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גְּמָ׳ אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: זֹאת אוֹמֶרֶת מִצְוֹת צְרִיכוֹת כַּוּוֹנָה. כֵּיוָן דְּלָא בְּעִידָּן חִיּוּבָא דְּמָרוֹר הוּא דְּאָכֵיל לֵיהּ, בְּ״בוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״ הוּא דְּאָכֵיל לֵיהּ. וְדִילְמָא לָא אִיכַּוַּון לְמָרוֹר, הִלְכָּךְ בָּעֵי לְמֶהְדַּר לְאַטְבּוֹלֵי לְשֵׁם מָרוֹר. דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ מִצְוָה לָא בָּעֲיָא כַּוּוֹנָה, לְמָה לָךְ תְּרֵי טִיבּוּלֵי? וְהָא טַבֵּיל לֵיהּ חֲדָא זִימְנָא!
GUEMARA :Reish Lakish a dit : Cela veut dire que les mitzvot exigent une intention. Celui qui accomplit une mitzva doit le faire avec l’intention de s’acquitter de son obligation. La preuve tirée de la michna est que, puisqu’on ne mange pas la laitue au moment de son obligation de manger des herbes amères, on la mange après avoir récité une seule bénédiction : Qui crée le fruit de la terre. Et il est clair que la raison est que peut-être n’avait-il pas l’intention de s’acquitter de son obligation de manger des herbes amères, et par conséquent il doit la tremper de nouveau pour les herbes amères. Car si l’on pouvait penser que les mitzvot n’exigent pas d’intention, pourquoi faut-il deux trempages ? Mais il a déjà trempé la laitue une fois.
מִמַּאי? דִּילְמָא: לְעוֹלָם מִצְוֹת אֵין צְרִיכוֹת כַּוּוֹנָה, וּדְקָאָמְרַתְּ תְּרֵי טִיבּוּלֵי לְמָה לִי? כִּי הֵיכִי דְּלֶיהְוֵי הֶיכֵּירָא לְתִינוֹקוֹת.
La Guemara rejette cette affirmation : D'où sais-tu que c'est le cas ? Peut-être puis-je dire que en réalité les mitzvot ne nécessitent pas d'intention. Et ce que tu as dit, pourquoi ai-je besoin de deux trempages, peut-être que la raison est qu'il y ait une distinction manifeste pour les enfants, ce qui les amènera à s'interroger sur la différence entre cette nuit et toutes les autres.
וְכִי תֵימָא: אִם כֵּן לַישְׁמְעִינַן שְׁאָר יְרָקוֹת? אִי אַשְׁמְעִינַן שְׁאָר יְרָקוֹת, הֲוָה אָמֵינָא: הֵיכָא דְּאִיכָּא שְׁאָר יְרָקוֹת הוּא דְּבָעֵינַן תְּרֵי טִיבּוּלֵי, אֲבָל חֲזֶרֶת לְחוֹדֵהּ לָא בָּעֵי תְּרֵי טִיבּוּלֵי, קָמַשְׁמַע לַן דַּאֲפִילּוּ חֲזֶרֶת בָּעֵינַן תְּרֵי טִיבּוּלֵי, כִּי הֵיכִי דְּלֶיהְוֵי בֵּיהּ הֶיכֵּירָא לְתִינוֹקוֹת.
Et si tu dis : Si tel est le cas, que le tanna nous enseigne cette halakha également au sujet d’autres légumes, car il n’y a pas de raison évidente pour laquelle la laitue a été choisie pour cette distinction. En réponse, je dirais que si la michna nous avait enseigné au sujet d’autres légumes, j’aurais dit que ce n’est que là où il y a d’autres légumes qu’on exige deux trempages, un pour les autres légumes et un pour les herbes amères ; cependant, si l’on n’a que de la ḥazeret, on n’a pas besoin de deux trempages, puisqu’un seul trempage suffit. Par conséquent, la michna nous enseigne que même si l’on n’a que de la ḥazeret, on a besoin de deux trempages, afin qu’il y ait une distinction manifeste pour les enfants.
