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וּמוֹקֵים לַהּ לְבָרַיְיתָא כְּרַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה.
et il établit la baraita conformément à l’opinion de Rabbi Yosei bar Yehuda, plutôt qu’à celle de Rabbi Yehuda.
וּמִי אָמַר רַבִּי יְהוּדָה ״בִּזְמַן הַזֶּה, הוֹאִיל וּמִסְתַּכְּלִין בָּהּ — אֵין קוֹרִין אוֹתָהּ אֶלָּא בִּזְמַנָּהּ״? וּרְמִינְהִי, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: אֵימָתַי — מָקוֹם שֶׁנִּכְנָסִין בַּשֵּׁנִי וּבַחֲמִישִׁי. אֲבָל מָקוֹם שֶׁאֵין נִכְנָסִין בַּשֵּׁנִי וּבַחֲמִישִׁי — אֵין קוֹרִין אוֹתָהּ אֶלָּא בִּזְמַנָּהּ.
La Guemara explique la contradiction apparente : Rabbi Yehouda a-t-il vraiment dit que de nos jours, puisque les gens se fient à la lecture de la Meguila et l’utilisent pour calculer quand Pessa'h commence, on ne peut lire la Meguila qu’à son moment fixé ? La Guemara soulève une contradiction à partir d’une michna (5a) : Rabbi Yehouda a dit : Quand est-il permis de lire la Meguila à partir du onze adar ? Dans un endroit où les villageois entrent généralement en ville le lundi et le jeudi. Cependant, dans un endroit où ils n’entrent généralement pas en ville le lundi et le jeudi, on ne peut lire la Meguila qu’à son moment fixé, le quatorze adar.
מְקוֹם שֶׁנִּכְנָסִין בַּשֵּׁנִי וּבַחֲמִישִׁי מִיהָא קָרֵינַן, וַאֲפִילּוּ בִּזְמַן הַזֶּה! וּמוֹקֵים לַהּ לְבָרַיְיתָא כְּרַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה.
La michna indique que, du moins dans un endroit où les villageois entrent en ville le lundi et le jeudi, on peut lire la Méguila à partir du onze Adar même de nos jours. Et, en raison de cette contradiction, Rav Ashi établit la baraita conformément à l’opinion de Rabbi Yossei bar Yehouda.
וּמִשּׁוּם דְּקַשְׁיָא לֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה מוֹקֵים לָהּ לְבָרַיְיתָא כְּרַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה?!
La Guemara exprime son étonnement : Parce que Rav Ashi soulève une difficulté en raison de la contradiction apparente entre l’opinion de Rabbi Yehouda dans la baraita et l’opinion citée dans une michna au nom de Rabbi Yehouda, il établit la baraita conformément à l’opinion de Rabbi Yossei bar Yehouda ? Comment aurait-il pu amender le texte simplement parce qu’il avait une difficulté qu’il ne savait pas résoudre ?
רַב אָשֵׁי שְׁמִיעַ לֵיהּ דְּאִיכָּא דְּתָנֵי לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה וְאִיכָּא דְּתָנֵי לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה, וּמִדְּקַשְׁיָא לֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה, אָמַר: מַאן דְּתָנֵי לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה — לָאו דַּוְוקָא, מַאן דְּתָנֵי לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה — דַּוְוקָא.
La Guemara explique : Rav Ashi entendit qu’il y avait ceux qui enseignaient la baraita au nom de Rabbi Yehuda, et il y avait ceux qui l’enseignaient au nom de Rabbi Yosei bar Yehuda. Et puisqu’il avait une difficulté avec la contradiction apparente entre une décision de Rabbi Yehuda et une autre décision de Rabbi Yehuda, il dit : Celui qui l’enseignait au nom de Rabbi Yehuda n’est pas précis, tandis que celui qui l’enseignait au nom de Rabbi Yosei bar Yehuda est précis, et de cette manière il élimina la contradiction.
כְּרַכִּים הַמּוּקָּפִים חוֹמָה מִימוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן קוֹרִין בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר וְכוּ׳. מְנָהָנֵי מִילֵּי? אָמַר רָבָא, דְּאָמַר קְרָא: ״עַל כֵּן הַיְּהוּדִים הַפְּרָזִים הַיּוֹשְׁבִים בְּעָרֵי הַפְּרָזוֹת וְגוֹ׳״. מִדִּפְרָזִים בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר — מוּקָּפִין בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר.
