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שְׁנַיִם אוֹחֲזִין בְּטַלִּית, זֶה אוֹמֵר: ״אֲנִי מְצָאתִיהָ״, וְזֶה אוֹמֵר: ״אֲנִי מְצָאתִיהָ״. זֶה אוֹמֵר: ״כּוּלָּהּ שֶׁלִּי״, וְזֶה אוֹמֵר: ״כּוּלָּהּ שֶׁלִּי״. זֶה יִשָּׁבַע שֶׁאֵין לוֹ בָּהּ פָּחוֹת מֵחֶצְיָהּ, וְזֶה יִשָּׁבַע שֶׁאֵין לוֹ בָּהּ פָּחוֹת מֵחֶצְיָהּ – וְיַחְלוֹקוּ.
Les premiers commentateurs demandent pourquoi ce chapitre, qui traite des détails des halakhot des objets trouvés, précède le deuxième chapitre, qui traite des halakhot fondamentales des objets trouvés.
Tosafot expliquent que, puisque le traité Bava Metzia suit le traité Bava Kamma, les halakhot des objets trouvés sont élucidées dans ce chapitre comme une continuation des sujets abordés dans le dernier chapitre de Bava Kamma, qui traitait du partage des objets entre plaideurs au moyen d’un serment, ce qui est également la règle dans la michna ici (voir Shita Mekubbetzet). Le Rosh explique que, puisqu’il y a dans ce cas un soupçon de vol, ces questions sont juxtaposées aux halakhot du vol, qui sont décrites longuement dans Bava Kamma.

MICHNA : Si deux personnes sont venues au tribunal tenant un vêtement, et celle-ci, la première plaideuse, dit : Je l’ai trouvé, et celle-là, la seconde plaideuse, dit : Je l’ai trouvé ; celle-ci dit : Tout est à moi, et celle-là dit : Tout est à moi ; comment le tribunal tranche-t-il cette affaire ? Celle-ci prête serment qu’elle n’a pas la propriété de moins de la moitié, et celle-là prête serment qu’elle n’a pas la propriété de moins de la moitié, et elles le partagent.
זֶה אוֹמֵר: ״כּוּלָּהּ שֶׁלִּי״, וְזֶה אוֹמֵר: ״חֶצְיָהּ שֶׁלִּי״, הָאוֹמֵר כּוּלָּהּ שֶׁלִּי – יִשָּׁבַע שֶׁאֵין לוֹ בָּהּ פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה חֲלָקִים, וְהָאוֹמֵר חֶצְיָהּ שֶׁלִּי – יִשָּׁבַע שֶׁאֵין לוֹ בָּהּ פָּחוֹת מֵרְבִיעַ. זֶה נוֹטֵל שְׁלֹשָׁה חֲלָקִים, וְזֶה נוֹטֵל רְבִיעַ.
Si celui-ci dit : Tout cela est à moi, et que celui-là dit : La moitié de cela est à moi, puisque tous deux conviennent que la moitié du manteau appartient à l’un d’eux, le différend entre eux ne porte que sur l’autre moitié. Par conséquent, celui qui dit : Tout cela est à moi prête serment qu’il n’a pas la propriété de moins de trois parts, c’est-à-dire trois quarts, de cela, et celui qui dit : La moitié de cela est à moi prête serment qu’il n’a pas la propriété de moins d’un quart de cela. Celui-ci prend trois parts, et celui-là prend un quart.
הָיוּ שְׁנַיִם רוֹכְבִין עַל גַּבֵּי בְּהֵמָה, אוֹ שֶׁהָיָה אֶחָד רוֹכֵב וְאֶחָד מַנְהִיג, זֶה אוֹמֵר: כּוּלָּהּ שֶׁלִּי, וְזֶה אוֹמֵר: כּוּלָּהּ שֶׁלִּי – זֶה יִשָּׁבַע שֶׁאֵין לוֹ בָּהּ פָּחוֹת מֵחֶצְיָהּ, וְזֶה יִשָּׁבַע שֶׁאֵין לוֹ בָּהּ פָּחוֹת מֵחֶצְיָהּ, וְיַחְלוֹקוּ.
Si deux personnes étaient assises en position de monte sur le dos d'un animal, par exemple un âne ou un chameau, ou si l'une était assise en position de monte sur l'animal et l'autre le conduisait par son licol, et que celle-ci dit : Tout est à moi, et que celle-là dit : Tout est à moi, comment le tribunal tranche-t-il cette affaire ? Celle-ci prête serment qu'elle n'a pas la propriété de moins de la moitié, et celle-là prête serment qu'elle n'a pas la propriété de moins de la moitié, et elles le partagent.