וְעוֹד תַּנְיָא: אֲכָלָן דְּמַאי — יָצָא. אֲכָלָן בְּלֹא מִתְכַּוֵּין — יָצָא. אֲכָלָן לַחֲצָאִין — יָצָא.
De plus, il a été enseigné dans une baraita : À Pessa'h, si quelqu’un a mangé des légumes de produits au prélèvement de dîme douteux, c’est-à-dire qu’il a acheté les légumes à un am ha’aretz, il s’est acquitté de son obligation. S’il les a mangés sans l’intention de la mitsva, il s’est acquitté de son obligation. S’il les a mangés en deux fois, en mangeant une demi-mesure de la taille d’une olive d’herbes amères, en faisant une pause, puis en mangeant une autre demi-mesure de la taille d’une olive, il s’est acquitté de son obligation.
וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִשְׁהֶא בֵּין אֲכִילָה לַחֲבֶירְתָּהּ יוֹתֵר מִכְּדֵי אֲכִילַת פְּרָס!
Et la Guemara ajoute : En ce qui concerne ce dernier cas, celui qui mange un volume d’olive en deux moitiés, telle est la halakha, à condition qu’il ne fasse pas de pause entre le fait de manger la première moitié d’un volume d’olive et l’autre moitié d’un volume d’olive plus longtemps que le temps nécessaire pour manger une demi-miche de pain. Si l’on prend plus de temps que cette durée, les deux parties des herbes amères ne peuvent pas se combiner. Cette baraita indique que même si l’on mange les herbes amères sans intention, on s’est acquitté de son obligation, ce qui présente une difficulté pour Reish Lakish.
תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אַף עַל פִּי שֶׁטִּיבֵּל בַּחֲזֶרֶת — מִצְוָה לְהָבִיא לְפָנָיו חֲזֶרֶת וַחֲרוֹסֶת וּשְׁנֵי תַבְשִׁילִין.
La Guemara répond : La question de savoir si les mitsvot requièrent ou non une intention est un différend entre tannaïm, comme cela a été enseigné dans une baraita : Rabbi Yossei dit : Bien qu’une personne ait déjà trempé le ḥazeret une fois, c’est une mitsva d’apporter devant elle du ḥazeret et du ḥaroset, ainsi que deux plats cuits. Apparemment, il lui manquait l’intention lors de sa première consommation de laitue et, par conséquent, il faut lui donner de la laitue supplémentaire afin qu’elle puisse s’acquitter de son obligation.
וְאַכַּתִּי מִמַּאי? דִּילְמָא קָסָבַר רַבִּי יוֹסֵי מִצְוֹת אֵין צְרִיכוֹת כַּוָּונָה, וְהַאי דְּבָעֵינַן תְּרֵי טִיבּוּלֵי כִּי הֵיכִי דְּתִיהְוֵי הֶיכֵּירָא לְתִינוֹקוֹת. אִם כֵּן, מַאי ״מִצְוָה״?!
La Guemara demande : Et pourtant cela ne constitue pas une preuve concluante, car d’où sais-je que Rabbi Yossei est d’avis que les mitsvot requièrent une intention ? Peut-être Rabbi Yossei soutient-il que les mitsvot ne requièrent pas d’intention, et la raison pour laquelle nous exigeons deux trempages est qu’il y ait une distinction visible pour les enfants. La Guemara rejette cet argument : Si tel est le cas, pour quelle raison Rabbi Yossei emploie-t-il le terme mitsva ? Il n’existe pas de mitsva dans la Torah consistant à créer une distinction afin de stimuler la curiosité des petits. La mitsva est de manger des herbes amères, et il est évident que cette personne doit revenir et les manger de nouveau, parce qu’elle manquait d’intention la première fois.
מַאי שְׁנֵי תַבְשִׁילִין? אָמַר רַב הוּנָא: סִילְקָא וְאָרוֹזָא. רָבָא הֲוָה מְיהַדַּר אַסִּילְקָא וְאָרוֹזָא הוֹאִיל וְנָפֵיק מִפּוּמֵּיהּ דְּרַב הוּנָא.
