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כְּמַאן מְצַלִּינַן עַל קְצִירֵי וְעַל מְרִיעֵי [כְּמַאן — כְּרַבִּי יוֹסֵי]. מִדְּאָמַר קְצִירֵי וּמְרִיעֵי, שְׁמַע מִינַּהּ: קְצִירֵי — קְצִירֵי מַמָּשׁ, מְרִיעֵי — רַבָּנַן.
Conformément à l’opinion de qui prions-nous chaque jour pour les malades et pour ceux qui souffrent ? Conformément à l’opinion de qui ? Conformément à l’opinion de Rabbi Yossei, qui soutient que l’on est jugé chaque jour, et pas seulement à Roch Hachana, et qu’il est donc approprié de prier pour les gens chaque jour. Du fait qu’il a dit : Les malades et ceux qui souffrent, on peut apprendre de sa déclaration que le terme : Les malades, désigne de véritables malades, tandis que le terme : Ceux qui souffrent, désigne les Sages, qui sont généralement physiquement fragiles.
וּמוּתָּר בְּעָבָה. מַתְנִיתִין דְּלָא כְּבַבְלָאֵי, דְּאָמַר רַבִּי זֵירָא: בַּבְלָאֵי טַפְשָׁאֵי, דְּאָכְלִי לַחְמָא בְּלַחְמָא.
§ Il est indiqué dans la mishna que celui qui a fait le vœu que la nourriture cuite liquide lui est interdite a le droit de goûter un plat cuit épais. La Guemara commente : La mishna n’est pas conforme à la coutume des Babyloniens, comme l’a dit Rabbi Zeira : Les Babyloniens sont insensés, car ils mangent du pain avec du pain. Ils mangent une bouillie épaisse avec leur pain, ce qui revient essentiellement à manger une sorte de pain avec une autre. Selon leur coutume, celui qui fait le vœu que les aliments cuits lui sont interdits a l’interdiction de manger même un plat cuit épais.
אָמַר רַב חִסְדָּא: דִּמְשַׁאֵיל לְהוֹן לְהָלֵין נַקְדָּנֵי דְּהוּצַל: הָדֵין דַּיְיסָא, הֵיכֵין מְעַלֵּי לְמֵיכְלַהּ? דְּחִיטֵּי — בְּלַחְמָא דְחִיטֵּי, וְדִשְׂעָרֵי — בְּלַחְמָא דִשְׂעָרֵי, אוֹ דִּלְמָא: דְּחִיטֵּי — בְּדִשְׂעָרֵי, וְדִשְׂעָרֵי — בִּדְחִיטֵּי?
Dans ce contexte, Rav Ḥisda a dit que ces habitants méticuleux de Huzal, en Babylonie, furent interrogés : quelle est la meilleure façon de manger cette bouillie ? La bouillie de blé doit-elle être mangée avec du pain de blé et la bouillie d’orge avec du pain d’orge, ou peut-être la bouillie de blé doit-elle être mangée avec du pain d’orge et la bouillie d’orge avec du pain de blé ?
רָבָא אַכְלֵיהּ בַּחֲסִיסֵי. רַבָּה בַּר רַב הוּנָא אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַב הוּנָא דְּקָאָכֵיל דַּיְיסָא בְּאֶצְבְּעָתֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי קָאָכֵיל מָר בִּידֵיהּ? אֲמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר רַב: דַּיְיסָא בְּאֶצְבְּעָתָא בְּסִים, וְכֹל דְּכֵן בְּתַרְתֵּין, וְכֹל דְּכֵן בִּתְלָת.
La Guemara raconte : Rava mangeait son pain avec du ḥasisei, une bouillie faite de grains d’orge grillés. Rabba, fils de Rav Houna, trouva Rav Houna en train de manger de la bouillie avec ses doigts. Il lui dit : Pourquoi le Maître mange-t-il avec ses mains ? Rav Houna lui dit : C’est ce que Rav a dit : La bouillie mangée avec un doigt est savoureuse, et à plus forte raison si elle est mangée avec deux doigts, et à plus forte raison avec trois. Il est plus agréable de manger de la bouillie avec les mains.
