״אֱמֹר לַחׇכְמָה אֲחֹתִי אָתְּ וְגוֹ׳״ וְאוֹמֵר: ״קׇשְׁרֵם עַל אֶצְבְּעֹתֶיךָ כׇּתְבֵם עַל לוּחַ לִבֶּךָ״, וְאוֹמֵר: ״כְּחִצִּים בְּיַד גִּבּוֹר כֵּן בְּנֵי הַנְּעוּרִים״, וְאוֹמֵר: ״חִצֵּי גִבּוֹר שְׁנוּנִים״, וְאוֹמֵר: ״חִצֶּיךָ שְׁנוּנִים עַמִּים תַּחְתֶּיךָ יִפְּלוּ״, וְאוֹמֵר: ״אַשְׁרֵי הַגֶּבֶר אֲשֶׁר מִלֵּא אֶת אַשְׁפָּתוֹ מֵהֶם לֹא יֵבֹשׁוּ כִּי יְדַבְּרוּ אֶת אוֹיְבִים בַּשָּׁעַר״.
« Dis à la sagesse : Tu es ma sœur, et appelle l’intelligence ta parente » (Proverbes 7:4), ce qui indique qu’une personne doit être aussi versée dans la Torah que dans l’identité de sa sœur. Et il est dit : « Attache-les à tes doigts, écris-les sur la tablette de ton cœur » (Proverbes 7:3). Et il est dit : « Comme des flèches dans la main d’un homme puissant, ainsi sont les fils de la jeunesse » (Psaumes 127:4). Et il est dit : « Les flèches aiguës du puissant » (Psaumes 120:4). Et il est dit : « Tes flèches sont aiguës, les peuples tomberont sous toi » (Psaumes 45:6). Et il est dit : « Heureux l’homme qui en a rempli son carquois ; ils ne seront pas confus quand ils parleront avec leurs ennemis à la porte » (Psaumes 127:5).
מַאי ״אֶת אוֹיְבִים בַּשָּׁעַר״? אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: אֲפִילּוּ הָאָב וּבְנוֹ, הָרַב וְתַלְמִידוֹ שֶׁעוֹסְקִין בַּתּוֹרָה בַּשָּׁעַר אֶחָד – נַעֲשִׂים אוֹיְבִים זֶה אֶת זֶה. וְאֵינָם זָזִים מִשָּׁם עַד שֶׁנַּעֲשִׂים אוֹהֲבִים זֶה אֶת זֶה שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֶת וָהֵב בְּסוּפָה״, אַל תִּקְרֵי ״בְּסוּפָה״ אֶלָּא ״בְּסוֹפָהּ״.
La Guemara demande : Quel est le sens de l’expression « ennemis dans la porte » concernant l’étude de la Torah ? Rabbi Ḥiyya bar Abba dit : Même un père et son fils, ou un rabbin et son élève, qui étudient la Torah ensemble dans une même porte deviennent ennemis l’un de l’autre en raison de l’intensité de leur étude. Mais ils ne quittent pas cet endroit avant de s’aimer l’un l’autre, comme il est dit dans le verset qui évoque les lieux où le peuple juif mena bataille dans le désert : « C’est pourquoi il est dit dans le livre des guerres du Seigneur : Vahev à Soufa [beSufa], et les vallées de l’Arnon » (Nombres 21:14). Le mot « vahev » est interprété comme lié au mot amour, ahava. De plus, ne lis pas cela comme « à Soufa [beSufa] » ; plutôt, lis-le comme « à sa fin [besofa] », c’est-à-dire qu’à la fin de leur dispute ils deviennent chers l’un à l’autre.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְשַׂמְתֶּם״ – סַם תָּם, נִמְשְׁלָה תּוֹרָה כְּסַם חַיִּים. מָשָׁל לְאָדָם שֶׁהִכָּה אֶת בְּנוֹ מַכָּה גְּדוֹלָה וְהִנִּיחַ לוֹ רְטִיָּה עַל מַכָּתוֹ, וְאָמַר לוֹ: בְּנִי, כׇּל זְמַן שֶׁהָרְטִיָּה זוֹ עַל מַכָּתְךָ אֱכוֹל מַה שֶּׁהֲנָאָתֶךָ, וּשְׁתֵה מַה שֶּׁהֲנָאָתֶךָ, וּרְחוֹץ בֵּין בְּחַמִּין בֵּין בְּצוֹנֵן וְאֵין אַתָּה מִתְיָירֵא. וְאִם אַתָּה מַעֲבִירָהּ הֲרֵי הִיא מַעֲלָה נוֹמֵי.