La Guemara demande : Quels sont ces deux plats cuits mentionnés dans la michna ? Rav Houna a dit : Des betteraves et du riz. La Guemara rapporte que Rava recherchait des betteraves et du riz pour son repas de la nuit de Pessa'h, puisque cette décision était sortie de la bouche de Rav Houna. Bien que Rava comprît que Rav Houna ne faisait que citer des exemples et ne voulait pas dire qu'il fallait manger précisément ces aliments, il voulait accomplir exactement la parole de son maître.
אָמַר רַב אָשֵׁי: שְׁמַע מִינַּהּ דְּרַב הוּנָא, לֵית דְּחָיֵישׁ לְהָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי. דְּתַנְיָא, רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי אוֹמֵר: אוֹרֶז מִין דָּגָן הוּא וְחַיָּיבִין עַל חִימּוּצוֹ כָּרֵת, וְאָדָם יוֹצֵא בּוֹ יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח.
Rav Ashi a dit : Apprends incidemment une autre halakha de cette déclaration de Rav Houna, à savoir qu’il n’y a personne qui se soucie de cette déclaration de Rabbi Yoḥanan ben Nouri. Comme il a été enseigné dans une baraita : Rabbi Yoḥanan ben Nouri dit : Le riz est une sorte de céréale à tous égards ; et l’on est passible de karet pour en manger à l’état levé à Pessaḥ ; et l’on s’acquitte de son obligation avec lui à Pessaḥ, s’il a été correctement cuit au four en matza. On peut déduire de la suggestion de Rav Houna d’utiliser du riz cuit que le riz ne peut pas lever.
חִזְקִיָּה אָמַר: אֲפִילּוּ דָּג וּבֵיצָה שֶׁעָלָיו. רַב יוֹסֵף אָמַר: צָרִיךְ שְׁנֵי מִינֵי בָשָׂר, אֶחָד זֵכֶר לַפֶּסַח, וְאֶחָד זֵכֶר לַחֲגִיגָה. רָבִינָא אָמַר: אֲפִילּוּ גַּרְמָא וּבִישּׁוּלָא.
Ḥizkiya a dit : Les deux aliments cuits peuvent être même du poisson et l’œuf qui a été frit dessus. Rav Yosef a dit : Il faut deux types de viande la nuit de Pessa'h, l’un en souvenir de l’agneau pascal et l’autre en souvenir de l’offrande de fête pacifique, qui était également mangée la nuit de Pessa'h. Ravina a dit : Pour les deux aliments cuits, on peut utiliser même la viande sur l’os et la sauce dans laquelle elle a été cuite.
פְּשִׁיטָא, הֵיכָא דְּאִיכָּא שְׁאָר יְרָקוֹת, מְבָרֵךְ אַשְּׁאָר יְרָקוֹת ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״ וְאָכֵיל, וַהֲדַר מְבָרֵךְ ״עַל אֲכִילַת מָרוֹר״ וְאָכֵיל.
En ce qui concerne la halakha de manger des légumes, la Guemara précise : Il est évident que, là où il y a d'autres légumes disponibles en plus des herbes amères, lors de la première immersion on récite sur les autres légumes la bénédiction : Qui crée le fruit de la terre, et mange, avec l'intention d'inclure dans cette bénédiction également les herbes amères qu'il mangera plus tard. Puis, lors de la seconde immersion, il récite la bénédiction : Nous a ordonné de manger des herbes amères, sur la laitue et la mange.
הֵיכָא דְּלֵיכָּא אֶלָּא חַסָּא, מַאי? אָמַר רַב הוּנָא: מְבָרֵךְ מֵעִיקָּרָא אַמָּרוֹר ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״ וְאָכֵיל, וּלְבַסּוֹף מְבָרֵךְ עֲלֵיהּ ״עַל אֲכִילַת מָרוֹר״ וְאָכֵיל.
Cependant, quelle est la halakha lorsqu’il n’y a que de la laitue disponible ? Quand faut-il réciter chaque bénédiction ? Rav Houna a dit : Au début, on récite la bénédiction : Qui crée le fruit de la terre, sur les herbes amères, c’est-à-dire la laitue, et on les mange. Et finalement, après la matza, on récite la bénédiction : Qui nous a ordonné de manger des herbes amères, sur la laitue et on la mange.

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