אֲמַר לֵיהּ רַב לְחִיָּיא בְּרֵיהּ, וְכֵן אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא לְרַבָּה בְּרֵיהּ: מְזַמְּנִים לָךְ לְמֵיכַל דַּיְיסָא עַד פַּרְסָה. לְמֵיכַל בִּישְׂרָא דְתוֹרָא עַד תְּלָתָא פַּרְסִין. אֲמַר לֵיהּ רַב לְחִיָּיא בְּרֵיהּ, וְכֵן אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא לְרַבָּה בְּרֵיהּ: כֹּל מִידַּעַם לָא תִּפְלוֹט קַמֵּיהּ רַבָּךְ, לְבַר מִן קַרָא וְדַיְיסָא, שֶׁהֵן דּוֹמִין לִפְתִילְתָּא שֶׁל אֲבָר, וַאֲפִילּוּ קַמֵּי שַׁבּוּר מַלְכָּא פְּלוֹט.
Rav dit à son fils Ḥiyya, et Rav Houna dit de même à son fils Rabba : Si tu es invité à manger du porridge, pour un tel repas tu devrais te déplacer jusqu’à une distance d’une parasange [parsa]. Si tu es invité à manger de la viande de bœuf, tu devrais te déplacer jusqu’à trois parasanges. Rav dit à son fils Ḥiyya, et Rav Houna dit de même à son fils Rabba : Tu ne dois rien cracher devant ton maître, car c’est irrespectueux, sauf la courge et le porridge, car ils sont comme une mèche de plomb brûlante dans les intestins lorsqu’ils ne peuvent pas être digérés, et donc crache-les même devant le roi Shapur, en raison du danger encouru.
רַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי יְהוּדָה, חַד אָכֵיל דַּיְיסָא בְּאֶצְבְּעָתֵיהּ וְחַד אָכֵיל בְּהוּצָא. אֲמַר לֵיהּ דְּאָכֵיל בְּהוּצָא לִדְאָכֵיל בְּאֶצְבְּעָתֵיהּ: עַד מָתַי אַתָּה מַאֲכִילֵנִי צוֹאָתְךָ! אֲמַר לֵיהּ דְּאָכֵיל בְּאֶצְבְּעָתֵיהּ לִדְאָכֵיל בְּהוּצָא: עַד מָתַי אַתָּה מַאֲכִילֵנִי רוּקְּךָ!
La Guemara rapporte d’autres incidents : Rabbi Yossei et Rabbi Yehouda ont dîné ensemble. L’un d’eux mangeait de la bouillie avec ses doigts, et l’autre mangeait avec une fourchette [hutza]. Celui qui mangeait avec une fourchette dit à celui qui mangeait avec ses doigts : Jusqu’à quand vas-tu continuer à me nourrir de ta saleté ? Dois-je continuer à manger sous tes ongles sales ? Celui qui mangeait avec ses doigts dit à celui qui mangeait avec une fourchette : Jusqu’à quand vas-tu continuer à me nourrir de ta salive, puisque tu manges avec une fourchette que tu remets ensuite dans le bol commun.
רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אַיְיתוֹ לְקַמַּיְיהוּ בְּלוּסְפִיין. רַבִּי יְהוּדָה אֲכַל, רַבִּי שִׁמְעוֹן לָא אֲכַל. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוּדָה: מַאי טַעְמָא לָא אָכֵיל מָר? אֲמַר לֵיהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן: אֵלּוּ אֵין יוֹצְאִין מִבְּנֵי מֵעַיִם כׇּל עִיקָּר. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוּדָה: כׇּל שֶׁכֵּן שֶׁנִּסְמוֹךְ עֲלֵיהֶן לְמָחָר.