Les Sages ont enseigné : « Et vous placerez [vesamtem] ces paroles de Moi dans vos cœurs » (Deutéronome 11:18). Lis cela comme s’il était écrit sam tam, un élixir parfait. La Torah est comparée à un élixir de vie. Il y a une parabole qui l’illustre : Un homme frappa son fils d’un coup violent et plaça un bandage sur sa blessure. Et il lui dit : Mon fils, tant que ce bandage est sur ta blessure et te guérit, mange ce qui te plaît et bois ce qui te plaît, et baigne-toi dans l’eau chaude ou froide, et tu n’as pas besoin d’avoir peur, car il guérira ta blessure. Mais si tu l’enlèves, la blessure deviendra gangréneuse.
כָּךְ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אָמַר לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל: בָּנַי, בָּרָאתִי יֵצֶר הָרָע וּבָרָאתִי לוֹ תּוֹרָה תַּבְלִין. וְאִם אַתֶּם עוֹסְקִים בַּתּוֹרָה – אֵין אַתֶּם נִמְסָרִים בְּיָדוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲלוֹא אִם תֵּיטִיב שְׂאֵת״,
Ainsi aussi le Saint, béni soit-Il, dit à Israël : Mes enfants, J’ai créé le mauvais penchant, qui est la blessure, et J’ai créé la Torah comme son antidote. Si vous vous adonnez à l’étude de la Torah, vous ne serez pas livrés entre les mains du mauvais penchant, comme il est dit : « Si tu agis bien, ne seras-tu pas relevé ? » (Genèse 4:7). Celui qui s’adonne à l’étude de la Torah s’élève au-dessus du mauvais penchant.
וְאִם אֵין אַתֶּם עוֹסְקִין בַּתּוֹרָה – אַתֶּם נִמְסָרִים בְּיָדוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לַפֶּתַח חַטָּאת רֹבֵץ״, וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁכׇּל מַשָּׂאוֹ וּמַתָּנוֹ בְּךָ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאֵלֶיךָ תְּשׁוּקָתוֹ״. וְאִם אַתָּה רוֹצֶה אַתָּה מוֹשֵׁל בּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתָּה תִּמְשׇׁל בּוֹ״.
Et si tu ne t’engages pas dans l’étude de la Torah, tu es livré à son pouvoir, comme il est dit : « Le péché est tapi à la porte » (Genèse 4:7). De plus, toutes les délibérations du mauvais penchant te concerneront, comme il est dit dans le même verset : « Et vers toi est son désir. » Et si tu le veux, tu domineras sur lui, comme il est dit à la fin du verset : « Mais tu peux dominer sur lui » (Genèse 4:7).
תָּנוּ רַבָּנַן: קָשֶׁה יֵצֶר הָרָע, שֶׁאֲפִילּוּ יוֹצְרוֹ קְרָאוֹ רַע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי יֵצֶר לֵב הָאָדָם רַע מִנְּעֻרָיו״. אָמַר רַב יִצְחָק: יִצְרוֹ שֶׁל אָדָם מִתְחַדֵּשׁ עָלָיו בְּכׇל יוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״רַק רַע כׇּל הַיּוֹם״.
Les Sages ont enseigné : Si difficile est le mauvais penchant que même son Créateur l’appelle mauvais, comme il est dit : « Car l’inclination du cœur de l’homme est mauvaise dès sa jeunesse » (Genèse 8:21). Rav Yitzḥak dit : Le mauvais penchant d’une personne se renouvelle contre elle chaque jour, comme il est dit : « Et toute l’inclination des pensées de son cœur n’était que mauvaise tout le jour [kol hayyom] » (Genèse 6:5). « Kol hayyom » peut aussi être compris comme : Chaque jour.
וְאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לֵוִי: יִצְרוֹ שֶׁל אָדָם מִתְגַּבֵּר עָלָיו בְּכׇל יוֹם וּמְבַקֵּשׁ הֲמִיתוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״צוֹפֶה רָשָׁע לַצַּדִּיק וּמְבַקֵּשׁ לַהֲמִיתוֹ״, וְאִלְמָלֵא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עוֹזְרוֹ אֵין יָכוֹל לוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֱלֹהִים לֹא יַעַזְבֶנּוּ בְיָדוֹ״.
Et Rabbi Shimon ben Levi dit : Le penchant de l’homme le domine chaque jour et cherche à le tuer, comme il est dit : « Le méchant épie le juste et cherche à le faire mourir » (Psaumes 37:32). Et n’était-ce le fait que le Saint, béni soit-Il, aide chaque personne dans son combat contre son mauvais penchant, elle ne pourrait pas le surmonter, comme il est dit : « Le Seigneur ne l’abandonnera pas entre ses mains » (Psaumes 37:33).
תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: בְּנִי אִם פָּגַע בְּךָ מְנֻוּוֹל זֶה – מׇשְׁכֵהוּ לְבֵית הַמִּדְרָשׁ. אִם אֶבֶן הוּא – נִימּוֹחַ, וְאִם בַּרְזֶל הוּא – מִתְפּוֹצֵץ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲלוֹא כֹה דְבָרִי כָּאֵשׁ נְאֻם ה׳ וּכְפַטִּישׁ יְפֹצֵץ סָלַע״. אִם אֶבֶן הוּא – נִימּוֹחַ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹי כׇּל צָמֵא לְכוּ לַמַּיִם״ וְאוֹמֵר: ״אֲבָנִים שָׁחֲקוּ מַיִם״.
Un Sage de l’école de Rabbi Yishmael a enseigné : Mon fils, si ce misérable, le mauvais penchant, te rencontre, entraîne-le à la maison d’étude, c’est-à-dire va étudier la Torah. S’il est une pierre, elle fondra, et s’il est du fer, il se brisera, comme il est dit au sujet de la Torah : « Ma parole n’est-elle pas comme le feu, dit le Seigneur, et comme un marteau qui brise le roc ? » (Jérémie 23:29). De même qu’une pierre se brise sous un marteau, de même on peut surmonter son mauvais penchant, qui est fort comme le fer, par l’étude de la Torah. Quant à la seconde partie de l’énoncé : S’il est une pierre, elle fondra, c’est comme il est dit au sujet de la Torah : « Holà, vous tous qui avez soif, venez vers l’eau » (Isaïe 55:1), et il est dit : « L’eau use les pierres » (Job 14:19), indiquant que l’eau est plus forte que la pierre.
לְהַשִּׂיאוֹ אִשָּׁה. מְנָלַן? דִּכְתִיב: ״קְחוּ נָשִׁים וְהוֹלִידוּ בָּנִים וּבָנוֹת וּקְחוּ לִבְנֵיכֶם נָשִׁים וְאֶת בְּנוֹתֵיכֶם תְּנוּ לַאֲנָשִׁים״.
§ La baraita (29a) enseigne qu’un père a pour commandement de marier son fils à une femme. La Guemara demande : D’où dérivons-nous cela ? Comme il est écrit : « Prenez des femmes et engendrez des fils et des filles, prenez des femmes pour vos fils et donnez vos filles à des hommes » (Jérémie 29:6).
בִּשְׁלָמָא בְּנוֹ – בְּיָדוֹ, אֶלָּא בִּתּוֹ – בְּיָדוֹ הִיא? הָכִי קָאָמַר לְהוּ: נִיתֵּן לַהּ מִידֵּי וְ[נַ]לְבְּשַׁיהּ וּנְכַסְּיַיהּ כִּי הֵיכִי דִּ[לְ]קִפְצוּ עֲלַהּ אִינָשֵׁי.
