גָּמְרוּ, כּוֹס רִאשׁוֹן מְבָרֵךְ עָלָיו בִּרְכַּת הַמָּזוֹן וְהַשֵּׁנִי אוֹמֵר עָלָיו קְדוּשַּׁת הַיּוֹם. אַמַּאי? וְנֵימְרִינְהוּ לְתַרְוַיְיהוּ אַחֲדָא כָּסָא!
Rabbi Yossei soutient qu’une fois qu’ils ont terminé leur repas, on apporte deux coupes ; sur la première coupe on récite la Grâce après le repas, et sur la seconde il récite la sanctification du jour. La Guemara demande : Pourquoi ont-ils besoin de deux coupes ? Qu’ils disent donc les deux, la Grâce après le repas et le kiddouch, sur une seule coupe.
אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: אֵין אוֹמְרִים שְׁתֵּי קְדוּשּׁוֹת עַל כּוֹס אֶחָד. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: לְפִי שֶׁאֵין עוֹשִׂין מִצְוֹת חֲבִילוֹת חֲבִילוֹת.
Rav Houna a dit que Rav Chéchet a dit : On ne récite pas deux sanctifications, c’est-à-dire pour deux mitsvot comme le Birkat Hamazon et le kiddouch, sur une seule coupe. Quelle en est la raison pour cette halakha ? Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Parce qu’on n’accomplit pas les mitsvot en paquets. Si quelqu’un accomplit plusieurs mitsvot d’un seul coup, cela donne l’impression qu’elles sont une obligation pesante qu’il veut terminer aussi vite que possible.
וְלָא? וְהָא תַּנְיָא: הַנִּכְנָס לְבֵיתוֹ בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת מְבָרֵךְ עַל הַיַּיִן וְעַל הַמָּאוֹר וְעַל הַבְּשָׂמִים, וְאַחַר כָּךְ אוֹמֵר הַבְדָּלָה עַל הַכּוֹס. וְאִם אֵין לוֹ אֶלָּא כּוֹס אֶחָד — מַנִּיחוֹ לְאַחַר הַמָּזוֹן וּמְשַׁלְשְׁלָן כּוּלָּן לְאַחֲרָיו. אֵין לוֹ שָׁאנֵי.
Et n’accomplit-on pas plusieurs mitsvot ensemble ? Mais n’a-t-il pas été enseigné dans une baraita : Celui qui entre chez lui à la fin du Chabbat récite la bénédiction sur le vin, puis sur la lumière, puis sur les aromates, puis récite la havdala sur la coupe de vin. Et s’il n’a qu’une seule coupe de vin, il la garde pour après avoir mangé son repas, et l’utilise pour le Bénédicité après le repas, et rassemble toutes les autres bénédictions ensemble ensuite. Cette baraita indique qu’on peut utiliser la même coupe à la fois pour le Bénédicité après le repas et pour la havdala. La Guemara répond : Nous ne pouvons rien prouver à partir d’ici, car un cas où l’on n’a pas de coupe supplémentaire est différent. Celui qui a deux coupes de vin doit réciter le Bénédicité après le repas sur l’une des coupes et la havdala sur l’autre.
וְהָא יוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת אַחַר הַשַּׁבָּת, דְּאִית לֵיהּ, וְאָמַר רַב יַקְנֶ״ה!
La Guemara poursuit sa ligne de questionnement : Mais il y a le cas d’une fête qui tombe après Chabbat, lorsqu’on a vraisemblablement assez de vin. Et néanmoins, Rav a dit que l’ordre approprié des bénédictions suit l’acronyme hébreu yod, kouf, noun, hé : La bénédiction sur le vin [yayin], le kiddouch, la bénédiction sur la bougie [ner], et la havdala. Cette décision montre que l’on récite le kiddouch et la havdala sur la même coupe de vin.
אָמְרִי: מִדְּלָא אָמַר זְמַן, מִכְּלָל דְּבִשְׁבִיעִי שֶׁל פֶּסַח עָסְקִינַן, דְּכׇל מַאי דַּהֲוָה לֵיהּ אָכֵיל לֵיהּ, וְלֵית לֵיהּ.
Ils disent en réponse à cette question : Du fait que Rav n’a pas dit que l’on récite la bénédiction du temps, qui nous a donné la vie [sheheḥiyanu], nous a soutenus et nous a fait parvenir à ce moment, cela prouve par inférence que nous parlons du septième jour de Pessa'h, qui est le seul jour de fête où l’on ne récite pas la bénédiction du temps. Si tel est le cas, il est possible que tout le vin que cette personne avait, elle l’ait déjà consommé au cours de la fête, et elle n’a pas assez de vin restant pour deux coupes séparées.
וְהָא יוֹם טוֹב רִאשׁוֹן דְּאִית לֵיהּ, וְאָמַר אַבָּיֵי: יַקְזְנָ״ה, וְרָבָא אָמַר: יַקְנְהָ״ז.
La Guemara demande : Mais il y a le cas de la première nuit de la Fête qui tombe après Chabbat, lorsqu’on a du vin, et pourtant Abaye a dit que l’ordre des bénédictions dans ce cas suit l’acronyme hébreu yod, kouf, zayin, noun, hé : La bénédiction sur le vin [yayin] ; kiddouch ; la bénédiction du temps [zeman] ; la bénédiction sur la bougie [ner] ; et havdala. Et Rava a dit que l’ordre des bénédictions est conforme à l’acronyme yod, kouf, noun, hé, zayin : Vin [yayin] ; kiddouch ; bougie [ner] ; havdala ; et la bénédiction du temps [zeman]. Bien qu’Abaye et Rava soient en désaccord sur l’ordre correct des bénédictions, ils conviennent que l’on récite plusieurs bénédictions sur une seule coupe de vin.
אֶלָּא: הַבְדָּלָה וְקִידּוּשׁ חֲדָא מִילְּתָא הִיא, בִּרְכַּת הַמָּזוֹן וְקִידּוּשׁ תְּרֵי מִילֵּי נִינְהוּ.
Au contraire, la Guemara rejette l’explication précédente au profit de la suivante : Havdala et kiddush constituent une seule et même chose, car tous deux marquent et attirent l’attention sur la sainteté de certains jours. En revanche, la Grâce après les repas et le kiddush sont deux choses entièrement différentes. Par conséquent, celui qui les récite toutes deux sur la même coupe de vin combine deux mitsvot sans rapport, apparemment afin d’en finir avec elles aussi vite que possible. En conséquence, cette pratique est interdite.
גּוּפָא. יוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת אַחַר הַשַּׁבָּת, רַב אָמַר: יַקְנֶ״ה. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: יִנְהַ״ק.
Après avoir soulevé la question de l’ordre approprié des bénédictions pour le kiddush lors d’une fête qui survient immédiatement après le Chabbat, la Guemara traite de la question elle-même. En ce qui concerne une fête qui survient après le Chabbat, Rav a dit que l’ordre approprié des bénédictions suit l’acronyme yod, kouf, noun, hé : Vin [yayin], kiddush, bougie [ner] et havdala ; et Chmouel a dit que l’ordre approprié est yod, noun, hé, kouf : Vin [yayin], bougie [ner], havdala et kiddush.