Belospayin, une sorte de figues, furent apportées devant Rabbi Yehuda et Rabbi Shimon. Rabbi Yehuda en mangea, mais Rabbi Shimon n'en mangea pas. Rabbi Yehuda lui dit : Quelle est la raison pour laquelle le Maître ne mange pas ? Rabbi Shimon lui dit : Celles-ci ne quittent pas du tout les intestins. Elles restent non digérées. Rabbi Yehuda lui dit : Si c'est ainsi, à plus forte raison on peut compter sur elles pour se sentir rassasié demain.
רַבִּי יְהוּדָה הֲוָה יָתֵיב קַמֵּיהּ דְּרַבִּי טַרְפוֹן. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי טַרְפוֹן: הַיּוֹם פָּנֶיךָ צְהוּבִּין. אֲמַר לֵיהּ: אֶמֶשׁ יָצְאוּ עֲבָדֶיךָ לַשָּׂדֶה, וְהֵבִיאוּ לָנוּ תְּרָדִין, וַאֲכַלְנוּם בְּלֹא מֶלַח. וְאִם אֲכַלְנוּם בְּמֶלַח — כׇּל שֶׁכֵּן שֶׁהָיוּ פָּנֵינוּ צְהוּבִּין.
Rabbi Yehouda était assis devant Rabbi Tarfon. Rabbi Tarfon lui dit : Aujourd’hui, ton visage est rougeaud, c’est-à-dire d’une couleur rosée et saine. Rabbi Yehouda lui dit : La nuit dernière, tes serviteurs, c’est-à-dire nous, les étudiants, sommes sortis au champ, et on nous a apporté des betteraves, et nous les avons mangées sans sel. C’est la raison de notre teint sain. Et si nous les avions mangées avec du sel, à plus forte raison nos visages auraient été rougeauds.
אֲמַרָה הָהִיא מַטְרוֹנִיתָא לְרַבִּי יְהוּדָה: מוֹרֶה וְרָוֵי? אֲמַר לַהּ: הֵימָנוּתָא בִּידָא דְּהָהִיא אִיתְּתָא, אִי טָעֵימְנָא אֶלָּא קִידּוּשָׁא וְאַבְדָּלְתָּא וְאַרְבְּעָה כָּסֵי דְפִסְחָא, וְחוֹגְרַנִי צִידְעַי מִן הַפֶּסַח עַד הָעֲצֶרֶת, אֶלָּא: ״חׇכְמַת אָדָם תָּאִיר פָּנָיו״.
La Guemara cite des incidents connexes : Une certaine dame païenne [matronita] dit à Rabbi Yehouda, dont le visage était rougeaud : Comment peut-on enseigner aux Juifs et être un ivrogne en même temps ? Il lui dit : Je remets mon intégrité entre les mains de cette femme et je ne devrais plus être jugé digne de confiance si je devais un jour goûter du vin sauf celui du kiddouch, de la havdala et des quatre coupes de Pessa'h. Et après avoir bu ces quatre coupes, j’attache mes tempes de Pessa'h jusqu’à Chavouot, car le vin me donne mal à la tête. Au contraire, mon teint s’explique par le verset « La sagesse de l’homme fait rayonner son visage » (Ecclésiaste 8:1).
אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מִינָא לְרַבִּי יְהוּדָה: פָּנֶיךָ דּוֹמִין אִי כְּמַלְוֵי רִבִּית אִי כִּמְגַדְּלֵי חֲזִירִין. אֲמַר לֵיהּ: בִּיהוּדָאֵי תַּרְוַיְיהוּ אֲסִירָן. אֶלָּא — עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה בֵּית הַכִּסֵּא אִית לִי מִן בֵּיתָא עַד בֵּי מִדְרְשָׁא, וְכׇל שָׁעָה וְשָׁעָה אֲנִי נִכְנָס לְכׇל אֶחָד וְאֶחָד.