La Guemara analyse ce verset : Soit en ce qui concerne son fils, cela est en son pouvoir, c’est-à-dire qu’il peut lui ordonner d’épouser une femme, puisque l’homme est l’agent actif dans un mariage. Mais en ce qui concerne sa fille, cela est-il en son pouvoir ? Elle doit attendre qu’un homme l’épouse. La Guemara répond : C’est ce que Jérémie leur disait dans le verset susmentionné : Son père doit lui donner quelque chose pour sa dot, et il doit l’habiller et la couvrir de vêtements appropriés afin que les hommes se précipitent pour l’épouser, elle.
לְלַמְּדוֹ אוּמָּנוּת. מְנָלַן? אָמַר חִזְקִיָּה: דְּאָמַר קְרָא: ״רְאֵה חַיִּים עִם אִשָּׁה אֲשֶׁר אָהַבְתָּ״. אִם ״אִשָּׁה״ מַמָּשׁ הִיא: כְּשֵׁם שֶׁחַיָּיב לְהַשִּׂיאוֹ אִשָּׁה – כָּךְ חַיָּיב לְלַמְּדוֹ אוּמָּנוּת. אִם תּוֹרָה הִיא: כְּשֵׁם שֶׁחַיָּיב לְלַמְּדוֹ תּוֹרָה – כָּךְ חַיָּיב לְלַמְּדוֹ אוּמָּנוּת.
§ La baraita ajoute en outre qu’un père a l’obligation d’enseigner à son fils un métier. La Guemara demande : D’où tirons-nous cela ? Ḥizkiyya a dit : Comme le verset l’énonce : « Profite de la vie avec la femme que tu aimes » (Ecclésiaste 9:9). Si ce verset est interprété littéralement, et qu’il se réfère à une femme réelle, on peut alors en déduire ce qui suit : De même qu’un père a l’obligation de marier son fils à une femme, de même il a l’obligation de lui enseigner un métier, comme l’indique le terme : vie. Et si la femme mentionnée dans ce verset est allégorique, et qu’il s’agit de la Torah, alors il faut expliquer le verset de la manière suivante : De même qu’il a l’obligation de lui enseigner la Torah, de même il a l’obligation de lui enseigner un métier.
וְיֵשׁ אוֹמְרִים אַף לַהֲשִׁיטוֹ בַּנָּהָר. מַאי טַעְמָא? חַיּוּתֵיהּ הוּא.
§ La baraita ajoute : Et certains disent qu’un père est aussi tenu d’enseigner à son fils à nager dans une rivière. La Guemara demande : Quelle en est la raison ? Cela est nécessaire pour sa vie, c’est-à-dire qu’il s’agit potentiellement d’une compétence qui sauve des vies.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כֹּל שֶׁאֵינוֹ מְלַמְּדוֹ אוּמָּנוּת – מְלַמְּדוֹ לִיסְטוּת. לִיסְטוּת סָלְקָא דַּעְתָּךְ! אֶלָּא, כְּאִילּוּ מְלַמְּדוֹ לִיסְטוּת.
§ La baraita enseigne en outre que Rabbi Yehouda dit : Tout père qui n’enseigne pas à son fils un métier lui enseigne le banditisme. La Guemara demande : Peut-il te venir à l’esprit qu’il lui enseigne réellement le banditisme ? Plutôt, la baraita veut dire que c’est comme s’il lui avait enseigné le banditisme.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּאַגְמְרֵיהּ עִיסְקָא.
La Guemara demande : Quelle est la différence entre l’opinion du premier tanna et celle de Rabbi Yehuda ? Tous deux disent qu’un père doit enseigner un métier à son fils. La Guemara répond : Il y a une différence entre eux dans un cas où le père lui enseigne à faire du commerce. Selon le premier tanna, cela suffit, tandis que Rabbi Yehuda soutient qu’il doit lui enseigner un véritable métier.