בִּזְמַן שֶׁהֵם מוֹדִים אוֹ שֶׁיֵּשׁ לָהֶן עֵדִים – חוֹלְקִין בְּלֹא שְׁבוּעָה.
Lorsqu’ils admettent la validité des prétentions de l’autre ou lorsque chacun a des témoins attestant ses prétentions, ils partagent l’objet litigieux sans prêter serment, car un serment n’est administré que dans un cas où les parties n’ont pas d’autre moyen de prouver leurs prétentions.
גְּמָ׳ לְמָה לִי לְמִתְנָא זֶה אוֹמֵר אֲנִי מְצָאתִיהָ וְזֶה אוֹמֵר אֲנִי מְצָאתִיהָ, זֶה אוֹמֵר כּוּלָּהּ שֶׁלִּי וְזֶה אוֹמֵר כּוּלָּהּ שֶׁלִּי? לִיתְנֵי חֲדָא! חֲדָא קָתָנֵי: זֶה אוֹמֵר אֲנִי מְצָאתִיהָ וְכוּלָּהּ שֶׁלִּי, וְזֶה אוֹמֵר אֲנִי מְצָאתִיהָ וְכוּלָּהּ שֶׁלִּי.
GUEMARA : La Guemara demande : Pourquoi ai-je besoin que le tannaenseigne deux revendications distinctes formulées par chaque partie ? Pourquoi le tanna dit-il à la fois : Celui-ci dit : Je l’ai trouvé, et celui-là dit : Je l’ai trouvé ; et en plus : Celui-ci dit : Tout cela est à moi, et celui-là dit : Tout cela est à moi ? Que le tannaenseigne un seul cas. La Guemara répond : La bonne compréhension de la michna est qu’elle enseigne une revendication de chaque partie, car leurs revendications étaient les suivantes : Celui-ci dit : Je l’ai trouvé et tout cela est à moi, et celui-là dit : Je l’ai trouvé et tout cela est à moi.
וְלִיתְנֵי ״אֲנִי מְצָאתִיהָ״, וַאֲנָא יָדַעְנָא דְּכוּלָּהּ שֶׁלִּי! אִי תְּנָא ״אֲנִי מְצָאתִיהָ״, הֲוָה אָמֵינָא: מַאי ״מְצָאתִיהָ״ – רְאִיתִיהָ. אַף עַל גַּב דְּלָא אֲתַאי לִידֵיהּ – בִּרְאִיָּה בְּעָלְמָא קָנֵי, תְּנָא: ״כּוּלָּהּ שֶׁלִּי״ – דְּבִרְאִיָּה לָא קָנֵי.
La Guemara demande : Mais que le tanna enseigne un cas où chacun affirme simplement : Je l’ai trouvé, et je saurais que l’intention de chaque plaideur est d’affirmer : Tout cela est à moi. La Guemara répond : Si le tanna n’enseignait que le cas où chacun affirme : Je l’ai trouvé, je dirais que quel est le sens de l’affirmation : Je l’ai trouvé ? Cela signifie : Je l’ai vu. En d’autres termes, il prétend avoir vu l’objet en premier, et il pense que, même s’il n’est pas parvenu en sa possession, il l’a acquis par la seule vue. Puisqu’on aurait pu penser qu’il s’agit d’une affirmation valable, le tanna enseigne que le plaideur déclare de manière définitive : Tout cela est à moi, afin d’enseigner qu’on n’acquiert pas un objet perdu par la vue seule.
וּמִי מָצֵית אָמְרַתְּ מַאי ״מְצָאתִיהָ״ – רְאִיתִיהָ, וְהָא אָמַר רַבְנַאי ״וּמְצָאתָהּ״ – דַּאֲתַאי לִידֵיהּ מַשְׁמַע.
La Guemara conteste cette explication : Mais comment peux-tu dire que ce que signifie l’expression : Je l’ai trouvée, est en réalité : Je l’ai vue ? Mais Rabbenai n’a-t-il pas dit, en interprétant le verset : « Ainsi feras-tu pour tout objet perdu de ton frère, qu’il a perdu et que tu as trouvé » (Deutéronome 22:3), que « et que tu as trouvé » indique que cela est venu en sa possession ? Le terme trouver dans la Torah se réfère exclusivement à une situation où l’objet est en la possession de celui qui l’a trouvé.
אִין ״וּמְצָאתָהּ״ דִּקְרָא – דַּאֲתָא לִידֵיהּ מַשְׁמַע, וּמִיהוּ תַּנָּא לִישָּׁנָא דְעָלְמָא נָקֵט, וּמִדְּחָזֵי לֵיהּ אָמַר: אֲנָא אַשְׁכַּחִית, וְאַף עַל גַּב דְּלָא אֲתַאי לִידֵיהּ בִּרְאִיָּה בְּעָלְמָא קָנֵי, תָּנֵי: ״כּוּלָּהּ שֶׁלִּי״ – דְּבִרְאִיָּה בְּעָלְמָא לָא קָנֵי לַהּ.