§ Nous avons appris dans la michna : Les villes qui sont entourées d’une muraille depuis les jours de Josué, fils de Noun, lisent la Méguila le quinze d’Adar. La Guemara demande : D’où ces éléments sont-ils dérivés, puisqu’ils ne sont pas énoncés explicitement dans la Méguila ? Rava a dit : C’est comme le verset l’énonce : « C’est pourquoi les Juifs des villages, qui habitent dans les villes sans murailles, font du quatorzième jour du mois d’Adar un jour de joie et de festin » (Esther 9:19). Du fait que les villes sans murailles célèbrent Pourim le quatorze, on peut déduire que les villes entourées de murailles célèbrent Pourim le quinze.
וְאֵימָא: פְּרָזִים בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר, מוּקָּפִין כְּלָל כְּלָל לָא! וְלָאו יִשְׂרָאֵל נִינְהוּ? וְעוֹד: ״מֵהוֹדּוּ וְעַד כּוּשׁ״ כְּתִיב.
La Guemara conteste cette réponse : Dis que les villes non entourées de murailles célèbrent Pourim le quatorzième, comme l’indique le verset, et que les villes entourées de murailles ne le célèbrent pas du tout. La Guemara exprime son étonnement : Et ne sont-ils pas juifs ? Et de plus : Il est écrit que le royaume d’Assuérus s’étendait « de Hodu jusqu’à Cush » (Esther 1:1), et la célébration de Pourim fut acceptée dans tous les pays de son royaume (Esther 9:20–23).
וְאֵימָא: פְּרָזִים בְּאַרְבֵּיסַר מוּקָּפִין בְּאַרְבֵּיסַר וּבַחֲמֵיסַר, כְּדִכְתִיב: ״לִהְיוֹת עוֹשִׂים אֵת יוֹם אַרְבָּעָה עָשָׂר לְחֹדֶשׁ אֲדָר וְאֵת יוֹם חֲמִשָּׁה עָשָׂר [בּוֹ] בְּכׇל שָׁנָה״!
On peut plutôt soulever la difficulté suivante : Dis que les villes non entourées de murailles célèbrent Pourim le quatorze et que les villes entourées de murailles le célèbrent le quatorze et le quinze, comme il est écrit : « Qu’ils célèbrent le quatorzième jour du mois d’Adar et le quinzième du même mois, chaque année » (Esther 9:21). Ce verset peut être compris comme signifiant qu’il existe des endroits où Pourim est célébré les deux jours.
אִי הֲוָה כְּתִב ״אֵת יוֹם אַרְבָּעָה עָשָׂר וַחֲמִשָּׁה עָשָׂר״ — כִּדְקָאָמְרַתְּ, הַשְׁתָּא דִּכְתִיב ״אֵת יוֹם אַרְבָּעָה עָשָׂר וְאֵת יוֹם חֲמִשָּׁה עָשָׂר״ — אֲתָא ״אֵת״ וּפָסֵיק: הָנֵי בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר, וְהָנֵי בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר.
La Guemara rejette cet argument : S’il avait été écrit dans le verset : Le quatorzième jour et [ve] le quinzième, cela aurait été comme tu l’as dit au départ. Cependant, maintenant qu’il est écrit : Le quatorzième jour et [ve’et] le quinzième jour, la particule et utilisée ici pour marquer l’accusatif vient interrompre, indiquant que les deux jours sont distincts. Par conséquent, les habitants de ces lieux célèbrent Pourim le quatorzième, et les habitants de ces autres lieux le célèbrent le quinzième.
וְאֵימָא: פְּרָזִים — בְּאַרְבֵּיסַר, מוּקָּפִין — אִי בָּעוּ בְּאַרְבֵּיסַר, אִי בָּעוּ בַּחֲמֵיסַר! אָמַר קְרָא ״בִּזְמַנֵּיהֶם״, זְמַנּוֹ שֶׁל זֶה לֹא זְמַנּוֹ שֶׁל זֶה.
La Guemara suggère : Dis que les habitants des villes non entourées de murailles célèbrent Pourim le quatorze, comme l’indique le verset, et en ce qui concerne les habitants des villes entourées de murailles, s’ils le souhaitent ils peuvent le célébrer le quatorze, et s’ils le souhaitent ils peuvent le célébrer le quinze. La Guemara répond : Le verset déclare : « En leurs temps » (Esther 9:31), indiquant que le temps où les habitants de cet endroit célèbrent Pourim n’est pas le temps où les habitants de cet autre endroit célèbrent Pourim.