כׇּל מִצְוֹת הָאָב עַל הַבֵּן וְכוּ׳. מַאי כׇּל מִצְוֹת הָאָב עַל הַבֵּן? אִילֵּימָא כֹּל מִצְוָתָא דְּמִיחַיַּיב אַבָּא לְמִיעְבַּד לִבְרֵיהּ נָשִׁים חַיָּיבוֹת – וְהָתַנְיָא: הָאָב חַיָּיב בִּבְנוֹ לְמוּלוֹ וְלִפְדוֹתוֹ. אָבִיו – אֵין, אִמּוֹ – לֹא!
§ La michna enseigne : En ce qui concerne toutes les mitzvot d’un père à l’égard de son fils, les hommes comme les femmes sont tenus de les accomplir. La Guemara demande : Quel est le sens de l’expression : Toutes les mitzvot d’un père à l’égard de son fils ? Si l’on dit que cela fait référence à toutes les mitzvot qu’un père est tenu d’accomplir pour son fils, les femmes sont-elles tenues de les accomplir ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : Un père est tenu, à l’égard de son fils, de le circoncire et de le racheter ? Cela indique que son père, oui, est tenu de faire ces choses, mais sa mère, non, elle n’est pas tenue d’accomplir ces mitzvot pour son fils.
אָמַר רַב יְהוּדָה, הָכִי קָאָמַר: כׇּל מִצְוֹת הָאָב הַמּוּטָּלֹת עַל הַבֵּן לַעֲשׂוֹת לְאָבִיו, אֶחָד אֲנָשִׁים וְאֶחָד נָשִׁים חַיָּיבִין. תְּנֵינָא לְהָא דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״אִישׁ״ – אֵין לִי אֶלָּא אִישׁ, אִשָּׁה מִנַּיִן? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״תִּירָאוּ״ – הֲרֵי כָּאן שְׁנַיִם.
Rav Yehuda a dit que voici ce que la michna dit : En ce qui concerne chaque mitsva du père qu’il incombe au fils d’accomplir pour son père, les hommes comme les femmes sont obligés de les accomplir. La Guemara commente : Cela, nous l’avons déjà appris, car les Sages ont enseigné dans une baraita, au sujet du verset : « Un homme craindra [tira’u] sa mère et son père » (Lévitique 19:3). Je n’ai déduit que qu’un homme est obligé par cette mitsva ; d’où déduis-je qu’une femme est elle aussi obligée ? Lorsqu’il est dit dans le même verset : « Un homme craindra [tira’u] sa mère et son père » (Lévitique 19:3), en employant la forme plurielle du verbe, cela indique qu’il y en a deux qui sont obligés ici, un homme et une femme.
אִם כֵּן מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״אִישׁ״? – אִישׁ סִיפֵּק בְּיָדוֹ לַעֲשׂוֹת, אִשָּׁה אֵין סִיפֵּק בְּיָדָהּ לַעֲשׂוֹת, מִפְּנֵי שֶׁרְשׁוּת אֲחֵרִים עָלֶיהָ. אָמַר רַב אִידִי בַּר אָבִין אָמַר רַב: נִתְגָּרְשָׁה, שְׁנֵיהֶם שָׁוִים.
Si tel est le cas, que tous deux sont obligés, quelle est la signification lorsque le verset déclare : « Homme » ? Dans le cas d'un homme, il est en son pouvoir d'accomplir cette mitsva ; tandis qu'en ce qui concerne une femme, il n'est pas toujours en son pouvoir d'accomplir cette mitsva, parce qu'elle est sous l'autorité d'une autre personne, c'est-à-dire son mari. Comme elle est tenue envers son mari de s'occuper de son foyer, elle ne peut pas toujours trouver du temps pour ses parents. Rav Idi bar Avin dit que Rav dit : Par conséquent, si une femme est divorcée, alors tous deux, une fille et un fils, sont égaux en ce qui concerne l'honneur et la crainte envers leur père et leur mère.
