.
וְלַשְׁמְעִינַן מַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת שֶׁרֶץ, וְכׇל שֶׁכֵּן מַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת כְּלִי! מִילְּתָא דְּאָתְיָא בְּקַל וָחוֹמֶר טָרַח וְכָתֵב לַהּ קְרָא.
La Guemara demande : Et que le verset nous enseigne que les liquides ne transmettent pas l’impureté en ce qui concerne des liquides qui deviennent impurs à cause d’un contact avec un animal rampant, et à plus forte raison cela sera le cas en ce qui concerne des liquides qui deviennent impurs à cause d’un contact avec un ustensile. La Guemara répond : Cela n’est pas difficile, car parfois, en ce qui concerne une question qui pourrait être déduite au moyen d’une inférence a fortiori, le verset l’a néanmoins écrite inutilement de manière explicite.
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי: וְהָא אָמַר רָבָא: לָא רַבִּי יוֹסֵי סָבַר כְּרַבִּי עֲקִיבָא,
Ravina dit à Rav Ashi : Mais Rava n’a-t-il pas dit que Rabbi Yosei n’est pas d’accord avec l’opinion de Rabbi Akiva concernant le statut d’impureté rituelle de troisième degré des objets non sacrés ? Contrairement à l’opinion de Rabbi Akiva, Rabbi Yosei soutient qu’un objet ayant une impureté rituelle de second degré ne confère pas un statut d’impureté de troisième degré à des objets non sacrés selon la loi de la Torah.
וְלָא רַבִּי עֲקִיבָא סָבַר כְּרַבִּי יוֹסֵי!
Et, de même, Rabbi Akiva n’est pas d’accord avec l’opinion de Rabbi Yosei concernant l’impureté de quatrième degré des biens consacrés. La pertinence de ces observations pour la question en cours est que, si Rabbi Yosei soutient que l’impureté des liquides relève de la loi de la Torah, il interprète manifestement le verset ainsi : Yetamme, tout comme Rabbi Akiva. Cependant, dans ce cas, il soutiendrait également qu’une impureté rituelle de second degré confère à un autre objet non sacré un statut d’impureté de troisième degré, car cette halakha est elle aussi dérivée du terme : Yetamme.
אֲמַר לֵיהּ: רַבִּי יוֹסֵי בְּשִׁיטַת רַבִּי עֲקִיבָא רַבּוֹ אֲמָרָהּ, וְלֵיהּ לָא סְבִירָא לֵיהּ.
Rav Ashi lui dit : Rabbi Yossei a dit cette halakha selon laquelle les liquides transmettent l’impureté selon la loi de la Torah conformément à l’opinion de Rabbi Akiva, son maître ; cependant, lui-même ne soutient pas cela, car Rabbi Yossei est d’avis que les liquides ne transmettent pas l’impureté à d’autres objets selon la loi de la Torah.
אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי לְרַב כָּהֲנָא: בִּשְׁלָמָא רַבִּי יוֹסֵי לָא סָבַר לַהּ כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּתַנְיָא: אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: מִנַּיִין לָרְבִיעִי בַּקּוֹדֶשׁ שֶׁהוּא פָּסוּל?
Rav Ashi dit à Rav Kahana au sujet de la déclaration de Rava : Soit, Rabbi Yosei n'est pas d'accord avec l'opinion de Rabbi Akiva, comme cela a été enseigné dans une baraita où Rabbi Yosei a dit : D'où est-il déduit, concernant un objet consacré ayant une impureté rituelle du quatrième degré, qu'il est seulement disqualifié et ne transmet pas l'impureté à d'autres objets ?
וְדִין הוּא: וּמָה מְחוּסַּר כִּפּוּרִים שֶׁמּוּתָּר בִּתְרוּמָה, פָּסוּל בַּקּוֹדֶשׁ. שְׁלִישִׁי שֶׁפָּסוּל בִּתְרוּמָה — אֵינוֹ דִּין שֶׁיַּעֲשֶׂה רְבִיעִי בַּקּוֹדֶשׁ?
La baraita continue : Et cette halakha est une inférence logiquea fortiori : De même que celui à qui il manque l’expiation, par exemple un zav ou un lépreux qui s’est immergé à la fin de sa période d’impureté mais n’a pas encore apporté une offrande pour son expiation, à qui il est permis de manger de la teruma, disqualifie un objet consacré s’il entre en contact avec lui, en ce qui concerne l’impureté rituelle de troisième degré, qui disqualifie la teruma, et qui de cette manière est plus sévère que celui à qui il manque l’expiation, n’est-il pas juste qu’elle doive conférer un quatrième degré d’impureté rituelle à un objet consacré ? Le statut d’un objet atteint d’une impureté rituelle de troisième degré ne devrait pas être moins sévère que celui d’une personne à qui il manque l’expiation.
וְלָמַדְנוּ שְׁלִישִׁי בַּקּוֹדֶשׁ מִן הַתּוֹרָה, וּרְבִיעִי מִקַּל וָחוֹמֶר.
La Guemara note : Et nous avons dérivé l’impureté de troisième degré concernant les éléments consacrés de la Torah, et l’impureté de quatrième degré des éléments consacrés au moyen de l’inférence a fortiori ci-dessus. À la lumière du principe de dayyo, on aurait pu penser que cette inférence a fortiori ne peut pas servir de fondement à la halakha selon laquelle un bien consacré peut acquérir un statut d’impureté de quatrième degré. Puisque la source de cette inférence est le statut d’impureté de troisième degré, la conclusion qui en découle ne peut être que que les objets consacrés peuvent acquérir un statut d’impureté de troisième degré, comme la terouma elle-même. La Guemara explique que le principe de dayyo ne s’applique pas dans ce cas. Si l’inférence a fortiori devient caduque du fait de l’application de ce principe, le principe n’est pas appliqué. Parce que le fait que les objets consacrés peuvent acquérir un statut d’impureté de troisième degré est dérivé du verset, si ce qui découle de l’inférence est cette halakha elle-même, l’inférence a fortiori devient caduque. Par conséquent, le principe ne s’applique pas, et le fait que les objets consacrés peuvent acquérir un statut d’impureté de quatrième degré est dérivé de l’inférence.
שְׁלִישִׁי מִן הַתּוֹרָה, דִּכְתִיב ״וְהַבָּשָׂר אֲשֶׁר יִגַּע
La Guemara développe. Le fait que des objets consacrés puissent acquérir un statut d’impureté du troisième degré est dérivé de la Torah, comme il est écrit : « Et la chair qui touche »