וְאֵימָא בִּתְלֵיסַר! כְּשׁוּשָׁן.
La Guemara soulève une autre difficulté : Dis que les villes entourées de murailles devraient célébrer Pourim le treizième d’Adar et non le quinzième. La Guemara répond : Il est logique que les habitants des villes entourées de murailles, qui ne célèbrent pas Pourim le quatorzième, le célèbrent comme il est célébré à Shushan, et il est explicitement indiqué que Pourim a été célébré à Shushan le quinzième.
אַשְׁכְּחַן עֲשִׂיָּיה, זְכִירָה מְנָלַן? אָמַר קְרָא: ״וְהַיָּמִים הָאֵלֶּה נִזְכָּרִים וְנַעֲשִׂים״, אִיתַּקַּשׁ זְכִירָה לַעֲשִׂיָּיה.
La Guemara commente : Nous avons trouvé une source pour l’observance de la fête de Pourim le quatorze adar dans les villes non fortifiées et le quinze adar dans les villes fortifiées ; d’où déduisons-nous que le souvenir de l’histoire de Pourim par la lecture de la Méguila a lieu ces jours-là ? La Guemara explique que le verset déclare : « Que ces jours soient rappelés et observés » (Esther 9:28), d’où l’on déduit que le souvenir est comparé à l’observance.
מַתְנִיתִין דְּלָא כִּי הַאי תַּנָּא. דְּתַנְיָא, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה אוֹמֵר: כְּרַכִּין הַמּוּקָּפִין חוֹמָה מִימוֹת אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ קוֹרִין בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר.
§ La Guemara note que la michna n'est pas conforme à l'opinion de ce tanna, comme cela est enseigné dans la Tosefta (1:1), selon laquelle Rabbi Yehoshua ben Korḥa dit : Les villes qui sont entourées d'une muraille depuis l'époque d'Assuérus lisent la Méguila le quinzième. Selon la Tosefta, le statut des villes fortifiées est déterminé selon qu'elles étaient entourées d'une muraille à l'époque d'Assuérus plutôt qu'à l'époque de Josué.
מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה? כִּי שׁוּשָׁן. מָה שׁוּשָׁן מוּקֶּפֶת חוֹמָה מִימוֹת אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ וְקוֹרִין בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר — אַף כֹּל שֶׁמּוּקֶּפֶת חוֹמָה מִימוֹת אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ קוֹרִין בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר.
La Guemara demande : Quelle est la raison de l’opinion de Rabbi Yehoshua ben Korḥa ? La Guemara explique que la Meguila est lue le quinzième jour dans les villes qui sont comme Shushan : De même que Shushan est une ville qui était entourée d’une muraille depuis les jours d’Assuérus, et on y lit la Meguila le quinzième, de même toute ville qui était entourée d’une muraille depuis les jours d’Assuérus lit la Meguila le quinzième.
וְתַנָּא דִּידַן, מַאי טַעְמָא? יָלֵיף ״פְּרָזִי״ ״פְּרָזִי״. כְּתִיב הָכָא: ״עַל כֵּן הַיְּהוּדִים הַפְּרָזִים״, וּכְתִיב הָתָם: ״לְבַד מֵעָרֵי הַפְּרָזִי הַרְבֵּה מְאֹד״. מָה לְהַלָּן מוּקֶּפֶת חוֹמָה מִימוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן, אַף כָּאן מוּקֶּפֶת חוֹמָה מִימוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן.
La Guemara demande : Quelle est la raison de l’opinion du tanna de notre michna ? La Guemara explique : Cela est dérivé au moyen d’une analogie verbale entre une occurrence du mot « sans muraille » et une autre occurrence du mot « sans muraille ». Il est écrit ici : « C’est pourquoi les Juifs des villages, qui habitent dans les villes sans muraille » (Esther 9:19), et il est écrit là-bas, dans la déclaration de Moïse à Josué avant que le peuple juif n’entre en Eretz Yisrael : « Toutes ces villes étaient fortifiées de hautes murailles, de portes et de barres ; outre des villes sans muraille, en très grand nombre » (Deutéronome 3:5). De même que là-bas, dans le Deutéronome, il s’agit d’une ville qui était entourée d’une muraille depuis les jours de Josué, fils de Noun, de même ici il s’agit d’une ville qui était entourée d’une muraille depuis les jours de Josué, fils de Noun.
בִּשְׁלָמָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה לָא אָמַר כְּתַנָּא דִּידַן — דְּלֵית לֵיהּ ״פְּרָזִי״ ״פְּרָזִי״, אֶלָּא תַּנָּא דִּידַן מַאי טַעְמָא לָא אָמַר כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה?
La Guemara continue : Soit admis que Rabbi Yehoshua ben Korḥa n’a pas énoncé son explication conformément à l’opinion du tanna de notre michna parce qu’il ne soutenait pas qu’une analogie verbale puisse être établie entre un verset qui emploie le mot sans murailles et l’autre verset qui emploie le mot sans murailles. Cependant, quelle est la raison pour laquelle le tanna de notre michna n’a pas énoncé son explication conformément à l’opinion de Rabbi Yehoshua ben Korḥa ?
מַאי טַעְמָא?! דְּהָא אִית לֵיהּ ״פְּרָזִי״ ״פְּרָזִי״! הָכִי קָאָמַר: אֶלָּא שׁוּשָׁן, דְּעָבְדָא כְּמַאן? לָא כִּפְרָזִים וְלָא כְּמוּקָּפִין!
La Guemara exprime son étonnement : Quelle en est la raison ? N’est-ce pas parce qu’il soutient que cela est dérivé de l’analogie verbale entre un emploi du mot « non fortifiée » et l’autre emploi du mot « non fortifiée » ? La Guemara explique : C’est ce qu’il a dit, c’est-à-dire que telle était la question : Selon le tanna de notre michna, selon qui Shushan observe-t-elle Pourim ? Shushan n’est ni comme les villes non fortifiées ni comme les villes fortifiées, car les habitants de Shushan célèbrent Pourim le quinzième jour, mais la ville n’était pas entourée d’une muraille depuis l’époque de Josué.
אָמַר רָבָא, וְאָמְרִי לַהּ כְּדִי: שָׁאנֵי שׁוּשָׁן — הוֹאִיל וְנַעֲשָׂה בָּהּ נֵס.
Rava a dit, et certains le rapportent sans attribution à un Sage en particulier : Shushan est différente, puisque le miracle s’y est produit le quinze Adar, et c’est pourquoi Pourim y est célébré ce jour-là. Cependant, les autres villes ne sont considérées comme des villes fortifiées et ne lisent la Méguila le quinze Adar que si elles sont fortifiées depuis l’époque de Josué.
בִּשְׁלָמָא לְתַנָּא דִּידַן, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״מְדִינָה וּמְדִינָה וְעִיר וָעִיר״. ״מְדִינָה וּמְדִינָה״ — לְחַלֵּק בֵּין מוּקָּפִין חוֹמָה מִימוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן לְמוּקֶּפֶת חוֹמָה מִימוֹת אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ.
La Guemara demande : Soit, selon le tanna de notre michna, tel est le sens de ce qui est écrit : « Et ces jours doivent être rappelés et observés à chaque génération, chaque famille, chaque province, et chaque ville » (Esther 9:28). L’expression « chaque province [medina] » est formulée dans le verset avec répétition, de sorte qu’elle se lit littéralement : chaque province et province, et contient donc un emploi superflu du mot province, destiné à distinguer entre les villes qui étaient entourées d’une muraille depuis les jours de Josué fils de Noun, où la Meguila est lue le quinze, et une ville qui était entourée d’une muraille depuis les jours d’Assuérus, où la Meguila est lue le quatorze.
״עִיר וְעִיר״ נָמֵי, לְחַלֵּק בֵּין שׁוּשָׁן לִשְׁאָר עֲיָירוֹת. אֶלָּא לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה, בִּשְׁלָמָא ״מְדִינָה וּמְדִינָה״ — לְחַלֵּק בֵּין שׁוּשָׁן לִשְׁאָר עֲיָירוֹת, אֶלָּא ״עִיר וְעִיר״ לְמַאי אֲתָא?
L’expression « chaque ville, » qui est formulée de manière similaire par répétition et contient un emploi superflu du mot ville, sert également à distinguer entre Shushan et les autres villes, puisque Pourim est célébré à Shushan le quinzième jour bien qu’elle n’ait pas été entourée de murailles depuis l’époque de Josué. Cependant, selon Rabbi Yehoshua ben Korḥa, à supposer que l’expression « chaque province » vienne distinguer entre Shushan et les autres villes qui n’étaient pas entourées de murailles depuis les jours d’Assuérus ; mais qu’est-ce que l’expression « chaque ville » vient enseigner ?