La Guemara répond : En effet, l’expression « et tu l’as trouvée » dans le verset indique certainement qu’elle est entrée en sa possession. Mais on pourrait dire que le tanna a employé un langage courant dans la michna. Et dans le langage courant, dès qu’une personne voit un objet, elle dit : Je l’ai trouvé, même s’il n’est pas encore entré en sa possession, parce qu’elle croit qu’elle l’a acquis par la seule vue. Puisqu’il aurait été possible de comprendre ainsi l’affirmation : Je l’ai trouvé, le tanna enseigne que le plaideur déclare de manière catégorique : Tout cela est à moi, afin d’enseigner qu’on n’acquiert pas un objet perdu par la seule vue.
וְלִיתְנֵי ״כּוּלָּהּ שֶׁלִּי״ וְלָא בָּעֵי ״אֲנִי מְצָאתִיהָ״! אִי תָּנֵי ״כּוּלָּהּ שֶׁלִּי״ הֲוָה אָמֵינָא: בְּעָלְמָא דְּקָתָנֵי ״מְצָאתִיהָ״ בִּרְאִיָּה בְּעָלְמָא קָנֵי, תְּנָא ״אֲנִי מְצָאתִיהָ״ וַהֲדַר תְּנָא ״כּוּלָּהּ שֶׁלִּי״ דְּמִמִּשְׁנָה יַתִּירָה אַשְׁמְעִינַן דִּרְאִיָּה לָא קָנֵי.
La Guemara demande : Mais si tel était l’objectif du tanna, qu’il enseigne que chaque partie n’a besoin que de déclarer : Tout cela est à moi, et le plaideur n’aurait pas besoin de dire : Je l’ai trouvé. La Guemara répond : Si le tanna avait enseigné qu’il suffit à chaque partie d’affirmer seulement : Tout cela est à moi, je dirais que de manière générale, lorsque le tannaenseigne que quelqu’un affirme : Je l’ai trouvé, il veut dire que celui qui trouve acquiert l’objet par la seule vue. C’est pourquoi il a enseigné que les plaideurs ont affirmé : Je l’ai trouvé, et il a ensuite enseigné que les plaideurs ont affirmé : Tout cela est à moi, afin d’enseigner que ce n’est que lorsque les plaideurs présentent ces deux affirmations que le tribunal partage l’objet, car de l’expression superflue dans la mishna il nous enseigne qu’on n’acquiert pas l’objet par la seule vue.
וּמִי מָצֵית אָמְרַתְּ חֲדָא קָתָנֵי? וְהָא ״זֶה״ וְ״זֶה״ קָתָנֵי: ״זֶה אוֹמֵר אֲנִי מְצָאתִיהָ וְזֶה אוֹמֵר אֲנִי מְצָאתִיהָ, זֶה אוֹמֵר כּוּלָּהּ שֶׁלִּי״ וְכוּ׳.
Après avoir expliqué la viabilité de cette interprétation, la Guemara demande : Mais comment peux-tu dire que la michna enseigne une revendication de chaque partie ? Mais la michna n’enseigne-t-elle pas : Celui-ci dit, et encore : Celui-ci dit ? En d’autres termes, la michna écrit : Celui-ci dit : Je l’ai trouvée, et celui-là dit : Je l’ai trouvée ; et elle ajoute : Celui-ci dit : Elle est entièrement à moi, et celui-là dit : Elle est entièrement à moi. Du fait que le tanna a introduit chacune des revendications par l’expression : Celui-ci dit, il est évident qu’il s’agit de deux revendications distinctes, et non d’une seule revendication composée.
אָמַר רַב פָּפָּא, וְאִיתֵּימָא רַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי, וְאָמְרִי לַהּ כְּדִי: רֵישָׁא בִּמְצִיאָה, וְסֵיפָא בְּמִקָּח וּמִמְכָּר.
Rav Pappa a dit, et certains disent que cela a été dit par Rav Shimi bar Ashi, et certains disent que c’était une déclaration non attribuée [kedi] : La première clause, où chaque partie dit : Je l’ai trouvé, se rapporte à un cas d’objet trouvé, où deux personnes ont trouvé un seul objet. Et la dernière clause, où chaque partie dit : Tout cela est à moi, se rapporte à un cas d’achat et vente, où chaque partie prétend que c’est elle qui a acheté l’objet à son vendeur.
וּצְרִיכָא:
Et il est nécessaire que la michna enseigne sa décision à la fois en ce qui concerne un objet trouvé et en ce qui concerne un achat.

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