תָּנוּ רַבָּנַן: נֶאֱמַר: ״כַּבֵּד אֶת אָבִיךָ וְאֶת אִמֶּךָ״, וְנֶאֱמַר: ״כַּבֵּד אֶת ה׳ מֵהוֹנֶךָ״, הִשְׁוָה הַכָּתוּב כִּבּוּד אָב וָאֵם לִכְבוֹד הַמָּקוֹם.
Les Sages ont enseigné qu’il est dit : « Honore ton père et ta mère » (Exode 20:11), et il est dit : « Honore le Seigneur avec ta richesse » (Proverbes 3:9). De cette manière, le verset assimile l’honneur dû au père et à la mère d’une personne à l’honneur dû à l’Omniprésent, car le terme « honore » est employé dans les deux cas.
נֶאֱמַר: ״אִישׁ אִמּוֹ וְאָבִיו תִּירָאוּ״, וְנֶאֱמַר: ״אֶת ה׳ אֱלֹהֶיךָ תִּירָא וְאֹתוֹ תַעֲבֹד״, הִשְׁוָה הַכָּתוּב מוֹרָאַת אָב וָאֵם לְמוֹרָאַת הַמָּקוֹם.
De même, il est dit : « Un homme craindra sa mère et son père » (Lévitique 19:3), et il est dit : « Tu craindras l’Éternel, ton Dieu, et tu Le serviras » (Deutéronome 6:13). Le verset assimile la crainte de son père et de sa mère à la crainte de l’Omniprésent.
נֶאֱמַר: ״מְקַלֵּל אָבִיו וְאִמּוֹ מוֹת יוּמָת״, וְנֶאֱמַר: ״אִישׁ אִישׁ כִּי יְקַלֵּל אֱלֹהָיו וְנָשָׂא חֶטְאוֹ״, הִשְׁוָה הַכָּתוּב בִּרְכַּת אָב וָאֵם לְבִרְכַּת הַמָּקוֹם. אֲבָל בְּהַכָּאָה וַדַּאי אִי אֶפְשָׁר.
De même, il est dit : « Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort » (Exode 21:17), et il est dit : « Quiconque maudit son Dieu portera son péché » (Lévitique 24:15). Le verset assimile la bénédiction, euphémisme pour malédiction, du père et de la mère à la bénédiction de l’Omniprésent. Mais en ce qui concerne le fait de frapper, c’est-à-dire en ce qui concerne la halakha selon laquelle celui qui frappe son père ou sa mère est passible d’une peine capitale infligée par le tribunal, il n’est certainement pas possible de dire la même chose au sujet du Saint, béni soit-Il.
וְכֵן בְּדִין, שֶׁשְּׁלָשְׁתָּן שׁוּתָּפִין בּוֹ. תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה שׁוּתָּפִין הֵן בָּאָדָם: הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, וְאָבִיו, וְאִמּוֹ. בִּזְמַן שֶׁאָדָם מְכַבֵּד אֶת אָבִיו וְאֶת אִמּוֹ אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: מַעֲלֶה אֲנִי עֲלֵיהֶם כְּאִילּוּ דַּרְתִּי בֵּינֵיהֶם, וְכִבְּדוּנִי.
Et ainsi aussi, le fait d’assimiler l’attitude d’une personne envers ses parents à son attitude envers Dieu est une déduction logique, puisque tous trois sont partenaires dans sa création. Comme les Sages ont enseigné : Il y a trois partenaires dans la formation d’une personne : Le Saint, béni soit-Il, qui fournit l’âme, ainsi que son père et sa mère. Lorsqu’une personne honore son père et sa mère, le Saint, béni soit-Il, dit : Je leur attribue du mérite comme si Je demeurais entre eux et qu’ils M’honoraient également.
תַּנְיָא רַבִּי אוֹמֵר: גָּלוּי וְיָדוּעַ לִפְנֵי מִי שֶׁאָמַר וְהָיָה הָעוֹלָם שֶׁבֵּן מְכַבֵּד אֶת אִמּוֹ יוֹתֵר מֵאָבִיו, מִפְּנֵי
Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yehuda HaNasi dit : Il est révélé et connu devant Celui qui a parlé et le monde est venu à l’existence qu’un fils honore sa mère plus que son père, parce que