אָמַר לְךָ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה: וּלְתַנָּא דִּידַן מִי נִיחָא? כֵּיוָן דְּאִית לֵיהּ ״פְּרָזִי״ ״פְּרָזִי״ — ״מְדִינָה וּמְדִינָה״ לְמָה לִי? אֶלָּא קְרָא לִדְרָשָׁה הוּא דַּאֲתָא, וְכִדְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי הוּא דַּאֲתָא. דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כְּרַךְ, וְכׇל הַסָּמוּךְ לוֹ, וְכׇל הַנִּרְאֶה עִמּוֹ — נִידּוֹן כִּכְרַךְ.
La Guemara explique que Rabbi Yehoshua ben Korḥa aurait pu te dire : Selon le tanna de notre michna, cela fonctionne-t-il bien ? Puisqu’il soutient que cela est dérivé de l’analogie verbale entre un verset qui emploie le mot sans murailles et l’autre verset qui emploie le mot sans murailles, pourquoi ai-je besoin de l’expression « chaque province » ? Au contraire, le verset vient pour une interprétation midrashique, et il vient indiquer que la halakha est conforme à la décision rendue par Rabbi Yehoshua ben Levi. Comme l’a dit Rabbi Yehoshua ben Levi : Une ville fortifiée, et toutes les localités adjacentes à elle, et toutes les localités qui peuvent être vues avec elle, c’est-à-dire qui peuvent être vues depuis la ville fortifiée, sont considérées comme la ville fortifiée, et on y lit la Meguila le quinze.
עַד כַּמָּה? אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה וְאִיתֵּימָא רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: כְּמֵחַמָּתָן לִטְבֶרְיָא — מִיל. וְלֵימָא מִיל! הָא קָא מַשְׁמַע לַן: דְּשִׁיעוּרָא דְמִיל כַּמָּה הָוֵי — כְּמֵחַמָּתָן לִטְבֶרְיָא.
La Guemara demande : Jusqu’à quelle distance est-ce considéré comme adjacent ? Rabbi Yirmeya a dit, et certains disent que c’était Rabbi Ḥiyya bar Abba qui l’a dit : la limite est comme la distance de la ville de Ḥamtan à Tibériade, un mil. La Guemara demande : Qu’il dise simplement que la limite est un mil ; pourquoi a-t-il dû mentionner ces lieux ? La Guemara répond que la formulation de la réponse nous enseigne ceci : Quelle distance comprend la mesure d’un mil ? C’est comme la distance de Ḥamtan à Tibériade.
וְאָמַר רַבִּי יִרְמְיָה וְאִיתֵּימָא רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: מַנְצְפַךְ — צוֹפִים אֲמָרוּם.
§ Après avoir cité une déclaration de Rabbi Yirmeya, que certains attribuent à Rabbi Ḥiyya bar Abba, la Guemara cite d’autres déclarations attribuées à ces Sages. Rabbi Yirmeya a dit, et certains disent que c’était Rabbi Ḥiyya bar Abba qui l’a dit : Les Voyants, c’est-à-dire les prophètes, sont ceux qui ont dit que les lettres mem, nun, tzadi, peh et kaf [mantzepakh] ont une forme différente lorsqu’elles apparaissent à la fin d’un mot.
וְתִסְבְּרָא? וְהָכְתִיב: ״אֵלֶּה הַמִּצְוֹת״, שֶׁאֵין נָבִיא רַשַּׁאי לְחַדֵּשׁ דָּבָר מֵעַתָּה? וְעוֹד, הָאָמַר רַב חִסְדָּא: מֵם וְסָמֶךְ שֶׁבַּלּוּחוֹת
La Guemara demande : Et comment peux-tu comprendre cela ainsi ? N’est-il pas écrit : « Voici les commandements que le Seigneur ordonna à Moïse pour les enfants d’Israël au mont Sinaï » (Lévitique 27:34), ce qui indique qu’un prophète n’est pas autorisé à introduire ou à modifier quelque matière de halakhadésormais ? Par conséquent, comment les prophètes auraient-ils pu établir de nouvelles formes pour les lettres ? Et de plus, Rav Ḥisda n’a-t-il pas dit : Les lettres mem et samekh sur les tables de l’alliance données au Sinaï

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