Un certain hérétique dit à Rabbi Yehuda : Ton visage ressemble soit à celui des usuriers, soit à celui des éleveurs de porcs. Ces gens gagnaient bien leur vie sans dépenser beaucoup d’énergie, ce qui leur donnait un teint plein et sain. Rabbi Yehuda lui dit : Ces deux métiers sont interdits aux Juifs. Au contraire, mon visage est rougeaud parce que j’ai vingt-quatre toilettes sur le chemin de ma maison à la maison d’étude, et tout le temps j’entre dans chacune et chacune d’entre elles. Il ne souffrait pas de constipation, ce qui avait un effet bénéfique sur son teint.
רַבִּי יְהוּדָה כַּד אָזֵיל לְבֵי מִדְרְשָׁא שָׁקֵיל גּוּלְפָּא עַל כַּתְפֵּיהּ, אָמַר: גְּדוֹלָה מְלָאכָה שֶׁמְּכַבֶּדֶת אֶת בְּעָלֶיהָ. רַבִּי שִׁמְעוֹן שָׁקֵיל צַנָּא עַל כַּתְפֵּיהּ, אָמַר: גְּדוֹלָה מְלָאכָה שֶׁמְּכַבֶּדֶת אֶת בְּעָלֶיהָ.
§ La Guemara raconte : Lorsque Rabbi Yehuda se rendait à la maison d’étude, il portait une cruche [gulefa] sur son épaule pour s’asseoir dessus, en disant : Grand est le travail, car il apporte de l’honneur au travailleur qui l’accomplit . Cela lui apportait de l’honneur en lui permettant d’éviter de s’asseoir sur le sol de la maison d’étude. De même, Rabbi Shimon portait un panier sur son épaule, en disant : Grand est le travail, car il apporte de l’honneur au travailleur qui l’accomplit .
דְּבֵיתְהוּ דְּרַבִּי יְהוּדָה נְפַקַת, נְקַטַת עַמְרָא, עֲבַדָה גְּלִימָא דְּהוּטְבֵי. כַּד נְפַקַת לְשׁוּקָא מִיכַּסְּיָא בֵּיהּ, וְכַד נָפֵיק רַבִּי יְהוּדָה לְצַלּוֹיֵי הֲוָה מִכַּסֵּי וּמְצַלֵּי. וְכַד מִיכַּסֵּי בֵּיהּ הֲוָה מְבָרַךְ ״בָּרוּךְ שֶׁעָטַנִי מְעִיל״.
La Guemara rapporte en outre : la femme de Rabbi Yehuda sortit au marché, rassembla de la laine et fit un manteau épais [hutevei]. Lorsqu’elle sortait au marché, elle s’en couvrait, et lorsque Rabbi Yehuda sortait pour prier, il s’en couvrait avec le manteau et priait. Et lorsqu’il s’en couvrait, il récitait la bénédiction : Béni soit Celui qui m’a enveloppé d’un manteau, car il en tirait un grand plaisir.
זִימְנָא חֲדָא גְּזַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל תַּעֲנִיתָא, רַבִּי יְהוּדָה לָא אֲתָא לְבֵי תַעֲנִיתָא. אָמְרִין לֵיהּ: לָא אִית לֵיהּ כִּסּוּיָא. שַׁדַּר לֵיהּ גְּלִימָא וְלָא קַבֵּיל.
En une certaine occasion, Rabban Shimon ben Gamliel, le Nasi, décréta un jeûne. Rabbi Yehuda ne vint pas à la maison du jeûne, où tout le monde s’était rassemblé. Le peuple dit à Rabban Shimon ben Gamliel : Rabbi Yehuda n’a pas de vêtement digne pour se couvrir, et c’est pourquoi il évite les événements publics. Rabban Shimon ben Gamliel lui envoya un manteau à lui, mais Rabbi Yehuda n’accepta pas ce cadeau.

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